Liens d'accessibilité

Dernières nouvelles

Science et technologie

Nouvelle salve de mesures anti-infox chez Facebook

Les nouveaux bureaux de Facebook à Cambridge, Massachusetts le 9 janvier 2019.

Toujours soucieux de montrer qu'il agit face aux critiques, Facebook a dévoilé mercredi une batterie de nouvelles fonctionnalités censées aider à lutter contre la propagation de fausses informations, notamment via la modification de certains algorithmes de référencement.

L'entreprise américaine va mettre en place à partir de mercredi un nouveau critère qui doit lui permettre de repérer des publications venant de sites particulièrement populaires sur Facebook --et donc bien référencés sur le réseau social-- mais qui n'ont en réalité que peu d'écho ailleurs sur internet.

Ainsi, si les systèmes repèrent une nette différence --signe que peut-être la popularité du site en question est gonflée artificiellement--, les algorithmes dégraderont son niveau de référencement, de façon à ce que ses publications apparaissent moins souvent dans le fil d'actualités des utilisateurs.

Le réseau social va également labelliser les groupes Facebook via un onglet "Group Quality", qui permettra d'avoir "une vison globale des contenus supprimés ou signalés pour violation des règles d'utilisation, mais aussi des fausses informations (publiées) par le groupe".

De plus, "si le membre d'un groupe a de façon récurrente partagé des contenus notés comme faux par des fact-checkers indépendants, nous réduirons (la fréquence) d'apparition du groupe en entier dans le fil d'actualités", ajoute Facebook, qui a signé des contrats de fact-checking, soit de vérification, avec des médias dans le monde entier, dont l'AFP.

L'entreprise va aussi placer de nouveaux éléments de contexte pour permettre aux internautes d'apprécier le degré de fiabilité du média dont ils lisent une publication, notamment sur son financement, son propriétaire, ses engagements déontologiques... Ces éléments seront rassemblés dans des "Indicateurs de confiance" mis au point par des organisations tierces.

Ces informations seront visibles en cliquant sur l'onglet de contexte "à propos de ce site web".

Le réseau social concentre depuis plus de deux ans l'essentiel des critiques adressées aux plateformes numériques, accusées de ne pas assez bien contrôler leurs contenus.

See all News Updates of the Day

Afrotech du 22 avril 2019 : un robot fermier

Afrotech du 22 avril 2019 : un robot fermier
Attendez s'il vous plaît

No media source currently available

0:00 0:04:29 0:00

Une équipe de chiens robotiques tire un camion massif dans le Massachusetts

Une équipe de chiens robotiques tire un camion massif dans le Massachusetts
Attendez s'il vous plaît

No media source currently available

0:00 0:01:03 0:00

Des scientifiques israéliens présentent un prototype de cœur en 3D à partir de tissu humain

Une imprimante 3D imprime un cœur avec des tissus humains lors d'une présentation à l'Université de Tel Aviv en Israël, le 15 avril 2019.

Une équipe scientifique israélienne a annoncé lundi avoir produit le premier coeur avec ses vaisseaux sanguins à partir de cellules provenant d'un patient, une avancée "majeure" selon elle dans le traitement des maladies cardiovasculaires et la prévention du rejet des greffes cardiaques.

Les chercheurs de l'université de Tel-Aviv ont présenté à la presse ce coeur inerte de la taille d'une cerise, plongé dans un liquide.

Même si de nombreux obstacles demeurent, les scientifiques espèrent être un jour en mesure "d'imprimer" des coeurs en 3D qui pourront être greffés avec un risque minimal de rejet sur des malades qui ne dépendront plus d'une éventuelle transplantation d'organe.

"C'est la première fois qu'on imprime un coeur dans son intégralité avec ses cellules et ses vaisseaux sanguins, c'est aussi la première fois qu'on utilise de la matière et des cellules provenant du patient", a dit l'un des scientifiques, le professeur Tal Dvir, qui a dirigé les recherches.

