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Détroit se prépare à un concert en hommage à Aretha Franklin

La dépouille d’Aretha Franklin au musée d’histoire afro-américain Charles H. Wright à Détroit, le 28 aout 2018.

La dépouille d'Aretha Franklin va être exposée jeudi dans l'église où officiait son père à Détroit, dans le Michigan, avant un concert en hommage à sa carrière puis des funérailles promettant d'être "débordantes de joie" vendredi.

La "Reine de la Soul" est morte à 76 ans le 16 août dans sa ville bien-aimée de Détroit des suites d'un cancer du pancréas, après une carrière de six décennies qui a fait d'elle l'une des artistes les plus respectées des Etats-Unis.

Des milliers de fans avaient défilé dans une ambiance parfois recueillie mais souvent festive mardi et mercredi devant le cercueil doré où elle repose au musée Charles H. Wright, dédié à l'histoire des Noirs américains.

Dans la queue attendaient jeunes et moins jeunes, des bébés dans des poussettes et des dames âgées s'appuyant sur des canes ou assises dans des fauteuils roulants.

Environ 15.000 personnes étaient venues mardi, et davantage encore mercredi, selon un responsable du musée.

La chanteuse avait d'abord été habillée d'une robe et de talons rouge vif. Mercredi, elle était vêtue de bleu.

La diva sera habillée différemment pour chacun des quatre jours de commémorations, selon des médias américains. Jeudi, son cercueil sera exposé dans l'église New Bethel Baptist Church, où officiait son père et où elle a organisé des dîners et même enregistré un album.

Tremaine Townsend, une infirmière de 38 ans venue la voir mercredi, se dit heureuse des nombreux hommages qui lui sont rendus.

"La ville de Détroit l'adorait, c'était sa ville et je pense qu'ils sont vraiment en train de lui montrer l'amour qu'elle méritait", se réjouit-elle.

"Elle a touché tellement de coeurs, vous voyez des gens pleurer, des gens simplement sourire et chanter ses chansons", dit de son côté Evelyn Couch, 65 ans, une assistante sociale à la retraite handicapée qui vit à 160 km de là et est venue avec sa famille.

Un moment de "joie"

Jeudi à 18H00 (22H00 GMT), un concert gratuit en plein air honorant la vie d'Aretha Franklin est prévu au Chene Park Amphitheatre, dans le centre de Détroit.

Parmi les personnalités qui seront présentes, Dee Dee Bridgewater, Angela Davis et Angie Stone. Louis Farrakhan, le leader controversé de la Nation of Islam, sera aussi là.

Les billets ont été raflés en quelques minutes.

Aux obsèques vendredi, l'ancien président Bill Clinton et Smokey Robinson entre autres doivent s'exprimer. L'évènement, sur invitation seulement, doit durer six heures et sera ponctué d'hommages musicaux de la part de Stevie Wonder et Ariana Grande notamment.

"Je crois que ça va être un office très gai (...), débordant de joie", a affirmé l'évêque Charles Ellis, pasteur au Greater Grace Temple où se tiendront les funérailles.

"Je pense que ce sera un moment de tristesse, un moment de joie, un moment de rires, il y aura des danses", a-t-il dit.

"Ce sera entièrement à propos d'elle et de la manière dont elle nous a bénis avec sa musique gospel", a-t-il ajouté.

Reine incontestée de la soul, Aretha Franklin était l'une des plus grandes voix américaines et une figure emblématique de la communauté noire, qui a marqué des générations entières d'artistes.

Elle restera connue comme l'interprète inoubliable de "Respect", devenu l'un des hymnes des mouvements pour l'égalité pour les Noirs et les femmes dans les années 1960. Le tube, composé par Otis Redding, lui offrira en 1967 les deux premiers Grammy Awards (sur 18) de sa carrière.

Reconnaissable entre mille, sa voix sensuelle et puissante couvrant quatre octaves a influencé de nombreuses divas américaines: de Whitney Houston à Beyoncé, en passant par Mariah Carey et Alicia Keys.

Aretha Franklin, née dans un Sud ségrégué à Memphis, dans le Tennessee, fut aussi intimement liée au mouvement des droits civiques et donna argent et conseils aux activistes américains.

Avec AFP

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USA: le Congrès adopte un projet de loi de finances pour éviter un "shutdown"

Le Congrès décoré pour l'investiture de Donald Trump, à Washington DC, le 18 janvier 2017. (VOA/Nastasia Peteuil)

Le Congrès américain a définitivement approuvé jeudi un projet de loi budgétaire temporaire, courant jusqu'au 20 décembre, afin d'éviter la paralysie des administrations américaines, ou "shutdown".

