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Haïti vers le premier gouvernement paritaire de son histoire

Le président haïtien Jovenel Moise au Palais National de Port-au-Prince, à Haïti, le 21 mars 2019.

Le nouveau premier ministre haïtien Fritz-William Michel a officialisé mercredi soir la composition de son gouvernement strictement paritaire, une première dans l'histoire du pays qui doit encore être validée par les parlementaires.

Nommé lundi par le président Jovenel Moïse, M. Michel a choisi de réunir neuf femmes et neuf hommes pour son cabinet, en majorité peu connus de la scène politique, quand la constitution haïtienne n'impose qu'un quota de 30% de femmes "à tous les niveaux de la vie nationale, notamment dans les services publics".

Précédemment cadre du ministère de l'Économie et des Finances, Fritz-William Michel, 38 ans, est le quatrième chef de gouvernement de l'administration Moïse, qui dirige le pays de la Caraïbe depuis deux ans et demi. Selon la composition annoncée mercredi, M. Michel assumera aussi les fonctions de ministre de la planification et de la coopération externe.

"Je compte sur l'appui de la population et des parlementaires afin que l'on se mette ensemble: je ne peux pas faire le travail seul", a déclaré le Premier ministre haïtien un peu plus tôt dans la journée de mercredi, lors de son passage au parlement pour le dépôt des documents requis.

Avant que les ministres qu'il a choisi puissent prendre leurs fonctions, Fritz-William Michel doit obtenir la validation de sa politique générale par les députés et les sénateurs.

Son prédécesseur, Jean-Michel Lapin, a démissionné lundi après avoir passé seulement un peu plus de trois mois en poste, faute justement de n'avoir pas trouvé de consensus auprès du parlement.

La nomination de ce nouveau gouvernement signe une timide reprise du dialogue entre les acteurs de la scène politique: le choix de M. Michel a été arrêté après des consultations entre Jovenel Moïse et les présidents des deux chambres du parlement.

Néanmoins, certains opposants à Jovenel Moïse lui contestent toujours toute légitimité à nommer des ministres et continuent de réclamer sa démission immédiate.

Fin mai, la Cour supérieure des comptes a publié un rapport détaillant la gestion calamiteuse du fonds d'aide allouée à Haïti par le Venezuela depuis 2008.

Dans ce document de plus de 600 pages, une entreprise dirigée par l'actuel chef de l'État haïtien est épinglée par les juges comme étant au coeur d'un "stratagème de détournement de fonds".

Alors que 60% des Haïtiens vivent sous le seuil de pauvreté et que l'inflation a franchi la barre des 18%, Fritz-William Michel et son équipe gouvernementale auront fort à faire pour rétablir la confiance de la population envers la classe politique.

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La capitale d'Haïti paralysée après des violences entre policiers et militaires

Scène de panique pendant la grève des policiers haïtiens à Port-au-Prince, Haïti, le 23 février 2020. REUTERS / Andres Martinez Casares -

Axes routiers bloqués, rues désertes, activité commerciale au point mort... La capitale d'Haïti, Port-au-Prince, était paralysée lundi au lendemain de violences entre policiers mécontents et militaires qui ont fait au moins deux morts et une dizaine de blessés.

Des barricades de toutes sortes étaient dressées sur les principales artères de la capitale, coupée des autres villes du pays. Des policiers protestataires ont même saisi les clés des rares véhicules circulant malgré tout afin de bloquer des routes, a constaté l'AFP.

Une manifestation de policiers réclamant de meilleures conditions de travail s'est terminée dans le sang dimanche lorsque plusieurs d'entre eux ont attaqué le quartier général de l'armée haïtienne, dans le centre de Port-au-Prince.

L'état-major militaire, évoquant un assaut mené par des individus "encagoulés et munis d'armes à feu", a fait état d'un mort et d'un blessé dans ses rangs.

Un policier protestataire, parmi les cinq ayant été révoqués, a parlé de l'autre côté d'un mort et de plusieurs blessés, mais la police n'était pas encore en mesure lundi matin de donner un bilan des violences de la veille.

