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Un drone Reaper français s'écrase au Niger

Drone reaper de l’armée française appartenant à l’opération anti-terroriste Barkhane, à Niamey, Niger, le 31 juillet 2017.

Un drone de surveillance Reaper appartenant à l'armée française s'est écrasé non loin de la base aérienne de Niamey à son retour de mission, sans faire de victime, a-t-on appris samedi auprès de l'état-major français.

L'incident, qui a eu lieu dans la nuit de vendredi à samedi lors de la phase d'atterrissage, a été causé par "un perte de signal de ce drone alors qu'il était à proximité de la base, interrompant de fait le contrôle" de l'appareil piloté à distance (APD), a détaillé à l'AFP le porte-parole de l'état-major, le colonel Patrik Steiger.

"Aucun dégât humain" n'est à déplorer, a-t-il ajouté.

Les débris du drone, normalement programmé pour se diriger sur une "zone de crash" non loin de la capitale nigérienne, ont été retrouvés "à quelques kilomètres de Niamey", a-t-il ajouté, sans préciser si l'appareil était tombé dans le périmètre prévu en cas d'incident.

"La cause du crash est inconnue à ce stade. Une enquête est en cours", a conclu le colonel Steiger.

C'est la première fois que l'armée de l'Air française perd un drone MALE (moyenne altitude longue endurance). Sur le théâtre afghan, les militaires français utilisaient déjà des drones MALE Harfang de facture israélienne.

Ancienne puissance coloniale et partenaire privilégiée du Niger, la France dispose actuellement à Niamey de quatre drones Reaper de fabrication américaine, chargés d'observer sans relâche les groupes armés au Sahel et de collecter du renseignement au profit de l'opération antijihadiste Barkhane et des forces spéciales.

Ils sont opérés par des équipages français sur place - chacun composé d'un pilote, un opérateur de capteurs, un interprète d'images et un officier de renseignement -- mais des sous-traitants américains de l'entreprise General Atomics leur fournissent une assistance lors des phases de décollage et d'atterrissage, ces compétences étant encore en cours d'acquisition côté français.

Ces drones sont capables de surveiller des zones sensibles jusqu'à 20 heures d'affilée en toute discrétion, entre 7.000 et 13.000 mètres d'altitude. Depuis 2014, ils totalisent 23.000 heures de vol au profit des forces françaises au Sahel.

"Ces moyens - comme tous les moyens aériens - sont cruciaux pour les opérations. Les conséquences de cette perte seront traitées en liaison étroite avec l'état-major des armées, responsable de ces opérations. Il importe dans un premier temps d'en cerner les causes", a déclaré à l'AFP le porte-parole de l'armée de l'Air, le colonel Cyrille Duvivier.

L'arme de l'air doit recevoir l'an prochain six prochains drones Reaper supplémentaires, destinés à être armés de missiles.

Avec AFP

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Trois policiers nigériens tués dans une attaque près du Burkina

Des habitants de Zibane-Koira Zéno, un village de la région de Tillabéri se tiennent dans le village lors d'un meeting le 12 mai 2020, après une attaque d'hommes armés quatre jours auparavant.

Au moins trois policiers nigériens ont été tués et plusieurs autres blessés dans la nuit, lors d'une attaque de jihadistes présumés contre un poste de police dans la zone dite des trois frontières, près du Burkina Faso, ont rapporté lundi à l'AFP des sources locales.

"Il y a eu une attaque du poste (de contrôle frontalier) de Petelkole dimanche (dans la) nuit. Deux policiers ont été tués et sept blessés", a précisé un élu du département de Téra, situé dans la région de Tillabéri dans l'ouest du Niger.

"Nous revenons à l'instant de Petelkole, un troisième corps de policier a été retrouvé", a de son côté affirmé un membre d'une délégation officielle de Téra qui s'est rendue sur les lieux de l'attaque.

Situé dans le département de Téra, Petelkole est un poste de contrôle frontalier situé à 10 km de la frontière avec le Burkina, pays voisin également visé par les jihadistes.

Des véhicules appartenant à des particuliers ont été également "incendiés" et "des armes ont disparu", a ajouté l'élu.

Selon une source municipale, des "hommes armés à motos" avaient déjà "tenté samedi après-midi d'attaquer le poste", avant d'être "repoussés par les policiers".

En mai 2017, deux policiers nigériens et un civil avaient été tués dans une attaque contre le même poste de Petelkole. Les assaillants avaient emporté des armes et endommagé des véhicules.

Cette nouvelle attaque survient au moment où le président nigérien Mohamed Bazoum se trouve à Ouagadougou, depuis dimanche, pour y évoquer avec son homologue burkinabè Roch Marc Christian Kaboré la situation sécuritaire dans le Sahel à la suite de la décision de la France de réduire ses forces militaires dans cette région.

"Nous avons besoin de nous donner la main, de nous soutenir mutuellement, de nous entraider pour faire face à l'un des défis auxquels nous sommes confrontés, en particulier le terrorisme", a déclaré lundi le président Bazoum lors d'une séance de travail avec Roch Marc Christian Kaboré.

