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Etats-Unis: Le tranquille docteur Ben Carson fait de l'ombre au tapageur Donald Trump

Ben Carson (à droite), et Donald Trump, lors du débat des candidats à la présidentielle républicaine, Colorado le 28 octobre 2015. Source : AP

Le chirurgien à la retraite a rattrapé Donald Trump en tête des sondages pour les primaires présidentielles républicaines. Un autre outsider en haut de la vague anti-establishment.

Benjamin Carson, 64 ans, est le seul Noir de la course, et comme le milliardaire Donald Trump, il n'a jamais exercé de mandat politique.

Sa montée dans les sondages, jusqu'à ravir la première place à l'homme d'affaires dans plusieurs enquêtes d'opinion, s'est faite comme une lente marée, stupéfiant observateurs et candidats qui ne s'attendaient pas à ce que ce médecin languide et gaffeur, invisible dans les débats télévisés, séduise un républicain sur quatre.

Son histoire personnelle est une déclinaison idéale du rêve américain. Il a grandi dans des quartiers sinistrés de Detroit et Boston, élevé par une mère analphabète, mariée à 13 ans, qui a viré son mari bigame de la maison.

A 14 ans, Ben Carson tente de poignarder un garçon. Si la lame du couteau ne s'était brisée sur la boucle de ceinture de sa cible, le républicain raconte souvent qu'il serait probablement en prison au lieu d'être candidat à la Maison Blanche. Une histoire qui laisse le public sans voix quand il la raconte régulièrement à des publics conservateurs. "C'est la dernière fois que j'ai eu une crise de colère", soulignait-il en juin à Washington.

Le jeune Ben était mauvais élève, incontrôlable, un sale caractère. Mais sa mère le force avec son frère à lire deux livres par semaine. Les notes s'améliorent, Ben Carson devient élève modèle, est accepté comme boursier à l'Université Yale, avant de faire médecine à l'Université du Michigan et de rejoindre le grand hôpital Johns Hopkins de Baltimore, dont il dirige rapidement le service de neurochirurgie pédiatrique. Il devient l'un des huit neurochirurgiens noirs dans le monde entier, raconte-t-il dans un livre en 2007.

Contre le 'politiquement correct'

L'opération qui le rend célèbre date de 1987 quand il sépare, assisté d'une équipe médicale de 70 personnes, deux frères siamois allemands âgés de sept mois attachés à la tête, une intervention de 22 heures, et une première mondiale car les deux bébés ont survécu.

George W. Bush lui accorde en 2008 la plus haute récompense civile américaine, la Presidential Medal of Freedom. Sa carrière médicale fait aussi l'objet d'un film en 2009, "Des Mains en or" ("Gifted Hands"), avec Cuba Gooding Jr. dans le rôle du médecin.

Ben Carson a déjà écrit quatre livres, d'ordre spirituel ou de motivation personnelle, quand il prend sa retraite en 2013 pour se lancer sur le circuit conservateur. Il devient un orateur très recherché des ultra-conservateurs. Sur scène, il arbore un fin sourire, son débit est doux, ponctué d'anecdotes, plaisanteries, et extraits de la Bible.

Toujours, il promeut la compassion et en revient à la responsabilité individuelle, une valeur qui l'amène à dénoncer l'Etat-Providence, qui maintient selon lui à dessein les gens dans la pauvreté.

Malgré ses manières d'église, le docteur Ben Carson cultive le "politiquement incorrect" et scandalise beaucoup à gauche par des déclarations provocatrices sur l'homosexualité, l'esclavage, l'Holocauste, les armes, la compatibilité de l'islam avec la Constitution américaine...

Dans un discours en 2013, il dit vouloir "rééduquer les femmes" sur l'avortement. C'est là aussi qu'il prononce une phrase qu'on lui reproche encore, à propos de la réforme du système de santé de Barack Obama: "Obamacare est vraiment, je pense, la pire chose qui soit arrivée à ce pays depuis l'esclavage. Et c'est, d'une certaine façon, de l'esclavage, car cela nous asservit tous à l'Etat", dit-il, acclamé.

