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Des troupes sénégalaises bivouaquent à la frontière de la Gambie en attendant les ordres


Quelques enfants contemplent l’attroupement des militaires sénégalais à la frontière avec la Gambie, dans le village de Karang, Sénégal, 20 janvier 2017

Des blindés stationnent dans le stade de football de Karang, à quelques centaines de mètres de la frontière gambienne, transformé en camp militaire, où des soldats sénégalais n'attendent qu'un ordre pour aller déloger Yahya Jammeh du palais présidentiel de Banjul.

De l'extérieur du stade, on peut apercevoir des militaires, juchés sur les véhicules de couleur verte, en partie dissimulés par les hauts murs d'enceinte. "Des blindés lourds", indique un soldat.

Par petits groupes de trois ou quatre, fusil en bandoulière, les militaires déambulent sur la principale artère de Karang, dernière grande ville sénégalaise avant la Gambie, qui mène directement au poste frontalier gambien de Hamdallai, séparé du Sénégal par une ruelle commerçante.

Au-delà, la capitale gambienne, Banjul est à une vingtaine de kilomètres.

"On lui a donné un ultimatum. S'il refuse de quitter le pouvoir, on lancera l'assaut", dit l'un d'entre eux, téléphone portable a l'oreille, en référence à Yahya Jammeh, qui refuse de céder le pouvoir au nouveau président Adama Barrow.

"Nous allons entrer" en Gambie, croit savoir un autre.

D'autres troupes sénégalaises, avec celles des quatre autres pays ouest-africains engagés dans l'opération "Restaurer la démocratie", ont pénétré jeudi après-midi en territoire gambien.

Mais l'opération a été interrompue pour une ultime médiation afin de convaincre Yahya Jammeh de partir. La reprise de l'opération est suspendue à la décision finale de la Communauté économique des Etats de l'Afrique de l'Ouest (Cédéao).

- longue attente -

"C'est la Cédéao qui prendrait la décision" d'une reprise des opérations, a indiqué à l'AFP le porte-parole de l'armée sénégalaise, le colonel Abdoul Ndiaye.

Les va-et-vient des soldats captent l'attention des badauds, de nombreux enfants restent debout sous le soleil pendant des heures à épier leurs mouvements.

"Nous sommes là depuis hier et nous venons de Thiès", ville située à une soixantaine de km de Dakar où est basée une unité de parachutistes, affirme l'un des rares qui acceptent d'échanger quelques mots.

Des gardes sont positionnés devant le stade, où de l'entrée on distingue des soldats qui s'affairent à préparer du riz blanc.

Au marché de Karang, d'autres s'approvisionnent en oranges et en eau, se préparant manifestement à une longue attente.

La présence d'hommes en armes dans les rues bouleverse Fatou Cissé, une habitante d'un village voisin de Karang.

"C'est vraiment émouvant. Seule la paix doit être de mise entre le Sénégal et la Gambie. Je ne supporte pas ces images", confie-t-elle, avant de s'éclipser.

La frontière est toujours ouverte, mais le flux de personnes quittant le pays par crainte de l'intervention militaire ou de troubles s'est ralenti, selon plusieurs témoins.

"C'est parce que le bac de Banjul est à l'arrêt", affirme un habitant.

Plus de 45.000 personnes ont fui la Gambie depuis le début de l'année, en majorité vers le Sénégal, a indiqué vendredi le Haut-Commissariat de l'ONU pour les réfugiés (HCR).

Avec AFP

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