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Niger

Au moins dix sept militaires tués dans une nouvelle attaque à la frontière malienne

Un conseiller contre le terrorisme s'adresse à des soldats nigériens au Burkina Faso, 21 février 1919

Dix-sept soldats nigériens ont été tués mardi et 11 sont portés disparus après une attaque près de la frontière malienne dans la région de Tillabéri (ouest), où quatre soldats américains et cinq militaires du Niger étaient tombés dans une embuscade en 2017.

Ce bilan provisoire pourrait s'alourdir, selon une source sécuritaire qui parle d'une "attaque terroriste" près du village de Tongo Tongo.

Un peu plus tôt, une autre source sécuritaire avait indiqué qu'une patrouille de l'armée était "tombée mardi après-midi dans une embuscade tendue par des hommes armés, plusieurs blessés ont été évacués à Niamey".

Un des véhicules a "sauté sur un engin explosif", selon une troisième source sécuritaire, qui précise que des opérations de ratissage étaient en cours mercredi matin.

Selon le site nigérien Actuniger, une patrouille constituée de 52 soldats nigériens "est tombée dans une embuscade d'individus lourdement armés mardi aux environs de 15H00 (14H00 GMT) à Baley Beri, près de Tongo Tongo" et "les combats d'une rare violence" ont "duré plus de deux heures".

- L'attaque de 2017 revendiquée par l'Etat Islamique -

"Vingt-deux soldats ont pu rejoindre la base de Ouallam à bord de trois véhicules" et "les autres sont toujours portés disparus", poursuit le site, sur la base de "sources locales et sécuritaires".

Le 4 octobre 2017, quatre soldats américains et cinq militaires nigériens avaient été tués par des djihadistes venus à bord d'une dizaine de véhicules et d'une vingtaine de motos à hauteur du village de Tongo Tongo, situé à environ 80 km au nord-ouest de Ouallam (une centaine de km de Niamey) et à une vingtaine de km de la frontière avec le Mali.

Le Pentagone avait ensuite expliqué que le but de l'opération américano-nigérienne était de capturer un chef du groupe djihadiste "Etat islamique dans le Grand Sahara" (EIGS), Doundoun Cheffou, soupçonné d'être impliqué dans l'enlèvement de l'humanitaire américain Jeffery Woodke.

L'attaque contre les soldats américains et nigériens avait été revendiquée par l'EIGS.

Depuis 2018, l'ONU s'inquiète de la persistance de l'insécurité dans la région de Tillabéri, théâtre de nombreuses incursions de groupes djihadistes et de violences intercommunautaires.

L'armée nigérienne s'est déployée massivement fin 2018 dans la région pour chasser les combattants islamistes venus du Mali et du Burkina Faso.

Lundi, les forces de sécurité avaient perdu un homme en repoussant une "attaque terroriste contre la prison de haute sécurité de Koutoukalé" (à 50 km au nord de Niamey), l'établissement pénitentiaire le mieux gardé du Niger où sont détenus de nombreux djihadistes.

Les assaillants, qui avaient notamment utilisé une voiture de Médecins sans frontières volée dans un camp de réfugiés à la frontière malienne, avaient fui vers cette même frontière du Nord.

Pays pauvre du Sahel, le Niger vit en permanence sous la menace d'attaques des groupes djihadistes sahéliens dans l'Ouest et le Nord ainsi que de celles de Boko Haram dans le Sud-Est. Les forces de sécurité sont perpétuellement sur le qui-vive et Niamey, la capitale, est très militarisée.

Le pays accueille des bases militaires françaises et américaine et une base logistique allemande.

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L'Ivoirien François Zahoui n'est plus le sélectionneur du Niger

François Zahoui lors d'un match entre le Niger le Sénégal, Dakar, le 26 mars 2016.

L'Ivoirien François Zahoui n'est plus le sélectionneur du Niger, poste qu'il occupait depuis 2015, a annoncé mardi la Fenifoot, la Fédération nigérienne de football.

"François Zahoui a décidé de quitter son poste de sélectionneur de l'équipe nationale du Niger, c'est une séparation à l'amiable", a indiqué à l'AFP Ibrahim Tikiré, porte-parole de la Fédération.

"François Zahoui n'a aucun contrat (ndlr: en bonne et due forme) avec la Fenifoot, il a donc décidé d'aller chercher un horizon prometteur", a-t-il expliqué.

