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Mali

Du matériel de la mission de l'ONU pillé par des manifestants à Sévaré

Un soldat de l'armée malienne monte la garde devant le poste de commandement de la Force régionale d’Afrique de l'Ouest G5-Sahel, à Sevare, 30 mai 2018.

Une manifestation contre la présence de forces étrangères au Mali a dégénéré en pillage de conteneurs appartenant à la Mission de l'ONU (Minusma) samedi à Sévaré, dans le centre du pays, alors qu'une centaine de personnes réclamaient dans le même temps à Bamako une intervention de la Russie.

A Sévaré, à 15 km de Mopti, principale ville du centre, une manifestation a rassemblé un millier de personnes aux abords du camp des forces de l'ONU et de l'aéroport, selon des témoins. Après avoir mis le feu à des pneus, des jeunes ont emporté du matériel divers, dont des câbles électriques, une climatisation et des matelas.

"Des manifestations organisées par la Plateforme Fasso Ko, censées être pacifiques, se déroulent à Sevaré depuis quelques jours, mais ont dégénéré aujourd'hui en ciblant plusieurs dizaines de conteneurs de stockage de la Minusma situés à l'extérieur du camp", a indiqué la Mission de l'ONU au Mali.

"Les manifestants ont également dérobé du matériel logistique et de construction. D'autres se sont mis en danger aux alentours de citernes de carburant qui, heureusement, n'ont pas explosé malgré la proximité d'un camion qui a été brûlé", selon un communiqué. "Bien que la sécurité du camp n'ait pas été impactée, ces actes de vandalisme sont totalement inacceptables et indignes".

Appelant la population "au calme et à la retenue", la force de l'ONU, qui s'est récemment déployée dans le centre du Mali, en proie aux attaques djihadistes et aux violences intercommunautaires, "surmonte d'importants défis et paie un très lourd tribut au Mali", souligne le texte.

La Minusma est la plus coûteuse en vies humaines des opérations actuelles de maintien de la paix de l'ONU, avec quelque 180 morts depuis son déploiement en 2013, dont plus de cent dans des actes hostiles.

Dans son communiqué, elle précise rester "résolument engagée aux côtés des forces de défense et de sécurité maliennes pour améliorer la situation sécuritaire et la protection des populations".

Le régime du président Ibrahim Boubacar Keïta est secoué depuis début octobre par le plus important revers qu'ait essuyé l'armée malienne depuis des années. Quarante soldats ont été tués le 30 septembre et le 1er octobre quand les djihadistes ont attaqué les camps militaires de Boulkessy et Mondoro (centre), selon un bilan encore provisoire.

Une centaine de personnes se sont par ailleurs rassemblées samedi à Bamako, selon un correspondant de l'AFP, répondant à l'appel d'un mouvement de jeunes, le Groupe des patriotes du Mali (GPM), pour "réclamer l'intervention de la Russie afin d'aider l'armée malienne à recouvrir l'intégrité du territoire".

"Nous n'avons pas de problème avec la France et la Minusma, mais ils ont prouvé leur limite. C'est pour ça que nous voulons l'intervention de la Russie", a déclaré à l'AFP un manifestant, Clément Dembélé.

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Soulagement à Bamako après la levée des sanctions de la Cédéao

La fin du blocus a lieu à moins d'une semaine de la fête musulmane de l'Aïd al-Adha, prévue le 9 juillet au Mali.

"Je compte partir demain mardi à Abidjan faire des achats !" Commerçante à Bamako, Kadiatou Coulibaly ne cache pas sa satisfaction de pouvoir retourner en Côte d'Ivoire voisine après six mois, au lendemain de la levée de l'embargo ouest-africain contre le Mali, puni après deux coups d'Etats.

Depuis plusieurs mois, "ce sont les mêmes articles (dans les étals). Je suis très contente pour la fin de l'embargo", affirme cette vendeuse de pagnes et autres articles féminins, la quarantaine, aux Halles de Bamako, un des plus grands marchés de la capitale malienne.

"C'est un grand soulagement pour le secteur des transports. Tous les chauffeurs ont repris après l'annonce de la levée des sanctions", renchérit Youssouf Traoré, président du Conseil malien des transporteurs routiers (CMTR), dans ce pays enclavé et essentiellement dépendant des échanges routiers avec ses voisins ouest-africains pour son approvisionnement.

