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République du Congo

Epidémie RDC : le patient diagnostiqué à Goma est décédé

Campagne de vaccination à Mbandaka en RDC le 21 mai 2018.

Le premier cas d'Ebola enregistré à Goma, plus grande ville touchée par l'actuelle épidémie de la fièvre hémorragique dans l'est de la République démocratique du Congo, est décédé lors de son transfert vers l'agglomération de Butembo, a indiqué mardi une source officielle.

"Malheureusement je peux vous confirmer la mort du patient en cours de route en allant à Butembo", un des foyers de l'épidémie, a déclaré à la presse le gouverneur de la province du Nord-Kivu Carly Nzanzu.

Le diagnostic d'un premier patient à Goma a représenté un électrochoc pour les autorités congolaises et l'Organisation mondiale de la Santé (OMS).

Goma est une ville d'environ un million d'habitants à la frontière du Rwanda, avec un aéroport desservant Kinshasa, Entebbe-Kampala et Addis Abeba, et un port ouvrant sur la province voisine du Sud-Kivu.

"Goma est un avertissement", a déclaré lundi à Genève le responsable des situations d'urgence de l'OMS, Mike Ryan. "C'est un avertissement parce que chaque fois que la maladie se déplace, elle peut s'établir ailleurs", a-t-il déclaré à l'AFP.

Le gouverneur a demandé à la population de Goma de "suivre les conditions hygiéniques": "Si à Goma, on se comporte très bien, on accompagne l'équipe de la riposte, il y aura plus de peur que de mal".

L'épidémie est circonscrite jusqu'à présent dans la région de Beni-Butembo (environ 250 km à vol d'oiseau au nord de Goma), et très marginalement dans la province voisine de l'Ituri.

La fièvre hémorragique a tué 1.668 personnes depuis la déclaration de l'épidémie le 1er août dernier, selon le ministère congolais de la Santé.

Le patient de Goma a été évacué vers Butembo pour y "bénéficier des soins parce qu'il n'y avait jamais eu de cas d'Ebola à Goma", a précisé le gouverneur.

Diagnostiqué dimanche après-midi à Goma, l'homme avait été transféré le lendemain vers le Centre de traitement d'Ebola (CTE) de Butembo.

Il est présenté par les autorités comme un pasteur d'une Eglise chrétienne qui avait présenté les premiers symptômes le mardi 9 juillet avant de voyager en bus vers de Butembo vers Goma le vendredi 12.

Originaire de Bukavu (Sud-Kivu), il est arrivé à Butembo début juillet. Là, il avait prêché dans sept églises où il avait touché des fidèles, y compris des malades, d'après le ministère de la Santé.

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Avis mitigés à Brazzaville face à la course au vaccin anti-Covid

Des avis mitigés à Brazzaville sur le futur vaccin anti-Covid, à Brazzaville, le 19 novembre 2020. (VOA/Arsène Séverin)

La population de la capitale congolaise s’exprime diversement sur le futur vaccin contre le coronavirus. Malgré les assurances des scientifiques locaux sur le bienfait du vaccin, nombreux affichent leur réticence.

Au bureau de l’OMS Afro, à Mafouta, un quartier sud de Brazzaville, le responsable vaccin et coordonnateur de la lutte anti-Covid assure que des stratégies sont en train d’être mises en place pour que l’Afrique bénéficie également du vaccin, dès que le tout premier sera homologué.

Pour Dr Richard Mihigo, plus de 60% des doses du vaccin anti-Covid seront financés grâce à la solidarité mondiale initiée par l’OMS.

"La Banque mondiale a annoncé 12 milliards de dollars qui pourraient aider 100 pays dans le monde y compris de nombreux pays africains à financer ce vaccin. Une autre banque africaine a décidé d’apporter 5 milliards de dollars pour soutenir cet effort", annonce Dr Mihigo.

Le médecin estime que ce vaccin dont l’accès sera équitable va aider l’Afrique à reprendre "son semblant de vie normale".

Dr Richard Mihigo, responsable vaccin à l'OMS Afrique à Brazzaville, le 19 novembre 2020.
Dr Richard Mihigo, responsable vaccin à l'OMS Afrique à Brazzaville, le 19 novembre 2020.

Des scientifiques en alerte

Dans son laboratoire de la Fondation congolaise pour et la recherche médicale, à Brazzaville, la professeure Francine Ntoumi, les yeux dans le microscope, est à la recherche de la souche du virus Covid qui circule dans le pays. C’est important pour le type du vaccin à adopter, explique-t-elle.

"Il n’est pas dit qu’un vaccin qui a 95% d’efficacité aux Etats-Unis aura aussi cette efficacité sur le continent. L’Africa CDC prépare des sites cliniques pour pouvoir tester ces vaccins", indique la chercheuse biologiste moléculaire.

Francine Ntoumi prévient également que le vaccin ne sera pas disponible pour toutes les populations africaines. "Donc chaque pays doit déterminer quelles sont les populations devront accès en priorité au vaccin", souligne-t-elle.

Professeure Francine Ntoumi, biologiste moléculaire à Brazzaville, le 19 novembre 2020.
Professeure Francine Ntoumi, biologiste moléculaire à Brazzaville, le 19 novembre 2020.

Loin des analyses scientifiques, les Brazzavillois ont une opinion partagée sur ce vaccin tant attendu. Nombreux s’étaient déjà montrés très hostiles à une éventuelle campagne de tests de vaccin.

