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Tchad

Des milliers d'employés de Tigo Millicom entament leur deuxième semaine de grève

Vue du personnel de Tigo réunion en sit-in dans les locaux de leur entreprise, le 1er avril 2019. (VOA/André Kodmadjingar)

Plus de 3000 agents de la société de Telecom entament leur deuxième semaine de grève sèche et illimitée pour exiger le paiement intégral de leurs droits sociaux.Tigo Millicom vient d’être rachetée par Maroc télécom. Une vente qui, selon les employés, n’a pas respecté la procédure.

La convention d’entreprise a ete signée entre la direction de ladite société et les représentants du syndicat des employés en 2016.

Ces employés disent être informés, le 14 mars 2019, de l'achat du groupe Millicom Tigo Tchad par Telecom Maroc.

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Or, selon la loi en vigueur, en cas de vente d’une entreprise, les employés doivent être informés au moins deux mois à l’avance. Mécontents, les employés ont cessé toutes leurs activités le 25 mars dernier pour exiger l’application de la convention d’entreprise signée en 2016 entre les responsables syndicaux et ceux de la direction générale de Tigo.

La convention garantit leurs acquis sociaux en cas de vente de la société.

Au micro de VOA Afrique, quelques employés expriment leurs mécontentements : "Il y a eu des manœuvres dilatoires nous disant que ce n’est pas une vente donc il n’y a pas exécution de notre convention", explique un employé.

Malloumi Moustapha Abakar, chargé de communication et relation publique de Tigo, N'Djamena, le 31 mars 2019. (VOA/André Kodmadjingar)
Malloumi Moustapha Abakar, chargé de communication et relation publique de Tigo, N'Djamena, le 31 mars 2019. (VOA/André Kodmadjingar)

Pour le chargé de communication et relation publique de Millicom Tigo Tchad, Malloumi Moustapha Abakar, les négociations sont en cours et assure que le droit de tous les employés sera protégé.

"Tigo est une compagnie respectueuse des lois du pays dans lequel elle opère. Tigo a toujours placé ses employés au cœur de ses préoccupations, donc la direction générale est en train d’étudier ces doléances et nous espérons que pour le bonheur de tout le monde, une solution sera trouvée à l’amiable. Nous avons eu des garanties de Télécom Maroc que rien ne change. Ce qui va changer c’est la stratégie mais le reste va être sans changement, les gens vont être reconduits normalement".

Gounoug Vaïma Ganfaré, secrétaire-général de l'UST, à N'Djamena, le 31 mars 2019. (VOA/André Kodmadjingar)
Gounoug Vaïma Ganfaré, secrétaire-général de l'UST, à N'Djamena, le 31 mars 2019. (VOA/André Kodmadjingar)

Le secrétaire général de l’Union des syndicats du Tchad, Gounoug Vaïma Ganfaré, estime qu’il n’y a rien à négocier avec les employés. Il suffit simplement d’appliquer la convention.

"La direction de Tigo est en train de faire un peu du dilatoire. Nous oeuvrons simplement pour l’application de la convention. Parce que s’il y a vente, chacun des travailleurs peut aller là où il veut, mais ceux qui vont rester, il faut leur garantir au moins deux ans. D’abord dans un premier temps ils disent qu’il n’y a pas vente. Donc sur ce plan précis Tigo est en porte-à-faux. Elle n’a pas respecté la procédure. Normalement les travailleurs devaient même demander des dommages et intérêts. Il y a rien à négocier, tout a été prévu dans la convention. On ne négocie que quand quelque chose n’est pas prévu".

Installée au Tchad depuis 2005, Millicom Tigo est l’une des sociétés qui contribuent le plus à la réduction du taux de chômage des jeunes diplômés sans emploi.

L'entreprise est asphyxiée par des taxes exorbitantes. Les restrictions de l’accès du réseau internet imposé à tous les opérateurs de téléphonie mobile par le gouvernement tchadien depuis un an ont fait baisser considérablement son chiffre d’affaires.

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Une attaque de Boko Haram fait 10 victimes parmi des civils tchadiens

Des soldats tchadiens sur des chars lors de leur retour du Niger voisin où ils combattaient le mouvement islamiste Boko Haram, à N’Djamena, 11 décembre 2015. / AFP PHOTO / BRHAIM ADJI

Au moins dix civils ont été tués et sept autres enlevés vendredi au Tchad dans une attaque attribuée au groupe jihadiste Boko Haram par un officier de l'armée et le préfet local.

"Vers trois heures du matin, les éléments de Boko Haram ont attaqué Tenana, tuant deux femmes et huit hommes" de ce village de la région du Lac, une zone frontalière du Nigeria, du Niger et du Cameroun, a dit à l'AFP un officier sous couvert de l'anonymat.