Des scientifiques sont parvenus à produire la structure d'un coeur par le passé, mais avec des éléments synthétiques ou naturels, et ne provenant pas du patient, au risque d'une réaction immunitaire de l'organisme, a-t-il dit dans un laboratoire de l'université de Tel-Aviv.

Des études en médecine régénérative, un domaine à la croisée de la biologie et de la technologie, ont également permis d'imprimer en 3D des tissus simples, mais sans vaisseaux sanguins.

Cette fois, les auteurs de l'étude ont conçu un procédé permettant non seulement de produire, à partir de cellules prélevées sur le tissu du patient, l'hydrogel servant à façonner des patches cardiaques vascularisés parfaitement compatibles avec le receveur, mais aussi des structures cellulaires entières avec leurs principaux vaisseaux, comme des coeurs, disent-ils dans un article publié par la revue scientifique Advanced Science.

Les maladies cardiovasculaires sont la principale cause de mortalité dans les pays industrialisés. Jusqu'à présent, les transplantations de coeur étaient la seule option disponible pour les patients atteints de maladies graves du coeur.

Mais en raison du nombre limité de donneurs, de nombreux malades meurent avant la transplantation. Et quand ils peuvent en bénéficier, ils sont souvent victimes d'un rejet de la greffe.

- "Complètement biocompatible" -

"Nous imprimons un cœur entier qui est complètement biocompatible avec le patient et ne provoquera pas de réponse immunitaire", a souligné Tal Dvir, qui a conduit l'étude conjointement avec le Dr Assaf Shapira, de la faculté de sciences de la vie de l'université de Tel-Aviv.

A ce stade, les cœurs produits sont de la taille de celui d'un lapin mais leur taille pourra être augmentée afin de parvenir à celle d'un cœur humain, a dit Tal Dvir.

La greffe sur un être humain est cependant encore lointaine, peut-être dans une dizaine d'années, estime-t-il, en raison de nombreux défis médicaux et technologiques à relever.

La multiplication d'un nombre suffisant de cellules cardiaques dans les bioréacteurs afin de parvenir à créer les tissus nécessaires à un cœur de taille humaine est un point crucial.

De même que le "processus de maturation", par lequel les cellules du nouveau cœur pourront se synchroniser, provoquer des pulsations et finalement permettre à l'organe de fonctionner de façon autonome.

L'évolution technologique des imprimantes 3D pourra aussi permettre d'obtenir une meilleure résolution et de dupliquer les petits vaisseaux sanguins, et pas seulement les plus importants comme c'est le cas actuellement.

"Nous devons continuer à développer le cœur imprimé (...) les cellules doivent se constituer une capacité de pompage, elles peuvent actuellement se contracter, mais elles doivent travailler ensemble", souligne Tal Dvir.

Dans un premier temps les cœurs imprimés seront greffés sur des animaux, probablement d'ici un an, estime-t-il.

"Je ne veux pas donner de calendrier pour les essais sur l'homme", dit-il. Et d'ajouter: "Ce que je peux imaginer, c'est que dans 10 ans il y aura des imprimantes 3D dans les hôpitaux, que ces imprimantes imprimeront des organes pour les patients, et qu'ils commenceront probablement à le faire avec des organes plus simples que le coeur".

Avec AFP

Votre rubrique AfroTech du 15 Avril avec Arzouma Kompaoré

Votre rubrique AfroTech du 15 Avril avec Arzouma Kompaoré
Attendez s'il vous plaît

No media source currently available

0:00 0:05:00 0:00

Le monde admire pour la première fois un trou noir

La première image restituée d'un trou noir, image publiée le 10 avril 2019.

Un rond sombre au milieu d'un disque flamboyant : pour la première fois dans l'histoire de l'astronomie, une équipe de scientifiques a révélé mercredi la véritable image d'un trou noir.

Présenté lors de six conférences de presse à travers le globe, le premier monstre cosmique à s'être laissé capturer a été débusqué au centre de la galaxie M87, à environ 50 millions d'années-lumière de la Terre.

"Une distance qu'on peine à s'imaginer", admet le chercheur français Frédéric Gueth, astronome du CNRS et directeur adjoint de l'Institut de radioastronomie millimétrique (IRAM), partenaire des recherches.