Les dirigeants ouest-africains ont levé dimanche à Accra les sanctions commerciales et financières décidées en janvier contre le Mali, au cœur du Sahel, théâtre de deux coups d'Etat militaires en août 2020 et en mai 2021. La crise politique dans ce pays va de pair avec une grave crise sécuritaire depuis 2012 et le déclenchement d'insurrections indépendantiste et jihadiste dans le nord.

Levée des sanctions contre le Mali: une bouffée d’oxygène à quelques jours de la Tabaski
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Les colonels au pouvoir ont cédé à des exigences de la Communauté économique des Etats d'Afrique de l'Ouest (Cédéao) en publiant récemment une nouvelle loi électorale et un calendrier prévoyant notamment une élection présidentielle en février 2024, lors d'une transition limitée à deux ans. Les sanctions individuelles et la suspension du Mali des organes de la Cédéao restent cependant maintenues jusqu'au retour à l'ordre constitutionnel.

La levée de l'embargo était lundi le principal point de discussions au grand marché de Bamako. Outre Abidjan, des commerçants affirment envisager aller faire des achats à Dakar dont le port accueille une partie des marchandises à destination du Mali voisin.

À une semaine de l'Aïd

La fin du blocus a lieu à moins d'une semaine de la fête musulmane de l'Aïd al-Adha, prévue le 9 juillet au Mali où elle est appelée Tabaski, traditionnellement une occasion de nombreuses dépenses.

La commerçante Kadiatou Coulibaly envisage aller à Abidjan pour des achats et "revenir les vendre pour la fête. Les femmes n'aiment que les nouveautés". "Il faut qu'on vende nos moutons à nos frères sénégalais et ivoiriens avant!", déclarait récemment à l'AFP devant ses bêtes à Bamako un vendeur de bétails, anonymement.

Le Mali, fort d'un large cheptel et d'une importante population pastorale, est un des premiers pourvoyeurs de bétail pour la sous-région. Les membres et responsables du Conseil malien des chargeurs se sont rués lundi au siège de cette organisation dans le centre de Bamako.

"Nous pensons qu'avec la levée de l'embargo, les activités économiques et de transport vont" reprendre vers les pays ouest-africains, affirme M. Traoré du CMTR. "Nous sortons d'une situation qui a fragilisé beaucoup d'entreprises", souligne Youssouf Bathily, président de la chambre de commerce et d'industrie du Mali.

L'instabilité et les sanctions ont entraîné "une révision à la baisse des estimations de croissance du produit intérieur brut de 5,3% à 3,4%" pour 2022 "et une détérioration des conditions de vie" au Mali, dont les importations proviennent à environ 42% des pays ouest-africains, souligne un récent rapport de l'ONU.

A cause des sanctions, des institutions comme la Banque mondiale et la Banque africaine de développement avaient suspendu les décaissements pour le Mali, également en défaut de paiement notamment sur le marché financier ouest-africain.

"Pendant l'embargo on a trouvé des solutions alternatives. Nous sommes passés par (les ports de Nouakchott) et Conakry", pour contourner Dakar et Abidjan. "Nos activités étaient arrêtées à 70%. Nous attendons maintenant l'accompagnement de l'Etat dans la fiscalité pour bien démarrer", ajoute M. Touré du CMTR.

Levée des sanctions contre le Mali: une bouffée d’oxygène à quelques jours de la Tabaski

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La Cédéao lève les sanctions économiques imposées au Mali

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Mali, Burkina, Guinée: la Cédéao se penche sur les sanctions

Photo de famille lors du cinquième sommet extraordinaire de la CEDEAO à Accra, au Ghana, le vendredi 25 mars 2022.

Levée, maintien ou durcissement des sanctions? Les dirigeants ouest-africains se réunissent dimanche à Accra pour réexaminer leur plan d'action face aux juntes arrivées au pouvoir par la force au Mali, en Guinée et au Burkina Faso.

Les leaders des pays de la Communauté économique des Etats de l'Afrique de l'Ouest (Cédéao) doivent notamment se prononcer sur le Mali, qui subit depuis le 9 janvier de sévères mesures de rétorsion commerciales et financières et qui a accepté récemment des prérequis indispensables à leur levée.

Le Burkina, autre pays sahélien pris dans la tourmente jihadiste, et la Guinée ne sont pour l'heure que suspendus des organes de la Cédéao. Mais les juntes en place entendent y rester trois ans et exposent leur pays à un durcissement des sanctions.

