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Haïti: des violences entre policiers et militaires font des morts et des blessés

Un manifestant lève la main alors qu'il passe devant des policiers lors d'une manifestation pour exiger la démission du président haïtien Jovenel Moise, dans les rues de Port-au-Prince, Haïti le 11 octobre 2019. REUTERS / Andres Martinez Casares -

Des violences entre policiers haïtiens mécontents et militaires ont fait deux morts et une dizaine de blessés dimanche à Port-au-Prince, provoquant une vive tension dans la capitale haïtienne et amenant le gouvernement à annuler le carnaval qui devait s'y tenir jusqu'à mardi.

Dans un communiqué publié dans la soirée, le gouvernement a dit observer "avec préoccupation et consternation que la terreur a régné dans certaines artères de la zone métropolitaine de Port-au-Prince".

"Afin d'éviter le bain de sang programmé (...), il a été décidé d'annuler le carnaval", a-t-il ajouté.

Des policiers manifestant pour de meilleures conditions de travail ont attaqué dimanche le quartier général de l'armée haïtienne dans le centre de Port-au-Prince.

L'état-major militaire a décrit un assaut mené par des individus "encagoulés et munis d'armes à feu".

"Nous sommes assaillis. Nous sommes sous le feu d'armes de toutes sortes, de fusils automatiques, de cocktails Molotov, de gaz lacrymogènes", avait déclaré un peu plus tôt dans la journée Jodel Lessage, le général des Forces armées du pays.

"Parce que nous sommes attaqués, il y a eu des ripostes", avait fait savoir le général. Son QG se trouve à proximité de la place du Champ de Mars, à quelques mètres du Palais national.

L'armée haïtienne a fait état d'un mort et d'un blessé dans ses rangs. Selon un bilan de source hospitalière, un policier a également été tué, ainsi qu'une dizaine d'autres personnnes blessées.

- "Situation de guerre"-

"Des obstructions de rues et une situation de guerre ont lieu dans l'aire du Champ de Mars, où des tirs nourris d'armes se sont fait entendre quasiment toute la journée. Il est difficile en ce moment d'établir un bilan de ces violences inouïes", a déclaré le gouvernement dans son communiqué.

Depuis plusieurs mois, les policiers exigent de meilleures conditions de travail et réclament notamment le droit de former un syndicat qui assurerait la transparence dans les négociations avec leur hiérarchie.

La semaine dernière, certains d'entre eux ont manifesté dans les rues, bloqué des routes, incendié des véhicules.

Le président haïtien Jovenel Moïse a annoncé samedi une série de mesures pour tenter d'enrayer la crise, dont la création d'un fonds de secours pour les policiers tués dans l'exercice de leurs fonctions et d'un fonds pour une couverture d'assurance.

Depuis le début de l'année, Haïti enregistre une recrudescence d'enlèvements contre rançon, qui s'ajoutent aux luttes entre bandes armées qui empêchent régulièrement la circulation sur les principaux axes routiers du pays.

Par ailleurs, aucune issue n'a encore été trouvée à la crise politique qui paralyse le pays depuis plus d'un an et qui se double d'une crise économique très profonde.

Déjà en 2019, le carnaval avait été annulé à Port-au-Prince à la suite de violences en marge de manifestations réclamant le départ du président Jovenel Moïse.

Cette année cependant, les autorités avaient espéré qu'il puisse avoir lieu, car il représente une respiration festive pour la population autant qu'une manne économique pour les entreprises locales.

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Venezuela: Maduro ordonne l'hospitalisation de toutes les personnes atteintes du Covid-19

Patiente atteinte d'une tumeur au poumon à l’hôpital public Vargas de Caracas, Venezuela, 5 février 2019. (AP Photo/Rodrigo Abd)

Le président vénézuélien Nicolas Maduro a donné l'ordre d'hospitaliser la totalité des personnes contaminées par le coronavirus, tout en assurant que le système hospitalier du pays comptait plus de 23.000 lits prêts à les accueillir.

Nous devons arriver à l'hospitalisation de 100% des cas!", a déclaré le dirigeant socialiste lors d'une allocution télévisée. 166 cas de coronavirus et sept décès liés à la maladie ont été recensés au Venezuela."

"Nous avons réussi à contenir la pandémie et dans la situation actuelle nous pouvons hospitaliser tous les cas et les isoler", a estimé Nicolas Maduro, affirmant que 23.500 lits sont disponibles dans des établissements de soins.