Son explosion récente dans les sondages, notamment dans le rural Iowa, est tirée par son succès auprès de la base évangélique, où il devance le pas-très-pieux Donald Trump. Celui-ci a d'ailleurs répliqué en se demandant à haute voix ce qu'était cette église des adventistes du septième jour, dont les Carson sont des fidèles.

Mais comme le milliardaire, Ben Carson profite du climat anti-establishment. "Je ne suis pas un politicien. Je n'avais aucune intention d'en devenir un. Je ne suis qu'un homme normal", a-t-il redit dimanche dans une énième église, dans le Tennessee, devant des milliers de personnes.

Avec AFP

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Biden, choix de la raison des démocrates pour battre Trump

Le Vice-président sortant américain Joe Biden tient sa femme qui l’a rejoint sur le podium après son discours à la Convention nationale démocrate à Philadelphie, 27 juillet 2016.

Six femmes, trois Noirs et une dizaine de jeunes candidats démocrates se présentent à la présidentielle américaines de 2020. Mais Denise Haley parie sur le vétéran septuagénaire de la politique Joe Biden pour battre Donald Trump en 2020.

Il peut "nous rassembler", espère-t-elle, faisant écho à une opinion assez partagée chez les électeurs démocrates qui offrent une bonne avance dans les sondages de ce début de course à l'ancien vice-président américain, âgé de 76 ans, face à ses plus de 20 concurrents.

Venue assister à Philadelphie à son premier grand meeting de campagne depuis l'annonce de sa candidature fin avril, cette sexagénaire noire, professionnelle du secteur de la santé, souligne que son choix de candidat ne dépendra pas de la couleur de peau ou de l'âge mais plutôt de sa capacité à gagner contre le président républicain.

"Je ne pense pas qu'on ait besoin d'être une femme ou noir pour le faire", explique-t-elle.

Parmi les milliers de supporteurs rassemblés à Philadelphie, en Pennsylvanie, beaucoup se réjouissaient de voir Joe Biden se positionner au-dessus de la mêlée démocrate dans un duel direct avec Donald Trump.

Après avoir basculé dans le camp républicain en 2016, cet Etat pourrait jouer un rôle clé lors de la prochaine présidentielle.

Biden "a le plus de chances de sortir Trump" de la Maison Blanche, souligne Ankita Kalasabail, une lycéenne de 16 ans qui pourra voter en 2020.

Après 36 ans passés au Sénat et huit aux côtés du président démocrate Barack Obama, Joe Biden peut se targuer d'avoir le CV le plus solide face aux autres candidats qui veulent empêcher Donald Trump de décrocher un second mandat.

Mais son atout le plus précieux, selon Mickey Kirzecky, une consultante, est sa popularité auprès des ouvriers qui ont en partie permis à Donald Trump de gagner l'élection en 2016.

"Il pourrait être le candidat de l'apaisement", espère-t-elle.

Reflétant une diversité inédite, le groupe des 23 candidats à l'investiture démocrate est aussi composé de plusieurs progressistes poussant vers la gauche du parti et de nombreux prétendants de moins de 60 ans.

Mais l'âge du centriste Joe Biden, l'un des trois septuagénaires en lice pour la présidentielle avec le sénateur indépendant Bernie Sanders (77 ans) et Donald Trump (72 ans), ne compte pas pour Norda Lewis, une enseignante de 36 ans.

"Pour moi l'âge ne compte pas", explique-t-elle, en décrivant Joe Biden comme un "homme qui se bat pour le peuple", capable de séduire les démocrates traditionnels, les indépendants et même les ouvriers républicains.

- "Capable de relever ce défi" -

Pour John Lester, un graphiste de Philadelphie, l'âge du candidat Biden, qui aurait 78 ans à sa prise de fonctions, pourrait devenir un problème même s'il "a vraiment l'air d'être en bonne santé".

Mais sa popularité chez de nombreux groupes d'électeurs et ses politiques modérées le font pencher vers Joe Biden, explique M. Lester, 61 ans.