Le Lieutenant-Colonel Paul-Henri Sandaogo Damiba, Président du Burkina Faso, arrive à sa cérémonie d'investiture en tant que Président de la Transition, à Ouagadougou, le 2 mars 2022.
Le Lieutenant-Colonel Paul-Henri Sandaogo Damiba, Président du Burkina Faso, arrive à sa cérémonie d'investiture en tant que Président de la Transition, à Ouagadougou, le 2 mars 2022.

Depuis deux ans, l'Afrique de l'Ouest a vu se succéder les coups de force des colonels et lieutenants-colonels: putsch le 18 août 2020 à Bamako, nouveau fait accompli parachevant le premier le 24 mai 2021, putsch le 5 septembre 2021 à Conakry, putsch le 24 janvier 2022 à Ouagadougou.

La Cédéao, alarmée du risque de contagion dans une région vulnérable, multiplie les sommets, les médiations et les pressions pour accélérer le retour des civils à la direction de ces pays.

Le dernier sommet en date, le 4 juin, avait accouché d'une souris: aucune décision n'avait été prise et la Cédéao s'était donnée un mois de plus pour négocier.

"Progrès"

La décision sur la levée de l'embargo sur les transactions commerciales et financières est très attendue au Mali, épuisé par dix ans de conflit, et où les négociations entre la junte et la Cédéao durent depuis des mois.

Le médiateur Goodluck Jonathan, ancien président du Nigeria, est venu la semaine dernière à Bamako. Si rien n'a officiellement filtré des échanges, un membre de son entourage a indiqué à l'AFP que "le Mali a fait d'énormes progrès".

Les autorités ont annoncé mercredi un calendrier électoral fixant la présidentielle à février 2024, le référendum constitutionnel à mars 2023, et les législatives entre octobre et novembre 2023.

Il vient compléter l'adoption le 17 juin d'une nouvelle loi électorale et la mise en place d'une commission chargée de rédiger la nouvelle Constitution.

Un potentiel point de blocage dans les négociations peut néanmoins subsister avec la porte désormais ouverte, par la nouvelle loi électorale, d'une candidature d'un militaire à une élection présidentielle.

Le colonel Assimi Goita, chef de la junte militaire malienne, assiste à une réunion de la CEDEAO à Accra, au Ghana, le 15 septembre 2020.
Le colonel Assimi Goita, chef de la junte militaire malienne, assiste à une réunion de la CEDEAO à Accra, au Ghana, le 15 septembre 2020.

Les "actes qui ont été posés ces jours-ci vont dans le sens d'une levée de ces sanctions", a estimé vendredi soir le chef de la diplomatie malienne Abdoulaye Diop.

La Guinée a mené cette semaine une intense campagne diplomatique pour apaiser les dirigeants ouest-africains et éviter de nouvelles sanctions.

La junte avait suscité l'ire de ses voisins en actant une durée de transition de 36 mois. Un délai qualifié d'"impensable" par le chef de l'Etat sénégalais Macky Sall, président en exercice de l'Union africaine.

"La Cédéao va devoir prendre des mesures", avait-il dit.

Dialogues

Le Premier ministre de transition Mohamed Béavogui a reçu samedi le représentant spécial des Nations unies pour l’Afrique de l’Ouest et le Sahel, Mahamat Saleh Annadif.

Le message de la Guinée est de rassurer "les frères de la Cédéao", sur l’engagement du pays à mener une transition apaisée et inclusive, a souligné le gouvernement.

Lundi, le gouvernement a aussi reçu les principales formations politiques en vue d'engager un dialogue. Plusieurs mouvements politiques ont conditionné leur participation à la nomination d'un médiateur ouest-africain.

"Il nous apparait fondamental que la Cédéao intervienne pour présider le dialogue et favoriser ainsi le retour à l’ordre constitutionnel en Guinée", a déclaré vendredi le Front national pour la défense de la Constitution (FNDC).

Le chef de la junte en Guinée, le colonel Mamady Doumbouya, a prêté serment vendredi à Conakry, en Guinée, le 1er octobre 2021.
Le chef de la junte en Guinée, le colonel Mamady Doumbouya, a prêté serment vendredi à Conakry, en Guinée, le 1er octobre 2021.

Au Burkina Faso, la Cédéao a nommé un médiateur, l'ex-président nigérien Mahamadou Issoufou, malgré son "inquiétude" devant les 36 mois prévus pour la transition. "Nous sommes sur la voie du compromis" avec ce pays, a dit à l'AFP un diplomate de la sous-région.

