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RDC

Nouvelles sanctions américaines contre les autorités de la Céni

Corneille Nangaa, président de la Commission électorale nationale indépendante de la RDC, 12 mai 2017.

Corneille Nangaa, président de la Céni (Commission électorale nationale indépendante), son vice-président Norbert Basengezi et le Conseiller de la même institution, Marcellin Mukolo Basengezi, sont visés par de nouvelles sanctions américaines.

Selon le Trésor américain, les trois personnalités sont accusées d'avoir "sapé le processus (électoral) ou les institutions démocratiques en RDC".

"Tous les actifs des personnes désignées relevant de la juridiction des États-Unis sont bloqués et il est généralement interdit aux Américains d’effectuer des transactions avec elles," précise la décision de l’OFAC, le Bureau de contrôle des avoirs étrangers.

"Cette action fait suite à la corruption persistante de hauts responsables au sein de la Céni de la RDC et de l'ancien gouvernement de Joseph Kabila pour entraver et retarder les préparatifs en vue d'élections crédibles et inclusives ", a déclaré Sigal Mandelker, sous-secrétaire au Trésor, chargé du terrorisme et du renseignement financier.

Washington est "aux côtés du peuple congolais qui s'est rendu aux urnes le 30 décembre, mais reste préoccupé par un processus électoral défaillant dans lequel, après l'élection présidentielle, la CENI a continué à entraver le processus démocratique et n'a pas réussi à faire en sorte que le vote reflète la volonté du peuple congolais", a déclaré l’officiel américain.

Ces sanctions tombent alors que des suspicions de corruption ont entaché les élections sénatoriales d’il y a plus d’une semaine.

Lundi, le président Félix Tshisekedi a, à l’issue d’une réunion interinstitutionnelle, suspendu l’installation des Sénateurs et reporter sine die les scrutins des gouverneurs et vice-gouverneurs justement pour allégations de corruption.

Selon le document de l’OFAC, M. Nangaa a supervisé les responsables de la Céni en utilisant plusieurs sociétés écrans pour détourner des fonds opérationnels de l'institution (céni) à des fins personnelles et politiques.

Le document montre que sous la direction de M. Nangaa, les élections initialement prévues pour décembre 2016 ont été reportées à décembre 2018. Lors du report des élections de 2016, la Céni a cité un manque de financement et des retards dans l'inscription des électeurs.

"En sa qualité de président de la Céni, M. Nangaa et d’autres responsables de la Céni sous sa direction ont détourné et utilisé à d'autres fins des fonds opérationnels de la Céni et ont pris des mesures qui ont ralenti l’inscription des électeurs, facilitant ainsi le retard des élections," affirme le Trésor américain.

"M. Nangaa et d’autres responsables de la Céni se sont enrichis en achetant et en vendant de l’essence aux dépens de la Céni, ce qui a retardé l’enregistrement au Kasaï, fief de l’opposition, empêchant de nombreux électeurs de se faire enrôler. En achetant du carburant pour alimenter des groupes électrogènes aux bureaux de la Céni, M. Nangaa a négocié un taux réduit et conservé la différence par rapport au montant budgétisé afin de la répartir entre les principaux employés de la Céni. M. Nangaa a ensuite demandé aux responsables de la Céni de fabriquer des reçus pour compenser le déficit de dépenses," indique le document.

L’enquête du Trésor américain accuse aussi les responsables de la CENI d'avoir gonflé de 100 millions de dollars les coûts du contrat de la machine à voter électronique dans le but d'utiliser les fonds excédentaires pour l'enrichissement personnel, les pots-de-vin et les coûts de campagne pour financer la campagne électorale du candidat de Kabila.

"M. Nangaa, avec d'autres responsables de la CENI, a attribué un contrat lié aux élections et doublé le montant de la subvention, étant entendu que la société gagnante attribuerait les fonds supplémentaires à une société de la RDC contrôlée par la direction de la CENI. M. Nangaa a approuvé le retrait des fonds de fonctionnement de la CENI pour les postes budgétaires non autorisés destinés à un usage personnel par les employés du gouvernement de la RDC. M. Nangaa a ordonné aux employés de la CENI de fabriquer des reçus pour couvrir les écarts de dépenses résultant de l’utilisation des fonds de la CENI à des fins personnelles. M. Nangaa a versé des pots-de-vin aux juges de la Cour constitutionnelle afin de faire respecter la décision de la CENI de retarder les élections de 2016 en RDC", soutient le document.

Norbert Basengezi et Marcellin Mukolo Basengezi sont également cités pour détournement de fonds.

Le 22 février, les Etats-Unis avaient déjà annoncé une première vague concernant entre autres des dirigeants de la Céni dont MM. Nanga, Basengezi et Mukolo, mais aussi le président de la Cour constitutionnelle.

Il leur était interdit de mettre pied sur leur territoire américain.

