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Des milliers de Guinéens manifestent contre une "présidence à vie" d'Alpha Condé

Marche de femmes contre l'éventuel 3ème mandat d'Alpha Condé à Conakry le 23 octobre 2019.

Des milliers de Guinéens ont commencé à manifester jeudi à Conakry contre un éventuel troisième mandat du président Alpha Condé, confronté depuis deux semaines à une contestation qui a fait une dizaine de morts, a constaté un correspondant de l'AFP.

Une foule considérable - un million selon les organisateurs, chiffre invérifiable de source indépendante - a entamé une marche de plusieurs kilomètres aux cris de "Amoulanfe" ("ça ne passera pas" dans la langue locale) ou "A bas la dictature", sans heurts malgré une forte et discrète présence policière et le contexte de crise politique.

"Nous sommes fatigués des mensonges, des fausses promesses et surtout (du fait) qu'il (Alpha Condé) ne soit plus en mesure de répondre aux attentes de la population. Alors 10 ans, ça suffit", disait Souleymane Kamagathe, boulanger, au milieu de cette masse humaine bruyante progressant dans la chaleur vers le stade du 18-Septembre, destination de la marche.

La Guinée, petit pays de 13 millions d'habitants, pauvre malgré d'importantes ressources minières, est en proie depuis le 14 octobre à une intense contestation. Au moins huit manifestants (dix selon l'opposition) et un gendarme ont été tués, des dizaines d'autres blessés, des dizaines encore arrêtés et jugés.

Cinq dirigeants du Front national pour la défense de la Constitution (FNDC), qui initie le mouvement, ont été condamnés mardi à des peines allant de six mois à un an de prison ferme.

Les défenseurs des droits humains dénoncent une répression visant à faire taire l'opposition. Après une évolution encourageante, ils rapportent une régression des droits ces derniers mois et une interdiction de fait de toute manifestation depuis juillet 2018.

Le FNDC, coalition de partis d'opposition, de syndicats et de membres de la société civile, a appelé à marcher "contre la présidence à vie" dans la capitale et ailleurs dans le pays. Il est résolu à faire barrage au projet prêté au président de briguer sa propre succession en 2020 et de changer à cette fin la Constitution, qui l'empêche de concourir à un troisième mandat.

Les tensions font redouter une escalade dans un pays coutumier des manifestations et des répressions violentes. La communauté internationale inquiète a appelé au dialogue et au respect des droits.

Dans un apparent souci de réduire la pression, le gouvernement a autorisé la marche de jeudi, tout comme un rassemblement de femmes la veille. Mais il a validé un parcours éloigné des lieux du pouvoir.

- Opposition "putschiste" -

Nombre de manifestants se sont vêtus de rouge, symbolisant selon le FNDC le sang des manifestants tués la semaine passée, la colère contre les arrestations et le refus d'un changement de Constitution.

"Alpha Condé nous a fait rêver", dit Dalanda Barry, médecin, "il nous a promis la terre et le ciel. Il est fatigué, il est temps qu'il parte pour réduire un peu le taux de corruption".

"Justice pour les jeunes du FNDC" et "vive la démocratie, pour une alternance pacifique", scande la foule.

La personne d'Alpha Condé est au cœur de l'agitation. Opposant historique qui connut l'exil et la prison, il a été le premier président démocratiquement élu en 2010, réélu en 2015. Son avènement a marqué l'instauration d'un gouvernement civil après des décennies de régimes autoritaires et militaires.

L'opposition dénonce une dérive "dictatoriale" de sa part, à, l'instar de maints leaders africains.

A 81 ans, M. Condé ne confirme ni n'infirme les intentions qu'on lui attribue.

Dans un entretien accordé au quotidien français le Monde, il entretient le doute à la fois sur une révision de la Constitution, la possibilité d'un référendum et sur ses plans personnels.

La question d'une candidature en 2020 "ne se pose pas pour le moment tant que je n'ai pas fini mon mandat", dit-il. Quant à l'opposition, elle "a toujours été putschiste".

Aucune sortie de crise n'est en vue. "Nous allons continuer à organiser ces manifestations de protestation pour exiger la libération de nos collègues incarcérés et le renoncement par Monsieur Alpha Condé à ce troisième mandat", a promis un des chefs de l'opposition, Cellou Dalein Diallo, dans la marche.

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Nouvelle mobilisation anti-Condé à Conakry

Nouvelle mobilisation anti-Condé à Conakry
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Nouvelle grande manifestation contre le président Condé

Manifestations à Conakry en Guinée le 24 octobre 2019.

Les Guinéens ont à nouveau manifesté en masse mardi à Conakry et en province contre un éventuel troisième mandat du président Alpha Condé, a constaté un journaliste de l'AFP.