Les auteurs de cette magnifique aventure scientifique: une collaboration internationale baptisée Event Horizon Telescope (EHT), qui regroupe une dizaine de radiotélescopes et d'observatoires répartis autour du globe, de l'Europe jusqu'au pôle sud, en passant par le Chili et Hawaï.

Combiner ces instruments comme s'ils étaient les petits fragments d'un miroir géant a permis aux astronomes de disposer, le temps de quelques observations, d'un télescope virtuel de la taille de la Terre, avec lequel "on pourrait lire, depuis New York, un journal ouvert à Paris", précise le chercheur.

-- "jamais je n'aurais cru en voir un" --

La photo du trou noir, depuis si longtemps recherché, si souvent modélisé - et aussi fantasmé - fait l'objet de six articles publiés mercredi dans la revue Astrophysical Journal Letters. D'une dizaine de pages chacun, ils sont le fruit du travail d'environ 200 auteurs, de plus de 60 organismes scientifiques.

Car si on parle de trous noirs depuis le XVIIIe siècle, aucun télescope n'avait encore réussi à en observer un, encore moins d'en capter le portrait.

"Jamais je n'aurais cru en voir un vrai de mon vivant", a déclaré à l'AFP l'astrophysicien CNRS, Jean-Pierre Luminet, auteur de la première simulation numérique d'un trou noir en 1979.

Un trou noir est un objet céleste qui possède une masse extrêmement importante dans un volume très petit. Comme si la terre était comprimée dans un dé à coudre. Ni la matière ni la lumière ne peuvent s'en échapper, quelle que soit la longueur d'onde. Revers de la médaille : ils sont invisibles.

Pour contourner ce handicap de taille, les astronomes ont donc cherché à observer le monstre par contraste, sur la matière qui l'entoure.

- fatigue, tension et bonheur -

La première observation groupée de l'EHT date du 5 avril 2017. Huit télescopes ont visé deux trous noirs: Sagittarius A* au centre de notre voie lactée et son congénère de la galaxie M87.

"Pour que tout fonctionne, il fallait que le temps soit clair partout sur le globe", raconte Pablo Torne de l'IRAM, qui se souvient d'un mélange de fatigue, de tension et de bonheur.

"Statistiquement les chances étaient vraiment maigres... et pourtant !", se remémore le chercheur qui a participé aux observations depuis la salle de contrôle du télescope de 30 mètres de Pico Veleta qui surplombe la Sierra nevada espagnole.

Trois autres observations suivront les 6, 10 et 11 avril.

Et ensuite ? Huit mois de stress ! Lors de ce type d'opérations groupées, les observations se font à l'aveugle, les astronomes n'ont aucun moyen de savoir si cela a fonctionné.

- "cadeau de Noël" -

Il aura fallu attendre de débusquer un signal commun à tous les télescopes. Autant dire, dans l'Univers, une aiguille dans une botte de foin. Le tout dans les quatre petaoctets (4 millions de milliards d'octets) de données récoltées.

"On attendait désespérément les données du South Pole Telescope (SPT). A cause des conditions extrêmes de l'hiver austral, elles n'ont pu être récupérées que huit mois après les observations", explique Helger Rottmann du Max Planck Institute for Radio Astronomy in Bonn.

Le 23 décembre 2017, exactement. "Quand quelques heures après nous avons pu établir que tout fonctionnait, c'était un sacré cadeau de Noël", ajoute le spécialiste.

Et signal corrélé ne veut pas dire image exploitable : plus d'un an de travail a été nécessaire pour retranscrire les données en photo. "Pour plus de sécurité, le travail a été fait quatre fois, par quatre équipes différentes", précise Frédéric Gueth, coauteur de deux des études.

Tous obtiennent la même belle image, un rond sombre sur un halo rouge: l'ombre du trou noir sur le disque de matière qui l'entoure.

C'est finalement le trou noir de la galaxie M87, pourtant bien plus loin que Sagittarius A*, qui s'est avéré être le plus photogénique !

Voir plus

XS
SM
MD
LG