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Guinée

Un mort à Conakry pour le début d'une mobilisation anti-Condé

Les manifestations des Guinéens contre le 3ème mandat du président Alpha Condé, le 7 novembre 2019.

Un jeune manifestant a été tué lundi à Conakry lors d'affrontements avec les forces de l'ordre, ont indiqué sa famille et une source médicale, au premier jour d'une mobilisation à haut risque contre le projet prêté au président guinéen Alpha Condé de briguer un troisième mandat fin 2020.

La contestation, plusieurs fois durement réprimée, avait déjà causé depuis mi-octobre la mort d'au moins vingt civils et un gendarme. Le Front national pour la défense de la Constitution (FNDC), le collectif de partis, de syndicats et de membres de la société civile qui mène la protestation, a appelé à partir de lundi à une mobilisation "massive" et "illimitée".

Un élève de classe terminale âgé de 21 ans, Elhadj Mamadou Sow, a "été tué par une balle tirée par un agent des forces de l'ordre qui pourchassaient les jeunes" dans le quartier de Coza, dans la banlieue de Conakry, a indiqué son oncle à l'AFP.

"Il y a avait des heurts, des jets de pierres et du gaz lacrymogène. A un moment, on a entendu une rafale, +pan pan, pan+, nous avons entendu des cris et tous les jeunes se sont rassemblés autour de mon neveu, qui était par terre, blessé à la poitrine", a-t-il ajouté.

Son décès, dû à "une balle qui lui a traversé la poitrine", a été confirmé par un médecin de la clinique où le jeune homme avait été évacué.

"Nous venons d'être informés, nous allons vérifier", a déclaré à l'AFP le porte-parole de la police nationale, le commissaire Amadou Camara.

Un correspondant de l'AFP a décrit la capitale Conakry comme quasiment à l'arrêt, avec très peu de véhicules dans les rues et de nombreuses écoles, magasins et stations essence fermées

"L'appel à la résistance lancé par le FNDC est largement suivi dans plusieurs villes de la Guinée. Cela s'est matérialisé par une paralysie totale des principaux axes routiers, la fermeture des boutiques et commerces, la cessation totale ou partielle des activités ou leur ralentissement selon les lieux", a indiqué le FNDC dans un communiqué.

Le FNDC a rapporté des affrontements à Conakry, Boffa et N'Zérékoré, et quatre arrestations dans la capitale.

Ce début de mobilisation "est un succès", a déclaré à l'AFP le responsable national du FNDC, Abdourahmane Sanoh.

Le gouvernent avait invoqué le trouble à l'ordre public et l'absence de permis de manifester pour réprimer durement les premiers rassemblements à partir d'octobre. Il avait ensuite autorisé les manifestations sous conditions, sans que les violences cessent complètement.

Depuis mi-octobre, le FNDC a fait descendre dans la rue à plusieurs reprises des dizaines ou des centaines de milliers de Guinéens dans ce petit pays de 13 millions d'habitants.

L'opposition est convaincue que le chef de l'Etat, élu en 2010 et réélu en 2015, entend se représenter fin 2020 alors que la Constitution limite à deux le nombre de mandats présidentiels. Elle a été confortée dans ses craintes en décembre quand M. Condé, 81 ans, a indiqué qu'il comptait soumettre aux Guinéens un projet de nouvelle Constitution, même s'il ne s'est pas exprimé sur ses intentions personnelles.

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L'opposition suspend ses manifestations anti-Condé

Le chef de l'opposition Cellou Dalein Diallo à Conakry, Guinée, samedi 28 septembre 2013. (AP Photo / Idrissa Soumare)

L'opposition guinéenne a annoncé mercredi une suspension de ses manifestations contre un projet de troisième mandat attribué au président Alpha Condé, après trois jours de protestations ayant fait au moins trois morts.

Par ailleurs, la campagne pour les élections législatives prévues le 16 février va débuter "jeudi à minuit" jusqu'au 14 février, selon un décret présidentiel lu mercredi soir sur les médias d'Etat.

L'opposition, qui voit en ces législatives une manoeuvre du président Condé pour renforcer son pouvoir, a annoncé qu'elle boycotterait le scrutin et en empêcherait sa tenue, à cause de divergences avec le pouvoir sur son organisation.

Le Front national pour la défense de la Constitution (FNDC), le collectif de partis, de syndicats et de membres de la société civile qui mène la protestation depuis trois mois contre un éventuel troisième mandat de M. Condé, "suspend à partir de ce jour 15 janvier 2020 les manifestations", selon un communiqué publié mercredi soir.

Le Front vise à travers cette suspension à "procéder dans le calme à l'enterrement de nos victimes et permettre aux Guinéens de se réapprovisionner" en produits de consommation.

Il avait appelé à une mobilisation "massive" et "illimitée" à travers le pays à partir de lundi.

La mobilisation a fait depuis lundi au moins trois morts, dont un à Conakry et deux à Labé (nord), selon les familles des victimes, des sources médicales et de sécurité.

Depuis la mi-octobre, le FNDC a fait descendre dans la rue à plusieurs reprises des dizaines ou des centaines de milliers de Guinéens dans ce petit pays de 13 millions d'habitants. Plus de 20 civils ont été tués, ainsi qu'un gendarme, et des dizaines de personnes arrêtées.

L'opposition est convaincue que le chef de l'Etat, élu en 2010 et réélu en 2015, entend se représenter fin 2020 alors que la Constitution limite à deux le nombre de mandats présidentiels.

Elle a été confortée dans ses craintes en décembre quand M. Condé, 81 ans, a indiqué qu'il comptait soumettre aux Guinéens un projet de nouvelle Constitution, même s'il ne s'est pas exprimé sur ses intentions personnelles.

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