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Des pirates détournent deux navires avec leur équipage dans le Golfe de Guinée

Les forces spéciales nigérianes naviguent pour intercepter des pirates lors d'un exercice conjoint avec les forces marocaines dans le cadre de l'Obangame Express, un exercice maritime multinational impliquant 33 pays au large des côtes de Lagos, le 20 mars 2019.

Un thonier chinois et un pétrolier transportant du carburant pour le Français Total ont été détournés avec leur équipage dans le Golfe de Guinée, épicentre mondial de la piraterie, ont indiqué mercredi la Guinée équatoriale et une société de surveillance maritime.

Les attaques de navires pour kidnapper leurs équipages et les échanger contre des rançons sont devenues très fréquentes ces dernières années dans ce golfe qui s'étend du Sénégal à l'Angola, perpétrées essentiellement par des pirates nigérians.

Le navire de pêche chinois, le Lianpengyu 809, qui bat pavillon gabonais, a été abordé dimanche par des hommes armés arrivés à bord de vedettes rapides au large de Port-Gentil, un port gabonais, indique la société Dryad Global, spécialisée dans la sécurité maritime, sur son site internet.

Les 14 membres de l'équipage, des Chinois, Indonésiens et Gabonais, étaient toujours à bord mercredi et le thonier a été repéré à quelque 110 km de l'île nigériane de Bonny. Selon Dryad Global, il a servi ces derniers jours de "bateau-mère" aux pirates pour attaquer des pétroliers dans la zone, dont le Maria E, pétrolier navigant pour Total et accosté par des assaillants mardi au large de Sao-Tomé-et-Principe.

"Tous les membres de l'équipage se sont réfugiés dans la citadelle", une pièce sanctuaire blindée dont sont équipés certains navires, a indiqué Dryad Global mardi, assurant que cette situation perdurait mercredi, sans préciser le nombre ni la nationalité des marins. Mercredi, le pétrolier se trouvait "dans le voisinage du Lianpengyu", selon Dryad Global.

Le détournement du Maria E a été confirmé par Malabo. "La compagnie Total Guinée Equatoriale nous a informés que le pétrolier Maria E qui transportait des hydrocarbures raffinés pour Total GE a été détourné par des pirates dans le golfe de Guinée", a annoncé le ministère équato-guinéen des Hydrocarbures dans un communiqué daté de mardi mais rendu public mercredi. Le détournement "étant toujours en cours", Malabo anticipe une pénurie et a instauré un rationnement strict de l'essence dans les stations Total du pays "jusqu'à l'arrivée d'un prochain navire", selon le ministère.

Le nombre d'actes de piraterie dans le monde sur des navires a bondi de 20% en 2020, entraîné par une hausse record des enlèvements dans le Golfe de Guinée, selon un récent rapport du Bureau international maritime (BIM).

Sur 135 marins enlevés dans le monde, 130 l'ont été en 2020 dans cette zone au large de l'Afrique de l'Ouest et Centrale, selon le BIM qui assure que les pirates sont passés des attaques pour vol dans les navires aux enlèvements de marins contre rançon, qui s'avèrent plus lucratifs.

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Une fille meurt sous les coups d'une "exorciste" au Sri Lanka

La police a arrêté dimanche au Sri Lanka une femme se disant "exorciste" après la mort d'une fille de neuf ans qu'elle avait rouée de coups dans le cadre d'un rituel.

La femme, dont l'identité n'a pas été communiquée, est accusée d'avoir battu à plusieurs reprises la petite fille à coups de bâton en affirmant vouloir "faire sortir un démon qui avait pris possession de l'enfant", a expliqué le porte-parole de la police Ajith Rohana.

La petite fille avait été conduite par ses parents chez cette femme dans le village de Meegahawatte, tout près de la capitale Colombo. Des voisins, alertés par les appels au secours de l'enfant, sont arrivés trop tard pour la sauver.