"La zone de notre frontière est une bande particulièrement animée ces derniers temps et où pullulent des terroristes. Il est plus que jamais de notre intérêt que nous mutualisions nos moyens et que nous engagions une action spécifique pour les empêcher de disposer justement d'une base et faire en sorte que leur avancée s'arrête là", a-t-il souligné.

Selon lui, "l'attaque terroriste" que vient de subir le poste contrôle de Petelkole, est "un symbole de la nécessité de notre action commune, cette attaque est de nature à nous le rappeler".

"Au-delà de cette action que nous allons mener ensemble sur cet espace, nous avons besoin d'une concertation sous-régionale (...) avec tous les autres pays", a précisé le président nigérien.

Le Niger et le Burkina Faso sont en proie à des attaques jihadistes de plus en plus fréquentes et meurtrières.

Cinq États du Sahel (Burkina Faso, Mauritanie, Mali, Niger et Tchad) ont constitué une force militaire multinationale pour lutter contre les groupes jihadistes qui sévissent dans la région sahélienne, mais cette force peine à monter en puissance.

Au Niger, depuis le début de l'année, des jihadistes présumés multiplient les assauts sanglants, surtout contre des civils dans la région instable et immense de Tillabéri (100.000 km2), qui est le théâtre depuis 2017 d'actions sanglantes de groupes jihadistes liés à Al Qaïda et à l'État islamique (EI).

Cette région se situe dans la zone dite des "trois frontières" entre Mali, Niger et Burkina.

Début octobre, le Bureau de coordination des affaires humanitaires de l'ONU (Ocha) a prévenu dans un rapport qu'"une crise alimentaire d'envergure" était à redouter dans cette région de Tillabéri, où près de 600.000 personnes sont déjà exposées à l'insécurité alimentaire.

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Près de 600.000 personnes exposées à l'insécurité alimentaire au Niger, selon l'ONU

Un homme vend des céréales sur un marché à Falla, près de Tillaberi, au Niger, le 26 août 2005.

"Une crise alimentaire d'envergure" est à redouter au Niger dans la région de Tillabéri (ouest nigérien), proche du Mali, où près de 600.000 personnes sont déjà exposées à l'insécurité alimentaire, indique l'ONU à Niamey.

L'immense et instable région de Tillabéri (100.000 km2), riveraine de la zone des trois frontières (Niger, Burkina Faso et Mali), est le théâtre depuis 2017 d'actions sanglantes de groupes jihadistes liés à Al Qaïda et à l'État islamique (EI).

"L'insécurité et les attaques récurrentes des éléments présumés de groupes armés non étatiques (GANE) ciblant les agriculteurs et les populations civiles auront cette année de graves répercussions sur la situation alimentaire déjà précaire de plusieurs milliers de ménages vivant dans la région de Tillabéri", prévient la coordination des affaires humanitaires de l'ONU (Ocha) dans un rapport transmis à l'AFP.

Près de 600.000 personnes "sont (déjà) à risque d'insécurité alimentaire", précise l'agence onusienne, citant de récents résultats préliminaires d'évaluation de la campagne agropastorale dans la zone, où une accalmie a été toutefois observée tout le mois de septembre.

L'épouvantail d'une crise alimentaire a été engendré par "l'abandon des champs de cultures et des difficultés d'accès aux marchés", explique l'agence.

"Ceux qui ont osé aller au champ ont été tués, ils (les assaillants) nous traquent dans les cases et jusque dans les mosquées", avait affirmé en septembre à l'AFP Hadjia Sibti, la présidente de l'Association des femmes d'Anzourou, une commune souvent visée par les attaques.

Mais Ocha juge "la situation plus que préoccupante" dans le département de Banibangou au nord-est de Tillabéri, où plus de 79.000 personnes risquent de manquer de vivres. Entre juin et août 2021, "plusieurs dizaines de paysans" de Banibangou "ont été froidement assassinés dans leurs champs par des éléments des GANE", obligeant les populations "à abandonner leurs champs", note Ocha.

Au 31 août, 765.348 personnes ont bénéficié d'une assistance humanitaire dans la région de Tillabéri, qui abrite 101.144 personnes déplacées internes, assure Ocha. Cependant, l'ONU redoute "une crise alimentaire d'envergure" dans cette région et demande au "gouvernement et ses partenaires" de prendre "des mesures fortes à la hauteur de l'ampleur de la situation".

Le 10 septembre, pour sa première visite dans cette zone enclavée depuis son élection fin février, le président nigérien, Mohamed Bazoum a promis de poursuivre l'assistance alimentaire ainsi que la mise en place d'un dispositif sécuritaire plus musclé pour freiner les incursions d'assaillants du Mali.

Le dernier massacre de civils dans l'Anzourou remonte au 21 août, dans le village de Theim, où des individus armés "venus à pieds" ont tué 19 personnes dans une mosquée.

