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Forte augmentation des violations des droits de l'Homme en RDC en 2016


Les manifestants conduits au bureau de la police sont assis à même le sol, à Bukavu, dans le Sud-Kivu, RDC, 23 février 2016. VOA/Ernest Muhero

Les violations des droits de l'Homme en République démocratique du Congo ont augmenté de 30% en 2016, selon un rapport de l'ONU publié à Kinshasa et liant cette hausse à la "restriction de l'espace démocratique" et aux "activités accrues de plusieurs groupes armés".

Le Bureau conjoint de l'ONU aux droits de l'Homme en RDC (BCNUDH) "a documenté au moins 5.190 violations des droits de l'Homme sur l'étendue du territoire de la RDC", soit "une augmentation très significative de près de 30% par rapport [à] 2015", a déclaré son directeur José-Maria Aranaz.

Cette augmentation s'explique entre autres par la "restriction de l'espace démocratique" imposée par le pouvoir du président Joseph Kabila, a-t-il ajouté lors de la présentation de ce rapport à la presse, notant que "la liberté de réunion pacifique a été particulièrement restreinte".

Le rapport note une différence de traitement "appliquée par les autorités locales et les forces de sécurité en fonction de l'appartenance politique des organisateurs, interdisant les manifestations organisées par l'opposition et la société civile et autorisant de fait celles de la majorité présidentielle".

Selon le BCNUDH, 480 personnes ont été victimes "d'exécutions extra-judiciaires" imputables aux forces de l'ordre, parmi lesquelles plusieurs dizaines ont été tuées en septembre et décembre lors de violentes contestations contre le maintien au pouvoir de M. Kabila, dont le mandat est échu depuis le 20 décembre.

L'ONU recense également la mort de 718 civils tués par des groupes armés, dont 230 par les seules Forces démocratiques alliées (ADF), rébellion musulmane ougandaise accusée d'une série de massacres au Nord-Kivu, dans l'est du pays, déchiré par la violence des armes depuis plus de vingt ans.

Le rapport salue néanmoins la condamnation d'une centaine de militaires et d'une cinquantaine de policiers pour des "actes constituant des violations des droits de l'Homme", "ce qui témoigne de l'engagement des autorités dans la lutte contre l'impunité".

Interrogé par l'AFP, le porte-parole du gouvernement, Lambert Mende, s'est abstenu de commenter ce rapport "avant de le lire". "Depuis trois ans, c'est toujours les mêmes types de conclusions" que présente le BCNUDH, a-t-il néanmoins ajouté.

M. Kabila, à qui la Constitution interdit de se représenter, est au pouvoir depuis 2001.

Depuis le 20 décembre, il se maintient à son poste en vertu d'un arrêt contesté de la Cour constitutionnelle finalement avalisé par l'opposition dans un accord de cogestion temporaire du pays signé le 31 décembre et dont les modalités d'application continuent d'être âprement discutées.

Avec AFP

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