"L'enfant s'était écroulée après les violents coups reçus. Elle a été déclarée morte à l'hôpital", selon M. Rohana.

La région a connu ces dernières années plusieurs cas de soi-disant tentatives d'exorcismes dont plusieurs ont provoqué des blessures voire le décès de ceux qui y étaient soumis, a-t-il ajouté.

Parmi les 21 millions d'habitants du Sri Lanka, nombreux sont ceux qui ont recours à des guérisseurs, sorciers ou exorcistes auto-proclamés.

La tentative d'interpellation d'un opposant tchadien vire au drame: 2 morts

Le siège du parti UNDR de l’opposant Saleh Kebzabo investi par les éléments du GMIP (groupement mobile d’intervention de la police), le 31 octobre 2020. Le 28 février 2021, une tentative d'interpellation a viré au drame au domicile d'un autre opposant, Yaya Dillo Djerou.

Au moins deux personnes ont été tuées et cinq autres blessées dimanche dans la capitale tchadienne N'Djamena dans des échanges de tirs au cours d'une tentative d'interpellation d'un opposant candidat déclaré à la présidentielle du 11 avril, a annoncé le gouvernement dans un communiqué.

"Il y a eu deux morts et cinq blessés dont trois parmi les forces de l'ordre", lors d'une tentative d'interpeller l'opposant Yaya Dillo Djerou à son domicile, a indiqué Chérif Mahamat Zene, porte-parole du gouvernement.

Pour l'heure, l'identité des victimes n'a pas été confirmée par les autorités. Mais d''après la journaliste Hawa Séméga, les deux victimes sont la mère et le fils de Yaya Dillo Djerou.

"Les forces de défense et de sécurité (...) ayant essuyé des tirs d'armes" venant du domicile de l'opposant, elles "n'ont pas eu d'autres choix que de riposter en légitime défense", a-t-il affirmé.

"Le gouvernement condamne avec la dernière énergie cette rébellion armée au cœur de la capitale, qui n’est qu’une tentative de déstabilisation des institutions de l’État fomentée de longue date", a accusé le porte-parole.

Dans la nuit, Yaya Dillo, un ancien chef rebelle devenu ministre après avoir rallié le président Idriss Déby Itno, a indiqué sur sa page Facebook que sa maison à N'Djamena était encerclée par l'armée et la police.

"Ils viennent de tuer ma mère et plusieurs de mes parents", a-t-il dit quelques minutes plus tard. "Un blindé a enfoncé ma porte principale. La lutte pour la justice doit continuer pour sauver notre pays. (...) Mes chers compatriotes levons nous!", a-t-il ajouté, dans un dernier post publié au lever du jour.

Ces informations n'ont pu être confirmées de source indépendante et les autorités n'ont pour l'heure pas donné suite aux sollicitations de l'AFP. De même, dimanche en milieu d'après-midi, il était impossible de savoir si M. Dillo avait été arrêté.

Internet et les réseaux téléphoniques étaient très perturbés à N'Djamena. Des blindés et militaires quadrillaient les axes menant au domicile de Yaya Dillo, dans le quartier Karkadjiye, dans la commune du 5ème arrondissement, a constaté l'AFP.

M. Dillo est sous le coup de deux mandats d'arrêt, après avoir été visé par une plainte pour diffamation et injures à l'encontre de la Première dame Hinda Déby Itno. Il avait notamment dénoncé une convention signée entre l'épouse du chef de l'Etat et le gouvernement dans le cadre de la lutte contre l'épidémie de coronavirus.

"Suite à un refus systématique depuis 48 heures de Monsieur Yaya Dillo, appuyé d’un groupe de personnes armées, de répondre à deux mandats judiciaires", celui-ci "a vertement défié l’autorité de l’État en opposant une résistance armée", a justifié le porte-parole du gouvernement.

RDC : dix civils tués dans deux attaques attribuées aux ADF

Une patrouille de la Monusco pour traquer les rebelles ougandais des Forces Démocratiques Alliés (ADF), le 13 novembre 2018.

