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Haïti: nouvelle manifestation réclamant la démission du président

Des policiers éteignent un véhicule en flammes appartenant à Radio Tele-Ginen lors d'une manifestation réclamant la démission du président Jovenel Moise à Port-au-Prince, en Haïti, le lundi 10 juin 2019. (AP Photo / Edris Fortune)

Près de 2.000 personnes ont manifesté jeudi dans le centre-ville de Port-au-Prince pour réclamer la démission du président haïtien Jovenel Moïse, qui a assuré la veille qu'il n'était "pas impliqué dans la corruption".

"On rejette le discours du président d'un revers de la main: ce n'est pas à nous, le peuple, qu'il doit dire qu'il n'est pas corrompu mais c'est vers la justice du pays qu'il doit se diriger, en donnant à la justice les moyens nécessaires pour travailler", a expliqué Evens Paul, un manifestant de 31 ans.

Dans un discours mercredi lors d'une cérémonie officielle à Port-au-Prince, M. Moïse s'est adressé directement à la population haïtienne: "Votre président, celui pour lequel vous avez voté, n'est pas impliqué dans la corruption", a-t-il assuré.

Les abords du palais présidentiel étant tacitement interdits à toute manifestation, les organisateurs du rassemblement de jeudi avaient établi un parcours faisant sept fois le tour de l'édifice par les rues adjacentes.

"Ce n'est pas de l'acharnement politique: on n'a aucun problème avec le président", a témoigné Mehdi Garlet, au coeur du cortège majoritairement composé de jeunes hommes.

"En tant que représentant de la République, il doit être au-dessus de tout soupçon mais la Cour des comptes l'implique comme l'un des receveurs de l'argent Petrocaribe avant même qu'il y ait eu un contrat signé, donc la morale publique l'oblige à démissionner", a ajouté l'étudiant de 26 ans.

Plusieurs barricades ont été enflammées le long du parcours de la manifestation, qui s'est déroulée sans incidents majeurs. Quelques dégâts ont été constatés par des journalistes de l'AFP, dans des quartiers périphériques à la place du Champ de Mars où est situé le palais présidentiel.

La Cour supérieure des comptes a rendu le 31 mai un rapport de plus de 600 pages sur la mauvaise gestion de l'aide reçue du Venezuela par Haïti, rapport dans lequel Jovenel Moïse est accusé d'être au coeur d'un "stratagème de détournement de fonds".

Les juges ont découvert entre autres que l'Etat avait signé en 2014, pour le même chantier de réhabilitation de route, deux contrats avec deux entreprises aux noms distincts --Agritrans et Betexs-- mais partageant notamment le même matricule fiscal et le même personnel technique.

Avant son arrivée au pouvoir en 2017, M. Moïse dirigeait Agritrans qui a reçu plus de 33 millions de gourdes --plus de 700.000 de dollars à l'époque-- pour ce projet routier alors que son activité consistait à la production bananière. Cette entreprise, détenue par l'actuel président, avait même reçu une avance de fonds près de deux mois avant la signature du contrat.

Plusieurs milliers de Haïtiens ont déjà manifesté dimanche à Port-au-Prince et dans les principales villes du pays pour réclamer la démission du président.

Deux personnes ont été tuées par balle en marge du rassemblement dans la capitale, qui s'était achevé avec d'importantes violences et quelques destructions matérielles.

Avec AFP

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Le Sénat approuve le plan de relance de Joe Biden

Le président Joe Biden participe à une table ronde sur un ensemble de mesures de lutte contre le coronavirus à la Maison Blanche à Washington, le vendredi 5 mars 2021.

Le Sénat américain a approuvé samedi un projet de loi de grande envergure sur la lutte contre le coronavirus.

Le vote, strictement partisan (50 en faveur, 49 contre) est intervenu au terme d'une session marathon, donnant ainsi aux démocrates leur première victoire législative depuis qu'ils ont reconquis la majorité.

Selon le quotidien USA Today, le sénateur républicain Dan Sullivan (Alaska) était absent.

Peu après l'adoption du projet de loi, le président Joe Biden a déclaré que l'administration sera en mesure d'expédier 1 400 dollars à la plupart des Américains dès ce mois.

Il a jouté que les mesures adoptées permettront d'accélérer la fabrication et la distribution des vaccins anti-coronavirus.

Le locataire de la Maison Blanche a précisé que plus de 85% des ménages américains recevront des paiements.

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USA: moins de 40.000 cas de Covid en 24H, une première depuis octobre

Test de dépistage du coronavirus (COVID-19) à Denver, Colorado, États-Unis, le 20 juin 2020.

Pour la première fois en cinq mois, les Etats-Unis ont recensé jeudi moins de 40.000 cas de Covid-19 en 24H, selon les données de l'université Johns Hopkins, qui font référence.

Après un pic de près de 300.000 cas en 24 heures enregistré le 8 janvier, le nombre d'infections quotidiennes a retrouvé son niveau d'avant Halloween, Thanksgiving et les autres fêtes de fin d'années, synonymes de nombreux déplacements à travers le pays et d'une propagation accrue du virus.

Autre signe encourageant dans le pays le plus touché par la pandémie en valeur absolue: les moyennes hebdomadaires des morts et des hospitalisations sont elles aussi nettement en baisse.

