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Aretha Franklin morte à l'âge de 76 ans

Aretha Franklin lors d'un gala à New York City, le 7 novembre 2017.

La légende américaine Aretha Franklin, la "reine de la soul", est morte à l'âge de 76 ans à son domicile dans la ville de Détroit.

Reine incontestée de la soul, Aretha Franklin était l'une des plus grandes voix américaines et une figure emblématique de la communauté noire, qui a marqué des générations entières d'artistes.

Elle restera comme l'interprète inoubliable de "Respect", devenu l'un des hymnes des mouvements pour l'égalité des Noirs et des femmes dans les années 1960. Le tube composé par Otis Redding lui offrira en 1967 ses deux premiers Grammy Awards (sur 18) de sa carrière.

Reconnaissable entre mille, sa voix sensuelle et puissante couvrant quatre octaves a influencé de nombreuses divas américaines: de Whitney Houston à Beyoncé, en passant par Mariah Carey et Alicia Keys.


A l'origine, le gospel

Née le 25 mars 1942 à Memphis (Tennessee), Aretha Louise Franklin est la fille d'un prêcheur baptiste et d'une chanteuse de gospel.

La maison de Detroit (Michigan), où la famille emménage bientôt, accueille des musiciens renommés comme Mahalia Jackson mais aussi le pasteur Martin Luther King, emblème du mouvement des droits civiques. Enfant, elle apprend seule le piano et chante à l'église.

A 14 ans, elle enregistre son premier titre et sa voix, riche et puissante, est déjà celle d'une adulte. Sa carrière est lancée.

Elle signe en 1960 avec le label Columbia mais ne connaît véritablement la gloire qu'avec son premier album pour Atlantic en 1967, "I Never Loved a Man (The Way I Love You)".

Les tubes s'enchaînent: "Baby I Love You", "(You Make Me Feel) Like a Natural Woman", "Chain of Fools" et surtout "Respect", adoubée cinquième meilleure chanson de tous les temps par le magazine Rolling Stone.

"Si une chanson parle de quelque chose que j'ai vécu ou qui aurait pu m'arriver, c'est bien. Mais si elle m'est étrangère, je ne pourrais rien lui prêter. Parce que c'est ça la soul, juste vivre et réussir à se débrouiller", racontait-elle au magazine Time en 1968.

La même année, elle chante à l'enterrement de Martin Luther King, ami personnel de son père dont la mort a bouleversé l'Amérique, et à la convention du parti démocrate.

En 1972 sort "Amazing Grace", un album gospel, et les succès continuent de s'accumuler au fil des années, même si les critiques jugent sa carrière moins flamboyante.

De George Michael à Lauryn Hill

Aretha Franklin enchaîne les collaborations, avec George Michael, Elton John, Ray Charles, Whitney Houston ou encore avec la nouvelle génération de stars noires de la musique: P. Diddy, Lauryn Hill et Mary J. Blige.... On la voit à l'affiche du film "The Blues Brothers" en 1979.

Tandis que la star engrange les succès, la femme est marquée par les épreuves. "J'ai appris beaucoup de choses à la dure", avouera-t-elle.

Elle perd sa mère Barbara Franklin à 10 ans, accouche de son premier fils à 13 ans, du deuxième à 15, et les élève seule, aidée de sa grand-mère.

Ses deux mariages sont des échecs et elle connaît des problèmes d'alcoolisme. Son père, victime des balles d'un cambrioleur en 1979, tombe dans le coma et meurt plusieurs années plus tard.

La voix résiste, et Aretha continue à faire de la musique, entourée de ses quatre fils.

>> Lire aussi : La chanteuse américaine Aretha Franklin est dans un état grave

En 2005, elle reçoit du président George W. Bush la médaille de la Liberté, la plus haute distinction américaine pour un civil. En janvier 2009, elle chante pour l'investiture de Barack Obama, premier président noir des Etats-Unis, impériale sous un chapeau gris, lors d'une cérémonie chargée d'émotions.

