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Des milliers de volontaires au Venezuela se préparent à réceptionner l'aide humanitaire

Des manifestants de l'opposition se sont réunis contre le président Nicolas Maduro, à Caracas, au Venezuela, le 15 avril 2017.

Des milliers de volontaires vénézuéliens se préparaient dimanche à se rendre à la frontière pour réceptionner et acheminer l'aide humanitaire stockée en Colombie, au Brésil et à Curaçao, au risque d'une épreuve de force avec l'armée fidèle à Nicolas Maduro.

Dans ce pays en pleine déliquescence économique, l'aide d'urgence est au coeur du bras de fer entre l'opposant Juan Guaido, reconnu président par intérim par une cinquantaine de pays, et le chef de l'Etat vénézuélien, pour qui son arrivée n'est qu'un prétexte pour une intervention militaire des Etats-Unis.

Samedi, plusieurs milliers de partisans de Juan Guaido, vêtus de t-shirts blancs et de foulards vert clair, se sont rassemblés à Los Cortijos, dans le nord-est de Caracas, pour s'inscrire sur des listes de volontaires prêts à participer à "l'avalanche humanitaire" réclamée par le chef du Parlement de 35 ans.

Selon lui, 600.000 personnes se sont déjà portés volontaires. Elles doivent se réunir dimanche dans les mairies pour recevoir leurs instructions.

Constitués en "caravanes", les volontaires se rendront jusqu'à la ville frontalière colombienne de Cucuta, à la frontière avec le Brésil, où deux centres de stockage sont installés dans l'Etat du Roraima, et au point d'arrivée de l'aide qui sera envoyée depuis l'île néerlandaise de Curaçao.

"Je me suis inscrit parce que l'aide humanitaire est urgente. Trouver des médicaments relève du miracle. J'ai besoin de prendre des cachets pour la tension et ceux qu'on trouve, je ne peux pas les payer. Un proche est mort, faute d'antibiotiques", a raconté à l'AFP Coromoto Crespo, volontaire de 58 ans.

Juan Guaido, qui promet que l'aide humanitaire entrera le 23 février "quoi qu'il arrive", a appelé à de nouvelles manifestations ce jour-là pour soutenir ces volontaires. "Tout un pays va être mobilisé pour dire au monde que nous allons rester dans la rue jusqu'à ce que cesse l'usurpation, que soient mis en oeuvre un gouvernement de transition et des élections libres", a-t-il lancé à ses partisans.

- Frontière "inviolable" -

Nicolas Maduro nie toute "urgence humanitaire". Il n'est donc pas question pour lui de laisser entrer l'aide, qui n'est que de la "nourriture pourrie", des "miettes".

Assurant que son gouvernement distribue de l'aide alimentaire à 6 millions de familles, il rejette la responsabilité des pénuries sur les sanctions américaines, dont Caracas évalue l'impact à 30 milliards de dollars par an sur l'économie vénézuélienne.

Le chef de l'Etat vénézuélien, qui bénéficie de l'appui de la hiérarchie militaire, a demandé à son armée de préparer un "plan spécial de déploiement" à la frontière colombienne, longue de 2.200 km. Il souhaite évaluer "quelles nouvelles forces" sont nécessaires pour que cette frontière "soit inviolable, imbattable, inexpugnable".

Juan Guaido, qui n'a jusqu'ici obtenu l'appui que d'une poignée d'officiers en rupture de ban, a lui réitéré son appel aux militaires pour qu'ils laissent passer l'aide humanitaire.

"A nouveau, un message pour l'armée: vous avez sept jours pour vous mettre du côté de la Constitution, faites ce qu'il faut", a-t-il lancé.

"Vos concitoyens fuient et meurent de faim. Vous commettez une terrible, terrible erreur en bloquant cette aide", a de son côté déclaré depuis Cucuta l'envoyée du département d'Etat américain, Julie Chung.

Des vivres et médicaments envoyés par les Etats-Unis à l'appel de Juan Guaido sont stockés à Cucuta depuis le 7 février, leur entrée étant bloquée au moyen de conteneurs déposés sur un pont frontalier par les autorités de Caracas.

- Réunion avec le "diable" -

Des dizaines de tonnes supplémentaires ont atterri samedi à Cucuta, acheminées par trois avions militaires américains, s'ajoutant au 2,5 tonnes arrivées vendredi depuis Porto Rico (territoire américain des Caraïbes).

Et lundi s'ouvrira le point de stockage du Roraima, où le gouvernement brésilien a prévu treize centres d'hébergement pour immigrés vénézuéliens. Le lendemain, un avion arrivera à Curaçao en provenance de Miami.

Si les Etats-Unis envoient de l'aide humanitaire, le président Donald Trump a affirmé à plusieurs reprises qu'il étudiait "toutes les options" pour régler la crise.

En plein bras de fer entre les deux pays, le chef de la diplomatie vénézuélienne, Jorge Arreaza, a indiqué samedi avoir participé à deux réunions secrètes à New York avec Elliot Abrams, l'envoyé spécial des Etats-Unis.

"Nous nous sommes écoutés, il y a eu des moments de tension. Il y a des divergences profondes, mais en même temps, il y a des préoccupations communes", a déclaré M. Arreaza. Une réunion avec "le diable" selon lui nécessaire pour "défendre la souveraineté du Venezuela et exiger du respect".

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