Liens d'accessibilité

Dernières nouvelles

États-Unis

Débat républicain : Trump et Carson attaqués, Jeb Bush déçoit

Candidats républicains, de gauche à droite, John Kasich, Mike Huckabee, Jeb Bush, Marco Rubio, Donald Trump, Ben Carson, Carly Fiorina, Ted Cruz, Chris Christie, et Rand Paul lors du débat présidentiel républicain CNBC à l'Université de Colorado à Boulder, 28 octobre 2015. (AP Photo / Mark J. Terrill)

Les deux meneurs de la course aux primaires républicaines pour la Maison Blanche, le milliardaire Donald Trump et le docteur Ben Carson, ont peiné à défendre mercredi leurs projets économiques, lors d'un débat où de nouvelles têtes ont réussi à se distinguer.

La joute télévisée a mis en évidence le paradoxe des primaires républicaines 2016 : les candidats ayant exercé des responsabilités politiques, souvent avec succès, sont relégués loin derrière deux hommes sans expérience politique, mais qui captivent la base conservatrice pour leur discours anti-establishment. Un tumulte également visible au Congrès, où les républicains viennent de changer de chef.

A eux deux, Donald Trump et Ben Carson, seul candidat noir, remportent environ la moitié des intentions de vote des républicains, à trois mois du début des primaires en février 2016.

Mais les élus et ex-élus ont sorti les gants de boxe à l'occasion du troisième débat de la saison, organisé par la chaîne financière CNBC à l'Université du Colorado à Boulder.

Donald Trump, qui a fait de son expérience en affaires son premier argument de campagne, a été attaqué pour des propositions jugées irréalistes ou approximatives, notamment une énorme baisse d'impôts et la construction d'un mur à la frontière avec le Mexique.

"Nous sommes sur le point de peut-être choisir quelqu'un incapable de faire ce travail", a déclaré John Kasich, le populaire gouverneur de l'Ohio, qui a dénoncé les "fantasmes" de ses adversaires.

"Réveillez-vous!", a-t-il exhorté les électeurs.

Ben Carson, un brillant neurochirurgien à la retraite, s'est lui aussi retrouvé en difficulté pour justifier sa proposition d'un taux d'impôt unique à 10%, sur le modèle d'une dîme.

Sans expérience politique, il a confessé en début de débat que sa plus grande faiblesse était "de ne pas vraiment se voir dans cette position jusqu'à ce que des centaines de milliers de personnes commencent à me demander de me lancer". Et il a buté sur plusieurs sujets, répondant par de longues explications emmêlées ou recourant à des expressions comme "un tas de conneries" sur une question fiscale.

Donald Trump a aussi dû défendre les faillites de certains de ses projets immobiliers. Il a répondu par une pirouette: "Je suis vraiment très bon pour résoudre les problèmes de dette".

- Dispute Bush-Rubio -

L'histoire montre que les sondages, à ce stade, ne sont pas prédictifs des futures élections. Les candidats qui menaient les primaires au même moment en 2007 et 2011 ont tous perdu.

Mais ils illustrent la popularité des "outsiders" dans cet automne ravageur pour les sortants.

La joute entre Donald Trump et Ben Carson n'a pas eu lieu --le docteur, affable au point d'être trop discret, a assuré aux téléspectateurs qu'il ne répliquerait pas aux provocations, dont acte.

Le vrai combat s'est produit entre deux ex-alliés: le sénateur de Floride Marco Rubio, et l'ancien gouverneur du même Etat, Jeb Bush, autrefois son sponsor en politique. Le premier est sur une trajectoire montante, tandis que le second est tombé à la quatrième place des sondages.

L'héritier de la dynastie Bush a reproché au sénateur Rubio son absentéisme au Sénat, mais sans réussir à décocher de flèche mortelle face à un Rubio préparé à une telle attaque. Jeb Bush ressort du débat sans moment fort, une prestation poussive qui ne devrait pas l'aider à enrayer la tendance négative.

"C'est une affaire de longue haleine, accroche-toi Ana", a-t-il dit, dans un sourire forcé, après le débat à l'adresse d'une amie commentatrice qui s'inquiétait sur CNN de sa mauvaise passe.

A l'inverse, M. Rubio, télégénique fils d'immigrés cubains, a pleinement profité du débat pour démontrer ses talents d'orateur percutant et spirituel --notamment contre les grands médias, boucs-émissaires de la soirée, jugés biaisés à gauche. Il est l'un de ceux qui ont su tirer leur épingle du jeu parmi les dix participants du débat, avec le sénateur du Texas Ted Cruz et le gouverneur du New Jersey Chris Christie.

Le parti républicain a d'ailleurs officiellement critiqué CNBC pour les questions des modérateurs. "La prestation des modérateurs de CNBC a été extrêmement décevante", a déclaré son président, Reince Priebus.

Sur le fond, les candidats ont rivalisé de propositions pour alléger les réglementations et baisser l'impôt sur le revenu, beaucoup étant partisans d'un taux unique proportionnel.

Le prochain débat républicain aura lieu le 10 novembre.