Le ministère de la Justice a dénoncé lundi dans un communiqué les violences de la veille, estimant que ces actions ressemblaient "de plus en plus" à une "tentative de coup d'Etat" contre le président Jovenel Moïse.

Une source proche de ce dernier a indiqué à l'AFP que le président travaillait actuellement à la formation d'un nouveau gouvernement, et qu'il revenait à la police de faire régner l'ordre et la paix dans le pays, confronté depuis le début de l'année à une recrudescence de l'insécurité.

Le Bureau Intégré des Nations unies en Haïti (BINUH) a quant à lui exprimé "sa vive préoccupation" face aux "graves incidents" de dimanche, invitant les policiers protestataires à éviter toute escalade dans la violence.

Des policiers en colère ont érigé des barricades devant des commissariats, a encore constaté l'AFP.

La place du Champ de Mars, où se sont affrontés dimanche policiers et soldats, restait impraticable et à haut risque.

Le Syndicat de la Police nationale d'Haïti a dans un communiqué appelé lundi tous les policiers à rentrer chez eux "afin de donner une autre orientation à la lutte des policiers".

Ces violences ont conduit le gouvernement à annuler, pour la deuxième année consécutive, le carnaval qui devait s'y tenir de dimanche à mardi, rendez-vous incontournable de la vie culturelle haïtienne et manne économique non négligeable dans un pays à la pauvreté endémique.

Brésil: 150 meurtres en cinq jours dans un Etat sans police militaire

Un soldat déploie le drapeau brésilien lors de la cérémonie de levée du drapeau au palais Alvorada, à Brasilia, au Brésil. (AP Photo /Eraldo Peres)

L'Etat brésilien de Ceara (nord-est), où la police militaire s'est mutinée pour obtenir de meilleurs salaires, a enregistré 147 assassinats en cinq jours, soit cinq fois plus que la moyenne quotidienne, ont annoncé lundi les autorités.

Ces homicides ont eu lieu entre mercredi et dimanche, en pleine période de Carnaval au Brésil. Ils sont cinq fois plus nombreux que la moyenne de six meurtres par jour, enregistrés dans cet Etat depuis le début de l'année, selon le secrétariat pour la sécurité de Ceara.

Les policiers militaires (PM), un corps de maintien de l'ordre qui dépend des autorités de chaque Etat, ont interdiction de faire grève.

Mais après deux mois de négociations salariales infructueuses, des groupes de mutins ont lancé mardi l'occupation de casernes, ont attaqué plusieurs patrouilles et se sont mis en grève. Des voitures de police ont été volées et des installations ont été détruites.

Conséquence, le nombre d'assassinats sur la voie publique a grimpé en flèche.

Mercredi, le sénateur de centre-gauche Cid Gomes a été blessé par balles après avoir tenté, aux commandes d'une pelleteuse, de briser un piquet de grève de policiers mutinés à Sobral, ville située à 230 km de Fortaleza, la capitale de cet Etat.

Après avoir été hospitalisé, l'ex-ministre de l'Education du gouvernement de l'ancienne présidente Dilma Rousseff (2011-2016) est chez lui en convalescence.

Face à cette situation, le président Jair Bolsonaro a décidé vendredi l'envoi de 2.500 militaires et effectifs de la Garde nationale pour renforcer la sécurité à Ceara.

Lors d'une visite dans l'Etat, le ministre de la Justice et de la Sécurité publique, Sergio Moro, a dit souhaiter que "la situation se résolve le plus vite possible".

Selon les médias locaux, 200 policiers militaires ont été suspendus pour leur participation à la mutinerie et 37 ont été incarcérés pour désertion.

Avec une population de quelque 8,8 millions d'habitants, l'Etat de Ceara avait été paralysé il y a un an par plus de 200 attaques de la part de factions criminelles, mécontentes du durcissement des conditions de détention dans les prisons de l'Etat.

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