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Djibouti

Djibouti inaugure la future plus grande zone franche d'Afrique

Vue du port de Djibouti, le 23 avril 2017

Djibouti a inauguré jeudi ce qui doit devenir à terme la plus grande zone franche sur le continent africain, destinée à lui permettre de tirer pleinement profit de sa situation stratégique à l'entrée de la mer Rouge.

Lors d'une cérémonie dans la capitale, Djibouti-ville, le président djiboutien Ismaël Omar Guelleh a vanté les mérites d'un "projet phare", point culminant de plusieurs récents projets d'infrastructures allant "dans le sens du renforcement de la place de Djibouti dans le commerce et les échanges internationaux".

Situé le long d'une des voies maritimes les plus fréquentées au monde, entre océan Indien et canal de Suez, Djibouti a inauguré en 2017 trois nouveaux ports et une ligne ferroviaire le reliant à l'Éthiopie, dans le cadre de son projet visant à devenir la plateforme commerciale de la région.

Le président somalien Mohamed Abdullahi Mohamed "Farmajo" a parlé avec cette zone franche d'une "victoire pour l'Afrique de l'Est". Le Premier ministre éthiopien, Abiy Ahmed, le président rwandais Paul Kagame et le président soudanais Omar el-Béchir ont fait écho à ses propos.

>> Lire aussi : La Chine dément avoir blessé des pilotes américains avec des lasers

Le président somalien Mohamed Abdullahi Mohamed "Farmajo" a parlé avec cette zone franche d'une "victoire pour l'Afrique de l'Est". Le Premier ministre éthiopien Abiy Ahmed, le président rwandais Paul Kagame et le président soudanais Omar el-Béchir ont fait écho à ses propos.

La zone franche, connectée aux principaux ports de Djibouti, est destinée à diversifier l'économie djiboutienne, créer des emplois et attirer des investissements, en permettant aux compagnies étrangères d'être exonérées de taxes et de bénéficier d'un soutien logistique de qualité.

La première phase de ce projet lancée jeudi comprend une zone de 240 hectares. Une fois terminé, ce projet de 3,5 milliards de dollars (3 milliards d'euros), dont la construction est prévue pour durer 10 ans, devrait s'étendre sur 4.800 hectares, ce qui en ferait la plus grande zone franche en Afrique.

La zone franche, connectée aux principaux ports de Djibouti, est destinée à diversifier l'économie djiboutienne, créer des emplois et attirer des investissements, en permettant aux compagnies étrangères d'être exonérées de taxes et de bénéficier d'un soutien logistique de qualité.

La première phase de ce projet lancée jeudi comprend une zone de 240 hectares. Une fois terminé, ce projet de 3,5 milliards de dollars (3 milliards d'euros), dont la construction est prévue pour durer 10 ans, devrait s'étendre sur 4.800 hectares, ce qui en ferait la plus grande zone franche en Afrique.

Le projet vise à permettre à des sociétés étrangères d'installer des industries de transformation dans la zone franche, pour ajouter de la plus-value aux produits plutôt que simplement importer ou exporter des matières premières.

"Le volume de produits arrivant en Afrique de l'Est ne cesse d'augmenter. A chaque fois qu'un produit (quitte) le continent sans avoir été transformé, c'est une opportunité manquée pour l'Afrique", a estimé Aboubaker Omar Hadi, président de l'Autorité des ports et zones franches de Djibouti (DPFZA).

Une rangée de drapeaux djiboutiens et chinois flottant au-dessus des murs d'enceinte de la zone, fraîchement peints en jaune, témoigne des liens étroits unissant le petit État de la Corne de l'Afrique au géant asiatique, dont les prêts ont permis de financer les récents projets d'infrastructures.

Djibouti, qui accueille également la seule base militaire chinoise à l'étranger, est situé le long de la route maritime censée permettre à la Chine de rejoindre l'Afrique et l'Europe par la mer de Chine et l'océan Indien, dans le cadre du projet de nouvelles routes de la Soie, connu sous le nom de "One belt, one Road" ("La ceinture et la route").

Cette initiative majeure a vu Pékin prêter des sommes importantes à plusieurs pays en développement d'Asie ou d'Afrique pour améliorer leurs infrastructures et faciliter le commerce.