Dix civils ont été dans la nuit de samedi à dimanche dans deux attaques attribuées au groupe armé Forces démocratiques alliées (ADF) dans la partie orientale de la République démocratique du Congo, selon l'armée.

"Nous déplorons la mort de huit civils, décapités dans le village de Boyo, ici en Ituri par des ADF (...) qui ont aussi tué deux autres civils par balle à Kainama", a déclaré à l'AFP le lieutenant Jules Ngongo, porte-parole de l'armée dans la province de l'Ituri (nord-est).

"La poursuite de l'ennemi pour nettoyer la zone continue", a-t-il affirmé.

Des sources administrative et locales ont confirmé les deux attaques, précisant que des maisons ont également été "incendiées" par les assaillants.

Le village de Kainama est situé dans l'extrême nord de la province du Nord-Kivu, à la limite avec l'Ituri. Il est à 5 km de celui de Boyo.

Les ADF sont historiquement des rebelles musulmans ougandais installés dans l'est de la RDC depuis 1995. Sans s'attaquer à l’Ouganda depuis des années, ces bandes armées commettent régulièrement des massacres sur des civils sans défense depuis octobre 2014 dans la région de Beni et ses environs.

L'armée congolaise mène des opérations militaires contre ces ADF dans cette zone depuis fin octobre 2019, sans toutefois avoir pu mettre fin aux massacres.

Dispersés par ces opérations militaires, les ADF opèrent désormais en petits groupes mobiles, selon des experts de l'ONU.

Après une relative accalmie en janvier, les membres présumés des ADF multiplient des tueries des civils depuis début février dans les territoires de Beni (Nord-Kivu) et Irumu (Ituri, nord-est).

Depuis près de trois décennies, l'est de la RDC est déstabilise par la présence de dizaines de groupes armés locaux et étrangers d'importance diverses.

Dans un récent rapport, les experts du Baromètre sécuritaire du Kivu (KST en anglais) ont recensé au moins "122 groupes armés" actifs dans quatre provinces orientales (Ituri, Nord-Kivu, Sud-Kivu et Tanganyika).

Libération des 42 otages enlevés il y a 10 jours au Nigeria

Un groupe d'écoliers kidnappés est escorté par des militaires et des fonctionnaires nigérians après leur libération suite à leur enlèvement la semaine dernière, à Katsina, au Nigeria, le 18 décembre 2020.

Les 42 personnes, dont 27 enfants, enlevées il y a dix jours dans une école du centre-ouest du Nigeria, ont été libérées, ont annoncé samedi les autorités locales, au lendemain d'un nouveau kidnapping de masse où 317 jeunes filles ont également été enlevées dans le nord du pays.

"Les élèves, les professeurs et leurs proches du Collège des sciences de Kagara ont retrouvé la liberté et sont reçus par le gouvernement local", a annoncé sur twitter Abubakar Sani Bello, le gouverneur de l'Etat nigérian du Niger, l'une des régions minées par les groupes criminels appelés "bandits".

A la mi-février, des hommes armés avaient attaqué ce pensionnat public d'enseignement secondaire de Kagara, tuant un étudiant et emmenant avec eux 27 élèves, trois professeurs et 12 membres de familles du personnel.

Les "bandits", comme les désignent les autorités, terrorisent les populations locales, mènent des kidnappings de masse contre rançon, enlevant désormais des enfants dans des écoles, pillent les villages et volent le bétail.

Faut-il négocier avec des ravisseurs? Débat au Nigeria
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Vendredi, 317 jeunes filles scolarisées dans l'Etat de Zamfara, plus au nord, ont été également enlevées dans leurs dortoirs. Une opération de sauvetage est en cours, composée de forces de sécurité, mais aussi de villageois en colère.