Le président Donald Trump doit encore signer ce texte pour le promulguer avant minuit ce jeudi, heure à laquelle les budgets actuellement alloués arriveront à leur terme.

Malgré des mois de négociations, l'opposition démocrate et les républicains ne sont pas parvenus à s'accorder sur un budget à plus long terme, à cause de différends, notamment sur le financement du mur à la frontière avec le Mexique, grande promesse de campagne de M. Trump pour lutter contre l'immigration clandestine.

Divisés par l'enquête en destitution lancée contre M. Trump par les démocrates à la Chambre des représentants, des élus s'inquiètent de leur capacité à parvenir à un accord budgétaire à long terme d'ici la prochaine date butoir du 20 décembre.

La mesure provisoire a été approuvée jeudi au Sénat, contrôlé par les républicains, par 74 voix en faveur contre 20, soit un soutien suffisant pour surmonter un éventuel veto présidentiel.

Elle avait déjà été adoptée mardi à la Chambre des représentants, à majorité démocrate, par 231 voix contre 192, dont 12 soutiens républicains.

Le budget temporaire inclut une augmentation de salaire de 3,1% pour l'armée américaine, finance le fonctionnement du grand recensement prévu en 2020 ainsi que d'importants programmes dans le secteur de la santé.

Depuis l'arrivée à la Maison Blanche de Donald Trump, en janvier 2017, les Etats-Unis ont été partiellement paralysés par deux "shutdowns", dont le plus long de l'histoire américaine, lorsque certains budgets avaient été asséchés durant 35 jours entre fin 2018 et début 2019.

Cinquième débat démocrate à Atlanta

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L'enquête a permis d'établir une forme de chantage de Trump sur l'Ukraine, selon les démocrates

Trump Impeachment

L'enquête en vue d'une destitution de Donald Trump a permis jusqu'ici de confirmer une forme de chantage exercée par le président américain sur l'Ukraine pour obtenir des enquêtes contre ses adversaires politiques, même si les républicains continuent de le défendre, disent les démocrates.

Voici ce qui a pu être établi, deux mois après le début de la procédure lancée par les démocrates et après une semaine d'auditions publiques au Congrès.

- L'appel Trump-Zelensky -

Le scandale est parti d'une conversation téléphonique du 25 juillet au cours de laquelle le milliardaire républicain demande "un service" à son homologue ukrainien Volodymyr Zelensky, alors que ce dernier lui parle d'armements américains dont Kiev a besoin.

Donald Trump évoque la nécessité d'enquêter sur une prétendue ingérence ukrainienne dans les élections américaines de 2016 au profit des démocrates, selon une thèse relayée par des cercles trumpistes qui ne s'appuie sur aucun élément avéré; et d'enquêter aussi sur l'ancien vice-président Joe Biden, accusé sans preuve d'être intervenu pour protéger son fils Hunter d'investigations visant Burisma, groupe gazier local dont il était membre du conseil d'administration.

Au même moment, Volodymyr Zelensky espérait décrocher une invitation dans le Bureau ovale. Et, surtout, les Etats-Unis avaient gelé une aide militaire cruciale à l'Ukraine.

Les démocrates accusent Donald Trump d'avoir commis un "abus de pouvoir" en exerçant un chantage aux allures de "corruption", afin de monnayer l'invitation et la reprise de l'aide en échange de ces enquêtes. Avec d'évidentes arrières-pensées politiques, Joe Biden étant bien placé pour l'affronter à la présidentielle de 2020.

- Invitation contre enquêtes -

Les témoignages semblent confirmer que Donald Trump avait conditionné une rencontre avec Volodymyr Zelensky à la Maison Blanche à un engagement ukrainien à enquêter contre les démocrates.

Il a imposé à ses diplomates de travailler avec son avocat personnel, Rudy Giuliani, dont c'était l'objectif affiché.

L'ambassadeur des Etats-Unis auprès de l'Union européenne, Gordon Sondland, a affirmé sans détour qu'il y avait bien eu un tel "donnant-donnant", sous l'impulsion de Rudy Giuliani mais conformément aux "souhaits du président".

- Aide contre enquêtes? -

L'ambassadeur Sondland a aussi dit aux Ukrainiens que le dégel de l'aide militaire était conditionné à l'annonce des enquêtes chères à Donald Trump.

Mais l'ordre d'imposer cet autre "donnant-donnant" venait-il du président?

