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Dispersion d'une marche contre le nouveau président de la Commission électorale congolaise

Ronsard Malonda, le Secrétaire National Exécutif de la CENI, choisi pour être le nouveau président de la Ceni, le 4 septembre 2019. (Facebook / RDC CENI)

Une manifestation contre le nouveau président controversé de la très stratégique commission électorale en République démocratique du Congo a été dispersée par la police samedi à Kinshasa.

Quelque centaines de manifestants avaient répondu à l'appel de plusieurs mouvements citoyens pour dire "non au choix de Ronsard Malonda", actuel secrétaire exécutif de la Commission électorale nationale indépendante (Céni).

L'opposition accuse l'équipe sortante de la Céni, dont M. Malonda, de fraude lors des élections présidentielle et législatives de décembre 2018.

Les manifestants ont lancé des appels en faveur d'une Céni apolitique. Encadrés par la police, ils ont marché sur cinq kilomètres, jusqu'au siège du Parlement avant d'être dispersés, après l'emploi de gaz lacrymogènes.

Plusieurs personnes ont été brièvement interpellées.

Les manifestants n'avaient pas demandé d'autorisation pour leur rassemblement, a déclaré le chef de la police de Kinshasa Sylvano Kasongo, en affirmant que "la police a encadré la manifestation d'une façon très professionnelle".

Le choix de M. Malonda a été validé jeudi par l'Assemblée nationale. La nomination officielle dit être faite par le président Félix Tshisekedi.

La Céni est accusée par l'opposition d'avoir "fabriqué" des résultats en décembre 2018, en proclamant Félix Tshisekedi vainqueur de la présidentielle, et les forces politiques de son prédécesseur Joseph Kabila, majoritaires au Parlement.

Le chef de l'État a demandé que le choix d'un nouveau président de la Céni "soit conduit dans un esprit de consensus, d'apaisement et dans le strict respect des règles", selon le compte rendu du Conseil des ministres tenu vendredi.

Le président a ajouté qu'il veillerait "personnellement à ce que la procédure de cette désignation et le processus électoral soient crédibles de bout en bout". Les prochaines élections sont prévues en 2023.

Le propre parti de Félix Tshisekedi, l'UDPS, a prévu une marche contre le choix de M. Malonda le jeudi 9 juillet.

Les Églises catholique et protestante, des organisations de la société civile et les regroupements politiques d'opposition ont également rejeté le choix de M. Malonda.

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Grève des agents des sociétés pétrolières dans le sud-est de la RDC

Le personnel du gouvernorat du Sud-Kivu et de la DPMER radicalisent leur grève à Bukavu, Sud-Kivu, RDC, 8 août 2017. (VOA/Ernest Muhero)

La grève des employés des sociétés pétrolières a été largement observée jeudi dans plusieurs villes du sud-est de la République démocratique du Congo, provoquant la fermeture de stations-services, a-t-on appris de sources concordantes.

"Tous les membres de la Fédération des entreprises du Congo (FEC) ont respecté le mot d'ordre de grève. Aucune station de distribution de carburant n'a fonctionné dans plusieurs villes: Lubumbashi, Likasi, Kasumbalesa et Kolwezi", a déclaré Patrick Muland, vice-président de la section FEC de la province du Haut-Katanga.

A Lubumbashi, capitale provinciale, toutes les stations services étaient fermées, et des attroupements s'étaient formés pour attendre un moyen de transport en commun.

"J'ai marché cinq kilomètres pour rejoindre mon lieu de travail, à cause de la fermeture des stations services", a déclaré Umba Ilunga, un habitant de Likasi, joint au téléphone par l'AFP.

"Pourquoi le gouvernement a-t-il laissé les sociétés pétrolières aller en grève au lieu d'anticiper en négociant avec elles ? Pour cinq litres d'essence, j'ai dû payer 10.000 francs congolais au lieu de 6.000 hier (mercredi)", a réagi auprès de l'AFP Kayembe Mwangal, un taxi de Kolwezi (Lualaba), remonté.

La ministre congolaise de l'Économie Acacias Babundola a invité "les pétroliers du Sud à faire montre d'un esprit patriotique et d'un sens élevé de responsabilité" afin d'obtenir la révision du prix du litre "dans un esprit de concertation et pour l'intérêt de tous".

Les sociétés pétrolières en grève assurent que le prix de vente actuellement appliqué dans leur zone "décapitalise leurs entreprises au point qu'elles ne sont plus en mesure de renouveler leurs stocks" et dénoncent des disparités de traitement.

A Lubumbashi, deuxième ville du pays, dans la région minière du Katanga, le prix de l'essence à la pompe est fixé à 1.390 francs congolais (0,73 dollar) depuis mai, alors qu'à Kinshasa, le prix du litre est de 1.995 francs congolais (1,05).

