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Deux fusillades en 13 heures font 29 morts, les Etats-Unis sous le choc

Des gens sont rassemblés à Juarez, Mexique, le samedi 3 août 2019, à la veille des 3 ressortissants mexicains tués dans un complexe commercial d'El Paso au Texas.

Les Etats-Unis étaient abasourdis dimanche au lendemain d'une journée sanglante. 29 personnes ont été abattues dans deux fusillades, au Texas puis dans l'Ohio, faisant ressurgir, une énième fois, la question de la régulation des armes à feu qui divise profondément les Américains.

Vingt personnes ont été tuées samedi matin aux abords d'un supermarché texan et, moins de 13 heures plus tard, neuf autres dans un quartier animé de Dayton, dans l'Ohio.

"Que Dieu bénisse les habitants d'El Paso au Texas. Que Dieu bénisse les habitants de Dayton, Ohio", a tweeté dimanche matin le président Donald Trump.

A El Paso, tout près de la frontière mexicaine, il était environ 10H40 samedi matin lorsqu'un tireur, un homme blanc âgé de 21 ans, a ouvert le feu sur des gens venus faire leurs courses dans un hypermarché Walmart. Il a également fait 26 blessés, dont plusieurs sont dans un état critique.

Le supermarché était plein, avec entre 1.000 et 3.000 clients à l'intérieur, en majorité hispaniques. Des vidéos d'amateurs montraient des scènes de chaos, avec des gens qui courent pour se mettre à l'abri, et des corps inanimés au sol.

Le suspect a été placé en garde à vue et la police soupçonne un crime à caractère raciste.

Un manifeste, attribué au tireur et circulant sur internet, dénonce notamment "une invasion hispanique du Texas" et fait référence à la tuerie commise par un suprémaciste blanc dans des mosquées de Christchurch en Nouvelle-Zélande (51 morts, le 15 mars).

Parmi les personnes tuées figurent trois Mexicains.

- "Courez, il y a un tireur" -

Quelques heures plus tard, à l'autre bout du pays, dans l'Ohio, un tireur a semé la panique peu après 01H00 du matin dans un quartier de bars, restaurants et night-clubs de Dayton. Neuf personnes sont mortes et 26 blessées selon les autorités.

"Le tireur est mort des blessures reçues lors des tirs de riposte des policiers", a expliqué un responsable de la police locale Matt Carper.

Le suspect a ouvert le feu dans la rue "avec une arme à canon long et de nombreuses munitions", a-t-il ajouté. Selon la maire de Dayton, il portait un gilet par balles. Ses motivations restaient, pour l'heure, inconnues.

Anthony Reynolds, qui sortait d'une boîte de nuit avec son cousin au moment du drame, décrit une scène de terreur.

"Quand on a vu les corps commencer à tomber, on a compris que c'était grave (...) Nous avons crié aux gens: +courez, il y a un tireur+ parce que beaucoup étaient choqués et ne savaient pas quoi faire", a affirmé ce témoin à MSNBC.

Il a aussi décrit le tueur, "un homme blanc, tout en noir, son visage dissimulé".

- "Attise le racisme" -

Après la tuerie d'El Paso, Donald Trump avait dénoncé une fusillade "tragique" et "un acte lâche". "Il n'y aura jamais de raisons ou excuses pour justifier le meurtre de personnes innocentes", avait-il tweeté.

Mais le candidat à la primaire démocrate Beto O'Rourke, originaire d'El Paso, lui a reproché d'"attiser le racisme dans ce pays" avec ses discours incendiaires anti-immigrés.

"Notre pays est la cible d'un terrorisme nationalisme blanc conduisant à des meurtres sur notre sol et encouragé par de faibles lois sur les armes", a ajouté un autre prétendant démocrate à la Maison Blanche Pete Buttigieg.

Les Etats-Unis, où le port d'armes est légal, sont régulièrement endeuillés par des fusillades qui touchent aussi bien les écoles que les lieux de culte, de travail et de divertissement ou des commerces.

Selon l'ONG Gun Violence Archives, avec les drames du week-end, il y a eu 251 fusillades depuis le début de l'année ayant fait au moins quatre victimes, blessées ou tuées.

Comme après chaque bain de sang, plusieurs voix se sont élevées pour réclamer une meilleure régulation du marché des armes à feu.