Les personnes contaminées doivent se confiner chez elles et les cas les plus graves sont conduits dans des dispensaires, cliniques et hôpitaux. Le Réseau de défense de l’épidémiologie nationale affirme que le pays n'a que 206 places en soins intensifs, dont la moitié à Caracas.

Pour tenter d'enrayer la progression du coronavirus, Nicolas Maduro a décrété un confinement quasi total il y a près d'un mois, et tous les vols ont été suspendus.

Affrontements entre soldats et civils boliviens à la frontière avec le Chili

Rue de La Paz bloquée par l'armée pendant l'épidémie de coronavirus, Bolivie, 23 mars 2020. (Photo AP)

Quelque 500 Boliviens bloqués au Chili ont affronté mardi des militaires de leur pays en essayant de forcer le passage pour rentrer en Bolivie, alors que la frontière est fermée pour cause de coronavirus.

"Ils sont arrivés dans la nuit hier (lundi), certains ont marché pendant deux jours. Il y a des enfants, des femmes enceintes, et ces civils ont affronté les forces armées boliviennes", a indiqué Javier Garcia, le maire de Colchane, commune du nord du Chili frontalière avec la Bolivie.

Les heurts ont fait deux blessés, un civil et un soldat, a-t-il précisé au site internet d'information chilien Soy Iquique. Le civil blessé "a été transporté au dispensaire de Colchane pour des soins médicaux, où l'on s'occupe également de personnes qui ont perdu connaissance", a ajouté M. Garcia.

Samedi dernier, le gouvernement bolivien avait décidé de rapatrier 480 de ses ressortissants qui étaient restés bloqués une semaine à la frontière chilienne après la fermeture de celle-ci, annoncée le 20 mars. Ils ont été placés en quarantaine pour au moins quatorze jours dans un campement d'accueil.

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Wuhan rouvre alors que l'hécatombe continue en Europe et en Amérique

Des voyageurs à la gare de Hankou à l'approche de la reprise de son trafic, à Wuhan dans la province du Hubei (Centre de la Chine), le mardi 7 avril 2020. Les résidents de Wuhan seront bientôt autorisés à voyager à nouveau, après un confinement de 11 semaines. (AP / Ng Han Guan)

La vie à Wuhan, le berceau du Covid-19, a commencé lentement à retourner à la normale avec la levée dans la nuit de mardi à mercredi du bouclage de la ville, mais le nouveau coronavirus a encore tué des milliers de personnes aux Etats-Unis et en Europe, avec un record au Royaume-Uni et à New York.

La France a été mardi le quatrième pays à franchir la barre des 10.000 morts officiellement comptabilisés comme causés par le virus, après l'Italie, l'Espagne et les Etats-Unis.

Dans le monde, on s'approche des 100.000 morts, avec plus de 80.000 recensés mardi par l'AFP. Mais ce comptage, à partir de sources officielles, est en dessous de la réalité, puisque de nombreux morts hors des hôpitaux ne sont ni testés, ni comptabilisés, par exemple aux Etats-Unis où les règles varient d'une juridiction à une autre.

A Londres, le Premier ministre Boris Johnson, 55 ans, s'apprêtait mardi à passer sa troisième nuit à l'hôpital. Il est dans un état stable dans une unité de soins intensifs, mais conscient et sans respirateur artificiel.

Le Premier ministre conservateur est le seul chef d'Etat ou de gouvernement d'une grande puissance à avoir contracté la maladie.

Prié "de le remplacer là où nécessaire", le chef de la diplomatie Dominic Raab, 46 ans, s'est engagé à agir pour "vaincre le coronavirus" durant cet intérim. Le pays, l'un des plus touchés d'Europe, a enregistré mardi un record de 786 décès en 24 heures, portant son total à 6.159 morts.

Dans un monde en quête de bonnes nouvelles, la réouverture aux transports de Wuhan, où 11 millions d'habitants vivaient coupés du monde depuis fin janvier, montre que le coronavirus peut être dompté, même si le confinement général n'a pas été levé et de nombreux contrôles restent en place.

Des centaines de personnes qui étaient bloquées dans la ville se sont immédiatement ruées vers les gares, ont constaté des journalistes de l'AFP.

"Ça fait 77 jours que j'étais enfermé!", s'est réjoui un voyageur, impatient de rentrer à Changsha, à quelque 350 kilomètres.

- Les Noirs plus touchés aux Etats-Unis -

Aux Etats-Unis, l'Etat de New York, épicentre américain de l'épidémie, a enregistré un nouveau record de 731 morts en 24 heures, pour un total de 5.489 décès.