Mais des experts ont mis en garde ces pays sur leur capacité à rembourser leur dette à la Chine. Le Fonds monétaire international a sonné l'alarme concernant la hausse de la dette publique de Djibouti, passée de 50% du PIB en 2014 à 85% en 2017.

Selon le programme d'études China Africa Research Initiative, basé aux États-Unis, la dette de Djibouti envers la Chine s'établit à 1,3 milliard de dollars (1,1 milliard d'euros).

Mais, dans une interview avec l'AFP, M. Hadi a balayé ces inquiétudes, se disant confiant que les profits tirés des ports et de la nouvelle ligne de chemin de fer permettront de couvrir la dette. "Nous ne sommes pas du tout inquiets de notre niveau d'endettement. Ce ne sont pas les contribuables qui paieront la dette, ce sont ceux qui utilisent les services: les navires, les commerçants".

Les autorités arguent que la multiplication d'infrastructures nouvelles est le seul moyen d'assurer la croissance de Djibouti et de sortir sa population de la misère.

Selon le président Guelleh, la zone franche, dans sa phase initiale, pourrait permettre de faire croître le PIB de 11%. Les noms de 21 compagnies ayant déjà accepté d'emménager dans cette zone ont été dévoilés jeudi.

Le gouvernement dijboutien est l'actionnaire majoritaire de la zone franche, aux côtés de trois groupes chinois: China Merchants Group, Dalian Port Corporation et IZP Technologies.

Avec AFP

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L'offre de Pékin pour le règlement des conflits dans la Corne de l'Afrique

L'offre de Pékin pour le règlement des conflits dans la Corne de l'Afrique
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La Chine offre sa médiation dans la Corne de l'Afrique

"Nous avons appris de l'Histoire que la Corne de l'Afrique ne doit devenir l'arrière-cour d'aucun pays", a souligné l'envoyé spécial chinois Que Bing.

La Chine a offert lundi sa médiation pour le règlement des "différends" dans la Corne de l'Afrique, en ouverture d'une conférence avec les pays de cette région en proie aux conflits où elle a de nombreux intérêts, a constaté un journaliste de l'AFP.

La première conférence "Chine-Corne de l'Afrique sur la sécurité, la gouvernance et le développement" réunit jusqu'à mardi à Addis Abeba la Chine, représentée par son envoyé spécial pour la Corne de l'Afrique Xue Bing, l'Ethiopie, Djibouti, le Kenya, la Somalie, le Soudan, le Soudan du Sud et l'Ouganda, représentés par un ministre ou un ambassadeur. L'Erythrée, invitée, n'était pas présente.

"Je suis prêt à fournir une médiation aux règlements pacifiques des différends, sur la base de la volonté des pays de cette région", a déclaré Xue Bing, dont la nomination en février a montré la détermination de Pékin à s'impliquer diplomatiquement dans cette région en proie à divers conflits, en Ethiopie, Somalie et Soudan du Sud notamment.

La Chine possède à Djibouti un port et son unique base militaire en Afrique propre à sécuriser ses énormes intérêts économiques (transports, industrie, énergie...) dans la région.

"Nous avons appris de l'Histoire que la Corne de l'Afrique ne doit devenir l'arrière-cour d'aucun pays", a souligné l'envoyé spécial chinois, rappelant que "beaucoup avaient souffert" de la "domination coloniale" et que les "confrontations de la guerre froide avaient amené sur le continent les brûlures de la guerre". Il a appelé à "éviter l'ingérence dans les affaires internes d'autres pays" et "à rejeter l'abus de sanctions unilatérales".

Les Etats-Unis ont retiré en novembre l'Ethiopie d'un important accord commercial, l'Agoa, en raison des atteintes aux droits humains commises dans le cadre du conflit opposant depuis novembre 2020 le gouvernement aux rebelles de la région du Tigré et ont imposé en 2021 des sanctions à l'Erythrée, en raison de son implication dans ce conflit.

En visite à Asmara en janvier, le ministre chinois des Affaires étrangères Wang Yi avait exprimé l'opposition de la Chine aux sanctions américaines contre l'Erythrée, pays fermé vivant sous un régime autoritaire.

