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Erdogan pense qu'isoler le Qatar est "inhumain" et "contraire à l'islam"


Recep Tayyip Erdogan, Ankara, le 6 juin 2017

Le président turc Recep Tayyip Erdogan a qualifié mardi d'"inhumaines" et de "contraires à l'islam" les sanctions imposées à Doha par ses voisins du Golfe, ajoutant qu'il allait s'entretenir avec les dirigeants de la France et du Qatar.

S'efforcer d'isoler un pays dans tous les domaines (...) est inhumain, contraire (aux valeurs de) l'islam", a déclaré M. Erdogan lors d'un discours retransmis à la télévision. Le Qatar est un pays contre lequel "une peine de mort a en quelque sorte été prononcée", a-t-il dénoncé.

"Aujourd'hui, nous allons avoir un entretien en téléconférence avec le président de la France (Emmanuel Macron) et l'émir du Qatar (cheikh Tamim ben Hamad Al-Thani)", a ajouté M. Erdogan.

Peu avant, le chef de la diplomatie turque, Mevlüt Cavusoglu, avait déclaré que M. Erdogan allait s'entretenir du Qatar avec le président américain Donald Trump "dans les prochains jours".

Le Golfe est plongé depuis le 5 juin dans une grave crise diplomatique qui a éclaté lorsque l'Arabie saoudite, les Emirats et Bahreïn, pays voisins du Qatar, mais aussi l'Egypte et le Yémen, ont rompu leurs relations diplomatiques avec Doha, qu'ils accusent de "soutenir le terrorisme".

Les trois pays du Golfe ont également fermé leurs frontières terrestres et maritimes avec le petit émirat et lui ont imposé de sévères restrictions aériennes.

La Turquie entretient des rapports privilégiés avec le Qatar, richissime émirat gazier avec lequel elle a des relations commerciales importantes. Et depuis le début de la crise, M. Erdogan s'est affiché comme le principal défenseur de Doha, rejetant les accusations de soutien au terrorisme lancées par les voisins du Qatar.

"Le Qatar est le pays qui, avec la Turquie, adopte l'attitude la plus résolue face à Daech (l'acronyme arabe du groupe Etat islamique)", a affirmé mardi M. Erdogan.

"Arrêtons ce jeu de dupes", a-t-il ajouté. Mais s'il défend le Qatar, M. Erdogan se garde bien de critiquer frontalement la puissante monarchie saoudienne, avec laquelle la Turquie s'efforce de développer ses relations. "Je pense qu'en tant qu'aîné du Golfe, le roi d'Arabie saoudite devrait résoudre cette affaire, faire preuve de leadership", a ainsi déclaré M. Erdogan.

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