En février 2017, malgré de graves problèmes de santé, elle annonce l'enregistrement d'un dernier album avant de mettre un terme à sa carrière en studio.

"Je me sens très très satisfaite quand je vois où ma carrière a commencé et où j'en suis à présent", déclarait-elle alors. "Mais je ne vais pas m'en aller et juste m'asseoir sans rien faire. Ce ne serait pas souhaitable non plus".

En novembre 2017, elle chantait encore au gala d'anniversaire de la fondation Elton John de lutte contre le sida à New York, mais était apparue très amaigrie.

Elle avait annulé au printemps une série de concerts, dont l'un prévu le jour de son anniversaire, pour des raisons de santé.

Réaction après son décès

Le président américain Donald Trump a rendu hommage à la chanteuse sur Twitter. "La Reine de la soul, Aretha Franklin est morte. C'était une femme formidable, avec un très superbe don de Dieu, sa voix. Elle va nous manquer!".

"Elle nous a aidés à être plus connectés les uns aux autres, plus optimistes, plus humains", ont écrit les époux Obama. "Et parfois, elle nous a aidés à danser et à oublier tout le reste."

L'ancienne candidate à la présidence, Hillary Clinton, a également partagé sa peine sur Twitter.

"Endeuillée de la perte de @ArethaFranklin qui a partagé son esprit et son talent avec le monde entier. Elle mérite non seulement notre RESPECT mais aussi notre éternelle gratitude pour avoir ouvert nos yeux, nos oreilles et nos cœurs. Repose en paix éternellement, mon amie".

La Nasa a également tweeté sur le décès de la chanteuse, annonçant qu'un astéroïde est nommé Aretha pour lui rendre hommage.

"Je suis assise et prie pour l'âme d'or merveilleuse Aretha Franklin", a tweeté Diana Ross, au sujet de celle qui incarne, comme elle, l'âge d'or de la soul des années 1960.

"Elle nous manquera", a écrit Paul McCartney sur Twitter, "mais la mémoire de sa grandeur en tant que musicienne et merveilleux être humain restera en nous à jamais."

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Jimmy Carter hospitalisé après de récentes chutes

L'ancien président américain Jimmy Carter, lors d'un événement, le 3 novembre 2019.

L'ancien président américain Jimmy Carter a été hospitalisé lundi pour subir une intervention médicale à la tête après de récentes chutes, a annoncé la fondation qui porte son nom.

Jimmy Carter a été "admis au Emory University Hospital cet après-midi pour une intervention visant à relâcher la pression sur son cerveau, causée par un saignement survenu après ses récentes chutes", a ajouté la même source, précisant que l'opération était prévue mardi matin.

"Le président Carter se repose confortablement et son épouse Rosalynn est avec lui", a précisé la même source.

Jimmy Carter avait été hospitalisé fin octobre pour une fracture du bassin causée par une chute à son domicile. Sa fondation avait qualifié la fracture de "légère".

Premier président américain de l'histoire à atteindre l'âge de 95 ans, Jimmy Carter s'était également blessé à la tête le 6 octobre, toujours en tombant à son domicile.

L'ex-président démocrate (1977-1981) était pourtant debout et actif sur un chantier humanitaire dès le lendemain, le visage tuméfié et barré d'un pansement cachant 14 points de suture.

Le sort de 700.000 jeunes migrants aux mains de la justice américaine

Les immigrants et les sympathisants manifestent lors d'un rassemblement en soutien aux "dreamers" devant la Maison Blanche, à Washington DC, le 5 septembre 2017.

Entrée clandestinement aux Etats-Unis dans son enfance, Angelica Villalobos a "vécu dans l'ombre" jusqu'à l'adoption en 2012 d'un programme qui l'a protégée de l'expulsion, comme près de 700.000 autres jeunes migrants dont le sort est en débat mardi à la Cour suprême.

Le temple du droit américain consacre une audience à ces jeunes surnommés les "Dreamers" (rêveurs), à qui l'administration du président démocrate Barack Obama avait "donné des ailes", selon Mme Villalobos, en leur délivrant notamment des permis de travail.