M. Xue s'est dit "convaincu" que la Corne de l'Afrique a la capacité de "résoudre ses divergences via le dialogue et les consultations", même si "certaines divergences sont difficiles à appréhender car elle remontent à l'époque coloniale". Il a également annoncé la disponibilité de la Chine à soutenir divers projets en matière de sécurité alimentaire, santé, transports, promotion du commerce ou de renforcement des compétences.

"Cette initiative appartient, est dirigée, gérée et pilotée par les pays de la Corne, et la Chine n'a qu'un rôle de soutien", a souligné en ouvrant les travaux Redwan Hussein, conseil à la Sécurité nationale du Premier ministre éthiopien Abiy Ahmed. "Ce sont nos problèmes (...) et la solution (...) doit venir de l'intérieur. Le succès ou l'échec de cette conférence dépendra de nous et de personne d'autre", a-t-il ajouté.

La Cemac reporte l'interdiction d'exportation du bois en grumes

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Le poisson yéménite, plat national d'un Djibouti multiculturel

Le poisson yéménite, plat national d'un Djibouti multiculturel
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A Djibouti, la saveur piquante du poisson yéménite est une institution qui raconte la multiculturalité d'un pays confetti, niché entre l'Afrique et l'Arabie. Les Yéménites représentent la troisième communauté ethnique à Djibouti, derrière les Issa et les Afar. Les migrations et le commerce sont millénaires entre les deux pays, séparés de seulement 30 km au niveau du détroit de Bab el-Mandeb ("la porte des lamentations" en arabe).

Djibouti: la police indexée pour son rôle dans les récentes violences

Le président djiboutien Ismail Omar Guelleh arrive pour une réunion à la 33e session ordinaire de l'Assemblée des chefs d'État et de gouvernement de l'Union africaine (UA) à Addis-Abeba, en Éthiopie, le 10 février 2020.

La Ligue djiboutienne des droits humains (LDDH) a dénoncé le rôle de la police dans les violences qui ont conduit à la mort de plusieurs personnes début août à Djibouti, dans un rapport consulté jeudi par l'AFP.

Ce texte, daté de mardi et signé par Omar Ali Ewado, le président de la LDDH, évoque "une attaque coordonnée contre des civils", impliquant des policiers en civil et en uniforme, ayant visé le 1er août des "quartiers afar" de la capitale Djibouti-ville.

Afar et Issa sont deux des principales communautés djiboutiennes.

"Les policiers en civil aidés par des civils issa ont commencé à incendier des habitations. Les hommes et les femmes du quartier qui ont voulu éteindre le feu et empêcher les émeutiers ont été pris à partie par les policiers en tenue, qui ont tiré à balles réelles contre ces personnes innocentes", poursuit le rapport.

"La LDDH tient à préciser que contrairement aux affirmations des autorités gouvernementales, relayées par quelques médias, cet évènement (...) n'est pas intercommunautaire car la police était omniprésente et se trouvait à la pointe des combats contre les paisibles citoyens afar", ajoute-t-il, évoquant une "répression inouïe" ces derniers mois.

La LDDH estime que 15 personnes, en grande majorité des Afar, sont décédées et que 250 maisons ont été brûlées.

En réaction, des manifestations, réprimées par la police, ont eu lieu dans plusieurs localités dont Djibouti-ville et Tadjourah, ajoute le texte.

Fin juillet, en Ethiopie, des affrontements opposant Afar et Issa ont eu lieu dans la région Somali, près de la frontière sud de Djibouti.

Dimanche, à propos des événements djiboutiens, le Premier ministre, Abdoulkader Kamil Mohamed, a dénoncé à la télévision des "barbaries perpétrées par des individus ignobles et inconscients, agissant sous le couvert d'un pseudo communautarisme".

Le 2 août, la procureure de Djibouti, Lamisse Mohamed Saïd, avait dénoncé des "actes criminels d'une extrême gravité". "Des maisons ont été incendiées, de manière intentionnelle, et l'on déplore malheureusement trois décès", avait-elle dit.

Des témoins avaient évoqué auprès de l'AFP une dizaine de morts, ainsi que des incendies de maisons issa et afar.

Ilot de stabilité dans une région troublée, le pays compte moins d'un million d'habitants et son régime à poigne, présidé depuis 1999 par Ismaël Omar Guelleh, n'observe que rarement des contestations.

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