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Guinée

2,5 millions de noms doivent être purgés des listes électorales guinéennes

Des employés de la Commission électorale nationale indépendante à Conakry, en Guinée, le 4 février 2018.

Des experts ouest-africains missionnés pour aider la Guinée à sortir de la crise politique recommandent de retirer près de 2,5 millions de noms des listes initialement retenues pour un référendum couplé à des élections législatives, selon un document consulté mercredi par l'AFP.

Ce nombre représente le tiers des noms figurant dans le fichier qui devait servir à un référendum constitutionnel et des élections parlementaires à l'origine prévues le 1er mars.

Le pouvoir a reporté sine die ces consultations au dernier moment, dans un contexte de fortes tensions, de vive contestation de la part de l'opposition, et de critiques émanant de la communauté internationale.

La Guinée est en proie depuis octobre à des manifestations contre l'intention prêtée au président Alpha Condé de briguer un troisième mandat fin 2020. Au moins 31 civils et un gendarme ont été tués depuis.

L'organisation du référendum sur une nouvelle Constitution, et son couplage avec les élections législatives reportées à plusieurs reprises, devaient servir à M. Condé à mener à bien son projet, accuse l'opposition.

L'opposition, dénonçant spécifiquement un fichier électoral truqué et disproportionné par rapport à la population du pays, avait décidé de boycotter les scrutins du 1er mars.

Quelques jours avant cette date, elle avait été confortée par l'Organisation internationale de la francophonie (OIF), accompagnant jusqu'alors le processus électoral, qui avait jugé "problématiques" 2,49 millions de noms inscrits sur les listes.

Après le report des votes du 1er mars, la Communauté des Etats d'Afrique de l'Ouest (Cédéao), dont fait partie la Guinée, a dépêché une mission d'experts, dans l'espoir de parvenir à un fichier fiable permettant des consultations transparentes auxquelles pourrait participer l'opposition.

Ces experts ont relevé que, sur la liste des 7,764 millions d'électeurs communiquée par la commission électorale guinéenne, 2,438 millions "ne disposent d'aucune pièce justificative", indique un document transmis à cette commission mercredi matin.

"La mission recommande vivement le retrait" de ces électeurs, selon le document.

Elle relève également plus de 38.000 cas de doublons potentiels sur les listes et préconise un réexamen de ces cas pour une nouvelle validation.

La commission électorale a adopté les recommandations des experts, a dit son président Amadou Salifou Kébé sur Facebook.

"Nous allons mettre en application dès demain ou après-demain lesdites recommandations", a-t-il ajouté sans aucune indication quant à l'effet qu'une telle mise en oeuvre aurait sur le nouveau calendrier électoral.

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Trois ministres et le secrétaire général du gouvernement nommés à Conakry

Le chef de la junte guinéenne Mamady Doumbouya prête serment en tant que président par intérim à Conakry, en Guinée, le 1er octobre 2021.

Le colonel Mamady Doumbouya, chef de la junte qui a pris le pouvoir en Guinée en septembre, a nommé trois militaires ministres dans le gouvernement de transition dirigé par Mohamed Béavogui.

Selon un décret lu jeudi soir à la télévision publique, le général à la retraite Aboubacar Sidiki Camara, ancien ambassadeur de la Guinée à Cuba, réputé proche du chef de la junte, a été nommé ministre délégué chargé de la Défense nationale.

Le colonel Bachir Diallo, ancien conseiller militaire à l'ambassade de Guinée au Canada, a été nommé ministre délégué à la Sécurité et à la Protection civile.

Louopou Lamah, précédemment directrice nationale du commerce extérieur et de la compétitivité, est devenue ministre de l’Environnement et du Développement durable.

Abdouramane Sikhé Camara est nommé secrétaire général du gouvernement avec rang de ministre.

Mohamed Béavogui, un Premier ministre pragmatique
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L'ancien président Alpha Condé, réélu en octobre pour un troisième mandat controversé, a été renversé le 5 septembre dans un coup d'Etat mené par le lieutenant-colonel Doumbouy, qui a depuis prêté serment comme président pour une période de transition à la durée et au contenu toujours inconnus.

Il a nommé le 6 octobre un Premier ministre de transition en la personne de Mohamed Béavogui, un vétéran du développement. Plus de deux semaines après, la composition de son gouvernement complet est toujours attendue.

Depuis le putsch, le colonel Doumbouya a promis de rassembler les Guinéens, au-delà des appartenances politiques ou ethniques.

Des proches demandent à la junte guinéenne de réhabiliter les victimes de Sékou Touré

Quelques victimes du massacre d'octobre 1971, au camp Boiro, à Kindia et à Kankan,exécutées sous le régime de Sékou Touré, qui a dirigé la Guinée de son indépendance en 1958 à 1984.

A l'occasion du 50ème anniversaire du massacre d'octobre 1971, des proches de 70 Guinéens exécutés sous le régime de Sékou Touré ont demandé lundi au nouvel homme fort, le colonel Mamady Doumbouya, la réhabilitation et une sépulture digne pour les victimes.

