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"Il faut sauver le droit d'asile", estime l'ancien patron de l'Office français


Des policiers français anti-émeutes pendant l'évacuation d'un camp de migrants et de réfugiés le long du canal de Saint-Martin, Quai de Valmy, à Paris le 4 juin 2018.

"Il faut sauver le droit d'asile", a estimé lundi l'ancien directeur général de l'Office français de protection des réfugiés et apatrides (Ofpra), Pascal Brice, en déplorant la "complète faillite" de l'actuel règlement européen de Dublin qui régit l'accueil des demandeurs.

"On est aujourd'hui dans une situation en France, mais aussi en Europe, aux États-Unis, dans de nombreuses parties du monde occidental (...) où il faut sauver le droit d'asile", a affirmé l'ancien patron de l'Ofpra lors d'une rencontre organisée par deux groupes de réflexion, l'Institut Montaigne et Terra Nova.

"Un problème de fond est que pendant des décennies on a eu en Europe des politiques de migration restrictives". Dans ce contexte "l'asile est un problème", et "quand vous êtes payé pour défendre l'asile vous devenez un problème", a ajouté M. Brice, qui revient sur ses six années à la tête de l'Ofpra dans un livre "Sur le fil de l'asile" à paraître mercredi.

Pour M. Brice, "la principale menace aujourd'hui est l'externalisation" des demandeurs d'asile vers des pays tiers, de l'autre côté de la Méditerranée notamment.

L'ancien patron de l'Ofpra a aussi déploré la "complète faillite du système de Dublin", qui confie le traitement de la demande d'asile au pays d'entrée en Europe, mais génère des "effets terribles", en imposant un délai de six voire 18 mois pour redéposer une demande dans un autre pays.

"Dublin provoque du désordre. Laisser des gens dans les rues de Paris ou Nantes c'est du désordre" et "vous êtes sûr que vous provoquez la montée de certains mouvements politiques", a-t-il ajouté, en jugeant "incroyable de voir que tant de technocrates pensent encore que nous devons poursuivre sur cette voie" en Europe.

La réforme du système européen d'asile est dans l'impasse depuis plus de deux ans à Bruxelles.

Il a aussi regretté la "logique de la dissuasion" prévalant selon lui dans certains pays comme l'Allemagne ou la France, avec "l'idée que plus les conditions seront dures pour les demandeurs d'asile, moins ils viendront".

Plaidant pour une "reconnaissance mutuelle entre les agences" nationales et pour leur "indépendance", il a mis en garde contre les risques "d'approche politique (et de) dumping de l'asile".

M. Brice a enfin défendu l'idée d'une "législation humanitaire complémentaire pour les gens qui ne correspondent pas à l'asile, mais sont en situation de détresse humanitaire, y compris les déplacements liés au changement climatique".

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