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Jeux de la Francophonie: le dur combat des lutteuses Guinéennes

L'entrée des jeux de la Francophonie, à Abidjan, le 25 juillet 2017. (VOA/Kassim Traoré)

Battue sans avoir été renversée pour la médaille de bronze, la Guinéenne Koumba Sow rumine sa défaite assise sur le sable de l'arène de lutte africaine des 8es jeux de la Francophonie à Abidjan.

Alpha Yero Diouma, un des lutteurs de la petite délégation guinéenne, lui passe doucement plusieurs fois la main sur le visage faisant mine d'enlever les grains de sable pour permettre à la jeune fille de 19 ans de cacher ses larmes.

"Je suis très déçue. Je perds alors que j"avais des possibilités", confie-t-elle après avoir été éliminée pour trois avertissements face à son adversaire burkinabè Josiane Nabi.

L'apprentissage est difficile pour les Guinéennes qui sortent de leur pays pour la première fois pour un rendez-vous sportif.

"C'est la première fois que je voyage à l'international. C'est une découverte. Les garçons participent chaque année au tournoi de la Cédéao (Communauté économique des Etats d'Afrique de l'Ouest). Avec la Francophonie, on a profité pour pouvoir essayer de se mesurer aux autres", raconte Koumba.

L'argent fait cruellement défaut et l'équipe guinéenne n'a finalement emmené que trois filles et quatre garçons pour les jeux à Abidjan. Conséquence, leurs compétitions par équipes respectives ont été défavorables (5 compétiteurs par équipes, donc des matches perdus d'entrée par forfait).

Autre symptôme de ce manque de moyens, les Guinéens n'ont pu aligner leurs lutteurs pour la compétition en lutte libre (moderne) sur tapis, les licences des athlètes n'ayant pas été enregistrées au niveau international...

"Le tapis à Conakry, le seul du pays, a 30 ans. Et pour les tenues, c'est difficile", souligne Alpha Yero, un des lutteurs.

Outre les problèmes matériels, Koumba a dû faire preuve de caractère pour arriver à son niveau.

"Ma famille n'apprécie pas. Elle n'était pas pour (que je fasse de la lutte). Ils pensent que c'est pour les hommes. La lutte c'est un sport masculin. Mais comme on a la passion de le faire, on continue", assure-t-elle.

75 cents pour la victoire en quart

Culturellement, le sport féminin n'est pas toujours très bien accepté et encore moins les sports où l'on peut découvrir les corps des athlètes.

"Les lutteurs hommes sont torse nus mais les femmes ont un haut qui cache le corps. Il n'y a aucun problème", s'empresse d'expliquer le président de la fédération Mohamed Souleymane Soumah, qui doit régulièrement affronter les préjugés.

Le président dit mettre lui même la main au portefeuille. A Abidjan, après chaque victoire d'un Guinéen, il applaudit bruyamment et félicite en tout cas les athlètes en leur offrant une petite somme d'argent.

Koumba a reçu 500 F CFA (75 centimes d'euro) pour sa victoire en quart de finale contre la Malgache Julienne Rasendrasoa. De quoi acheter un coca...

"Nous manquons de moyens. Mais, on fait ce qu'on peut", confie le président qui salue les "efforts de (ses) athlètes".

Des efforts que Koumba produit depuis des années et ses débuts.

"Avant quand j'étais petite, je faisais des petites courses, je me mesurais aux garçons. Je voulais faire du sport, je n'ai pas vraiment choisi la lutte. je voulais faire du karaté", se souvient-elle.

"Le coach m'a emmené dans la lutte et m'a bien encouragé et défendu auprès de la famille", dit-elle, racontant ses premiers contacts.

"On était 25 pour l'initiation. Dont 9 filles. Dans le groupe, il ne reste que 3 filles, les garçons ont tous démissionné, vu l'intensité de la préparation... L'initiation ce n'est pas facile: rares sont ceux qui restent", déclare-t-elle fièrement.

La première position fondamentale (courbé vers la jambe debout) ca donne des maux de dos", souligne la jeune femme.

"Koumba peut progresser mais on a besoin de stages, d'envoyer des jeunes en formation pour qu'ils progressent", assure le directeur technique nationale Alpha Oumar Barry.

Koumba rêve, elle, de jeux Olympiques ou de jeux Africains en lutte libre ou africaine. "J'aimerais participer aux grandes compétitions comme ça".

Avec AFP

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Guinée équatoriale : l'arrestation d'un opposant au Tchad est un "enlèvement"

Affiche électorale du Parti démocratique du Guinée équatoriale (PDGE), dans une rue déserte de Malabo, le 25 avril 2016.

