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Inquiétudes au Congrès américain sur un éventuel accord nucléaire avec Ryad


Ed Markey, sénateur démocrate du Massachusetts, lors d'un rassemblement à Boston, le 6 juillet 2017.

L'Arabie saoudite ambitionne de se lancer dans un programme de construction de réacteurs nucléaires.

Un parlementaire américain s'est inquiété des velléités de l'administration américaine de signer un accord de coopération dans le nucléaire civil avec l'Arabie saoudite qui s'apprête à lancer la construction de plusieurs réacteurs.

Ed Markey, sénateur démocrate du Massachusetts, évoque notamment la nécessité pour l'administration Trump d'obtenir de Ryad l'acceptation d'un accord de non-prolifération nucléaire, dit "accord 123", du même type que ceux déjà signés par les Etats-Unis avec notamment la Corée du sud et l'Inde.

"Tout accord devra certainement comprendre un engagement de non prolifération, ou +accord 123+, entre les deux pays", souligne M. Markey dans une lettre adressée lundi au secrétaire d'Etat Rex Tillerson et au secrétaire à l'Energie Rick Perry et dont l'AFP a obtenu copie mardi.

"Mais des précédents efforts américains pour conclure un accord 123 avec l'Arabie saoudite n'ont pas été couronnés de succès en raison de l'opposition (de Ryad) à renoncer à tout enrichissement de l'uranium ou de retraitement de combustible nucléaire sur son territoire, ce qui constitue la +règle d'or+ de tout accord 123", poursuit M. Markey.

Ryad a annoncé son intention de se lancer dans un programme de construction de réacteurs nucléaires et doit annoncer début mars la "short list" des entreprises qui seront mises en concurrence pour les construire. Outre l'américaine Westinghouse, des entreprises russes, françaises, chinoises et sud-coréennes seraient également sur les rangs.

La signature d'un accord nucléaire entre Ryad et Washington permettrait notamment aux entreprises américaines d'exporter leur technologie nucléaire vers le royaume saoudien.

Ces développements interviennent également dans un contexte de fortes tensions diplomatiques autour du programme nucléaire civil de l'Iran, voisin de l'Arabie saoudite.

Selon M. Markey, "la mauvaise volonté manifestée par le royaume saoudien à s'engager (sur un accord 123) est particulièrement préoccupante à la lumière de commentaires faits par des responsables saoudiens et membres de la famille royale laissant entendre qu'un programme nucléaire pourrait servir autant des objectifs géopolitiques que la production d'électricité".

Selon plusieurs médias américains, le prince héritier d'Arabie saoudite, Mohammed ben Salmane, devrait se rendre aux Etats-Unis début mars et pourrait y rencontrer le président Donald Trump. Cette visite n'a toutefois pas été confirmée de source américaine ou saoudienne.

'Dilemme'

Dans sa lettre, M. Markey demande notamment aux deux responsables de l'administration américaine "quelle est la raison pour de nouvelles discussions sur un accord de coopération nucléaire entre les Etats-Unis et l'Arabie saoudite ? L'Arabie saoudite aurait-elle demandé à l'administration de considérer conclure un accord 123 qui ne comprendrait pas la règle d'or ou bien l'administration Trump a elle-même décidé de son propre chef d'envisager cette éventualité ?", s'interroge-t-il.

Lors de déclarations à la télévision américaine CNBC en marge d'une conférence à Munich en Allemagne à la mi-février, le ministre saoudien des Affaires étrangères, Adel Al-Jubeir, avait indiqué que Ryad envisageait de construire jusqu'à 16 réacteurs nucléaires. Il avait également menacé implicitement les Etats-Unis de voir Ryad se tourner vers d'autres pays si l'administration Trump refusait d'apporter son soutien à son programme nucléaire civil.

Selon l'agence de presse Bloomberg, M. Perry devrait pour sa part se rendre à Londres en fin de semaine pour des entretiens avec des responsables saoudiens, dont le ministre de l'Energie et celui des Infrastructures.

Dans un blog la semaine dernière, Andrew Bowen du centre de réflexion conservateur American Enterprise Institute à Washington avait souligné que "le président Trump et son équipe de conseillers à la sécurité nationale font face à un dilemme spécifique: soit changer les réglementations fédérales pour assurer un contrat lucratif aux entreprises basées aux Etats-Unis, soit se conformer aux précédents et lier le contrat aux dispositions des précédents accords nucléaires fixées par le Congrès pour se prémunir contre la prolifération nucléaire".

Avec AFP

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