"Il est grand temps d'agir et de mettre un terme à cette épidémie de violences liée aux armes", a ainsi tweeté le favori de la course à la primaire démocrate Joe Biden.

Mais les républicains ont préféré, une nouvelle fois, mettre l'accent sur le problème de santé mentale des tireurs.

Dimanche, le pape François s'est dit "spirituellement proche des victimes des épisodes de violence qui ont ensanglanté ces jours-ci le Texas (...) et l'Ohio, touchant des personnes innocentes".

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La Cour suprême autorise l'accès aux finances personnelles du président américain Donald Trump

Le président américain Donald Trump (à g.) salue le président de la Cour suprême John Roberts lors d'une session conjointe du Congrès américain au Capitole à Washington, le 4 février 2020. (REUTERS/Leah Millis/POOL)

La Cour suprême des États-Unis a statué jeudi que les finances du président Donald Trump ne sont pas protégées par immunité contre toute enquête criminelle.

"Bien qu'un président ne puisse pas être traité comme un ‘individu ordinaire’ lorsque des communications de l'exécutif sont recherchées, ... en ce qui concerne les documents privés, un président se tient 'presque au même niveau que tout autre individu'," a conclu la majorité de la plus haute cour, avec 7 juges en faveur et 2 contre. L'opinion majoritaire a été rédigée par le président de la Cour, John Roberts, un modéré de tendance conservatrice.

Cette décision, qui porte un coup dur au président, permet de faire avancer une enquête du Congrès et d'un procureur local de New York. Entre temps, le dossier est renvoyé vers une cour inférieure qui devra revoir quelques aspects procéduraux.

L'affaire découle de deux procès distincts intentés devant des tribunaux fédéraux inférieurs, libéllés Trump v. Vance et Trump v. Mazars USA.

Après que les démocrates aient remporté la majorité des sièges de la chambre basse du Congrès américain en 2018, trois commissions parlementaires distinctes commencent à enquêter sur les finances du président républicain élu en 2016.

Le procureur élu de Manhattan, Cyrus Vance, qui est un démocrate, annonce peu de temps après une enquête quasi-identique à celles des commissions parlementaires, cette fois au niveau local à New York, où est domicilié Trump Tower, le quartier général de l’empire économique du président milliardaire.

Longue saga politico-juridique

Des citations à comparaître sont envoyées aux comptables et aux institutions financières, dont la banque allemande Deutsche Bank. Les enquêteurs exigent des copies des finances personnelles de Donald Trump, ainsi que les états financiers de ses entreprises, aussi bien avant qu’après son accession à la présidence américaine. Le président Trump, scandalisé, porte plainte.

Devant les tribunaux, les avocats du président ont présenté deux arguments principaux.

Premièrement, ils ont fait valoir que les investigations de la chambre basse du Congrès constituent une violation de la séparation des pouvoirs, car seul l’exécutif a l’autorité légale de lancer des enquêtes criminelles.

Deuxièmement, ils arguent que les citations à comparaître du procureur de Manhattan sont anticonstitutionnelles parce qu'un procureur local n'a pas le pouvoir d'enquêter sur un haut fonctionnaire fédéral, et même si une telle autorité lui était conférée, celle-ci ne s’applique pas à un président exercice car ce dernier jouit d'une immunité contre toutes poursuites criminelles.

Ces arguments n’ont pas convaincu les tribunaux inférieurs, et les juges ont ordonné que les dossiers financiers recherchés par les enquêteurs leur soient remis. Le président a fait appel devant la Cour suprême.

Redéfinir la présidence

La Cour suprême a combiné ces deux affaires et a tenu deux audiences le 12 mai.

Si l'arrêt de jeudi met un terme à la controverse juridique car les décisions de la Cour suprême ne sont pas susceptibles d'appel, il a également déclenché une nouvelle vague de débat politique.

Le président a, dans un tweet, décrié ce qu'il considère comme une "persécution politique", tout en précisant que "c'est injuste".

Le 3 novembre, l’électorat américain, juge suprême, aura son mot à dire à l’occasion de la présidentielle qui devrait mettre aux prises le sortant Donald Trump avec son challenger présumé, le démocrate Joe Biden, ancien vice-président sous Barack Obama.

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