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Niger

L'ONU suspend ses activités dans la région de Tillabéri pour des raisons sécuritaires

Des déplacés dans l'hôpital de Tillabéri, au Niger, le 14 octobre 2013.

Les Nations unies ont "suspendu jusqu'à nouvel ordre" leurs activités dans la région de Tillabéri (ouest nigérien), après le vol mardi de deux véhicules d'humanitaires dans le camp de réfugiés de l'ONU de Tabarey Barey, a appris mercredi l'AFP.

"Par mesure de sécurité, toutes les missions dans la zone de Tillabéri et de Ouallam sont suspendues jusqu'à nouvel ordre", précise une note de l'ONU au Niger.

"Les missions en cours au moment des événements (braquage des deux véhicules sur le camp des réfugiés de Tabarey Barey) ont étérappelées".

Cette mesure de suspension est "entrée en vigueur depuis hier mardi", a dit à l'AFP une source onusienne qui redoute "des conséquences sur les activités humanitaires".

Mardi, "six personnes armées" à bord de motos ont fait irruption dans le camp de Tabarey Barey et en sont reparties avec deux véhicules sans faire de victimes", a indiqué l'AFP une source humanitaire.

L'un des véhicules volés appartient à l'0NG nigérienne Action Pour le bien-être (APBE), qui vient en aide à des milliers de réfugiés maliens installés dans la zone. Le deuxième véhicule est la propriété de la Commission nationale d'éligibilité au statut de réfugié (CNE) du ministère nigérien de l'Intérieur.

APBE collabore avec les Nations unies, notamment l'Organisation internationales des migrations (OIM) et le Haut-commissariat de l'ONU pour les réfugiés (HCR), ainsi qu'avec l'Etat du Niger.

Le 2 mai, des hommes armés avaient volé deux véhicules de Médecins sans frontières (MSF) au centre de santé de Weita Bangou, dans le département de Ouallam (région de Tillabéri), obligeant MSF à "suspendre temporairement une partie de ses opérations".

Le camp de Tabarey Barey abrite des milliers de réfugiés maliens. Il a été plusieurs fois attaqué par des hommes armés venus du Mali proche.

Le Niger abrite depuis 2012 quelque 55.000 réfugiés maliens vivant essentiellement dans les régions de Tillabéri et Tahoua (ouest) et dans la capitale, Niamey, selon les statistiques officielles.

Depuis 2018, l'ONU s'inquiéte de la persistance de l'insécurité dans la région de Tillabéri, théâtre de nombreuses incursions de groupes jihadistes et des rixes intercommunautaires.

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Dix travailleurs de l’ONG Action enlevés le 24 juin ont été libérés

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L'opposition nigérienne exige une nouvelle commission électorale

Des leaders de l’opposition lors d’une déclaration publique à Niamey, le 1er juillet 2020. (VOA/Abdoul-Razak Idrissa)

A cinq mois des élections générales, les partis de l'opposition exigent la démission des membres de la cour Constitutionnelle, la dissolution de la commission électorale ainsi que la reprise du code électoral.

L’exigence de la démission des membres de la Cour constitutionnelle résulte selon les quatre fronts de l’opposition d’une décision prise par cette cour. La gardienne du respect de la constitution a indiqué dans un arrêt que le fichier électorale "reste valide même sans les listes des Nigériens de la diaspora".

Elle répondait ainsi à une requête du Premier ministre après que la commission ait informé la classe politique de l’impossibilité pour elle d’enrôler pour les futures élections les Nigériens établis à l’extérieur, comme l'exige la loi. Comme motif, la commission électorale avance les mesures de riposte contre le coronavirus, à savoir la fermeture des frontières.

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Pour les partis de l’opposition, les conditions invoquées ne sont pas satisfaisantes car "depuis la fermeture des frontières aériennes, plusieurs dizaines de mouvements d’aéronefs ont été enregistrés à l’aéroport de Niamey", selon une source.

L'opposition souligne également le fait que d'autres pays ont été en mesure d'organiser l'enrôlement des électeurs et même tenir des élections malgré la pandémie.

Cette "manœuvre" de la Cour constitutionnelle la disqualifie et "ne saurait rester impunie", estime l’opposition. C’est pourquoi elle exige la démission "pure et simple" de ses membres.

C’est du "mimétisme" retorque la majorité présidentielle. "Ils ont entendu qu’au Mali on a demandé la démission de la Cour constitutionnelle, c’est la seule raison", déclare Boubacar Sabo, secrétaire aux élections du Comité exécutif national du PNDS, le parti au pouvoir.

La dissolution de la commission électorale et la reprise de code électoral, sont, des exigences de longue date des partis de l’opposition.

Ses représentants au parlement n’ont pas voté pour la loi portant code électoral. De même, aucune des places qui sont réservés à l'opposition au sein de la commission n’a été occupée depuis son lancement.

"Les décisions partisanes de la Céni endossées par le CNDP, même revêtues de la caution de la Cour constitutionnelle, ne sauraient être acceptées par l’opposition", indique le texte d'une déclaration publique des quatre fronts de partis politiques de l’opposition.

"Tous les partis ayant des candidats aux élections législatives auront des représentants au niveau des bureaux vote, tous les candidats aux élections présidentielles auront des représentants au niveau de la Céni nationale, on ne peut donc pas avoir une Céni qui est aussi favorable à la transparence que celle-là", réplique M. Sabo du PNDS.