Le technicien ivoirien de 58 ans n'était pas parvenu à qualifier le Niger pour la Coupe d'Afrique des Nations 2019 et était la cible de critiques acerbes depuis une défaite 6-0 face à l'Egypte en septembre 2018.

François Zahoui avait succédé au Franco-Allemand Gernot Rohr qui avait démissionné en octobre 2014 pour cause de mauvais résultats, après avoir échoué à qualifier le "Mena", surnom de l'équipe du Niger, pour sa troisième CAN consécutive.

Deux véhicules du CICR braqués dans l'Ouest

Distribution d'eau potable et de vivres par le CICR à Bosso le 25 mai 2015.

Deux véhicules de la Croix rouge ont été volés par des hommes armés dans la région de Tillabéri, dans l'ouest du Niger, une zone instable frontalière du Mali et théâtre de nombreuses incursions de groupes jihadistes, a annoncé vendredi à l'AFP le CICR.

"Deux véhicules du Comité international de la Croix rouge (CICR) ont été emportés mercredi dernier par des hommes armés, mais leurs occupants étaient rentrés saints et saufs chez eux", a indiqué à l'AFP un membre de la Croix rouge nigérienne à Niamey.

Le braquage a eu lieu vers Tongo Tongo, une zone frontalière du Mali où 28 soldats nigériens avaient été tués en mai 2019, alors qu'une attaque, en octobre 2017, y avait coûté la vie à quatre soldats américains et cinq militaires nigériens.

Dans cette même région de Tillabéri, des hommes armés avaient emporté le 2 mai deux véhicules de Médecins sans frontières (MSF) alors qu'une équipe mixte de MSF et du ministère nigérien travaillait dans un centre de santé de la localité de Weita Bangou.

Selon le ministère nigérien de l'Intérieur, un des véhicules de MSF avait été utilisé le 14 mai par des "terroristes" qui avaient tenté de prendre la prison de haute sécurité près de Niamey où sont écroués des jihadistes.

En outre, le 7 mai, six personnes armées venues à moto avaient fait irruption dans un camp onusien de réfugiés Maliens de Tabarey Barey (Tillabéri) et étaient repartis avec deux véhicules humanitaires, sans faire de victimes.

Les sinistrés des inondations se réfugient sur les hauteurs de Niamey

Des enfants transportent de la latérite sur un chariot pour construire des barrages afin d'arrêter les eaux du fleuve Niger à Niamey le 3 septembre 2019.

"Enfin, nous sommes arrivées !" se réjouissent Amina et Halima, deux habitantes de Niamey, en descendant de la camionnette qui les a conduites sur le site aménagé de Saguia, en périphérie de Niamey, où sont relogés des sinistrés des inondations provoquées par une crue exceptionnelle du fleuve Niger.

Il y a deux semaines, les autorités nigériennes ont décrété l'"alerte rouge", après que le niveau des eaux du troisième grand fleuve d'Afrique a atteint un seuil "jamais vu en plus de 50 ans".

Selon le dernier bilan officiel publié mardi, les inondations qui affectent tout le Niger depuis le début de la saison des pluies en juin ont fait 57 morts et plus de 130.000 sinistrés.

A Niamey même, les inondations ont déjà fait plus de 6.300 personnes sinistrées. A pied, à moto, sur des charrettes, en taxi ou à bord de véhicules affrétés par les autorités, les victimes des inondations ont afflué vers Saguia.

D'habitude interdit au public, ce terrain vague de l'armée nigérienne surplombe le fleuve. En 2012, il avait abrité 400 soldats maliens qui avaient fui une offensive de rebelles touareg dans le nord du Mali.

Depuis ces hauteurs, on aperçoit des habitations avalées par les eaux et des rizières englouties. Pour accéder au site, il faut être détenteur d'un "ticket" délivré dans les écoles qui ont servi de site de transit aux sinistrés, expliquent à l'AFP des gendarmes qui filtrent les arrivants, l'arme au poing.

A l'intérieur de l'immense camp, sapeurs-pompiers et ouvriers municipaux ont dressé des dizaines de tentes blanches offertes par les agences des Nations Unies et la Croix Rouge.

"Les gens une fois arrivés ici sont installés dans des tentes (...) et nous avons suffisamment de vivres pour eux", a affirmé à l'AFP le gouverneur de Niamey, Issaka Assane Karanta, rencontré sur le site.