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Les évêques de la RDC parlent d'écologie à Kinshasa

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Les évêques de la RDC appellent à une "compensation équitable" en contrepartie de la sauvegarde des forêts

Un petit bûcheron artisanal abattit un arbre le long de la route RN4 au cœur de la forêt du bassin du Congo près de Kisangani au nord-est de la République démocratique du Congo le 25 septembre 2019. (Photo par SAMIR TOUNSI / AFP)

Les évêques catholiques et les autorités de le République démocratique du Congo (RDC) ont plaidé lundi pour une compensation des populations pour leurs efforts de sauvegarde des forêts de la RDC, deuxième poumon mondial de la planète.

"Comment conserver la forêt face à la population qui vit de la forêt (...) comment comprendre que les populations congolaises sont obligées de vider leur terre, leurs espaces de vie" pour sauver la planète, s'est interrogé Mgr Marcel Utembi, président de la Conférence épiscopale nationale du Congo (Cenco).

Il s'exprimait à l'ouverture d'une session organisée par la Commission épiscopale pour les ressources naturelles.

"La RDC a des potentialités importantes par rapport aux enjeux climatiques, mais en échange, le peuple congolais a droit de bénéficier d'une compensation équitable", a déclaré de son côté la ministre de l'Environnement, Ève Bazaiba.

La forêt tropicale congolaise, qui abrite la plus grande biodiversité d'Afrique, couvre plus d'1,55 million de km2 et concentre la majorité des forêts du bassin du fleuve Congo.

"Pour le gouvernement congolais, il n'est pas question de considérer les personnes qui vivent à l'intérieur ou tout autour des aires protégées comme une menace, ou que l'on puisse lier la question de la démographie aux risques de destruction des forêts", a indiqué Mme Bazaiba.

"On ne peut pas demander aux gens de limiter les naissances pour diminuer la pression sur la forêt", a insisté la ministre. "Il n'est pas question de déplacer les gens loin des aires protégées, il faut éduquer les riverains afin qu'ils arrivent à vivre en harmonie avec la forêt, et leur donner d'autres alternatives", a-t-elle ajouté.

Tout en rappelant "l'incommensurable richesse du bassin du Congo et la pauvreté insupportable de ses habitants", l'archevêque de Kinshasa, Fridolin Ambongo, a estimé "possible de coordonner et de rationaliser l'action sur la nature et surtout sur le bassin du Congo".

Tshisekedi appelle Beni à "collaborer" avec l'armée pendant l'état de siège

Le président Félix Tshisekedi après son atterrissage à l'aéroport de Bunia, Ituri, RDC, le 17 juin 2021. (Twitter/Présidence de la RDC)

Le président Félix Tshisekedi a défendu jeudi l'état de siège et encouragé les habitants de Beni à "collaborer" avec les forces de sécurité pour venir à bout d'un groupe armé qui a tué des centaines de civils dans ce territoire de l'Est de la République démocratique du Congo.

Le président est en visite depuis samedi dans la province du Nord-Kivu, qu'il a placée comme l'Ituri voisine en état de siège pour donner à l'armée les moyens de lutter contre les groupes rebelles, en remplaçant les autorités civiles.

"Cette militarisation de la région, c'est un mal pour un bien. Le but recherché par cet état de siège, c'est votre sécurité", a-t-il expliqué.

Il avait indiqué dimanche à Goma que cet état de siège en vigueur depuis le 6 mai n'était pas limité dans le temps.

"Je vous demande de collaborer avec l'armée et la police ici à Beni. Ne doutez pas d'elles, ne vous méfiez pas d'elles", a-t-il ajouté lors d'un échange avec les représentants de la population de Beni.

Frontalier de l'Ouganda, le territoire de Beni, dans la province du Nord-Kivu, vit sous la menace des Forces démocratiques alliées (ADF). Ce groupe armé d'origine ougandaise est accusé d'avoir massacré près de 1.200 civils rien que depuis novembre 2019.

"Ce n'est pas une guerre classique, l'ennemi est sournois", a commenté le président au sujet des ADF qui vivent repliés dans la jungle et la forêt, lançant des attaques nocturnes contre des villageois et des paysans démunis.

"Nous utiliserons tout ce qu'il faut comme moyens pour éradiquer ce cancer", a-t-il dit. "Nos forces armées vont monter en puissance de plus en plus dans les jours à venir", a-t-il promis, alors que des opérations militaires sont supposées avoir lieu depuis novembre 2019 contre les ADF.

Outre les ADF, quelque 120 groupes armés de taille diverse ont été répertoriés dans l'Est de la RDC, d'après le Baromètre sécuritaire du Kivu (KST).

M. Tshisekedi a répété qu'il souhaitait la démobilisation des miliciens congolais enrôlés dans ces groupes armés, souvent faute d'autre source de revenus: "Nous disposons d'un montant de 50 millions de dollars de la Banque mondiale pour mettre en place cette politique", a indiqué le chef de l’État.

La peine de Vital Kamerhe réduite à 13 ans de prison contre 20 ans initialement

Vital Kamerhe, leader de l'Union pour la nation congolaise (UNC) à Nairobi, au Kenya, le 23 novembre 2018.

En République Démocratique du Congo, la peine de Vital Kamerhe, ancien chef du président Tshisekedi, a été réduite de sept ans de prison, a déclaré son avocat. Il avait été condamné à 20 ans d'emprisonnement ans une affaire de corruption.

