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Madagascar

Heurts entre manifestants et forces de l'ordre

Les partisans du candidat à la présidentielle malgache Marc Ravalomanana contre les forces de sécurité avec des gaz lacrymogènes lors d'une manifestation pour protester contre les résultats des élections du 2 janvier 2019 à Antananarivo.

Des incidents ont éclaté samedi à Antananarivo entre partisans de l'ex-chef de l'Etat Marc Ravalomanana, donné perdant de la présidentielle du 19 décembre, et les forces de l'ordre qui ont dispersé les manifestants à coups de gaz lacrymogène.

Pour la cinquième fois en une semaine, quelque 500 pro-Ravalomanana ont bravé l'interdiction de manifester sur la place centrale du 13-Mai dans la capitale malgache.

Les forces de l'ordre les ont dispersés à coups de gaz lacrymogène, comme mercredi, et les protestataires ont riposté avec au moins deux cocktail Molotov, ont constaté des journalistes de l'AFP.

Quatre personnes ont été arrêtées samedi, selon les mêmes sources.

Les manifestants dénoncent des fraudes lors du second tour de la présidentielle, remporté par l'ancien président Andry Rajoelina (2009-2014) selon la Commission électorale nationale indépendante (Céni).

Il a obtenu 55,66% des suffrages, contre 44,34% pour Marc Ravalomanana qui a déposé des recours devant la Haute Cour constitutionnelle (HCC) pour contester les résultats.

La HCC doit se prononcer sur la validité ou non de ces recours mardi. D'ici là, les partisans de Marc Ravalomanana ont prévu de manifester quotidiennement pour faire pression sur la principale instance judiciaire du pays.

"C'est injuste qu'on nous disperse comme ça à coups de gaz lacrymogène, nous des simples citoyens qui réclamons juste la vérité des urnes", a estimé un manifestant, Jean-Paul Rasolon, 53 ans.

"Après ce 8 janvier, si on ne restaure pas la vérité, peu importe qui va gagner, on va entrer dans une crise", a-t-il prévenu.

"Nous ne sommes pas ici pour troubler l'ordre public", s'est indignée une autre manifestante, Ninia Donia. "On veut juste la vérité, parce que j'ai vu de mes propres yeux les fraudes massives."

Après une chasse au chat et à la souris entre manifestants et forces de l'ordre, une pluie torrentielle s'est abattue sur la capitale, vidant la place du 13-Mai.

Madagascar, grande île de l'océan Indien, connaît régulièrement des périodes d'instabilité politique depuis son indépendance de la France en 1960.

L'élection de 2018, qui s'est déroulée sans incident majeur, a pris le tour d'un règlement de comptes entre Marc Ravalomanana, qui a quitté le pouvoir en 2009 sous la pression de la rue et de l'armée qui avait confié le pouvoir à l'opposant Andry Rajoelina.

Les deux hommes avaient été interdits de candidature à la présidentielle de 2013 dans le cadre d'un accord de sortie de crise validé par la communauté internationale.

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La capitale malgache Antananarivo sous confinement à nouveau

La capitale malgache Antananarivo sous confinement à nouveau
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Le confinement de retour dans la capitale malgache

Le président malgache Andry Rajoelina à Antananarivo, Madagascar, le 7 novembre 2018. (Photo REUTERS/Malin Palm)

Deux mois après son déconfinement, Antananarivo, la capitale de Madagascar a été de nouveau placée en confinement en raison d'un regain de propagation du coronavirus, a annoncé dimanche la présidence malgache.

"La région d'Analamanga (dont fait partie la capitale) retourne au confinement total" a indiqué un communiqué de la présidence de la République malgache au lendemain du conseil des ministres.

Ces mesures ont été prises "pour cause de propagation de l'épidémie et l'accroissement des cas de Covid-19" explique le communiqué.

"La région d'Analamanga est fermée à toute circulation, l'entrée comme la sortie, à partir de lundi jusqu'au 20 juillet".

"Seule une personne par foyer a le droit de sortir dans la rue de 6h00 du matin à 12h00", contre 17h00 auparavant, ajoute le texte.