Le groupe électrogène et le forage d'eau potable "ont été remis en état", des lampadaires seront bientôt installés et un cabinet médical est opérationnel "pour les soins d'urgence", assure-t-il. Quelque 122 ménages, soit 854 personnes, ont été installés et le site pourra à terme accueillir 1.200 sinistrés, selon lui.

"On nous a donné du riz, du mil, des moustiquaires, des couvertures et de l'eau potable", énumère Aïssa Salifou, qui se maquille sous sa tente, tête et épaules recouvertes d'un grand voile. "Les eaux nous ont surpris en plein sommeil, on a dû démolir des murs des maisons voisines pour nous exfiltrer", raconte cette résidente de Kirkissoye, un des quartiers les plus affectés.

- 'J'ai été chanceuse' -

Tout en surveillant sa marmite sur le feu, Fatouma Boubacar, une autre sinistrée de Kirkissoye, se dit soulagée : "Nous vivons dans les bas-fonds où nous avons été piégés par les eaux, ici c'est spacieux, bien aéré et surtout bien sécurisé". Arrivée il y a deux jours, Fatouma a repris son commerce de légumes, qu'elle exerçait avant la catastrophe.

"J'ai été chanceuse : à peine sortie de ma maison, le toit s'est effondré", raconte Ramatou Abdou, allongée dans un fauteuil, un cure-dent coincé entre les dents. "J'attends mon premier bébé dans un mois, je vais le prénommer +Saguia".

A l'ombre d'un arbre géant, une dizaine de nouveaux arrivants attendent l'achèvement de nouveaux abris pour les occuper. Loin des menaces du fleuve, des enfants ont reconstitué leur équipe de foot du quartier et courent derrière un ballon en chiffon, pieds et torse nus sous un soleil de plomb. A l'autre bout du camp, un gendarme, l'arme en bandoulière, met de l'ordre dans une file de gamins, qui attendent, assiettes à la main, de recevoir un repas chaud servi par une ONG.

"Nous tentons de vivre ici en attendant de voir ce que Allah nous réserve", résume, fataliste, Fatouma Boubacar.

Le niveau du fleuve a certes un peu baissé mais le gouverneur Karanta conseille aux riverains "la vigilance" et surtout "de s'éloigner du lit du fleuve".

La météo prévoit de nouvelles fortes précipitations jusqu'à la "mi-octobre".

Nouveau bilan des inondations

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57 morts et 130.000 sinistrés dans des inondations depuis juin

Une rue inondée par le fleuve Niger dans le quartier Saga de Niamey le 11 septembre 2017.

Les inondations qui affectent le Niger, y compris le Nord désertique, depuis le début de la saison des pluies en juin, ont fait 57 morts et plus de 130.000 sinistrés, selon le dernier bilan du gouvernement publié mardi soir.

"La situation des inondations à la date du 10 septembre 2019 est de : "57 décès" et "132.528 personnes sinistrées", soit "16.093 ménages", selon un communiqué du conseil des ministres nigériens.

En outre, les eaux ont détruit 12.241 maisons, décimé 851 têtes de bétail et englouti plus de 2.251 hectares de cultures, déplore le gouvernement.

La capitale Niamey est particulièrement touchée cette année par une crue exceptionnelle du Niger qui a déjà fait un total de 6.310 personnes sinistrées.

Les régions de Maradi (sud-est) et de Zinder (centre-sud) sont les plus durement affectées avec respectivement 25.040 et 39.060 sinistrés.

La région de Dosso (sud-ouest), très humide, a enregistré 11.231 sinistrés.

Le Nord désertique du pays a été inhabituellement affecté : 18.255 sinistrés ont été répertoriés dans la région d'Agadez.

Un précédent bilan publié le 2 septembre par le ministre nigérien chargé de l'Action humanitaire faisait état de 42 morts et 70.000 sinistrés, dont plus de 2.000 à Niamey.

La saison des pluies bat son plein au Niger. En dépit de sa courte durée - au plus trois mois - et de la faiblesse des précipitations, ce pays fait face depuis quelques années à des inondations, y compris dans les zones désertiques du Nord.

Un paradoxe dans cet Etat très sec où les mauvaises récoltes sont habituellement dues à la sécheresse.

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