La RDC annonce le retrait des troupes zambiennes de son territoire

Le président Félix Tshisekedi au milieu des officiers de l'armée congolaise, à Kinshasa, RDC, le 11 juillet 2020 (Facebook / Présidence de la RDC). (Facebook/Présidence RDC)

Le gouvernement congolais a annoncé jeudi le retrait des troupes zambiennes qui occupaient deux villages du sud-est de la République démocratique du Congo, après une médiation de la Communauté des États d'Afrique australe (SADC).

Mi-mars, des combats avaient éclaté entre les armées congolaise et zambienne, faisant un mort de chaque côté, lorsque des troupes zambiennes avaient occupé deux villages congolais, à Muliro-Kibambe dans la province du Tanganyika (sud-est).

"A la date du 4 août 2020, nos services compétents en la matière et tous les responsables congolais et étrangers ont constaté le retrait effectif des troupes zambiennes", a déclaré le ministre David-Jolino Diwampovesa-Makelele, porte-parole du gouvernement.

Ce retrait a été rendu possible grâce aux conclusions d'une mission mixte dépêchée par la SADC du 22 au 29 juillet qui "a abouti à la reconnaissance par la Zambie que les territoires (congolais) frontaliers de Kalumbamba et Kibanga qu'elle avait occupés appartenaient à la RDC", avouant que "cela résultait d'un malentendu", a-t-il indiqué.

"En ce moment, la population congolaise concernée est en liesse, en particulier celle de (la localité de) Muliro. Elle a commencé à regagner les territoires anciennement occupés par l'armée zambienne", selon le ministre.

Le Comité mixte de la SADC a également ordonné l'implantation des bornes frontalières provisoires, en attendant la construction des bornes frontalières définitives et à matériaux durables, a encore dit M. Makelele.

Un traité signé en 1989 par la RDC et la Zambie avait résolu ce litige hérité de la colonisation par la délimitation des frontières terrestre et lacustre sur environ 200 km entre les lacs Moero et Tanganyika.

Mais des incidents similaires à la frontière entre les deux armées avaient éclaté en 1996, en 2006 et en septembre 2016 autour d'une localité congolaise facilement accessible du côté zambien, alors que du côté congolais, un marécage rend difficile tout accès.

Les violences en RDC ont fait plus de 1.300 morts au 1er semestre 2020

Un soldat armé du groupe rebelle UPC de la RDC monte la garde lors d'un rassemblement organisé par le chef rebelle Thomas Lubanga dans un village où se sont réfugiés les victimes des conflits Lundu-Hema, le 5 juin 2003. REUTERS / Antony Njuguna AN /

Plus de 1.300 personnes ont été tuées au premier semestre 2020 par des groupes armés en République démocratique du Congo. Ce chiffre est trois fois supérieur à celui de 2019 sur la même période, selon un rapport publié mercredi par les Nations unies.

Entre janvier et juin 2020, "les combattants de tous les groupes armés confondus (...) ont été responsables des exécutions sommaires d'au moins 1.315 personnes, dont 267 femmes et 165 enfants", a écrit le Bureau conjoint des Nations unies aux droits de l'homme (BCNUDH).

Ce bilan est "plus de trois fois le nombre enregistré au premier semestre 2019", qui était alors de 416.

Cette explosion est "indicative d'une détérioration de la situation des droits de l'homme dans les provinces en conflit, en particulier l'Ituri, le Sud-Kivu, le Tanganyika et le Nord-Kivu", a jugé le BCNUDH.

La façade orientale de la RDC est infestée depuis près de trois décennies par des dizaines de groupes armés.

Depuis décembre 2017, la région aurifère de l'Ituri a notamment renoué avec des violences évoquant un "crime contre l'humanité" d'après les Nations unies, avec des dizaines de milliers de civils déplacés.

Le conflit oppose deux communautés pour le contrôle des terres: les Lendu, majoritairement agriculteurs, et les Hema, éleveurs et commerçants.

Entre 1999 et 2003, un conflit entre ces deux groupes avait déjà fait plusieurs dizaines de milliers de victimes jusqu'à l'intervention d'une force européenne.

Comme en Ituri, les civils sont pris en étau dans des conflits qui les dépassent dans les provinces du Nord et Sud-Kivu (est) mais aussi dans celle de Tanganyika (sud-est).

Fin octobre 2019, l'armée a lancé des opérations contre tous les groupes armés dans la partie est du pays. Malgré ces offensives, les massacres des civils n'ont pas cessé.

Le rapport du BCNUDH note par ailleurs que "le nombre de violations commises par des agents de l'État a légèrement diminué (-3%)" pendant les six premiers mois de 2020.

Ces agents sont toutefois accusés d'avoir "été responsables des exécutions extrajudiciaires d'au moins 225 personnes, dont 33 femmes et 18 enfants, sur l'ensemble du territoire de la RDC", selon le document.

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