Habitué à recenser des dizaines de cas de coronavirus par jour, l'autorité sanitaire malgache a rapporté des centaines de cas au quotidien depuis trois jours, dont 216 pour samedi, un record pour le pays.

Les 216 cas de coronavirus de samedi ont été recensés sur 675 personnes testées.

De nouveaux dispositifs de restriction de circulation ont été instaurés au ministère de l'Économie et des finances où aucun usager extérieur ne sera autorisé à entrer et à circuler pour une durée indéterminée.

Le retour à la normale des activités du tribunal d'Antananarivo a été reporté sine die, selon un communiqué du ministère de la Justice.

Les réunions du gouvernement se font par visioconférence, selon le communiqué de la présidence.

Dans la capitale, les habituels défilés nuptiaux du weekend ont fait place à des cortèges mortuaires et dans les journaux, les rubriques nécrologiques multiplient les annonces de décès de personnalités de toutes catégories.

Sur les réseaux sociaux, des médecins ont exprimé leur solidarité pour des collègues décédés et l'Organisation mondiale de la santé (OMS) à Madagascar a déploré la perte d'un de ses médecins.

Parmi les 23.000 personnes testées depuis le début de l'épidémie, Madagascar a enregistré 2.728 cas confirmés de coronavirus dont 29 morts et 1.078 rétablissements.

Madagascar fête les 60 ans de son indépendance en grande pompe

Le président Andry Rajoelina à Analakely, à Madagascar, le 8 janvier 2019.

Des militaires en tenue d'apparat, une belle Américaine décapotée mais pas de public... Le président malgache Andry Rajoelina a célébré vendredi le 60e anniversaire de l'indépendance de son pays en grande pompe et à huis clos, pandémie oblige.

Pendant deux heures, plus de 3.000 soldats, policiers et gendarmes ont défilé dans les rues du centre de la capitale Antananarivo devant M. Rajoelina et quelque 200 privilégiés, ministres, diplomates ou chefs traditionnels.

En tenue blanche d'inspiration très... coloniale, le chef de l'Etat a bouleversé les habitudes en passant ses troupes en revue, non pas à bord d'un véhicule militaire mais de la voiture officielle du premier président de la Grande Ile, un rutilant cabriolet Cadillac des années 1960.

Après la parade militaire, des jeunes ont reconstitué l'histoire de la colonisation française de 1896 à 1960.

"Le feu du patriotisme en chacun de nous donne de la chaleur à tous les Malgaches", s'est amusé Andry Rajoelina en référence au froid - tout relatif - qui enveloppait "Tana" en ce début d'hiver austral.

Dans son discours, il a appelé ses compatriotes à l'union "pour donner un réel développement à notre chère patrie" qui, avec neuf habitants sur dix vivant avec moins de 2 dollars par jour, reste l'un des plus pauvres de la planète.

"On va vaincre la division, les épidémies et surtout la pauvreté", a insisté le chef de l'Etat, promoteur d'une tisane controversée contre le Covid-19 dont aucune étude n'a confirmé les prétendues vertus thérapeutiques.

Son appel à l'union n'a pas été entendu par ses deux prédécesseurs, Marc Ravalomanana (2002-2009) et Hery Rajaonarimampianina (2014-2018), qui ont boudé les cérémonies.

Interdits de rassemblement, les habitants du centre de la capitale, dûment vidée de ses milliers de vendeurs informels, ont dû se contenter de suivre le défilé à la télévision et... par intermittence, en raison de nombreuses coupures de retransmission.

Minute Eco: vente bientôt des GasyCar, des voitures Made in Madagascar

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A Tana, cet étrange "Colisée" qui ne passe pas chez les Malgaches

Un ouvrier travaille sur le chantier de construction d'une «arène» en béton sur le site historique du Palais de la Reine (Rova de Manjakamiadana) à Antananarivo, Madagascar, le 22 mai 2020.

Il a poussé à l'ombre du palais d'une reine, sur la piscine sacrée d'un roi, au sommet de la plus haute colline d'Antananarivo. Dédié à l'histoire de Madagascar, le "Colisée" du président Andry Rajoelina sème la discorde.