"Je suis sensible à la question de la diversité" mais aller trop vite vers un programme progressiste dans une Amérique aussi divisée politiquement pourrait être contreproductif, s'inquiète-t-il.

Son excellente relation avec Barack Obama, le premier président noir des Etats-Unis, lui confère aussi une solide popularité chez les électeurs afro-américains, qui pourraient jouer un rôle crucial en 2020. Joe Biden a d'ailleurs pris soin de le mentionner à plusieurs reprises à Philadelphie.

Mais plusieurs épisodes jalonnant sa longue carrière risquent aussi de lui poser des problèmes, comme son soutien dans les années 1990 à une législation pénale qui avait frappé particulièrement durement les hommes noirs.

Ses habitudes très tactiles ont également été dénoncées par plusieurs femmes qui se sont récemment dites profondément gênées par ses gestes publics d'affection.

"Son heure est passée", avait tranché Laura Benedetto, 36 ans, employée d'une ONG spécialisée dans l'éducation, lorsqu'elle était allée voir jeudi la progressiste Elizabeth Warren qui faisait campagne en Virginie.

Pas du tout, rétorque une haute conseillère de Joe Biden, Symone Sanders.

Joe Biden "est capable de relever ce défi, il ne serait pas entré dans la course s'il ne l'était pas", affirme-t-elle à l'AFP.

"Nous sommes au sommet" des sondages, poursuit-elle "mais nous menons cette campagne comme si nous étions les derniers".

Deutsche Bank a étouffé des soupçons de blanchiment impliquant Trump

La Deutsche Bank allemande à Francfort, en Allemagne, le 30 septembre 2016.

La direction de Deutsche Bank a étouffé des soupçons de blanchiment émis en interne et impliquant le président américain Donald Trump et son gendre, selon le New York Times, ce que la banque allemande a démenti lundi.

Selon le quotidien américain, une poignée de salariés de Deutsche Bank spécialisés dans la détection d'opérations de blanchiment d'argent ont recommandé en 2016 et 2017 que de multiples transactions impliquant des entités juridiques contrôlées par M. Trump et par Jared Kushner soient signalées au ministère américain du Trésor, qui chapeaute la lutte contre les délits financiers.

Mais les dirigeants de la banque allemande, établissement ayant prêté "des milliards de dollars" aux sociétés contrôlées par les deux hommes "ont rejeté les recommandations de leurs employés", affirme le NYT, ajoutant que "la nature des transactions n'était pas claire" mais qu'il s'agissait d'argent faisant de multiples allers-retours entre des entités et des personnes à l'étranger.

Le journal a relevé que des promoteurs immobiliers comme le milliardaire et son gendre faisaient parfois des opérations importantes, totalement en liquide, y compris hors des Etats-Unis. Ces opérations sont particulièrement scrutées par les services anti-blanchiment des banques.

"A aucun moment, un enquêteur (interne) n'a été empêché de faire remonter une activité potentiellement suspecte", a riposté un porte-parole de la banque, dans un communiqué.

En outre, "l'allégation selon laquelle quiconque aurait été muté ou licencié dans le but d'étouffer les soucis relatifs à un client est totalement fausse", a-t-il ajouté.

Dans une série matinale de tweets, le président américain a semblé réagir à l'article du New York Times en accusant le journal et d'autres médias d'écrire des "histoires bidon sur le fait que je n'ai pas utilisé beaucoup de banques parce qu'elles ne voulaient pas faire affaire avec moi".

"Faux ! C'est parce que je n'avais pas besoin d'argent. Très vieux jeu mais vrai", a-t-il poursuivi, sans pour autant évoquer les soupçons de blanchiment mentionnés par le journal.

"Deutsche Bank a été très bien et a été hautement professionnel dans les relations d'affaire --et si, pour une quelconque raison, je ne les avais pas aimés, je serais allé ailleurs. Il y a toujours eu plein d'argent et de banques parmi lesquelles choisir", a-t-il relevé.

