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En politique étrangère, les paris de Donald Trump mal engagés

Donald Trump et Mohammed ben Salmane dans le Bureau ovale à Washington le 14 mars 2017 ( AFP/Archives / NICHOLAS KAMM )

La politique étrangère de Donald Trump traverse une mauvaise passe. De l'Iran à la Corée du Nord, du Venezuela à la Chine, le président des Etats-Unis a multiplié les coups de poker diplomatiques.

S'il a d'abord gagné certaines manches, ses chances de succès semblent davantage compromises aujourd'hui -- sans avoir totalement disparu.

- Iran, l'escalade -

En claquant la porte, en mai 2018, de l'accord sur le nucléaire iranien, Donald Trump tenait son engagement contre ce texte jugé insuffisant pour empêcher Téhéran de fabriquer la bombe atomique et surtout endiguer son influence "déstabilisatrice" au Moyen-Orient.

Mais un an plus tard, malgré des sanctions draconiennes, la République islamique n'a rempli aucune des douze conditions émises par Washington pour renouer le dialogue. Et les alliés européens des Etats-Unis continuent de contester la décision du président américain.

Le face-à-face s'est en outre brusquement tendu début mai, lorsque la confrontation s'est déplacée sur le terrain militaire : pour contrer une présumée "menace imminente" en "lien direct avec l'Iran", le Pentagone a multiplié les déploiements dans le Golfe. Quitte à donner l'image d'une administration qui veut en découdre avec son ennemi numéro un.

Les récits de l'agacement croissant de Donald Trump à l'égard des faucons dans son entourage, à commencer par son conseiller à la sécurité nationale John Bolton, n'ont pas tardé à filtrer. Pourfendeur des conflits trop coûteux, élu sur une promesse de désengagement, le président a donc multiplié les appels au dialogue en direction des dirigeants iraniens. Sans façon, ont-ils répondu.

Renforçant le sentiment de flou qui entoure la stratégie américaine.

- Corée du Nord, l'impasse -

"L'Iran risque de reprendre la prolifération nucléaire. Et la Corée du Nord produit tous les deux mois suffisamment de matière pour une nouvelle bombe. C'est un échec : le bilan de Trump, ce sera la Corée du Nord qui continue à proliférer et l'Iran qui se remet à proliférer."

Ce constat au vitriol vient d'un diplomate européen.

La relation avec Pyongyang était pourtant la principale "success story" de son début de mandat. Priorité des priorités à son arrivée au pouvoir, le dossier nucléaire nord-coréen a fait l'objet d'une embellie spectaculaire après l'escalade vertigineuse de 2017.

Pour la première fois, un président des Etats-Unis a rencontré un numéro un de la Corée du Nord, et Donald Trump n'a depuis cessé de vanter son amitié, voire son "amour" pour Kim Jong Un.

Mais sans aucun progrès concret à ce stade sur la dénucléarisation, et les négociations sont désormais dans une impasse qui semble insoluble.

- Venezuela, la frustration -

Très hostile aux politiques visant à provoquer des changements de régime à l'étranger, chères aux républicains néoconservateurs du début des années 2000, Donald Trump s'est laissé convaincre par plusieurs membres de son camp de faire une exception pour le Venezuela de Nicolas Maduro.

Depuis janvier, son administration reconnaît ainsi l'opposant Juan Guaido comme président par intérim et tente de pousser le dirigeant socialiste vers la sortie à coups de sanctions économiques, isolement diplomatique et menace militaire.

Mais la promesse d'une campagne éclair a cédé la place à l'enlisement. Et là aussi, la frustration du président à l'égard de son entourage commence à percer.

- Chine, le bras de fer continue -

Promesse phare du candidat Trump, plusieurs fois annoncé comme imminent, l'accord commercial avec Pékin peine à se concrétiser.

Entre-temps, la guerre à coups de taxes douanières ne cesse de s'envenimer entre les deux premières puissances économiques mondiales, frappant les éleveurs et agriculteurs américains -- autant d'électeurs dont le républicain a besoin pour s'assurer un second mandat en 2020.

Convaincu que seul le rapport de forces fonctionne, le président américain vient de déplacer le conflit sur le terrain technologique pour tenter de neutraliser Huawei, géant chinois des télécoms, sans que l'on sache si cette carte jouera en sa faveur dans des négociations commerciales qui font du surplace.

- Afghanistan et Syrie, le retrait contrarié -

Las de voir Washington jouer les "gendarmes du monde", Donald Trump a promis de mettre fin aux "guerres interminables".

Mais après avoir promis en décembre un retrait total des militaires américains déployés en Syrie dans la lutte antijhadiste, il a dû se résoudre à y laisser un contingent, sous la pression de ses conseillers et de ses alliés.

Quant à l'Afghanistan, après près de 18 années de guerre, le président a chargé le diplomate Zalmay Khalilzad de mener des négociations de paix inédites avec les talibans pour permettre un désengagement progressif. Les rapides progrès initiaux ont toutefois marqué le pas, et le négociateur américain manifeste désormais son impatience, alors que les insurgés continuent leurs attaques meurtrières.

