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L'ex-président nigérian Obasanjo demande à Muhammadu Buhari de ne pas se représenter


Le vice-président Yemi Osinbajo avec l'ancien président Olusegun Obasanjo, à Abuja, Nigeria le 12 décembre 2017.

L'ex-président du Nigeria Olusegun Obasanjo a publié mardi une tribune lapidaire dans laquelle il demande à Muhammadu Buhari de ne pas se représenter en 2019, alors que des voix s'élèvent pour apporter un soutien à une future candidature du chef de l'Etat.

Citant tour à tour "les pauvres performances" du président Buhari, depuis son arrivée au pouvoir en 2015, "pauvreté, insécurité, mauvaise gestion économique, népotisme...", Olusegun Obasanjo, qui a dirigé le Nigeria de 1999 à 2007 et garde un poids important sur la scène politique locale, appelle le président actuel à "considérer le repos".

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Le premier mandat du président Buhari, 75 ans, a été marqué par la pire récession économique de l'histoire moderne du Nigeria, qui a perdu sa place de première économie d'Afrique et par son absence du pays pendant près de six mois pour être soigné à Londres d'une maladie non dévoilée.

"J'ai voté pour lui", a rappelé l'ex-homme fort du Nigeria, qui avait apporté son soutien à Muhammadu Buhari lors du dernier scrutin de 2015.

"Je connaissais M. Buhari (...) et sa faible connaissance en économie, mais je pensais qu'il ferait appel à des Nigérians qui pourraient l'aider (...) car l'économie n'obéit pas aux ordres militaires", a-t-il taclé mardi, en référence à la réputation intransigeante de Buhari, un ancien général - comme lui-même.

M. Obasanjo a appelé à la création d'un "mouvement", la "Coalition pour le Nigeria", "qui n'a pas besoin d'être un parti politique", assure-t-il, mais qui doit rassembler des membres qui veulent un Nigeria "nouveau, vert et transparent".

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Aussitôt après la parution de la tribune, deux ténors du parti au pouvoir All Progressive Congress (APC), Bola Tinubu et Bisi Akande, ont été convoqués en urgence à la villa présidentielle d'Abuja.

- 'Dommageable' -

Cette sortie met en lumière les fractures du parti, et du Nigeria en général, entre les leaders du Nord et ceux du Sud, au-delà de leur appartenance politique.

La semaine dernière, sept gouverneurs - issus du Nord musulman, comme M. Buhari - ont rendu visite au président à Abuja. "Ceux que vous voyez ici veulent que le président se présente en 2019 et continue à mener le pays dans la bonne direction", avait alors déclaré Nasir El-Rufai, gouverneur de l'Etat de Kaduna.

Le président Buhari semble être lâché par son épouse elle-même, qui a aussitôt repris des tweets des plus grands opposants de son époux, notamment une vidéo du sénateur Ben Murray-Bruce, les partageant sans commentaire sur son profil.

"Aisha Buhari est probablement la personnalité la plus aimée au Nigeria aujourd'hui, surtout par les critiques de l'administration de son mari", a ironisé mardi Reuben Abati, conseiller en communication de l'ex-président Goodluck Jonathan, dans un éditorial.

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La première dame avait déjà lancé un pavé dans la mare en 2016, affirmant dans une interview à la BBC qu'elle ne le soutiendrait pas s'il devait se représenter, et dénonçant l'existence d'une "cabale" à Abuja qui fait pression sur son époux.

Pour Cheta Nwanze, analyste politique pour SBM Intelligence, une société de conseils basée à Lagos, cette déclaration d'Obasanjo "sera très dommageable pour Buhari et pour ses ambitions d'être réélu pour un second mandat".

Une analyse que partage Chris Ngwodo, politologue nigérian : "Le président n'est plus invincible, et beaucoup de monde peut le remarquer à travers cette tribune".

"Ceux qui avaient toujours eu peur de parler ont trouvé une voix à laquelle se rallier, et il y aura un réalignement", prédit M. Nwanze, qui souligne toutefois que les ambitions de l'ex-président sont avant tout personelles et qu'il avait fait des sorties identiques en 2015 à l'encontre de Goodluck Jonathan, qui avait finalement perdu face à M. Buhari.

Avec AFP

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