"Ils ont enlevé sept hommes, pillé et brûlé le village avant de se retirer", a ajouté la même source.

Selon le site d'informations Tchad Infos, l'attaque a eu lieu dans la localité de Tinana. Les assaillants auraient aussi enlevé deux jeunes femmes, selon le site.

Dans cette région marécageuse parsemée d'îlots où les jihadistes avaient trouvé refuge, l'armée tchadienne avait déclenché en avril une vaste offensive contre Boko Haram après la mort de 98 soldats dans l'attaque d'une de ses bases à Bohoma.

Le préfet de Fouli, Yacoub Mahamat Seitchimi, a confirmé l'attaque de vendredi et son bilan sans donner plus de détails.

"J’ai envoyé le sous-préfet et le commandant de la gendarmerie, ils sont allés compatir avec les familles endeuillées", a-t-il dit.

"Il s'agit des enfants de la localité mécontents qui s'attaquent à leurs propres parents", a-t-il ajouté.

Contacté par l'AFP, le ministre de la Communication, Mahamat Zene Cherif, n'a pas confirmé l'attaque, affirmant qu'il était lui-même en train de "recouper ses informations".

Après l'offensive d'avril, qui avait conduit les troupes tchadiennes à se déployer jusqu'au Niger et au Nigeria, le président Idriss Déby Itno, qui aura en décembre passé 30 ans au pouvoir, avait affirmé qu'il n'y avait "plus un seul jihadiste sur l'ensemble de la zone insulaire".

Mais le 9 juillet, un véhicule de l'armée avait sauté sur une mine artisanale à Kalam, ce qui avait provoqué la mort d'au moins huit soldats tchadiens dans une attaque également attribuée à Boko Haram.

Les avocats des officiers tchadiens condamnés dans une affaire de trafic de drogue dénoncent un vice de procédure

Palais de justice de N'Djamena, 11 trafiquants de drogue sont condamnés de 5 à 10 de prison, le 11 janvier 2018. (VOA/André Kodmadjingar)

Au Tchad, 11 personnes ont été condamnées pour trafic de drogue à des peines allant de 5 à 10 ans par le tribunal de grande instance de N’Djamena. Le collectif d’avocat des prévenus dénonce une procédure entachée d’irrégularités.

L’affaire remonte à janvier 2020, quand un véhicule allant vers la Libye est intercepté par les services de sécurité. A bord, les agents trouvent une importante quantité de cartons de tramadol et un antidouleur utilisé comme drogue dans plusieurs pays africains.

Des procédures sont engagées contre ces présumés trafiquants. Ils sont poursuivis pour délit de trafic de drogue, détention illégale d’arme, faux et usage de faux.

D'autres personnes sont aussi poursuivies pour complicité de trafic de drogue, blanchissement d’argent et tentative de corruption.

Six ont écopé de 10 ans de prison ferme et quatre sont condamnés à 5 ans de prison dont un avec sursis pour des raisons de santé. Certains sont condamnés à payer des amendes lourdes.

Un général, deux colonels et un responsable de l'ANS

Un général de l'armée tchadienne, deux colonels et un responsable de l'Agence nationale de sécurité (ANS, services de renseignement) font partie des personnes condamnées à 10 ans de prison.

Maitre Alain Kagombé, l’un des avocats des prévenus à N'Djamena, le 20 juillet 2020. ((VOA/André Kodmadjingar)
Maitre Alain Kagombé, l’un des avocats des prévenus à N'Djamena, le 20 juillet 2020. ((VOA/André Kodmadjingar)


"C’est une distribution des peines qui est extrêmement décevante. Elle est décevante et nous a semblé que le tribunal a répondu à l’attente publique. C’est une décision beaucoup plus politique que juridique. C’est sans surprise", a déclaré Maitre Alain Kagombé, l’un des avocats des prévenus.

Il informe avoir a déjà fait appel et se dit prêt à aller jusqu’à la Cour d’appel, voire à la Cour suprême.

"Beaucoup d’innocents ont été injustement condamnés", déplore le juriste.

"Une parodie de justice"

Maitre Max Loalngar, président de la Ligue tchadienne des droits de l’homme, avocat au barreau du Tchad qui défendait aussi les prévenus, a claqué la porte au début de la procédure.

"Nous avions dès l’entame de la procédure soulevé les exceptions qui tenaient donc à la garantie d’un procès équitable. Malheureusement, ces exceptions ont été rejetées non pas parce qu’elles n’étaient pas fondées mais uniquement parce que les gens voulaient coûte que coûte faire un procès pour donner je ne sais quel exemple", a indiqué Max Loalngar. Il estime que "c’est une parodie de justice".