L'arrestation le 11 avril au Tchad du secrétaire général d'un parti d'opposition équato-guinéen qui se rendait à un congrès politique constitue en fait "un enlèvement par les autorités tchadiennes", affirme lundi son parti dans un communiqué.

Convergence pour la démocratie sociale (CPDS) estime que l'arrestation d'Andres Esono Ondo relève d'un "enlèvement sans motif par les autorités tchadiennes", une "pratique terroriste impropre d'un état normal", selon le texte reçu par l'AFP.

Le 11 avril, M. Esono Ondo avait été arrêté au Tchad alors qu'il se rendait au congrès du principal parti d'opposition tchadien, l'Union nationale pour la démocratie et le renouveau (UNDR), dans la province de Guera (centre du pays).

Peu après, Malabo l'a accusé d'avoir eu pour "unique objectif l'acquisition d'armes et de munitions ainsi que le recrutement de terroristes pour commettre un coup d'Etat en Guinée équatoriale avec un financement étranger".

Mi-avril, le ministre de la Sécurité extérieure a détaillé l’accusation : selon lui, la province dans laquelle M. Esono Ondo devait se rendre pour assister au congrès de l'UNDR est "connue pour (être un territoire de) terroristes et rebelles, mais aussi pour la facilité avec laquelle on peut y acheter des armes".

Sur Twitter jeudi, le ministère des Affaires étrangères tchadien a réagi : "Guera n'est pas une province connue comme +un territoire+ pour les rebelles et les terroristes".

M. Esono Ondo a été transféré du Guera, où devait se tenir le congrès finalement annulé, aux locaux de l'Agence nationale de Sécurité (ANS, renseignements tchadiens) à N'Djamena.

Selon une source policière, il s'y trouvait toujours lundi.

En 2015, Andres Esono Ondo avait été accusé d'avoir recruté une personne malade d'Ebola en vue d'introduire le virus en Guinée équatoriale au moment de la Coupe d'Afrique des nations de football (CAF).

Il avait finalement été relaxé, après que ces accusations se soient révélées montées de toute pièce par des proches du régime.

La Guinée équatoriale a connu une histoire agitée de coups et tentatives de coups d'Etat depuis son indépendance de l'Espagne en 1968.

Le régime de M. Obiang, 76 ans dont 39 au pouvoir, est régulièrement accusé d'atteintes aux droits de l'homme par ses opposants et des organisations internationales.

L'émissaire de l'ONU pour la Libye en déplacement lundi à Tunis

Ghassan Salame, Représentant spécial de l'ONU et Chef de la Mission d'appui des Nations Unies en Libye (MANUL), lors du sommet des ministres des Affaires étrangères des pays méditerranéens Forum MED 2017, à Rome, le 2 décembre 2017.

L'émissaire de l'ONU pour la Libye, Ghassan Salamé, est lundi à Tunis où il a rencontré le ministre tunisien des Affaires étrangères Khemaïes Jhinaoui, a annoncé le porte-parole de l'ONU, Stéphane Dujarric, sans pouvoir dire si un retour à Tripoli était prévu et quand.

"Le représentant spécial Ghassan Salamé poursuit ses efforts pour obtenir une désescalade en Libye", a expliqué le porte-parole lors de son point-presse quotidien.

A l'occasion de l'entretien avec le chef de la diplomatie tunisienne, les deux responsables n’ont estimé que le “processus politique de facilitation de l’ONU était le seul moyen de résoudre la crise en Libye”, A-t-il ajouté.

Ghassan Salamé "est extrêmement engagé et occupé à travailler sur le processus politique mais aussi en étant présent à Tripoli", a précisé son adjointe, Maria do Valle Ribeiro, lors d'une liaison vidéo avec des journalistes à New York, en refusant de parler du détail de ses déplacements.

Interrogé pour savoir si Ghassan Salamé assisterait au sommet africain convoqué en urgence au Caire mardi pour discuter notamment de la crise en Libye et quand il pourrait revenir à Tripoli, Stéphane Dujarric a indiqué ne pas pouvoir répondre à ce stade.

Vendredi, la Maison Blanche a révélé que le président américain Donald Trump avait parlé le 15 avril avec le maréchal Khalifa Haftar, qui mène depuis le 4 avril une offensive militaire sur Tripoli pour s'emparer du pouvoir détenu par le Premier ministre Fayez al-Sarraj. Le gouvernement d'union nationale (GNA) de ce dernier est la seule autorité légitime reconnue par l'ONU en Libye.