Avec AFP

Toutes les actualités

Un hélicoptère finit sa course dans le fleuve Hudson à New York

Un hélicoptère finit sa course dans le fleuve Hudson à New York
Attendez s'il vous plaît

No media source currently available

0:00 0:00:34 0:00

Un lapin vendu plus de 91 millions de dollars

Un lapin vendu plus de 91 millions de dollars
Attendez s'il vous plaît

No media source currently available

0:00 0:00:54 0:00

Amazon lance des machines pour remplacer des employés

Amazon lance des machines pour remplacer des employés
Attendez s'il vous plaît

No media source currently available

0:00 0:00:16 0:00

Pirate informatique dans le monde

Pirate informatique dans le monde
Attendez s'il vous plaît

No media source currently available

0:00 0:01:32 0:00

Maison Blanche: Joe Biden défend sa pole position aux primaires

Le Vice-président sortant Joe Biden parle de l’expérience d’Hillary lors de la troisième journée de la Convention nationale démocrate à Philadelphie, 27 juillet, 2016. (AP Photo / J. Scott Applewhite)

A huit mois du début des primaires démocrates pour la Maison Blanche, l'ancien vice-président Joe Biden organise un grand meeting en Pennsylvanie pour consolider son avance sur ses nombreux rivaux, jouant la carte de la modération centriste face à l'aile gauche de la famille démocrate.

Depuis son entrée en course avec un message de défiance envers le président républicain Donald Trump, le 25 avril, l'ex-bras droit de Barack Obama a largement creusé l'écart face à la grosse vingtaine d'autres candidats démocrates.

Après un premier acte public plutôt discret, devant quelques centaines de syndicalistes à Pittsburgh, le centriste a choisi de marquer le début de sa campagne avec un événement plus grand à Philadelphie, où il a installé son QG de campagne.

Symbole du combat à venir? Il a choisi un emplacement tout près des marches du musée où le boxeur du film "Rocky" s'entraînait.

Son coeur d'électorat est les ouvriers et les démocrates modérés, alors que l'aile gauche du parti se fragmente entre de nombreux candidats comme Bernie Sanders et Elizabeth Warren.

"Certains disent que les démocrates ne veulent pas entendre parler d'unité, qu'ils sont en colère, et que plus ils seront en colère, mieux ce sera. C'est ce qu'ils disent qu'il faut faire pour gagner l'investiture démocrate", va dire Joe Biden dans son discours, selon des extraits diffusés par son équipe avant le meeting. "Je n'y crois pas. Les démocrates veulent rassembler ce pays".

"Si les Américains veulent un président qui accentue les divisions, qui dirige d'un poing serré, d'une main fermée et d'un coeur de pierre, qui diabolise ses adversaires et vomit de la haine, alors ils n'ont pas besoin de moi. Ils ont déjà un président qui le fait".

Au-delà des primaires, le choix de la Pennsylvanie est stratégique: l'Etat a basculé dans le camp républicain à la présidentielle de 2016. Toute reconquête devra passer par là.

- Champ fragmenté -

Ce qui compte pour les démocrates "en ce moment, c'est de (...) parier sur un nom connu, capable de battre Donald Trump", analyse Lara Brown, politologue à l'université George Washington.

L'entrée en lice de Joe Biden a coïncidé avec le plongeon du sénateur indépendant Bernie Sanders, bien plus à gauche.

Joe Biden a l'avantage de suivre une voie centriste "dans un champ aussi fragmenté" avec 23 candidats dont de nombreux progressistes, observe Robert Boatright, professeur à l'université Clark.

Mais à 76 ans, après huit ans passés aux côtés du démocrate Barack Obama et plus de 35 au Sénat, Joe Biden pourrait avoir du mal à incarner le changement dont ont aussi soif de nombreux démocrates.

Donald Trump s'est d'ailleurs engouffré dans cette brèche en l'affublant du sobriquet "Joe-Dodo" ("Sleepy Joe").

Le président républicain l'appelle aussi "Le Vicieux", en référence aux femmes qui ont dénoncé les gestes d'affection trop marqués, selon elles, de M. Biden.

Juste avant d'annoncer sa candidature, le candidat avait promis de faire plus attention. Et depuis son entrée en campagne, il évite soigneusement les gaffes. "Mais voyons ce qu'il se passera quand il devra répondre à des questions qui n'ont pas été pré-approuvées", met en garde Lara Brown.

- Cible de la gauche du parti -

Joe Biden devra aussi défendre plusieurs épisodes controversés jalonnant sa carrière, comme son soutien à une loi anticriminalité qui a durement frappé les Noirs.

Déjà candidat malheureux par deux fois à la primaire démocrate, pour les présidentielles de 1988 et 2008, il avait été pris en flagrant délit de plagiat dans ses discours lors de sa première tentative.

Son statut de favori en fait aussi la cible de la gauche du parti.

La candidate à la Maison Blanche Elizabeth Warren l'a accusé d'être du côté des sociétés de cartes de crédit, à cause d'une loi qu'il avait soutenue au Sénat. Et la jeune élue socialiste du Congrès Alexandria Ocasio-Cortez l'a accusé, à mots à peine voilés, d'envisager des mesures trop molles pour lutter contre le changement climatique.

Kamala Harris, sénatrice californienne et autre candidate à l'investiture, a récemment ironisé sur son aîné, lançant: "Joe Biden ferait un excellent colistier (...). Il a prouvé qu'il connaissait bien le travail de vice-président".

Voir plus

XS
SM
MD
LG