A l’audience, le procureur de la République avait déclaré que l’un des prévenus a tenté de le corrompre avec une somme d’un milliard de francs CFA pour que le dossier soit classé sans suite. "Je suis à ma 17e année de service et je n’ai jamais accepté des pots de vin venant de qui que ça soit", a déclaré Youssouf Tom, indigné.

La juridiction a ordonné la confiscation du véhicule servant le transport de ces drogues et les armes utilisées par les trafiquants, ainsi que la mise sous scellé d’une somme de 600 millions de francs CFA, correspondant à une partie de la somme destinée à corrompre les autorités judiciaires pour le classement du dossier au profit de l’état.

Selon nos informations, 24 heures seulement après leur condamnation, ils ont été transportés vers la prison de haute sécurité de Korotoro dans le Nord.

Les salaires des fonctionnaires tchadiens coupés en 2016 seront enfin versés

Les fonctionnaires tchadiens revendiquant leurs salaires coupés dans la rue de N'Djamena, le 30 mai 2018. (VOA/André Kodmadjingar)

La décision est accueillie de manière mitigée par les syndicats et fonctionnaires de l’Etat. 

Le gouvernement du Tchad informe les salariés du secteur public que d’ici le 25 juillet, les dispositions du protocole d’accord signé avec les partenaires sociaux vont être appliquées intégralement. Ces points concernent les salaires coupés en 2016 pour faire face à une grave crise économique et financière. La décision est accueillie de manière mitigée par les syndicats et fonctionnaires de l’Etat.

Il s’agit de l’augmentation additionnelle de 15% des AGS (augmentation générale spécifique) pour les porter à 100% et celle des primes et indemnités de 20% pour les porter à 85%. Les 15% restants doivent être payés en janvier 2021.

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Avec ce remboursement, le fonctionnaire tchadien retrouvera son salaire initial coupé en 2016 et non une augmentation de salaire comme beaucoup le pensent, explique le porte-parole de la plateforme syndicale revendicative Barka Michel.

Pour lui, "c’est déjà bien" d'avoir rétabli les AGS, les primes et indemnités à hauteur de 85%".

Barka Michel, porte-parole de la plateforme syndicale à N'Djamena, le 20 juillet 2020. (VOA/André Kodmadjingar)
Barka Michel, porte-parole de la plateforme syndicale à N'Djamena, le 20 juillet 2020. (VOA/André Kodmadjingar)


"Mais ce n’est pas tous les fonctionnaires qui ont des indemnités, donc notre problème reste entier", a-t-il ajouté. Barka Michel souhaite par ailleurs que les avancements et les reclassements, ainsi que les frais de déplacements des fonctionnaires soient pris en compte. "Sinon, les travailleurs ne sont pas totalement satisfaits", a-t-il précisé.

La majorité des fonctionnaires concernés par les coupes des AGS, primes et indemnités sont du secteur de la santé et de l’éducation nationale.

Le président du Syndicat des Travailleurs Sociaux et de la Santé Younous Mahadjir estime que même avec le remboursement de ces primes et indemnités à 85%, les agents de la santé n’auront pas encore leur salaire normal.

Les agents de santé n'auront leur salaire normal que lorsqu’ils auront le reste de 15% des indemnités en 2021. Il déplore que le gouvernement restitue le salaire coupé mais oublie tout ce que les travailleurs avaient perdu depuis 2016.

Younous Mahadjir informe que "le problème sera posé au moment de la négociation du pacte social avec le gouvernement pour que cela soit considéré comme des arriérés qui doivent être très rapidement remboursés aux ayants droit".

En respectant l’esprit du protocole d’accord signé en janvier dernier avec les partenaires sociaux, le gouvernement est conscient de la situation des travailleurs, a déclaré le secrétaire général de la Confédération Libre des Travailleurs du Tchad, Brahim Ben Seid, un syndicat proche du parti au pouvoir.

Brahim Ben Seid, secrétaire général de la CLTT à N'Djamena, le 20 juillet 2020. (VOA/André Kodmadjingar)
Brahim Ben Seid, secrétaire général de la CLTT à N'Djamena, le 20 juillet 2020. (VOA/André Kodmadjingar)


"Le fait que le gouvernement applique le protocole d’accord qu’il a signé avec les syndicats malgré les dépenses sécuritaires et pour la lutte contre le coronavirus, est un acte de bonne foi qui peut permettre aux partenaires sociaux de signer le pacte social en cours", a déclaré Brahim Ben Seid.