Selon le chronogramme de la commission, les premiers scrutins des élections générales sont prévus au début du mois de novembre 2020.

Libération des dix humanitaires nigériens enlevés par des jihadistes présumés

Le pont Chine-Niger, Niamey, 3 septembre 2018. (VOA/Abdoul-Razak Idrissa)

Les dix travailleurs de l'ONG nigérienne Action et programme d'impact au Sahel (APIS) enlevés le 24 juin dans le sud-ouest du Niger, "ont été libérés", a annoncé jeudi à l'AFP le gouverneur de la région de Tillabéri, proche du Burkina Faso et du Mali, où les attaques jihadistes sont récurrentes.

"Ils (les dix travailleurs) ont été libérés hier (mercredi)", a déclaré Tidjani Ibrahim Katiella, sans donner davantage de précisions.

"Je ne peux rien dire, on ne les a pas encore vus", a déclaré de son côté Kadidiatou Harouna, la responsable d'APIS, une ONG partenaire du Programme alimentaire mondial (PAM), qui avait attribué l'enlèvement aux jihadistes la semaine dernière.

Les conditions de la libération des dix otages n'ont pas été dévoilées.

Le 24 juin, Kadidiatou Harouna avait annoncé à l'AFP que les dix travailleurs étaient en train de distribuer gratuitement des vivres aux populations d'un hameau de la commune de Makalondi "lorsque des jihadistes armés et à moto sont venus et leur ont demandé de les suivre".

Les ravisseurs avaient aussi emporté deux véhicules tout-terrain appartenant à APIS.

C'était le premier enlèvement d'humanitaires de ce genre enregistré dans cette zone très instable, théâtre d'attaques régulières et de plus en plus meurtrières des groupes jihadistes.

La région Tillabéri, est une vaste zone instable. Elle est située dans la zone de "trois frontières" entre Niger, Burkina Faso et Mali, devenue un repaire des jihadistes sahéliens, dont l'Etat islamique au Grand Sahara (EIGS).

La circulation des motos est interdite de jour et de nuit depuis janvier pour tenter de prévenir les déplacements de jihadistes.

Un humanitaire allemand et un prêtre italien y avaient été enlevés en 2018.

Cette partie du Sahel continue d'être visée par les assauts de groupes islamistes, en dépit du renforcement des armées locales et de la présence de 5.100 militaires français de la force antijihadiste Barkhane.

Entre décembre 2019 et janvier 2020, près de 200 soldats nigériens ont été tués dans une série d'attaques particulièrement meurtrières, revendiquées par l'Etat islamique dans le Grand Sahara (EIGS).

C'est dans cette région que quatre soldats américains et cinq militaires nigériens avaient été tués dans une embuscade à Tongo Tongo le 4 octobre 2017, attaque également revendiquée par l'EIGS.

Selon l'ONU, les attaques jihadistes, souvent entremêlées à des conflits intercommunautaires, ont fait au Mali, au Niger et au Burkina 4.000 morts en 2019.

L'opposition nigérienne exige la démission de la Cour constitutionnelle

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L'ex-putschiste Salou Djibo candidat à la présidentielle nigérienne

Salou Djibo a son congrès d’investiture, à Niamey, le 26 juin 2020. (VOA/Abdoul-Razak Idrissa)

Neuf ans après avoir dirigé le pays, le chef de la junte militaire de 2010 revient sur la scène politique. Salou Djibo a été investi par les militants de la formation politique qu’il a créé samedi 26 juin.

Le général Salou Djibo promet de "faire la politique autrement". Dans un long discours après son investiture dimanche par son parti, le PJP Génération Dubara, chef de la junte militaire qui avait renversé l'ex-président Mamadou Tandja le 18 février 2010, a décliné les grands axes du projet politique qu’il compte proposer lors de la campagne électorale prochaine.

Le général Salou DJIBO candidat à la présidentielle nigérienne de décembre
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Son objectif ? "Redonner espoir à tous les Nigériens" à travers une réforme constitutionnelle pour restaurer l’autorité de l’Etat, la promotion du mérite des jeunes et femmes notamment, l’utilisation rationnelle des ressources publiques, de meilleures offres de services dans les secteurs sociaux de base (éducation, santé, eau). Il affirme aussi vouloir la relancer l’économie à travers la réorientation des financements dans les ressources humaines et la production agricole. Pour y aboutir, il s’est engagé à ’’s’entourer des meilleurs, peu importe leurs origines ou leurs orientations politiques’’.

Pas d’annonce forte cependant pour ce qui est du secteur de la défense et de la sécurité, où les Nigériens l’attendent plus que tout autre candidat à l’élection présidentielle de 2020-2021.

"Le moment venu, je saurais évaluer la situation et prendre les décisions qui s’imposent et dans l’intérêt supérieur de notre pays", a simplement déclaré le général à la retraite après avoir servi plus de 30 ans au sein de l’armée nigérienne. "Je connais notre armée, son courage dans l’engagement et son professionnalisme", a-t-il ajouté.

Salou Djibo, 55 ans, devient ainsi le 5e candidat déclaré pour l’élection dont le premier tour est prévu le 27 décembre prochain.

Après avoir organisé les élections de 2011 qui ont consacré l’arrivée au pouvoir de Issoufou Mahamadou, il a occupé des fonctions au niveau de la Commission de Cédéao avant de créer sa propre formation politique et démissionner de l’armée.

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