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Niger

Huit morts dans "une attaque terroriste" contre un camp de repos de foreurs au Niger

Un garçon dans un camp dans le village de Kidjendi près de Diffa, Niger, 19 juin 2016.

Des salariés de la société de forage française Foraco ont subi dans la nuit de mercredi à jeudi "une attaque terroriste" dans le village de Toumour ayant fait huit morts. Foraco effectue sur place des forages pour alimenter en eau un camp de réfugiés.

Dans un communiqué, l'entreprise a déploré la perte de sept employés, tandis que la huitième victime est un fonctionnaire du ministère de l'Hydraulique. Cinq autres personnes présentes dans le bâtiment, qui avait été choisi, selon Foraco, en accord avec les Forces armées nigériennes chargées de la protection du personnel, ont été blessées, dont deux grièvement.

Toutes les victimes sont nigériennes.

"La nuit dernière à 2H00 du matin heure locale, un groupe de terroristes a attaqué le bâtiment où se reposait une équipe de foreurs et techniciens de Foraco dans le village de Toumour, dans le sud-est du Niger" (région de Diffa, NDLR), a indiqué Foraco dans son communiqué. "Les assaillants ont ouvert le feu sur le personnel qui dormait".

"C'est une zone dans laquelle il y a des problèmes réguliers liés à des bandes mais, au Niger, nous n'avions jamais rencontré jusque-là de problème similaire. On sait bien que Boko Haram est présent dans la région mais à ce jour nous n'avons eu aucune revendication, ni officielle ni officieuse. Nous n'avions pas reçu de menace particulière", a expliqué à l'AFP Thierry Merle, directeur Europe/Moyen Orient de Foraco.

"Une quinzaine d'employés étaient présents sur place, protégés par une quinzaine de militaires partis faire une ronde aux alentours au moment de l'attaque. Les attaquants sont repartis avec deux pick-up de la société", a-t-il poursuivi.

"La société coopère activement avec les autorités nigériennes pour évacuer les blessés vers l'hôpital de Diffa, et a mis en place une cellule de soutien psychologique pour les familles des victimes et nos collaborateurs ayant vécu ces terribles moments", précise Foraco.

La compagnie "réalise actuellement deux forages d'eau profonds aux alentours du camp de réfugiés de Toumour afin de rendre les conditions de vie meilleures pour les personnes déplacées, dans cette zone semi-désertique et aride", selon le communiqué.

"Nous sommes présents au Niger depuis 20 ans et sur ce site depuis un mois. Nous sommes là pour aider les réfugiés, améliorer leurs conditions", a ajouté le dirigeant de la société, basée dans le sud de la France.

Cette zone située près de la frontière nigériane est en proie à des troubles liés à la proximité du groupe jihadiste Boko Haram.

Foraco, troisième foreur minier au monde, coté à la Bourse de Toronto, propose des "solutions innovantes" pour des projets miniers et hydrauliques dans 22 pays sur les cinq continents, selon la présentation que le groupe fait de lui-même sur son site internet.

Le groupe compte 1.800 employés et a réalisé 135 millions de dollars américains de chiffre d'affaires en 2017.

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Motion de censure contre le gouvernement

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Le Parlement nigérien adopte un nouveau code électoral

Le parlement nigérien le 24 mars 2016. (VOA/ Bagassi Koura)

Le Parlement du Niger a adopté lundi un nouveau code électoral, en l'absence des partis de l'opposition qui ont quitté l'hémicycle avant même les débats.

Le texte a été voté à l'unanimité des 133 députés présents, a indiqué Iro Sani, un des vice-présidents du Parlement.

Avant de se retirer de l'hémicycle, les élus de l'opposition ont déposé une motion de censure contre le gouvernement de Brigi Rafini.

La motion, qui n'aura aucune chance de passer, le parti au pouvoir disposant de la majorité absolue, est notamment motivée par le fait que "le gouvernement tente d'imposer un code électoral non consensuel" et son "incapacité à enrayer la menace terroriste" qui "monte en puissance" dans le pays.

Le nouveau code électoral adopté est "un outil excellent pour des élections libres et transparentes", a commenté devant les élus, Bazoum Mohamed, le ministre nigérien de l'Intérieur et candidat à la présidentielle de 2021.

"Nous faisons face à des agissements d'organisations terroristes (...) nous ne pouvons pas nous permettre le luxe de générer d'autres fronts à caractère domestique", a-t-il rétorqué.

Depuis deux ans, l'opposition, dont le parti de Hama Amadou, arrivé deuxième à la présidentielle de 2016, refuse de siéger à la commission électorale (Céni) et conteste le code électoral élaboré en 2017 sur une base "non consensuelle".