Son successeur républicain Donald Trump, qui a fait de la lutte contre l'immigration illégale l'un de ses chevaux de bataille, a décidé en 2017 de mettre un terme à ce programme, baptisé DACA, le décrétant "illégal".

Saisis en urgence, des tribunaux ont suspendu sa décision pour des raisons de procédure, offrant un répit aux jeunes migrants.

A force de recours, leur sort est désormais aux mains de la plus haute juridiction des Etats-Unis, dont la décision ne sera pas rendue avant 2020, en pleine campagne présidentielle.

Si la Cour donne raison à Donald Trump, les "Dreamers" ne seront pas forcément expulsés, mais ils redeviendront sans-papiers, avec les complications que ce statut implique.

En attendant, "on est comme sur des montagnes russes", confie à l'AFP Angelica Villalobos, une Mexicaine de 34 ans, mère de cinq enfants américains, qui travaille dans un garage de l'Oklahoma.

Avec son mari, arrivé lui aussi avant ses 16 ans aux Etats-Unis par des voies illégales, elle a parlé à leurs enfants "des conséquences possibles" de la décision de la Cour suprême. "Peut-être ne pourrons-nous plus travailler ou conduire, toute ces choses qui font de nous une famille normale", regrette-t-elle.

- "Monnaie d'échange" -

Comme eux, près de 700.000 jeunes migrants "ont passé les douze dernières années au minimum dans notre pays, font partie de nos communautés, de nos institutions", remarque Omar Jadwat, de la puissante association de défense des droits civiques ACLU.

Pour lui, l'administration Trump a "mis un terme à la hâte au programme DACA (...) en décidant qu'il était illégal" parce qu'il voulait utiliser ces "Dreamers" comme "monnaie d'échange" avec son opposition démocrate.

De fait, Donald Trump a essayé --en vain-- d'obtenir des fonds pour construire un mur à la frontière sud des Etats-Unis en échange de nouvelles protections pour ces jeunes, qui n'ont souvent pas ou peu de souvenirs de leur pays d'origine.

C'est le flou autour des motivations du président qui explique l'intervention de la justice dans ce dossier.

Le droit administratif américain impose au gouvernement de justifier ses décisions avec des arguments raisonnables. Or, les tribunaux ont jugé jusqu'ici que l'arrêt du programme DACA avait été décidé de manière "arbitraire et capricieuse".

"Nous pensons avoir expliqué notre décision de manière adéquate", a rétorqué Noel Francisco, qui représente le gouvernement devant la Cour suprême. "Nous avons agi de manière légale et rationnelle", a-t-il ajouté lors d'une conférence en septembre.

- "Gagner sur tous les fronts" -

Pour Tom Goldstein, un juriste spécialiste de la Cour suprême, "si le président avait dit +je n'aime pas le programme, je l'arrête+, on n'en serait pas là aujourd'hui".

Mais selon l'avocat, "il a essayé de gagner sur tous les fronts, en disant que les +Dreamers+ lui étaient sympathiques, mais aussi ne pas avoir d'autre choix que de retirer le programme DACA parce qu'il était illégal", ce qu'il lui faut prouver aujourd'hui.

Au-delà des enjeux pour ces migrants, le dossier a donc aussi "une grande importance pour les pouvoirs du président", relève Steven Schwinn, professeur de droit à l'université de Chicago. Dans son arrêt, la Cour pourrait en effet étendre les pouvoirs discrétionnaires du locataire de la Maison Blanche en l'autorisant à faire ou à défaire une politique sans explication.

Cela n'a pas échappé au principal intéressé. Assurant sur Twitter que Barack Obama n'avait pas le droit de signer le programme DACA, Donald Trump a estimé en octobre que, "si la Cour suprême autorisait le programme à rester en place, elle donnerait des pouvoirs extraordinaires au président".

Dans le cas contraire, a-t-il ajouté, fidèle à sa tactique de marchandage, "les républicains et les démocrates passeront un ACCORD très rapidement pour autoriser les +Dreamers+ à rester dans notre pays".

Avec AFP

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