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États-Unis

L'administration Trump veut prolonger la détention de certains demandeurs d'asile

Arrivée de familles de migrants, escortés par la police des frontières des États-Unis, le 21 juin 2018 à Hildalgo, au Texas.

Le gouvernement de Donald Trump pourrait maintenir en détention les immigrants ayant traversé illégalement la frontière mexicaine jusqu'à l'examen de leur demande d'asile, une procédure pouvant prendre des mois ou des années, rapporte le New York Times mardi, suscitant l'inquiétude des associations.

L'ACLU, la puissante organisation qui défend les droits civiques, a promis de contester cette décision devant les tribunaux.

"Notre constitution ne permet pas au gouvernement d'enfermer les demandeurs d'asile en dehors d'une application régulière de la loi", a critiqué, sur Twitter, l'ACLU.

L'association fait ici référence à une décision complexe, annoncée par le ministère américain de la Justice mardi soir, qui s'appuie sur un cas spécifique.

Pour Judy Rabinovitz, spécialiste des droits des migrants à l'Union américaine pour les libertés civiles (ACLU), l'administration veut ainsi "envoyer un message" aux demandeurs d'asile, les prévenant qu'ils "seront détenus". "C'est vraiment indécent", déplore-t-elle, citée par le New York Times.

Une telle politique, qui n'entrerait en vigueur que dans trois mois, vise à honorer la promesse de Donald Trump de mettre fin à la pratique du "catch and release" (attrape et libère), tant décrié par le président des Etats-Unis.

Jusqu'ici, les demandeurs d'asile arrêtés sur le sol américain pouvaient être libérés sous caution, dans l'attente de l'examen de leur dossier, une procédure qui peut prendre plusieurs mois ou plusieurs années, selon le quotidien de New York.

Avec la mise en place d'une telle politique, ils ne pourront plus être libérés sous caution, d'après le journal, qui indique que cela ne concernerait pas les immigrants déposant une demande d'asile aux ports d'entrée légaux à la frontière.

Donald Trump a fait de la lutte contre l'immigration illégale son cheval de bataille et a dépeint les milliers de migrants venus d'Amérique centrale ces derniers mois comme une menace à la sécurité nationale, accusant régulièrement les démocrates de laxisme.

Ces derniers jours, il a menacé de transférer des clandestins arrêtés à la frontière vers des "villes sanctuaires", la plupart démocrates, provoquant l'opposition de ses adversaires politiques.

Avec AFP

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Peine commuée par Trump : le républicain Mitt Romney dénonce une "corruption historique"

Le sénateur Mitt Romney, à Capitol Hill à Washington, le 10 juin 2020.

Le sénateur républicain Mitt Romney, l'un des rares membres du parti présidentiel à critiquer ouvertement Donald Trump, a vivement attaqué samedi la décision du président la veille de commuer la peine de son ami Roger Stone.

"Corruption historique, sans précédent: un président américain commue la peine de prison d'une personne condamnée par un jury pour avoir menti afin de protéger ce même président", a tweeté Mitt Romney, ancien candidat républicain à la présidentielle de 2012.

Roger Stone avait été reconnu coupable en novembre d'avoir menti au Congrès et de subornation de témoin dans le cadre de l'enquête sur de possibles liens entre l'équipe de campagne de Trump et la Russie.

Conseiller politique de Trump par intermittence depuis plus de 20 ans, le sexagénaire haut en couleur avait été condamné à passer 40 mois derrière les barreaux. Il devait commencer à purger sa peine la semaine prochaine.

Mais Donald Trump n'avait jamais caché sa volonté d'épargner la prison à son ancien conseiller. "Roger Stone a été la cible d'une chasse aux sorcières qui n'aurait jamais dû avoir lieu", a-t-il encore affirmé dans un tweet samedi matin.

Mitt Romney, seul membre du Grand Old Party à avoir voté en février en faveur de la destitution de Donald Trump dans le cadre de l'affaire russe, est le premier membre influent du parti républicain à s'élever publiquement contre cette décision présidentielle.

Les démocrates crient eux au scandale depuis l'annonce, vendredi.

"La décision de Donald Trump de commuer la peine de son conseiller de campagne Roger Stone (...) est un acte de corruption stupéfiant", a déclaré vendredi la cheffe des démocrates au Congrès américain, Nancy Pelosi.

"Le Congrès va prendre des mesures pour empêcher ce genre de méfait éhonté", a-t-elle poursuivi dans un communiqué. "Nous avons besoin de légiférer pour s'assurer qu'aucun président ne puisse grâcier ou commuer la peine d'un individu impliqué dans une campagne de dissimulation pour protéger ce même président de poursuites pénales."

Trump commue la peine de prison de son ami Roger Stone

Roger Stone arrive pour sa condamnation à la cour fédérale de Washington, le 20 février 2020. (Photo AP)

Le président américain Donald Trump a commué la peine de prison de son ami Roger Stone, condamné en février à 40 mois de prison dans le cadre de l'enquête sur l'ingérence russe pendant la campagne présidentielle américaine de 2016, a indiqué vendredi la Maison Blanche.

"Aujourd'hui, le président Donald J. Trump a ordonné une mesure de clémence exécutive pour commuer la peine injuste de Roger Stone", a annoncé la Maison Blanche dans un communiqué, ajoutant que cet ami de longue date du président, une "victime du canular russe", était dorénavant "un homme libre".

La peine de prison de Roger Stone, qui avait été reconnu coupable en novembre de mensonges au Congrès et de subordination de témoin, devait commencer la semaine prochaine.

Dès la condamnation de M. Stone, Donald Trump avait expliqué qu'il voulait gracier son ex-collaborateur de 67 ans, un conseilleur politique sulfureux connu pour son style haut en couleur et son tatouage de Richard Nixon dans le dos.

Selon le quotidien USA Today, en février le président Trump a commué la peine de prison de l'ancien gouverneur de l'Illinois Rod Blagojevich, un démocrate, et a accordé la grâce à l'ancien commissaire de police de la ville de New York Bernard Kerik, au financier véreux Michael Milken et à l'ancien propriétaire des 49ers, Edward DeBartolo Jr.

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