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Tunisie

Un billet de banque pour honorer la première femme médecin du Maghreb

Un homme compte des dinars à Alger, Algérie, le 24 novembre 2016. (Photo: Ramzi Boudina/Reuters)

La banque centrale de Tunisie (BCT) a mis en circulation vendredi un nouveau billet de dix dinars (environ 3 euros) illustré, pour la première fois dans ce pays par le portrait d'une femme: Tawhida Ben Cheikh, la première femme médecin du Maghreb.

"La docteure Tawhida Ben Cheikh a été choisie il y a un an pour lui rendre hommage et aussi pour rendre hommage à la femme tunisienne, particulièrement dans le secteur scientifique", a expliqué Abdelaziz Ben Saïd, un haut responsable de la BCT, sur une radio privée.

Selon M. Ben Saïd, il s'agit de "saluer les médecins et tout le corps médical en Tunisie" puisque la mise en circulation de cette coupure intervient au moment où "notre armée blanche est en première ligne dans la guerre" contre le nouveau coronavirus.

Un total de 227 cas ont été officiellement déclarés en Tunisie depuis début mars, dont cinq décès.

Au verso du nouveau billet de dix dinars, une illustration de poteries et de bijoux berbères "rend hommage à la femme artisane", a précisé le responsable de la BCT.

En 1929, Mme Ben Cheikh devient la première Tunisienne à obtenir le baccalauréat et entame ensuite des études de médecine à Paris.

En 1936, elle revient en Tunisie et ouvre un cabinet de pédiatrie à Tunis avant de se spécialiser en gynécologie.

De 1955 à 1964, elle dirige le service de maternité de l'hôpital Charles-Nicolle puis, jusqu'à sa retraite en 1977, celui de l'hôpital Aziza Othmana, les deux principaux établissements de santé publique de Tunis.

Ancienne vice-présidente du Croissant-Rouge tunisien, elle est décédée en 2010 à l'âge de 101 ans.

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La Tunisie, 1er pays du Maghreb à lancer un satellite fabriqué 100% localement

Un écran montre le lancement de la fusée porteuse russe Soyouz-2.1a depuis le cosmodrome de Baïkonour au Kazakhstan transportant 38 satellites étrangers dont le premier satellite tunisien Challenge-1, le 22 mars 202

C'est un petit pas pour l'aérospatiale mais un grand pas pour la Tunisie: le premier satellite fabriqué entièrement localement, destiné à l'internet des objets connectés, a été lancé dans l'espace lundi.

"C'est une fierté d'avoir participé à ce projet, travailler dans le secteur aéronautique ou aérospatial est un rêve", a déclaré à l'AFP Khalil Chiha, ingénieur formé à l'école nationale d'électronique de Sfax (centre).

La Tunisie est le premier pays du Maghreb à fabriquer son propre satellite, et le sixième pays africain, selon le site spécialisé Space in Africa.

Thermomètres ou capteurs de pollution connectés, puces de localisation ou senseurs d'humidité: ce satellite expérimental est destiné à récolter les données collectées par ces appareils pour y avoir accès en temps réel même dans une zone terrestre sans couverture internet.

Le président tunisien Kais Saied prononce un discours à la suite du lancement de la fusée porteuse russe Soyouz-2.1a depuis le cosmodrome de Baïkonour au Kazakhstan.
Le président tunisien Kais Saied prononce un discours à la suite du lancement de la fusée porteuse russe Soyouz-2.1a depuis le cosmodrome de Baïkonour au Kazakhstan.

"Challenge One", créé par l'entreprise tunisienne de télécommunications TelNet, doit rejoindre son orbite vers 10h20 GMT à bord d'un lanceur Soyouz.

La fusée, qui devait initialement décoller samedi -65e anniversaire de l'indépendance tunisienne-, a finalement quitté Baïkonour, au Kazakhstan, lundi matin. Un décollage suivi depuis Tunis par le président tunisien Kais Saied.

"Notre richesse réelle est la jeunesse qui peut faire face aux obstacles", a déclaré M. Saied, soulignant que la Tunisie, empêtrée dans une crise sociale et politique, ne manquait pas de ressources mais de "volonté nationale".

Ce projet d'environ un million d'euros, lancé en 2018, est la concrétisation du travail d'une équipe de jeunes ingénieurs locaux, encadrés par quelques experts tunisiens travaillant à l'étranger, dont l'un a participé à la mission Perseverance de la Nasa sur Mars.

Challenge One, qui doit disposer d'une capacité de transmission de 250 kb/s sur 550 km, tente de répondre au besoin croissant de connexion satellitaire pour les objets car moins de 20% de la surface du globe est couverte par le réseau internet terrestre.

TelNet souhaite lancer d'ici trois ans, en partenariat avec d'autres pays africains, une constellation de plus de vingt satellites pour exploiter commercialement cette technologie.

"Cela ouvre la voie à l'ouverture d'un service innovant pour la région, dans un domaine en pleine expansion", a souligné à l'AFP Mohamed Frikha, PDG de TelNet.

Signe du développement aérospatial dans la région, les Emirats arabes unis ont lancé en février la première mission interplanétaire arabe, une sonde en orbite autour de Mars.

Une agence spatiale africaine et un groupe de coopération arabe dans le domaine spatial ont été mis sur pied en 2019.

Libération de la militante féministe tunisienne Rania Amdouni

Rania Amdouni lors d'une manifestation.

La justice tunisienne a décidé mercredi de libérer la militante féministe Rania Amdouni, condamnée en première instance à six mois de prison ferme pour avoir notamment proféré des insultes envers des policiers, a-t-on appris auprès de ses avocats.

Elle a été condamnée en appel, mais "le juge a allégé la peine à une amende de 200 dinars" (environ 60 euros), a ajouté à l'AFP Me Hammadi Henchiri.

Lors de l'audience mercredi, la défense avait réclamé un non-lieu pour cette militante LGBTQI+ (Lesbienne, gay, bi, trans, queer et intersexuel) de 26 ans, arrêtée le 27 février.

"La prison n'est pas la solution", avait plaidé son avocat Abennaceur Laouini, également militant des droits de l'Homme, appelant à ne pas permettre "la destruction de son avenir".

Etudiante en cinéma, et connue pour sa présence exubérante lors des mobilisations prodémocratie, Rania Amdouni a été interpellée après s'être emportée dans un commissariat, où elle était venue se plaindre d'un nouvel incident de harcèlement commis selon elle par des policiers en civil.

Après avoir lancé des poursuites en 2020 contre des policiers pour des insultes homophobes et une confiscation arbitraire de sa carte d'identité, elle a été la cible d'une campagne de dénigrement alimentée par des syndicats policiers à l'occasion de sa participation à des manifestations en janvier.

Des dizaines d'organisations et personnalités de la société civile tunisiennes et étrangères avaient réclamé mardi dans un communiqué commun la libération immédiate de cette jeune femme.

Elles ont estimé que Mme Amdouni était "la cible d'une dérive policière et judiciaire que les autorités tunisiennes ont choisi de privilégier en réponse à la crise économique, sociale et politique qui asphyxie le pays".

Amnesty International a de son côté déploré les poursuites contre Rania Amdouni, qui envoient "un message inquiétant aux militants victimes de harcèlement".

La Tunisie, sous le joug d'un régime policier jusqu'en 2011, a fait depuis d'importantes avancées en matière de liberté d'expression, mais les systèmes sécuritaire et judiciaire ont été peu réformés. Les relations homosexuelles restent passibles de prison.

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