Au moins 70 personnes, dont des ministres, des ambassadeurs, des magistrats, des hommes d'affaires, des industriels, des officiers de l'armée ont été fusillées dans la nuit du 17 au 18 octobre 1971 au camp Boiro, ainsi qu'à Kindia (130 km à l'est de Conakry) et à Kankan (600 km à l'est de la capitale), selon les familles des victimes.

Une cérémonie de lecture du Coran a réuni environ 300 personnes sur le site de l'ex-camp Boiro, une prison dans la proche banlieue de Conakry où étaient enfermés les opposants sous Sékou Touré, qui a dirigé la Guinée de son indépendance en 1958 à 1984.

Des parents des victimes portant des portraits des disparus et habillés de tee-shirts rouges proclamant "Plus jamais ça" ont pris part à la cérémonie, ainsi que des officiers représentant la junte et le Premier ministre de transition Mohamed Béavogui.

Ce dernier a appelé à "une Guinée nouvelle, qui sera basée sur une seule chose, la réconciliation". Il a rappelé les propos du colonel Doumbouya selon lesquels la justice serait "la boussole" sous son autorité.

Abdoulaye Conté, responsable de l'Association des victimes du camp Boiro, a invoqué la promesse de justice et de réconciliation faite par le colonel Doumbouya, désormais président de transition, et par les militaires qui ont pris le pouvoir par la force le 5 septembre.

Le colonel Doumbouya a multiplié les actes symboliques de réconciliation dans ce pays coutumier des brutalités politiques.

Les autorités précédentes avaient fermé le camp aux proches depuis deux ans, a dit Abdoulaye Conté, pour l'Association des victimes. "On ne faisait plus de cérémonie ici, elles nous avaient interdit d’accéder à l’intérieur de ce camp où il y a une fosse commune", a-t-il dit.

"Nous demandons que ces illustres victimes soient réhabilitées. (Elles) n'ont rien à faire dans des fosses communes", a-t-il dit. Il a préconisé l'aide de l'ONU pour exhumer les corps et les identifier.

"Que les familles puissent récupérer les restes et que des sépultures dignes" soient accordées aux disparus, a-t-il dit.

Sous la présidence de Sékou Touré, quelque 50.000 personnes ont été torturées, fusillées, pendues ou ont "disparu" en détention, selon des associations de victimes et organisations de défense des droits humains.

La junte guinéenne écarte une quarantaine de généraux

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La Cour de justice de la Cédéao suspend la Guinée et le Mali

Les chefs militaires maliens saluent l'ancien président nigérian Goodluck Jonathan à son arrivée à l'aéroport de Bamako avant une rencontre entre les chefs militaires maliens et une délégation de la CEDEAO qu'il dirige le 22 août 2020.

La Cour de justice de la Communauté économique des Etats de l'Afrique de l'Ouest (Cédéao) a suspendu toutes les procédures concernant le Mali et la Guinée, deux pays membres dirigés par des militaires.

Dans un document en date du 30 septembre consulté par l'AFP, le greffier de la Cour de justice de la Cédéao (16 pays), Tony Anene-Maidoh, explique cette décision par l'article 78 du règlement intérieur de la Cour qui dispose que "la procédure peut être suspendue dans tous les cas, par le président sauf pour les renvois préjudiciels".

"Aucun acte de procédure ne sera enregistré par le greffe dans toutes les affaires provenant de ces deux pays", précise le greffier en chef.

A la suite du putsch du 18 août 2020, la Cédéao avait pris des sanctions essentiellement économiques et suspendu le Mali de l'organisation. Ces sanctions avaient été levées à la suite de l'engagement des militaires dirigés par le colonel Assimi Goïta sur la voie d'une transition de 18 mois maximum.

Mais depuis, le colonel Goïta a mené en mai un nouveau coup de force en déposant le président de transition Bah Ndaw et son Premier ministre Moctar Ouane. La communauté internationale exprime des inquiétudes croissantes sur le respect des échéances.

Lors d'un sommet le 16 septembre à Accra, l'organisation régionale a exigé des militaires maliens le "respect strict du calendrier de la transition" vers le rétablissement d'un pouvoir civil.

Se disant "très préoccupée par la lenteur dans la préparation des élections" prévues fin février, elle a affirmé que leur tenue dans les délais était "non négociable".

En Guinée, la Cédéao se retrouve dans une situation comparable à celle qu'elle a connue au Mali. Comme au Mali, les militaires guinéens qui ont pris le pouvoir le 5 septembre ont dissous le gouvernement et les institutions et aboli la Constitution.

Lors de leur sommet de septembre, les dirigeants d'Afrique de l'Ouest ont annoncé des sanctions ciblées contre les auteurs du coup d'Etat en Guinée et appelé à des élections au plus tard dans six mois, réclamant une transition "très courte".

La Cédéao a également décidé de geler les avoirs financiers des nouveaux dirigeants du pays et des membres de leurs familles, et de leur imposer des interdictions de voyager.

Mohamed Béavogui, un Premier ministre pragmatique

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