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Gattuso est le nouvel entraîneur du AC Milan


Suso de l’AC Milan, au centre, jubile avec ses coéquipiers Jose Sosa, à gauche, Gerard Deulofeu, Juraj Kucka et Mario Pasalic, après avoir ouvert la marque au cours d’un match entre l’AC Milan et Palermo au stade San Siro à Milan, Italie, 9 avril 2017.

L'AC Milan, décevant depuis le début de saison en Italie, a annoncé lundi le limogeage de son entraîneur Vincenzo Montella, remplacé par un ancien pilier du club lombard, Gennaro Gattuso. A lui le redressement sportif, alors que les finances posent aussi question.

Le nouveau technicien, âgé de 39 ans, était revenu en mai pour entraîner les jeunes du club, après y avoir évolué comme milieu de terrain à la hargne incomparable à la grande époque de Silvio Berlusconi, de 1999 à 2012.

Arrivé en juin 2016, Montella avait pourtant obtenu cet été des renforts massifs pour plus de 200 millions d'euros grâce aux fonds apportés par ses nouveaux propriétaires chinois, mais s'est laissé nettement distancer dans le calcio, dont il occupe seulement la 7e place après 14 journées.

Si le Milan AC s'est offert un petit plaisir la semaine dernière sous les yeux de son ancienne vedette Kaka en se qualifiant pour les 16e de finale de l'Europa League, avec la première place du groupe en prime, son objectif de revenir en Ligue des champions la saison prochaine est fortement compromis.

L'équipe compte en effet neuf points de moins que la saison dernière à la même époque et pointe à 11 longueurs de la Roma, qui occupe pour l'instant la 4e et dernière place qualificative.

Son capitaine Leonardo Bonucci, défenseur emblématique de la Juventus arrivé cet été à grands frais, n'est que l'ombre de lui-même, et l'équipe a clairement montré ses limites: ses six défaites ont été enregistrées contre les six premiers du championnat.

Pour tenter de redresser la barre, le club a donc fait appel à Gennaro Gattuso, le Calabrais que l'Italie surnommait "Ringhio" (rugissement) pour sa rage de vaincre.

Avec le maillot "rossonero", il y a gagné deux championnats d'Italie, deux Ligues des Champions et une Coupe d'Italie. Son imposant CV présente aussi 72 sélections avec l'équipe d'Italie, au sein de laquelle il a été champion du monde en 2006.

En tant qu'entraîneur, il a cependant connu plusieurs expériences mitigées, en prenant d'abord dès 2013 les rênes du FC Sion en Suisse, où il était parti en 2012 terminer au calme sa carrière de joueur.

Après un passage éclair à Palerme (remercié au bout de six matches) et un autre à peine plus long à l'OFI Crète en Grèce, il a porté Pise en Serie B (2015-2017).

Mais la tâche semble dantesque, d'autant que derrière un tableau sportif morose, c'est le bilan financier du club lombard qui suscite toujours le plus d'inquiétudes.

Outre sa situation sportive délicate, le club connaît également de gros problèmes financiers depuis son rachat par le mystérieux homme d'affaires chinois Yonghong Li. Endetté, le club a sollicité auprès de l'UEFA un "accord volontaire" dans le cadre du fair-play financier, sans lequel il pourrait être exclu des compétitions européennes.

Cette procédure nouvelle permet de sortir des clous du FPF à condition de présenter un plan fiable de retour à l'équilibre à un horizon de quatre ans.

Une réponse définitive de l'UEFA est attendue vers la mi-décembre et en cas de refus, Milan devra en passer, comme d'autres clubs avant lui, par un "accord de règlement" prévoyant des sanctions immédiates (amende, recrutement encadré, limitation des inscrits sur les listes européennes...) et un plan plus rigide de retour à l'équilibre.

Pour convaincre l'UEFA, Milan compte sur une forte hausse de ses revenus en Chine, à défaut de Ligue des champions dans un avenir proche.

Mais le passif est lourd: plus de 200 millions d'euros investis cet été sur le mercato, 300 millions d'euros empruntés à taux élevés au fonds américain Elliott pour pouvoir boucler l'achat du club et des pertes qui tournent autour de 75 millions chaque saison depuis quatre ans.


Avec AFP

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