Le président Muhammadu Buhari, très fortement décrié face à la situation sécuritaire catastrophique dans le nord du Nigeria, a assuré vendredi soir qu'il ne "cèderait pas au chantage" des bandits.

A chaque nouveau kidnapping de masse, les autorités, fédérales ou locales, affirment ne payer aucune rançon aux ravisseurs pour la libération des otages, ce qui est peu probable au regard des experts en sécurité qui craignent que ce mode de kidnappings se multiplient dans la région.

Ces bandes criminelles sont motivées par l'appât du gain, mais certaines ont tissé des liens forts avec les groupes jihadistes présents dans le nord-est.

Ces violences criminelles ont fait plus de 8.000 morts depuis 2011, et forcé plus de 200.000 personnes à fuir leur domicile, selon un rapport du groupe de réflexion International Crisis Group (ICG) publié en mai 2020.

Le Rwanda admet avoir financé le vol qui a ramené Paul Rusesabagina à Kigali

Paul Rusesabagina et son équipe de défense à la Cour de justice de Nyarugenge à Kigali, Rwanda, le 2 octobre 2020.

Le gouvernement du Rwanda a admis vendredi avoir "facilité" le voyage vers Kigali, où il a été arrêté, du héros du film "Hôtel Rwanda", le ministre de la Justice précisant dans une interview que les autorités avaient financé cette opération.

Ex-directeur de l'hôtel des Mille Collines à Kigali, Paul Rusesabagina, 66 ans, a été rendu célèbre par ce film de 2004, racontant comment il a sauvé plus de 1.000 personnes au cours du génocide rwandais. Ce hutu modéré est ensuite devenu un critique du régime du président rwandais Paul Kagame.

Vivant en exil depuis 1996 aux Etats-Unis et en Belgique, un pays dont il a obtenu la nationalité, il a été arrêté fin août au Rwanda dans des circonstances troubles, à la descente d'un avion en provenance de Dubaï et qu'il pensait être à destination du Burundi. Ses avocats dénoncent "un enlèvement".

"Le gouvernement a payé", a affirmé depuis Kigali le ministre rwandais de la Justice, Johnston Busingye, dans un entretien à l'émission UpFront d'Al Jazeera, produite aux Etat-Unis.

"Il y a une personne qui travaillait de longue date avec M. Rusesabagina, qui avait suscité l'intérêt de notre département des enquêtes criminelles (...) et le paiement visait à faciliter le projet de cet homme d'amener Rusesabagina au Rwanda", a-t-il expliqué.

"Le gouvernement n'a pas joué de rôle dans son transport. Il a aidé ce monsieur qui voulait l'amener au Rwanda", a poursuivi le ministre, affirmant le Rwanda avait respecté la légalité en dupant M. Rusesabagina.

"En droit international, attirer des gens vers des endroits où ils peuvent être amenés devant la justice est arrivé et cela dans de nombreuses juridictions", a-t-il souligné.

L'identité de l'homme qui a trompé l'opposant n'est pas donnée mais il est évoqué comme un ancien "complice".

Vendredi soir, le ministère rwandais de la Justice a confirmé dans un communiqué que le Rwanda avait "facilité le voyage" amenant M. Rusesabagina à Kigali, affirmant que l'arrestation était "légale" et que "ses droits n'ont jamais été violés".

Paul Rusesabagina, dont le procès à Kigali a commencé mi-février, est visé par neuf chefs d'accusation, dont celui de terrorisme. Il est notamment poursuivi pour avoir soutenu le Front de libération nationale (FLN), un groupe rebelle accusé d'avoir mené ces dernières années des attaques meurtrières au Rwanda.

Dans son communiqué, le ministère rwandais de la Justice souligne par ailleurs qu'une conversation privée du ministre avec ses conseils - transmise par "inadvertance" à Al Jazeera selon la chaîne et diffusée durant l'émission -, durant laquelle est évoquée une interception de la correspondance privée du détenu, "ne reflète pas la position du gouvernement".

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