La campagne de vaccination lancée en décembre aux Etats-Unis bat désormais son plein, avec trois vaccins autorisés: ceux de l'alliance Pfizer/BioNTech, de Moderna, et depuis quelques jours, de Johnson & Johnson, dont les premières injections ont commencé mardi.

Et le nombre de personnes vaccinées s'apprête à dépasser celui des cas recensés dans le pays depuis le début de la pandémie.

Face à la concurrence de bonnes nouvelles, les Etats américains lèvent les uns après les autres les restrictions mises en place pour freiner la propagation du Covid-19, qui dépendent majoritairement des autorités locales aux Etats-Unis.

Ces annonces ont consterné le président américain Joe Biden, qui les juge trop prématurées. Il s'agit d'une "grande erreur", a-t-il dénoncé, emboîtant le pas des principaux responsables sanitaires fédéraux.

Calme au Capitole sous haute sécurité après une nouvelle menace extrémiste

La Garde nationale veille sur le Capitole, le jeudi 4 mars 2021, au Capitole à Washington.

La journée s'est déroulée sans incident jeudi au Capitole à Washington, placé sous haute sécurité après l'annonce qu'une "milice" cherchait à attaquer le siège du Congrès, barricadé depuis l'assaut meurtrier mené par des extrémistes pro-Trump en janvier.


Certains membres de la nébuleuse QAnon accordent une importance symbolique au 4 mars, date à laquelle les présidents américains prenaient leurs fonctions jusqu'en 1933.

Refusant toujours d'accepter la victoire de Joe Biden à la présidentielle de novembre, certains auraient été ainsi persuadés que Donald Trump pouvait être investi une seconde fois jeudi.

Et la police avait averti que des extrémistes et membres de QAnon avaient évoqué une nouvelle attaque contre le Capitole à cette occasion.

Depuis l'assaut du 6 janvier, des militaires de la Garde nationale patrouillent dans les couloirs de l'imposant bâtiment et sur l'esplanade, protégée par de hautes barrières, par endroit surmontées de barbelés.

Cet imposant dispositif de sécurité rend difficilement imaginable la répétition du coup de force de janvier, quand des milliers de manifestants pro-Trump s'étaient rassemblés au pied du Capitole après un discours du milliardaire républicain.

La Chambre des représentants avait néanmoins avancé à mercredi soir des votes prévus initialement jeudi.

Mais le Sénat a maintenu sa séance et la présidente de la Chambre Nancy Pelosi a minimisé jeudi les craintes sécuritaires derrière la décision de décaler les votes.

Cette décision était "logique" après l'avertissement lancé par la police, a-t-elle déclaré, en soulignant que les parlementaires de la Chambre étaient bien plus nombreux qu'au Sénat (435 contre 100) et qu'il était aisé pour eux d'avancer les seulement quelques heures de séance prévues jeudi matin.

"Personne ne devrait l'interpréter comme si nous avions changé tout notre calendrier parce que quelques fauteurs de troubles risquaient d'arriver", a-t-elle toutefois souligné. "Nous sommes bien mieux préparés que la dernière fois."

Les responsables de la sécurité du Congrès avaient conseillé aux parlementaires d'utiliser les parkings et couloirs souterrains pour accéder au Capitole.

"Forcer l'entrée"

Ces craintes se fondent sur des informations obtenues par les renseignements américains. Fin février, un groupe d'extrémistes "non-identifié a évoqué le projet de prendre le contrôle du Capitole américain", écrivent le FBI et le ministère américain de la Sécurité intérieure dans une note.

Ces extrémistes convaincus -à tort- que l'élection présidentielle de novembre a été marquée par des fraudes massives, nient la légitimité de Joe Biden, arrivé à la Maison Blanche le 20 janvier.

Mercredi, la police du Capitole a précisé que des informations montraient "un possible projet d'une milice identifiée visant à forcer l'entrée du Capitole le 4 mars".

Les lourdes mesures de sécurité font débat aux Etats-Unis, où beaucoup déplorent voir ce bâtiment surnommé "la Maison du Peuple" coupé des Américains.

Citant une augmentation de "93% des menaces pesant sur les élus lors des deux premiers mois de l'année par rapport à l'an dernier", la police du Capitole a toutefois annoncé jeudi soir qu'elle avait demandé au Pentagone de prolonger au-delà du 12 mars le déploiement de la Garde nationale.

La mouvance QAnon est née en 2017 aux Etats-Unis chez des partisans de l'homme d'affaires, qui serait, selon cette théorie du complot, en croisade contre "une élite composée de pédophiles satanistes", et a essaimé jusqu'en Europe. Elle est désormais officiellement bannie des grandes plateformes numériques, ce qui rend plus difficile le suivi par ses membres.

Beaucoup ont été découragés par l'échec du coup de force de janvier.

Cinq personnes, dont un policier du Capitole, sont mortes lors de cet assaut. Plus de 270 personnes sont poursuivies pour leur participation à cette attaque, selon le FBI.

Accusé d'"incitation à l'insurrection" pour avoir appelé ses partisans à marcher sur le Congrès, Donald Trump a été acquitté au Sénat le 13 février.

Il n'a lui-même jamais accepté le résultat de la présidentielle, estimant sans fondement que sa défaite était due à des fraudes massives.

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