Lorsque ce projet d'arène en béton largement inspirée de la Rome antique a été dévoilé il y a plus d'un an, personne n'y a vraiment prêté attention.

Il s'agissait alors, en vue du 60e anniversaire de l'indépendance de l'ex-colonie française cette année, de bâtir une enceinte destinée à "accueillir un spectacle pour traiter l'histoire de notre pays de manière éducative, populaire et culturelle", selon la ministre de la Culture, Lalatiana Rakotondrazafy.

Mais au fur et à mesure qu'il sortait de terre, ce bâtiment nommé "Masoandro" - soleil en malgache - a fait froncer de nombreux sourcils. Et à la veille des célébrations du 26 juin, il est devenu l'objet de toutes les critiques.

A commencer par celles des descendants des souverains malgaches qui ont trôné sur le site historique du palais de la reine de Manjakamiadana, du XVIIe siècle jusqu'à l'annexion de la Grande île en 1896.

"On pensait qu'il ne s'agirait que de simples décorations accessoires", note Christian Raoelina, un des petits-fils du frère de la reine Ranavalona III.

"Notre étonnement en voyant la hauteur de la construction n'en a été que plus grand", ajoute-t-il, "on n'avait pas compris que ces travaux allaient apporter de grands changements dans le paysage du palais".

L'association des Amis du patrimoine de Madagascar (APM) s'est elle aussi émue de la forme du "Colisée".

"Il apparaît de façon évidente que, outre son incongruité, cette structure n'a rien à voir avec l'architecture initiale du site, ni avec l'histoire de Madagascar, encore moins avec sa culture", s'est-elle indignée.

La construction est d'autant plus malvenue, a ajouté l'APM, qu'elle menace le classement de la haute-ville d'Antananarivo au patrimoine mondial de l'Unesco.

- "Sauvegarder, pas défigurer" -

Dans un courrier, l'Organisation des Nations unies pour l'éducation, la science et la culture (Unesco) s'était émue en février de l'impact du projet sur "la valeur universelle exceptionnelle" de la capitale.

L'opposition elle aussi a tiré à boulets rouges contre l'arène présidentielle, en dénonçant le "massacre" d'une "place sacrée" et d'un "symbole historique" du pays.

Mis en cause de toutes parts, le président Rajoelina a riposté en accusant les détracteurs de son arène - il réfute le terme de "Colisée" - d'être "de mauvaise foi".

"L'appel d'offres a été lancé des mois d'août à septembre l'année dernière et est paru dans les journaux les plus lus du pays (...) pendant toute une semaine", a-t-il lancé fin mai à la télévision à tous les "surpris".

"Les descendants des monarques à Madagascar n'ont plus aucun pouvoir", lui a rétorqué aussi sec Christian Raoelina, "mais en tant qu'héritiers propriétaires des tombeaux royaux, nous méritions d'être consultés".

D'autant plus, insiste-t-il,que le "Colisée" a été érigé "dans un emplacement sacré".

"Le rôle de l‘Etat est de sauvegarder, de réhabiliter, d'entretenir le patrimoine du passé, mais non pas de le défigurer ou de le piétiner par de nouvelles constructions", a renchéri l'artiste plasticien Jean Andrianaivo Ravelona.

Président de l'Académie malgache, le Pr Raymond Ranjeva a proposé une concertation nationale sur le sujet. "On doit admettre que cette construction, en l'état actuel des choses, divise la nation", a-t-il regretté.

Pas question, a répondu le chef de l'Etat, déterminé à imposer son projet quoi qu'il en coûte.

"Est-ce qu'on veut restaurer nos fiertés nationales oui ou non ?", a plaidé Andry Rajoelina, dont l'arène doit permettre d'offrir à tous les visiteurs du palais royal des spectacles retraçant l'histoire et le quotidien des anciens souverains de la Grande île.

Son projet - d'un coût estimé à 1,4 million d'euros "financé par le seul budget de l'Etat", insiste le gouvernement - doit drainer 300.000 à 500 000 visiteurs vers le palais de la reine de Manjakamiadana, a-t-il assuré.

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