"La peine a été réduite à 13 ans", a déclaré l'avocat de Kamerhe, Jean-Marie Kabengela, après une décision d'une cour d'appel de la capitale Kinshasa.

Vital Kamerhe, 62 ans, ancien président de l'Assemblée nationale, a été condamné en juin 2020 à 20 ans de prison pour détournement de près de 50 millions de dollars de fonds publics.

Celui qui est surnommé "Le Faiseur de Roi" ou encore "le pacificateur" avait également été jugé coupable de plusieurs autres infractions pénales dont les sentences, si elles étaient cumulées, auraient pu atteindre 45 ans. Il a aussi été condamné aux travaux forcés et frappé d'une interdiction d'exercer des fonctions publiques pendant 10 ans.

Originaire de la province du Nord-Kivu, Kamerhe, qui a son propre parti politique, était une figure majeure de la politique nationale avant ses démêlés avec la justice.

C'était l'un des premiers candidats à l'élection présidentielle Congo en décembre 2018 en décembre 2018 avant de conclu un accord avec l’actuel présidentiel Felix Tshisekedi, en vertu duquel il s'est retiré de la course et a fait campagne aux côtés de ce dernier.

M. Kamerhe a ensuite été nommé directeur de cabinet après que Tshisekedi est devenu président en janvier 2019; succédant ainsi à Néhémie Mwilanyia Wilondja, directeur de cabinet de Joseph Kabila.

Plus tard, l'économiste et natif de Bukavu né Vital Kamerhe Lwa Kanyiginyi Nkingi, le 4 mars 1959 et un éminent homme d'affaires libanais, Jammal Samih, ont été accusés d'avoir détourné des fonds destinés à la construction de 1 500 logements sociaux dans le cadre d'un programme annoncé par Tshisekedi après son investiture.

Déception du parti de Kamerhe

La réduction de la peine de Kamerhe ne satisfait pas aux attentes de ses partisans qui espéraient plutôt un acquittement.

"Ce verdict est politique ! On cherchait clairement à abattre Vital Kamerhe. Comment comprendre que le principal accusé, Samih Jammal, prenne 6 ans et lui 13 ? La direction du parti se réunira ce mercredi et des options seront levées parce que trop c’est trop !" a affimé le nouveau secrétaire général de et de son L'Union pour la nation congolaise (UNC), Billy Kambale, cité par la presse congolaise.

"La condamnation de Kamerhe reste à ce jour la plus grande arnaque du quinquennat. Si le but était de propulser quelqu’un à la Cour constitutionnelle, c’est déjà fait. Aujourd’hui, il faut penser non seulement à l’acquitter mais aussi à laver sa réputation ternie", avait tweeté peu, avant le verdict, Seth Kikuni, candidat malheureux à la présidentielle de 2018 et l'un des soutiens de Vital Kamerhe, cité par le Nouvel Afrik.com.

Son voeu, qui est aussi celui de tous les militants et cadres de l’UNC, ne s'est pas matérialisée, à leur grand dam.

La peine de Samih a été réduite de 20 à six ans, a déclaré Kabengela. Un troisième prévenu qui avait été condamné à deux ans a vu sa peine de prison réduite à un an. Ce qui lui a coûté le départ du cabinet de la présidence et la prison.

M. Kamerhe a été arrêté le 8 avril 2020 avant d'être condamné à 20 ans de prison, avec l'entrepreneur libanais Jammal Samih, 79 ans, pour le détournement d'environ 50 millions de dollars.

Malgré sa condamnation, M. Kamerhe clame son innocence et ses avocats dénoncent une "justice expéditive". Ses partisans parlent d'un "procès politique" pour l'empêcher de se présenter à la présidentielle de 2023, comme le rapporte l'Agence AFP.

Il a été condamné aux travaux forcés, un terme qui reste inscrit dans la législation de la RD Congo mais n'est pas appliqué.

Son appel a commencé en août dernier, mais la procédure a été reportée à plusieurs reprises.

Une manifestation pro-Kamerhe à Kinshasa mardi soir a été dispersée par la police, ont indiqué des témoins.

L'affaire Kamerhe est devenue l'emblème de la répression contre la corruption endémique proclamée par le président au Congo-Kinshasa.

Ses partisans et ses proches ont organisé des séances de prière à Kinshasa et dans d'autres villes du pays pour "implorer Dieu" en faveur de sa libération.

Mort d'un magistrat

Le juge Raphaël Yanyi Ovungu, cahrgé de l'affaire Kamerhe, est brutalement mort dans la nuit du 26 au 27 mai, deux jours après avoir présidé la deuxième audience d'un procès qui avait pour principal accusé Vital Kamerhe.

La Justice congolaise avait ouvert une enquête judiciaire pour élucider les circonstances de son décès brutal.

L'enquête avait indiqué que le magistrat était décédé d'une "hémorragie" résultant d'un "traumatisme" crânien et des "coups" reçus "à un endroit très sensible du crâne", a dévoilé le ministre, Célestin Tunda Ya Kasende, en condamnant au nom du gouvernement un "acte ignoble", avaient indiqué les médias.

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