M. Amadou, qui vit en exil depuis 2016 à l'étranger, risque de se voir écarter du prochain scrutin en vertu de l'article 8 du code pour avoir été condamné à un an de prison dans une affaire de trafic international de bébés.

Plusieurs tentatives de révision consensuelle du code entre partis présidentiels et opposition n'ont pas abouti depuis octobre 2018. Des élections présidentielle et législatives doivent avoir lieu en 2021 au Niger. Ces scrutins doivent être précédés par des élections municipales et régionales.

Le président Mahamadou Issoufou a assuré qu'il ne modifierait pas la Constitution pour briguer un troisième mandat.

Le Niger est en proie à des incursions jihadistes récurrentes dans l'ouest proche du Mali et du Burkina Faso ainsi que dans le sud-est voisin du Nigeria.

18 combattants du groupe EI tués lors d'une opération Niger-France-USA

Les forces de l’armée française de l’opération anti-terroriste Barkhane, à Niamey, Niger, 31 juillet 2017.

Dix-huit "terroristes" du groupe Etat islamique dans le Grand Sahara (EIGS) ont été tués lors d'une opération conjointe des forces armées nigériennes, françaises et américaines menée du 8 au 18 juin dans l'ouest du Niger, près du Mali, a annoncé jeudi le gouvernement du Niger.

"Une importante opération militaire conjointe dénommée ACONIT réunissant les forces armées nigériennes (FAN) et la force (française) Barkhane avec le soutien des partenaires américains a été conduite du 8 au 18 juin (...). Le bilan est, côté ennemi: 18 terroristes neutralisés, 5 terroristes, dont trois Nigériens, faits prisonniers", selon un communiqué du ministère nigérien de la Défense.

"Aucune perte humaine ou matériel n'est déplorée" du côté des forces armées nigériennes, assure le texte.

L'opération s'est déroulée "dans la région frontalière nord de Tongo Tongo où sévit une bande terroriste de l'EIGS impliquée dans l'embuscade du 14 mai 2019", a-t-on ajouté de même source.


Le 14 mai 2019, 28 soldats nigériens avaient été tués près de Tongo Tongo. L'EIGS avait revendiqué cette embuscade survenu à Balley Béri dans la zone de Tongo Tongo.

"D'importants matériels ont été récupérés, dont du matériel des Forces armées nigériennes emportés (par les assaillants) suite à l'embuscade meurtrière du 14 mai", souligne le texte.

En octobre 2017, l'EIGS avait également revendiqué un raid qui avait coûté la vie à quatre soldats américains et cinq militaires nigériens dans la même zone de Tongo Tongo, située dans la région de Tillabéri (ouest), à une vingtaine de kilomètres de la frontière avec le Mali.

Le 8 juin, un véhicule de l'armée américaine avait sauté sur un engin explosif, sans faire de victime, près de la ville d'Ouallam, à une centaine de kilomètres de Niamey, qui abrite un important camp d'entraînement de l'armée nigérienne où sont notamment formés les soldats qui participent à la Mission de l'ONU au Mali (Minusma).

L'annonce de cette opération intervient au surlendemain d'une attaque inédite aux portes de Niamey qui a coûté la vie à deux policiers, à une quinzaine de jours du sommet de l'Union africaine qui réunira des dizaines de chefs d'Etat dans la capitale nigérienne.

"Ils (les assaillants) sont dans une logique de communication avant le sommet. Il y aura des milliers d'hommes sur le terrain. Je ne suis pas inquiet en vue du sommet", avait précisé mercredi à l'AFP le ministre de l'Intérieur, Mohamed Bazoum.

Le 25 mai, un millier de personnes avaient manifesté à Niamey contre les forces étrangères dans le pays.

Les Etats-Unis disposent d'une importante base de drones à Agadez (nord) qui leur donne une plateforme de surveillance de premier plan. Le Niger a récemment autorisé les Américains à armer leurs drones.

Au Niger, la France possède aussi une base sur l'aéroport de Niamey à partir de laquelle des avions de chasse et des drones opèrent. Dans le cadre de l'opération antijihadiste Barkhane, les forces françaises disposent également d'une base à Madama, dans le Nord.

Le Niger - comme ses voisins sahéliens, le Mali et le Burkina - fait face à des attaques récurrentes des groupes jhadistes dans l'Ouest. Le Niger est aussi confronté aux raids du groupe islamiste nigérian Boko Haram dans le sud-est.

Les djihadistes frappent aux portes de Niamey

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