En visite samedi à Ouagadougou, M. Issoufou a salué "l'ouverture au dialogue" des militaires et dit avoir "échangé sur le chronogramme (calendrier) de la transition" présenté mercredi aux leaders politiques.

Les autorités burkinabè prévoient les dates du 24 décembre 2024 pour un référendum constitutionnel et du 25 février 2025 pour la tenue d'élections législatives et présidentielle.

Vendredi, les partis de l'ex-majorité du président Roch Marc Christian Kaboré renversé ont dénoncé l'agenda présenté par la junte comme une "manœuvre solitaire qui contraste avec les impératifs d'une transition inclusive et réussie", regrettant "l'absence de concertations en amont".

L'ambassadeur d'Espagne au Mali convoqué après des propos sur une éventuelle intervention de l'OTAN

Le ministre des Affaires étrangères du Mali, Abdoulaye Diop, lors d'un événement à Washington, le 1er novembre 2017.

"L’expansion du terrorisme au Sahel est surtout liée à l’intervention de l’Otan en Libye dont nous payons encore les conséquences", rétorque Bamako.

L'ambassadeur d'Espagne a été convoqué vendredi par le gouvernement malien après des propos du ministre espagnol des Affaires étrangères qui a dit "ne pas exclure" une intervention militaire de l'OTAN au Mali, a-t-on appris de source officielle.

"Nous avons convoqué aujourd’hui l’ambassadeur d’Espagne au niveau du ministère des Affaires étrangères pour élever une vive protestation par rapport à ces propos", a indiqué Abdoulaye Diop, le ministre malien des Affaires étrangères, lors d'un entretien à la télévision nationale.

Une intervention de l’Otan au Mali, "nous ne l’excluons pas". "si cela représentait une menace pour notre sécurité, nous le ferions", avait déclaré jeudi José Manuel Albares, chef de la diplomatie espagnole, en marge du sommet de l'Otan qui se tenait à Madrid.

"Ces propos sont inacceptables, inamicaux, graves" parce qu'"ils tendent à encourager une agression contre un pays indépendant et souverain", a estimé le chef de la diplomatie malienne.

"Nous avons demandé des explications, une clarification de cette position au gouvernement espagnol. Nous espérons que cela va venir assez rapidement", a ajouté M. Diop.

"Le ministre doit se rappeler que la situation actuelle d’insécurité et d’expansion du terrorisme au Sahel est surtout lié à l’intervention de l’Otan en Libye dont nous payons encore les conséquences", a-t-il aussi souligné.

Dans un tweet publié samedi, l'ambassade d'Espagne au Mali a tenté de clarifier la position de son pays: "L'Espagne n'a pas demandé pendant le sommet de l'OTAN ni à aucun autre moment une intervention, mission ou une action quelconque de l'Alliance au Mali", lit-on.

Le précédent libyen qui fâche

En 2011 le Guide libyen Mouammar Kadhafi, au pouvoir depuis 1969, est renversé et tué par des rebelles soutenus par les États-Unis, la France et l'OTAN, qui s'étaient impliqués directement dans le conflit, allant jusqu'à lancer des frappes aériennes en Libye. Une intervention que désapprouvait l'Afrique et dont les voisins de la Libye se plaignent toujours amèrement.

La chute du pouvoir de Kadhafi a conduit à un déferlement d'armes et de combattants au Sahel, posant un défi sécuritaire majeur avec son lot de morts et de déplacements massifs. C'est depuis 2012, soit un an après la mort de Kadhafi, que Mali est plongé dans une profonde crise sécuritaire, politique et humanitaire avec le déclenchement d'insurrections indépendantiste et jihadiste dans le nord du pays. La propagation jihadiste a gagné le centre et les pays voisins, à savoir le Burkina Faso et le Niger.

"Intérêt stratégique"

Cette année, la nouvelle feuille de route de l'Otan évoque, pour la première fois, l'"intérêt stratégique" que revêtent pour elle le Moyen-Orient, l'Afrique du Nord et le Sahel, ainsi que, notamment, les menaces que sont le terrorisme et l'immigration illégale.

L'Espagne avait fait de la prise en compte des menaces sur le flanc sud sa grande priorité pour ce sommet.

Madrid craint en particulier que l'instabilité au Sahel, où plusieurs groupes jihadistes sont très actifs, n'entraîne une augmentation de l'immigration clandestine.

Située à quelques kilomètres des côtes africaines, l'Espagne est devenue l'une des principales portes d'entrée de l'immigration irrégulière en Europe.

Fin de parcours pour la task-force Takuba au Mali
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