"Pour moi, ce n’est pas une bonne nouvelle. A mon avis, ce n’est pas la vraie solution, la solution est certainement ailleurs", affirme Lebon Ziavoula.

Alphonse Ndongo, patron d’un restaurant, voit plutôt dans cette course "une bonne nouvelle", arguant que les commerçants vont à nouveau devoir voyager.

"Beaucoup de Congolais dépendent de leurs petites activités commerciales avec Dubaï, la Chine, la Turquie ou la France. Grâce à ce vaccin, les gens pourront à nouveau se mouvoir", se satisfait M. Ndongo.

Selon le dernier point, les autorités sanitaires annoncent 93 décès sur plus de 5.600 cas de contamination de Covid-19.

Vaccin anti-Covid: les Brazzavillois "ont peur"
Attendez s'il vous plaît

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Vaccin anti-Covid: les Brazzavillois "ont peur"

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Les familles des jeunes tués dans un commissariat à Brazzaville seront dédommagées

Casimir Ngakala, parent de victime du drame du commissariat de Chacona, à Brazzaville, le 11 mai 2018. (VOA/Arsène Séverin)

En République du Congo, les autorités judiciaires ont décidé d'indemniser, à hauteur de 15 millions de francs CFA, les proches de 13 jeunes tués dans le commissariat de Chacona, à Brazzaville, dans la nuit du 22 au 23 juillet 2018.

La Cour d'appel de Brazzaville a examiné mardi le recours contre le jugement de la chambre correctionnelle en mars 2019, qui ne prévoyait aucune indemnité pour les familles endeuillées.

Cette chambre avait alors condamné 6 policiers à des peines allant de 1 à 3 ans de prison pour "homicide involontaire".

Selon l'avocat des familles endeuillées, Me Steve Bagne, les juges de la Cour d’appel ont annulé le premier jugement.

Ils ont reconnu la responsabilité civile des prévenus et de l’Etat congolais, qui est condamné à verser une indemnité de 15 millions de francs CFA par victime.

Présentes à l’audience, certaines familles ont estimé que cette somme est minime parce que les jeunes ont perdu la vie à la fleur de l’âge.

Jeunes tués dans un commissariat de Brazzaville: la justice ordonne une indemnisation

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Le pétrolier Total garde la main sur le terminal de Djeno à Pointe-Noire

Patrick Pouyanné annonce un nouvel accord entre le Congo et Total après son entretien avec Sassou N'Guesso (à dr.), à Oyo, au Congo, le 2 novembre 2020/ (VOA/Arsène Séverin)

Le PDG de la société pétrolière française Total, Patrick Pouyanné, a confirmé début novembre à Oyo, dans le nord du Congo-Brazzaville, qu’il avait obtenu auprès des autorités congolaises un nouvel accord pour exploiter pendant 20 ans, le terminal de Djeno à Pointe-Noire.

Alors que le gouvernement annonçait récupérer ce terminal à 100% et choisir ses propres opérateurs, Patrick Pouyanné, le PDG de Total qui a fait le voyage d’Oyo, dans le nord du Congo, se dit heureux d’avoir obtenu un nouvel accord d’exploitation.

"On s’est mis d’accord pour renouveler la concession du terminal de Djeno, qui est un ancrage historique de Total au Congo, pour 20 ans de plus", a-t-il annoncé, soulignant que l’histoire de Total au Congo va continuer.

"Le terminal de Djeno sera partagé entre diverses sociétés et Total sera un des actionnaires", a précisé Patrick Pouyanné.

Le terminal de Djeno a été construit en 1972 par la société Total, qui a gardé depuis une grosse part dans ce consortium où on trouve également la société Eni.

Le Congo souhaitait ouvrir plus largement le capital du terminal pour en tirer plus de dividendes.

L’analyste économique Alphonse Ndongo estime que si le Congo est revenu en arrière, c’est qu’il a besoin d’argent frais. "Qu’est-ce que Total a bien pu mettre dans la balance pour faire que les autorités congolaises acceptent de lui signer ce contrat de concession?", s’interroge l’analyste.

M. Ndongo a argué que les difficultés financières que traverse le pays en sont la principale raison.

"Le Congo éprouve des difficultés pour obtenir les financements promis par le FMI. Il doit saisir la balle au bond, car le pays a actuellement besoin du cash", explique-t-il.

L'activiste Brice Makosso plaide pour l'amélioration des conditions des populations riveraines du terminal de Djeno, le 5 novembre 2020/ (VOA/Arsène Séverin)
L'activiste Brice Makosso plaide pour l'amélioration des conditions des populations riveraines du terminal de Djeno, le 5 novembre 2020/ (VOA/Arsène Séverin)

Ni la date de la signature de l'accord ni ses termes précis ne sont connus pour l'heure.

L’activiste Brice Makosso, basé à Pointe-Noire, la cité pétrolière, plaide pour que cette fois-ci les conditions de vie des populations soient prises en compte.

"En terme d’emplois, nous voyons que les employés de Djeno qui ont travaillé pendant 20 ans ont été vidés du terminal sans bénéficier d’aucun droit", déplore-t-il, appelant les autorités et Total à régler ce contentieux.

Le terminal de Djeno est un site stratégique où est stocké tout le pétrole pompé au Congo. La gestion du terminal devrait aussi inclure des sociétés chinoise, turque voire américaine.

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