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Europa League : AC Milan, le grand flou


Suso de l'AC Milan, au centre, jubile avec ses coéquipiers Jose Sosa, à gauche, Gerard Deulofeu, Juraj Kucka et Mario Pasalic, après avoir ouvert la marque au cours d'un match entre l'AC Milan et Palerme au stade San Siro à Milan, Italie, 9 avril 2017.

Toujours à la peine en Serie A, l'AC Milan pourrait trouver un peu de réconfort jeudi en cas de qualification pour les 16e de finale de l'Europa League, mais le flou persistant autour de sa situation financière reste un motif d'inquiétude majeur.

Avec un succès à domicile face à l'AEK Athènes, les Milanais assureraient leur qualification et s'offriraient ainsi un premier (petit) moment de joie dans une saison qui pour l'heure est celle de la déprime.

"Ca fait un moment que j'assiste à mes propres funérailles. Mais c'est bien, ça permet de réaliser plein de choses", avait ainsi déclaré l'entraîneur Vincenzo Montella il y a trois semaines après un nul 0-0 lors du match aller face aux Grecs.

Le technicien italien sait bien que le bilan est très insuffisant pour une équipe massivement renforcée lors du mercato estival grâce aux fonds apportés par ses nouveaux propriétaires chinois.

Seulement septième du classement, le Milan est ainsi nettement décroché en championnat, où son seuil de compétence apparaît clairement: ses six défaites ont été enregistrées contre les six premiers.

Mais si le tableau sportif est morose, c'est le bilan financier du club lombard qui suscite toujours le plus d'inquiétudes.

- Explications supplémentaires -

L'arrivée avant l'été des nouveaux propriétaires a permis au club de faire auprès de l'UEFA une demande d'"accord volontaire" dans le cadre du fair-play financier (FPF).

Cette procédure nouvelle, dont aucun club n'a encore bénéficié, permet de sortir des clous du FPF à condition de présenter un plan fiable de retour à l'équilibre à un horizon de quatre ans.

Le dossier milanais a été présenté le 9 novembre et mardi, le quotidien espagnol Marca affirmait que l'UEFA allait refuser la demande et que le club rossonero risquait l'exclusion des compétitions européennes.

De source proche du club, on explique à l'AFP que le Milan a seulement reçu de l'UEFA une demande de documents et d'explications supplémentaires. La date limite a été fixée au 8 décembre et le club, qui n'y voit ni un avis négatif ni un verdict, compte y répondre rapidement.

Une réponse définitive de l'UEFA est attendue vers la mi-décembre. Mais l'exclusion évoquée par Marca, la sanction la plus lourde au sein de l'arsenal des experts du FPF, semble aujourd'hui très improbable.

- L'enquête du New York Times -

Si l'"accord volontaire" était refusé, Milan devrait en passer, comme d'autres clubs avant lui, par un "accord de règlement" prévoyant des sanctions immédiates (amende, recrutement encadré, limitation des inscrits sur les listes européennes...) et un plan plus rigide de retour à l'équilibre.

Pour convaincre l'UEFA, Milan compte sur une forte hausse de ses revenus en Chine, la perspective d'une qualification dès cette saison pour la Ligue des champions s'étant déjà éloignée.

Mais le passif est lourd: plus de 200 millions d'euros investis cet été sur le mercato, plus de 300 millions d'euros empruntés à taux élevés au fonds américain Elliott pour pouvoir boucler l'achat du club et des pertes qui tournent autour de 75 millions chaque saison depuis quatre ans.

La longue enquête consacrée la semaine dernière par le New York Times à Yonghong Li, le mystérieux propriétaire du club, n'a pas non plus rassuré les observateurs.

"Il me semble possible que cela se termine de façon embarrassante pour les autorités du football italien. Le prix était très élevé et les taux d'intérêt du prêt Elliott sont pour le propriétaire une bombe prête à exploser. Je ne vois pas comment le Milan pourra payer sa dette avec le flux de trésorerie actuelle", a résumé pour la Gazzetta dello Sport Tariq Panja, l'un des auteurs de cette enquête.

Avec AFP

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