Les jeunes peuls cherchent du travail au Niger

Vente ambulante de bagues lors du festival annuel des nomades appelé Cure Salée à Ingall, au Niger, le 16 septembre 2021.

"Je suis carrément au chômage, je chôme trop même!" Pour Veli Rabo, jeune Peul nomade nigérien de 28 ans qui n'a jamais travaillé "à part à l'école", c'est presque devenu une blague que de parler boulot.

Il est un parmi des milliers de jeunes Sahéliens qui ne trouvent pas de travail dans cette région du monde qui affronte un conflit multiforme et enraciné, une désertification croissante et une démographie galopante.

En 2018, le think-tank International Crisis Group (ICG) estimait à 80% le taux de chômage des jeunes du Nord nigérien dans le secteur formel, mais l'importance du secteur informel et la forte ruralité font qu'il est difficile d'établir des statistiques fiables.

Reste que, parmi les jeunes rencontrés mi-septembre par l'AFP pendant la fête du pastoralisme nigérien à Ingall, dans le nord désertique du pays, nombreux étaient ceux qui disaient ne pas travailler.

Pour sa part, Veli Rabo loue sa mobilité -- il a une moto -- aux habitants du village quand ils ont besoin de faire une course. "Ca me permet de gagner 1.000 ou 2.000 francs (2-3 euros) et de nourrir la petite famille", dit-il, coiffé d'un chèche bleu. Mais c'est tout ce qu'a ce mari et père d'un enfant pour ramener de l'argent.

Les populations pastorales sont d'autant plus touchés qu'elles ont un accès à l'éducation et à la santé plus que précaire. Alors, "beaucoup ne font rien", dit Bidgi Gaya, un ami du même âge que Veli.

"On prépare le thé, on discute, on vaque aux activités du jour", explique-t-il.

Les deux jeunes ont été à l'école à Agadez, la capitale régionale, jusqu'en troisième. Le premier se prenait à rêver de soigner les gens, l'autre de faire des affaires. Las! Sur les 40 de leur classe, "trois ou quatre" travaillent aujourd'hui, disent-ils.

Les autres sont rentrés au village. Ils représentent une jeunesse qui s'interroge ("dans les autres pays, tout le monde a appris à écrire? c'est vrai qu'il y a des minorités qui ne parlent pas français chez vous?"), une jeunesse romantique qui récite des poèmes d'amour au petit soir avant de dormir, mais une jeunesse bloquée: aucune perspective pour Veli et Bidgi.

- "chair à canon" -

Ces deux-là devisent sur les violences jihadistes qui se multiplient depuis une dizaine d'années dans la région. "Alhamdoulilah ("Dieu merci", ndlr), chez nous tout va bien", dit Veli. Mais l'important taux de chômage des jeunes inquiète les autorités locales, confient plusieurs d'entre elles à l'AFP.

Veli le reconnait: "La vérité, c'est que si on est assis à ne rien faire et qu'il faut nourrir la famille, beaucoup pourraient dire oui à un ami qui vient proposer de faire des mauvaises choses, si ça permet de s'en sortir."

Pendant le festival du pastoralisme de la "Cure salée", en septembre, les autorités ont multiplié les rencontres. Aux chefs coutumiers locaux, le président nigérien Mohamed Bazoum a expliqué que la stratégie des jihadistes de l'Etat islamique, installés sur la frontière malienne, "consiste à cibler (ces) jeunes, à les récupérer et à les utiliser comme chair à canon".

Dans ces zones rurales, les "fils de pasteurs" sont les "premières victimes" de cet embrigadement, a confirmé le général Mahamadou Abou Tarka, président de la Haute autorité à la consolidation de la paix (HACP).

Dans la région de Diffa (sud-est du Niger frontalier du Nigeria), où sévissent les fantassins de Boko Haram, et dans celle des "Trois frontières" - entre Mali, Burkina Faso et Niger - des jeunes ont déjà été recrutés en masse.

Alors, l'Etat essaie de sensibiliser les communautés nomades et leur jeunesse à "ne pas prêter le flanc" à ces propositions alternatives. L'armée a notamment recruté en leur sein.

A la "Cure Salée", Doula Dokao, peul wodaabe de 48 ans dont 14 à la tête d'une association locale de sensibilisation, a animé et participé à des ateliers. Tous avaient le même but: "parler aux jeunes pour les convaincre qu'il y a du positif et des opportunités".

Mais quand on évoque le volontarisme gouvernemental et ses nombreuses promesses, la réponse est claire: "sur 100% de choses qu'ils paient, on en voit 5% au village". Le reste s'est sans doute perdu en chemin dans les méandres de la corruption, complète un parent.

Aux jeunes de Foudouk (nord), le chef de village Nassamou Malam préconise d'être patients: "s'ils ne le sont pas, ils prendront un autre chemin qui n'est pas bon". Et d'ajouter tout de go: "évidemment, le futur fait peur".

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