Oui, ont répondu plusieurs acteurs, mais aucun d'entre eux n'en a été un témoin direct. La plupart affirment avoir entendu Gordon Sondland leur rapporter que Donald Trump avait lié l'aide aux enquêtes.

Or, l'ambassadeur a lui déclaré sous serment que le président ne le lui avait "jamais dit directement".

Pour autant, Gordon Sondland estime que c'était la seule explication logique du gel de cette aide pourtant jugée par tous indispensable. Il assure que le vice-président Mike Pence et le secrétaire d'Etat Mike Pompeo ne l'ont pas contredit lorsqu'il a évoqué avec eux sa "déduction logique" d'un lien aide-enquêtes. Et que même les dénégations de Donald Trump, qui lui a dit ne vouloir "aucun donnant-donnant", n'avaient pas ébranlé sa conviction.

- Les républicains font bloc -

Les démocrates estiment que ces témoignages permettent d'établir que le 45e président des Etats-Unis s'est rendu coupable d'abus de pouvoir, voire de corruption, des actes passibles de destitution. Ils pourraient aussi l'accuser d'entrave, la Maison Blanche ayant refusé de coopérer avec la procédure, et d'intimidation de témoins, pour avoir attaqué plusieurs diplomates alors même qu'ils étaient entendus au Congrès.

Les démocrates devraient bientôt formaliser sa "mise en accusation", ou "impeachement", par la Chambre des représentants, où ils sont majoritaires.

Mais le procès en destitution sera organisé au Sénat, qui aura le dernier mot.

Or, les républicains, majoritaires à la Chambre haute, font bloc derrière leur président.

Pour sa défense, ils estiment qu'il n'a personnellement jamais lié l'aide aux enquêtes. Qu'il était fondé à demander à l'Ukraine de lutter contre la corruption, quand bien même cela impliquerait un adversaire politique. Qu'aucun crime n'est constitué puisque l'aide a été débloquée sans que les enquêtes soient lancées. Ou, pour les plus embarrassés d'entre eux, que ce qu'a fait Donald Trump était certes "inapproprié", mais pas au point de lui valoir une destitution.

Trump interdit à l'US Navy d'exclure un soldat de son unité d'élite

Germany G20

Donald Trump a interdit jeudi à l'US Navy d'exclure de son unité d'élite, les "Navy Seals", un sous-officier américain qu'il vient de gracier alors que la justice militaire l'avait déchu de son grade après l'avoir accusé de crimes de guerre.

"La Navy ne va PAS retirer son Trident au Navy Seal Eddie Gallagher", a tweeté le président américain en référence au prestigieux insigne que portent les soldats des commandos de la Marine américaine.

"Cette affaire a été très mal gérée depuis le début", a ajouté M. Trump au lendemain de l'ouverture d'une procédure administrative au sein de l'US Navy pour exclure Gallagher et trois autres Navy Seals.

Un panel d'officiers des Navy Seals devait se réunir le mois prochain pour décider si Edward Gallagher, dont le cas a notamment été défendu par la chaîne de télévision Fox News, très suivie par Donald Trump, peut rester au sein de cette unité très respectée de l'US Navy.

Ce panel devait donner son avis au chef des commandos de l'US Navy, le vice-amiral Collin Green, qui devait lui-même faire des recommandations à la direction de l'US Navy.

Edward Gallagher avait été acquitté en juillet du meurtre d'un prisonnier adolescent lors d'une mission en Irak en 2017 et de deux tentatives de meurtre sur des civils irakiens à l'aide de son fusil de précision, ainsi que pour obstruction à la justice.

Il avait en revanche été reconnu coupable d'avoir posé à côté du corps du jeune homme en compagnie d'autres soldats, une photo de groupe de nature à "porter préjudice aux forces armées" d'après l'acte d'accusation, et dégradé d'un rang, une sanction qui réduisait sa solde et sa retraite.

La semaine dernière, M. Trump a gracié un ex-soldat américain condamné pour meurtre et un autre accusé d'avoir assassiné à l'arme blanche un taliban, en dépit des critiques d'anciens responsables militaires américains. Il a également annulé la décision de la justice militaire de rétrograder Edward Gallagher.

Cette nouvelle intervention du président américain dans les affaires internes de la Navy est "une attaque dévastatrice contre le professionnalisme de nos forces armées", a estimé sur Twitter un expert des affaires militaires au Council on Foreign Relations, Max Boot.

Auditions publiques au Congrès américain: Fiona Hill, et David Holmes témoignent

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