Un responsable de l'opposition a chiffré à un million le nombre de personnes ayant marché dans la capitale à l'appel du Front national de défense de la Constitution (FNDC), qui mène depuis le 14 octobre la contestation contre l'ambition prêtée à Alpha Condé de modifier la loi fondamentale afin de briguer un troisième mandat l'an prochain.

Bien que les marches soient impressionnantes, de tels chiffres se sont révélés invérifiables depuis le début du mouvement.

Des témoins ont également rapporté la mobilisation de milliers de personnes dans les villes de Mamou et Dalaba (centre) et Labé (nord).

Aucun incident significatif n'a été rapporté, alors que les protestations ont été brutalement réprimées à plusieurs reprises. Au moins 20 civils ont été tués depuis le 14 octobre, ainsi qu'un gendarme. Des dizaines de personnes ont été arrêtées.

"Aujourd'hui, nos pensées (vont) vers nos morts, vers nos amis qui sont (devant) les tribunaux", a déclaré à Conakry le coordinateur national du FNDC, Abdourahmane Sanoh, lui-même sorti récemment de prison en attendant une décision en appel après avoir été condamné à de la prison ferme en première instance.

La Guinée, ancienne colonie française d'Afrique de l'Ouest coutumière des protestations et des répressions brutales, est en proie à l'agitation depuis que le FNDC a appelé à faire barrage au projet prêté à M. Condé, élu en 2010 et réélu en 2015, de briguer sa propre succession en 2020 et de réviser la Constitution, qui limite à deux le nombre de mandats présidentiels.

A 81 ans, M. Condé, ancien opposant historique qui fut le premier président démocratiquement élu après des décennies de régimes autoritaires et militaires, entretient le flou sur ses intentions, mais a lancé en septembre des consultations sur la Constitution.

Procès des instigateurs de la contestation : la justice reporte son jugement

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Procès des instigateurs de la contestation Guinée: la justice reporte son jugement

Les membres du FNDC avant leur libération à Conakry, Guinée, le 28 novemvre 2019. (VOA/Zakaria Camara)

La justice guinéenne a reporté jeudi son jugement dans le procès de dix responsables d'opposition à l'origine de manifestations monstre contre un éventuel troisième mandat du président Alpha Condé, le temps que la Cour constitutionnelle examine la validité des poursuites.

Le président de la cour d'appel de Conakry a décidé de demander à la plus haute juridiction du pays de se prononcer sur la "constitutionnalité" des poursuites, c'est-à-dire de dire si les articles du code pénal sur lesquels elles se fondent ne contredisent pas la Constitution, qui garantit la liberté de manifester.

"Je ne juge pas avant que la cour constitutionnelle se prononce", a dit le juge Mangadouba Sow, en accédant à une demande des avocats de la défense.

L'annonce du report a été saluée par des cris de joie dans les rangs du public. Car elle signifie que les prévenus, remis en liberté provisoire la semaine dernière après un mois de détention, ne retournent pas pour l'instant en prison, a expliqué l'un de leurs avocats, Hamidou Barry.

"C'est toujours un plaisir de repartir avec son homme à la maison dans des situations pareilles où, pour un oui ou pour un non, on se retrouve en prison", a déclaré à l'AFP Asmaou Barry Diallo, l'épouse d'un des accusés.

Ces opposants affiliés au Front national pour la défense de la Constitution (FNDC), dont leur coordonnateur national Abdourahamane Sanoh, avaient été reconnus coupables fin octobre d'avoir causé des troubles graves en appelant à manifester et à paralyser l'économie à partir du 14 octobre pour faire obstacle à un éventuel troisième mandat du président Condé en 2020.

Condamnés à des peines allant de 6 mois à deux ans ferme, ils avaient fait appel.

Le FNDC est parvenu à mobiliser à plusieurs reprises des foules de manifestants qui ont envahi les rues des quartiers périphériques de Conakry, fiefs de l'opposition. La prochaine manifestation est prévue le 10 décembre.

Les protestations ont à différentes reprises été brutalement réprimées. Au moins 20 civils ont été tués depuis le 14 octobre, ainsi qu'un gendarme.

La Guinée, ancienne colonie française d'Afrique de l'Ouest coutumière des protestations et des répressions brutales, est en proie à l'agitation depuis que le FNDC a appelé à faire barrage au projet prêté à M. Condé, élu en 2010 et réélu en 2015, de briguer sa propre succession en 2020 et de réviser la Constitution, qui limite à deux le nombre de mandats présidentiels.

A 81 ans, M. Condé, ancien opposant historique qui fut le premier président démocratiquement élu après des décennies de régimes autoritaires et militaires, entretient le flou sur ses intentions, mais a lancé en septembre des consultations sur la Constitution.

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