Le soutien américain au maréchal met à mal la situation de l'ONU en Libye et de son émissaire, qui a eu la semaine dernière des mots très durs à l'égard de l'homme fort de l'est libyen, jugeant que son offensive militaire s'apparentait à un "coup d'Etat".

"Le gouvernement à Tripoli continue d'être reconnu par les Nations unies", a fait valoir Stéphane Dujarric, en réponse à une question sur le soutien affiché par les Etats-Unis au maréchal Haftar.

Un policier fonce sur une procession de Pâques

Des policiers nigérians montent la garde devant le bureau de la Commission électorale nationale indépendante à Kaduna (Nigéria), le 16 février 2019.

Dix personnes ont été tuées, et trente blessées, lorsqu'un policier a foncé en voiture sur des enfants pendant une procession de Pâques, dans le nord-est du Nigeria, avant d'être à son tour tué par des fidèles en colère, selon des témoins et la police.

Le policier, qui n'était pas de permanence, a fauché une foule d'enfants qui défilaient pour la fête de Pâques dimanche soir, à Gombe, a rapporté lundi la porte-parole de la police locale, Mary Mallum.

En tout, "dix personnes ont été tuées, dont l'agent de police qui n'était pas en uniforme, et un paramilitaire qui l'accompagnait".

Les deux hommes ont été "attaqués et tués par la foule en colère", a-t-elle expliqué.

"30 enfants sont blessés et sont actuellement à l'hôpital", a ajouté Mme Mallum.

Selon des témoins contactés par l'AFP, la voiture a foncé délibérément sur la foule, à la suite d'une altercation, car la procession bloquait la route.

"La chauffeur s'est disputé avec les enfants, qui l'ont finalement laissé passer, mais de rage et de colère, il a fait demi-tour et leur a foncé dessus", a rapporté Isaac Kwadang, responsable d'un groupe de catéchisme.

"Il l'a fait en connaissance de cause", a affirmé M. Kwadang qui a assisté à la scène.

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Une réunion avec le pouvoir sur l'élection largement boycottée

Le chef de l'Etat algérien par intérim Abdelkader Bensalah

La majorité des partis politiques et l'ensemble des syndicats ont boycotté lundi une réunion convoquée par le chef de l'Etat algérien par intérim Abdelkader Bensalah pour préparer l'élection présidentielle du 4 juillet, a constaté un journaliste de l'AFP.

M. Bensalah, qui assure l'intérim à la présidence depuis que le chef de l'Etat Abdelaziz Bouteflika a été poussé à la sortie début avril par un vaste mouvement de contestation populaire, avait convié tous les partis politiques, syndicats, organisations de la société civile et des experts en droit constitutionnel à cette rencontre.

Le but : discuter des "mécanismes de la mise en place d'une instance nationale indépendante chargée de la préparation et de l'organisation" de la présidentielle.

Mais les Algériens, qui continuent de manifester chaque semaine, estiment que les personnalités issues du "système" mis en place par M. Bouteflika, ne permettent pas de garantir un scrutin libre et équitable. Ils réclament notamment le départ de M. Bensalah et du Premier ministre Noureddine Bedoui.

Lundi, les syndicats et les organisations de la société civiles proche de la contestation ont refusé de se rendre à la réunion convoquée par M. Bensalah, de même que la plupart des formations politiques.

"L'heure n'est pas aux consultations sur l'instance de préparation et d'organisation des élections", a déclaré Ali Benflis, chef du parti Talai El Houriyet et qui avait été candidat malheureux à la présidence en 2014 face à M. Bouteflika. Jugeant ces discussions "inopportunes", il a estimé qu'il fallait d'abord "un règlement global de la crise".

De son côté, le Parti des travailleurs a indiqué ne pas pouvoir "s'inscrire dans une opération de sauvetage du système et du régime".

Trois partis politiques qui avaient apporté leur soutien à un cinquième mandat de M. Bouteflika étaient présents.

M. Bensalah lui-même n'a pas assisté, comme il était prévu, à cette rencontre à laquelle il a été représenté par le secrétaire général de la présidence, Habba El Okbi.

Malgré la défection de la majorité des formations politiques, ce dernier a répété que "la présidentielle se tiendra à la date annoncée par le chef de l'Etat".

La nouvelle instance de préparation des élections proposée par la présidence par intérim, sera chargée de la "révision des listes électorales et du contrôle des conditions de déroulement de la campagne électorale jusqu'à l'annonce des résultats du scrutin", selon le document transmis aux invités vu par l'AFP.

Depuis l'instauration du multipartisme en 1989 en Algérie, l'opposition dénonce régulièrement des fraudes électorales.

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