La cathédrale Saint-Jean le Théologien, à Manhattan, est en train d'être transformée en hôpital de campagne, avec des tentes médicales dans sa longue nef et sa crypte.

"Au cours des siècles précédents, les cathédrales étaient toujours utilisées de cette façon, comme pendant la peste", a observé le doyen de la cathédrale, Clifton Daniel.

Mais New York n'est pas le seul foyer américain. Les hôpitaux du New Jersey, juste au sud, ainsi que ceux du Michigan (Detroit) et de Louisiane (La Nouvelle Orléans), sont submergés.

Une population semble particulièrement exposée, d'après des remontées provenant de quelques juridictions dont Chicago et Washington: les Noirs. D'abord parce qu'ils sont plus susceptibles d'avoir l'une des maladies qui causent des complications mortelles du Covid-19: le diabète, l'hypertension, les maladies cardiovasculaires.

Mais aussi car les inégalités socio-économiques historiques aggravent l'impact de l'épidémie dans la communauté: moins d'accès aux soins et au dépistage, et des emplois plus exposés à la contamination (supermarché, chauffeurs de bus...).

Des organisations de défense des minorités ont appelé les autorités fédérales à publier des statistiques nationales ventilées par ce que les Américains appellent "race" et ethnicité.

- L'attente du pic en Europe -

L'Europe, le continent le plus frappé par la pandémie avec plus de 57.000 morts, attend la stabilisation du nombre de morts quotidiens.

Mais d'un jour à l'autre, les bilans montent et descendent. L'Espagne, après quatre jours de baisse, a annoncé 743 morts qui portent le total à 13.798. Le bilan a également bondi en France, portant le total à 10.328 décès.

En dépit de ces rebonds, le nombre de nouvelles hospitalisations marque le pas dans plusieurs pays, dont l'Espagne et l'Italie (17.127 morts), ce qui pourrait mécaniquement faire baisser le nombre de morts après un délai, puisque les décès interviennent souvent après plusieurs jours d'hospitalisation, parfois des semaines.

"Bien que lentement, une certaine baisse de pression commence à être observée dans les hôpitaux et les unités de soins intensifs", relève la Dr Maria José Sierra du Centre d'alertes sanitaires espagnol.

A l'hôpital Vall d'Hebron, le plus grand de Barcelone, "nous avons eu jusqu'à 24 nouveaux patients par jour deux jours de suite", témoigne le chef du service Ricard Ferrer, qui évoque également un situation stabilisée. Mais "on s'attend encore à une ou deux semaines très critiques".

- Chômage massif -

Les marchés misent également sur une prochaine décrue: en Asie et en Europe, les grandes Bourses ont fini largement dans le vert, tandis que Wall Street a fini en légère baisse.

Mais une récession généralisée apparaît inévitable en 2020, l'Organisation internationale du travail évoquant la plus grave crise du marché de l'emploi depuis la Seconde Guerre mondiale, avec 1,25 milliard de travailleurs potentiellement touchés.

Les ministres des Finances de l'UE divergent sur les mesures économiques que l'Europe pourrait prendre pour répondre à la crise du coronavirus, le président de l'Eurogroupe, Mario Centeno, plaidant pour "un plan de relance coordonné de grande envergure".

Un sommet par visioconférence se poursuivait dans la soirée de mardi, mais les pays du Nord (Allemagne et Pays-Bas en tête) sont opposés à un plan d'aide commun financé par une dette collective.

L'UE va par ailleurs garantir plus de 15 milliards d'euros pour aider les pays les plus vulnérables en Afrique et dans le reste du monde.

Un débat mondial s'esquisse déjà sur le "déconfinement", suscitant la crainte d'un relâchement chez les plus de quatre milliards de personnes, soit plus de la moitié de l'humanité, aujourd'hui contraintes ou appelées par leurs autorités à rester cher elles.

Après l'Autriche lundi, la Slovénie veut lever des restrictions la semaine prochaine, la Norvège à compter du 20 avril, et le Portugal évoque un début de retour à la normale en mai.

Des voyageurs devant la gare de Hankou à l'approche de la reprise de son trafic à Wuhan dans la province du Hubei, dans le centre de la Chine, le mardi 7 avril 2020. Les résidents de Wuhan seront bientôt autorisés à voyager à nouveau, mettant fin à un verrouillage de 11 semaines. (Photo AP / Ng Han Guan)

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