Selon lui, "c’est la vie des gens et le gouvernement en est déjà conscient et il est en train d’améliorer les conditions de vie pour que le rendement des travailleurs soit plus important encore".

Les fonctionnaires se disent satisfaits mais recommandent le paiement des frais de transport de 2016 et 2019 et la levée du gel des effets financiers.

"Le gouvernement sait que cet argent a été coupé injustement, donc aujourd’hui, s’il nous ramène, cela montre aussi la bonne volonté du gouvernement. Mais il reste encore d’autres termes de l’accord qui n’ont pas été exécutés", a indiqué un fonctionnaire rencontré à la Bourse du travail.

Un autre enseignant indique que "la vieillesse n’attend pas et donc il faut qu’il y soit d’avancement pour préparer nos retraites".

Le Syndicat des enseignants du Tchad prend acte du remboursement pour permettre l’organisation des examens et concours de l’année en cours.

Mais d’après Ngartoidé Blaise, secrétaire général du SET, l’année scolaire est hypothéquée si les autres points comme la levée de gel des effets financiers, le paiement de frais de transports et celui des indemnités de commission administratives paritaires ne sont pas prise en compte. Ces indemnités n’ont pas été payées depuis 4 ans.

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Une ONG tchadienne parle de "crime de guerre" suite à la mort de 44 détenus à N’Djamena

Les parents des victimes (44 prisonniers mort en prison) réclament justice, N’Djamena, Tchad, le 22 juillet 2020. (VOA/André Kodmadjingar)

Les autorités tchadiennes affirment que 44 prisonniers soupçonnés d'être membres de Boko Haram se sont tous suicidés, mais une ONG dit que ce n'est pas vrai.

La Ligue tchadienne des droits de l’Homme (LTDH) a publié le rapport « 44 civils, victimes d’exécutions sommaires et extra-judiciaires à N’Djamena ». C'est la conclusion d’une enquête sur la mort en prison, le 16 avril, de 44 présumés éléments de la secte Boko Haram. C'était dans la légion de la gendarmerie n°10 de N’Djamena, la capitale.

Le rapport de la LTDH, d’une quarantaine de pages, précise que 70 prisonniers, soupçonnés d'appartenir à Boko Haram, avaient été appréhendés le 13 avril à Baga Sola, dans la province du Lac.

Les défenseurs des droits humains dénoncent la morts des prisonniers à N'Djamena
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Le document précise que les autorités n’avaient nullement fait mention des prisonniers de guerre dans leur bilan du 8 mai, après l’opération "Colère de Bohoma".

Le 14 avril, les 70 prisonniers avaient été transférés à N’Djamena, mais selon le mouvement, le procureur de la République n’en avait déchargé que 58.

Douze d’entre eux manquaient également à l’appel. Deux jours plus tard, 44 sur les 58 ont péri en prison. Les autorités avaient évoqué un suicide collectif lié à la consommation des substances létales.

"Le rapport que nous présentons établit formellement qu’il n’en est rien. Non seulement il ne s’agissait pas d’un suicide, mais ces personnes n’étaient nullement membres de la secte Boko Haram. Le rapport conclut que c’est un assassinat de masse sans écarter la qualification de crime de guerre", a déclaré Maître Max Loalngar, président de la Ligue tchadienne des droits de l’homme.

Pour lui, ces prisonniers sont morts de soif et de maltraitance: "à la veille du drame, il a fallu attendre 16 heures pour qu’une bouteille d’eau soit jetée à travers les persiennes et à 18 heures une fumée noire appâterait dans la cellule et les uns toussaient, les autres criaient". Il informe que les survivants interrogés au moment de l’enquête confirment qu’à minuit leurs 44 amis avaient cessé de vivre.

Pour Djmet Arabi, ministre de la Justice, si le gouvernement avait "une mauvaise intention", ces présumés terroristes "allaient être exécutés sur le terrain loin des témoins". Il indique que le gouvernement attend la conclusion de l’enquête de la convention nationale des droits de l’homme pour se prononcer.

"Au niveau du gouvernement je ne pense pas qu’on puisse répondre à ces genres de mensonge. Parce que ces gens sont arrêtés sur le terrain et ont été confiés à la justice comme étant membres actifs de boko haram pour être jugés", a-t-il fait remarquer.

Les parents des victimes clament l’innocence de 44 prisonniers morts en prison et les 12 personnes portées disparues. Ils exigent que justice soit rendue ainsi que la libération des 14 rescapés déportés à Korotoro. La LTDH plaide pour qu’une enquête internationale soit diligentée sur cette affaire.

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