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Peut-on faire confiance à Facebook sur sa cryptomonnaie ? Des sénateurs américains en doutent

Facebook, déjà épinglé maintes fois sur les questions de respect de la vie privée et de protection des données, n'est pas forcément digne de foi quand il s'agit de son nouveau projet de cryptomonnaie, ont mis en avant plusieurs sénateurs américains lors d'une audition mardi.

"Facebook n'a peut-être pas l'intention d'être dangereux mais ils ont déjà démontré qu'ils ne respectaient pas le pouvoir des technologies avec lesquelles ils jouent", a ainsi dénoncé le sénateur démocrate Sherrod Brown.


"Facebook nous a dit encore et encore qu'on devait leur faire confiance, mais à chaque fois que les Américains vous font confiance, il semblerait qu'ils s'en mordent les doigts", a-t-il ajouté.

L'élu s'adressait à David Marcus, le responsable en charge du développement du dernier grand projet du réseau social: la devise virtuelle Libra.

Avec la création de cette monnaie numérique offrant un nouveau mode de paiement en dehors des circuits bancaires traditionnels, annoncée mi-juin, Facebook veut bouleverser le système financier mondial.

Mais la cryptomonnaie suscite de plus en plus d'inquiétudes parmi les régulateurs du monde entier et David Marcus a tenté de défendre pendant deux heures le projet devant la commission des Finances du Sénat américain. Il a promis de répondre à toutes les préoccupations des législateurs avant de lancer la devise sur le marché, comme les craintes liées à l'utilisation de la Libra pour du blanchiment d'argent.

La question de la confiance à accorder à Facebook est plusieurs fois revenue sur le tapis.

Ainsi le sénateur républicain John Kennedy a posé plusieurs questions sur ce que les responsables de Facebook savaient exactement à propos des ingérences russes via le réseau social lors de la campagne pour l'élection présidentielle de 2016.

"J'ai beaucoup de respect pour Facebook mais Facebook veut maintenant contrôler la quantité de monnaie en circulation. Qu'est-ce qui pourrait dérailler ?" s'est-il interrogé.

D'autres sénateurs se sont aussi demandé si Facebook allait vraiment respecter l'engagement de ne pas mélanger les données partagées sur la plateforme de la Libra et sur le réseau social et celles destinées à cibler les publicités.

"Je ne vous fais tout simplement pas confiance", a asséné la sénatrice républicaine Martha McSally. "Vous avez enfreint la vie privée par le passé (...) et pourtant vous lancez un nouveau produit et assurez que la vie privée sera respectée. Comment les utilisateurs pourront savoir si cela ne va pas aussi changer et que le respect de leur vie privée ne sera pas de nouveau enfreint ?"

Donald Trump veut une enquête sur les liens de Google avec Pékin

Des smartphones Huawei devant le logo de Google Play le 20 mai 2019.

Donald Trump a laissé entendre mardi que son administration allait mener des investigations sur Google, récemment pris pour cible par le milliardaire Peter Thiel qui l'accuse d'être infiltré par les services de renseignements chinois.


"L'investisseur des tech, le milliardaire Peter Thiel pense que Google devrait faire l'objet d'une enquête pour trahison. Il accuse Google de travailler avec le gouvernement chinois", a tweeté le président républicain.

"Un type génial et brillant qui connaît ce sujet mieux que quiconque ! L'administration Trump va jeter un coup d'oeil!", a-t-il lancé.

Interrogé par l'AFP, Google a estimé que ces accusations étaient sans fondement.

"Comme nous l'avons déjà dit, nous ne travaillons pas avec les militaires chinois", a réagi le groupe.

Peter Thiel a suggéré dimanche que le FBI et la CIA devraient enquêter sur les infiltrations de Google par les services de renseignements chinois, selon des propos tenus lors d'une conférence à Washington et rapportés par Axios.

Il a notamment critiqué Google, maison mère d'Alphabet, pour son travail en Chine, affirmant que le géant des moteurs de recherche était "engagé dans la décision apparemment traître de travailler avec l'armée chinoise et non avec l'armée américaine", selon Axios.

Google a fermé son moteur de recherche en Chine en 2010, après avoir refusé la demande de Pékin de censurer certains résultats de recherches.

Mais son patron Sundar Pichai avait reconnu pour la première fois en octobre dernier que son moteur de recherches pourrait revenir en Chine, affirmant que celui-ci apporterait une "meilleure information" aux citoyens que la concurrence.

"Le haut management de Google estime-t-il avoir été infiltrée par les services de renseignement chinois ?", "c'est une question qui doit être posée par le FBI et la CIA", a estimé le milliardaire, cité par Axios.

Peter Andreas Thiel, entrepreneur américain d'origine allemande, est notamment le cofondateur du service de paiement en ligne PayPal avec Elon Musk.

Ce n'est pas la première fois que Donald Trump s'en prend à Google. Le locataire de la Maison Blanche estime notamment que Google a un "parti pris" contre lui et ses partisans.

Plus tôt cette année, il avait en outre critiqué le géant de la technologie pour s'être retiré d'un grand contrat informatique du Pentagone avant d'assouplir son ton après avoir rencontré Sundar Pichai.

Google a des activités commerciales limitées en Chine, mais un rapport récent indique qu'un de ses scientifiques a participé à un projet de recherches pouvant avoir des applications civiles et militaires.

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