La banque francfortoise a affirmé avoir renforcé ces dernières années ses effectifs en matière de contrôle et de lutte contre la délinquance financière, un domaine placé depuis l'été 2014 sous la responsabilité de la Française Sylvie Mathérat, membre du directoire de l'établissement allemand.

Ces équipes, en grande partie des enquêteurs de terrain, comptaient environ 3.000 personnes dans le monde en 2018 réparties entre Francfort, Hong Kong, Singapour, Londres et New York.

Mais, estimant que les choses n'allaient pas assez vite, le superviseur allemand a pris la décision inédite en septembre de demander au cabinet KPMG d'évaluer les progrès de la principale banque allemande dans la lutte contre l'utilisation criminelle de fonds (blanchiment, financement du terrorisme ou du crime organisé).

Cette mission a depuis été élargie au rôle de banque correspondante, après la vaste affaire de blanchiment impliquant l'établissement danois Danske Bank, pour laquelle Deutsche Bank a servi pendant des années de banque correspondante à l'étranger.

Les "railleries génocidaires" de Trump "ne mettront pas fin à l'Iran"

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Ford va supprimer 7.000 emplois dans le monde, soit 10% de ses effectifs

Un membre du personnel d'assemblage travaille sur un camion Ford F-150 à l'usine Ford Rouge de Dearborn, au Michigan, le 27 septembre 2018.

Ford a annoncé lundi la suppression d'ici fin août de 7.000 emplois à travers le monde, soit 10% de ses effectifs, pour faire des économies et s'adapter au déclin des ventes de berlines et de citadines aux Etats-Unis notamment.

Le constructeur automobile américain n'a pas donné le détail précis des coupes par région, ni par métier mais a indiqué qu'il allait réduire les fonctions d'encadrement de 20%, "ce qui devrait conduire à des économies annuelles d'environ 600 millions de dollars", a indiqué une porte-parole à l'AFP.

Elle a précisé que ces coupes devaient être un mélange de départs volontaires et de licenciements secs.

Environ 800 emplois doivent être supprimés en Amérique du Nord (Etats-Unis, Canada et Mexique), dont 500 dès cette semaine, a précisé la porte-parole. Ce qui s'ajoutera aux quelque 1.500 employés ayant quitté le groupe ces derniers mois dans cette région via un plan de départs volontaires.

Les mesures d'économies touchent également la Chine, l'Europe et l'Amérique du Sud : "Pour l'instant, nous n'avons pas encore de détails précis pour chacune de ces régions (...) parce que la restructuration est en cours mais nous pouvons dire qu'elle devrait être finalisée d'ici la fin du mois d'août", a ajouté la porte-parole.

"Nous comprenons que ce soit un moment difficile pour nos équipes mais ces mesures sont nécessaires afin de mettre Ford sur le chemin du succès aujourd'hui et de préparer l'entreprise à se développer pour le futur", a-t-elle poursuivi.

Cette cure d'austérité fait partie d'une vaste restructuration annoncée à l'automne par le PDG Jim Hackett pour économiser 11 milliards de dollars et faire de Ford un groupe plus "agile" avec des procédures de prise de décisions accélérées.

Ford veut en effet retrouver le peloton de tête dans la transformation en cours du secteur automobile sous l'effet de l'explosion de l'auto-partage, du covoiturage et surtout du développement de la voiture autonome et de l'accélération vers l'électrique.

Ces deux dernières technologies, très coûteuses, demandent soit de nouvelles usines soit une modernisation complète de celles existantes.

Dans cette optique, Ford est en train de réorganiser ses activités européennes et envisage une possible réduction de la production de modèles populaires comme la Fiesta, la Focus et la Mondeo.

En Amérique du Nord, le groupe de Dearborn (Michigan, nord) devrait se focaliser sur la marque Mustang, les camionnettes à plateau (pickups), les SUV (4X4 de ville) et les crossovers, véhicules prisés par les consommateurs locaux.

Il travaille également actuellement sur une alliance avec le géant allemand Volkswagen dans la voiture électrique et autonome.

Un hélicoptère finit sa course dans le fleuve Hudson à New York

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