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Tchad

Le chef d'état major des armées remplacé dans un contexte sécuritaire tendu

Arrestation de militaire au Tchad (VOA/André Kodmadjingar)

Le chef d'état major général des armées tchadiennes, en poste depuis six ans, a été remplacé vendredi soir par le président Idriss Deby, moins de 24 heures après une attaque de Boko Haram dans le sud-ouest du pays qui a fait 23 morts dans les rangs de l'armée.

Par décret présidentiel, le chef de l'Etat a procédé vendredi à plusieurs changements à la tête de l'appareil sécuritaire. Le chef d'état major des armées, Brahim Seid Mahamat, a été remercié, après six ans de service.

Il est remplacé par Taher Erda qui était jusque là chef d'état major de l'armée de terre.

Egalement ancien directeur de la police nationale, M. Erda est un très proche du président Deby, avec qui il a combattu à ses côtés avant son accession au pouvoir en 1990.

Aucune explication n'a été donnée mais ce décret intervient alors que 23 soldats tchadiens ont été tués dans la nuit de jeudi à vendredi au cours d'une attaque du groupe djihadiste nigérian Boko Haram dans le sud-ouest du Tchad.

Il s'agit de l'une des attaques les plus meurtrières essuyées par l'armée de N'Djamena depuis le début de la lutte contre les islamistes.

La réorganisation des services de sécurité touche également le cabinet militaire de la présidence.

Un général originaire du Tibesti (région du nord-est du Tchad), a notamment été nommé conseiller du chef de l'Etat chargé de la Défense nationale.

Depuis plusieurs mois, l'armée est déployée dans cette région, théâtre d'affrontements récurrents entre des orpailleurs et l'armée.

Par ailleurs, le Président Déby a également suspendu vendredi le chef d'État Major de l'armée de l'air et son adjoint.

Une annonce qui fait suite à la découverte vendredi des débris d'un hélicoptère de l'armée, qui avait disparu il y a plus d'une semaine, dans le nord du pays. Le crash, dont les causes font l'objet d'une enquête, a fait quatre morts.

Immense pays s'étendant de l'Afrique centrale à la bande sahélo-saharienne, le Tchad, allié des pays occidentaux dans la lutte anti-jdihadiste, est confronté à des défis militaires à chacune de ses frontières.

Le nord du Tchad, frontalier du Soudan, de la Libye et du Niger, est une région volatile du Sahel, désertique et peu habitée. Plusieurs groupes rebelles tchadiens ont établi leur base dans le sud libyen voisin.

Fin janvier, des rebelles tchadiens sont entrés depuis la Libye dans le nord-est du Tchad. Des frappes françaises ont stoppé l'avancée de la colonne.

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L’opposant Saleh Kebzabo a tenu le 6ème congrès de son parti à N’Djamena

Saleh Kebzabo, chef de file de l'opposition tchadienne et député, le 21 juin 2017. (VOA/André Kodmadjingar)

Au Tchad, le 6e Congrès du parti Union nationale pour le développement et le renouveau de l’opposant Saleh Kebzabo, interdit à Mongo (province du Guera et fief du cacique du MPS) s’est tenu du 16 au 17 avril à N’Djamena.

Une messe politique qui s’est tenue au moment où Saleh Kezabo s’est vu arracher le statut du chef de l’opposition tchadienne. Il crie au complot politique.

"Il faut que la loi soit respectée, c’est même Déby qui a signé cette ordonnance, il ne peut pas ne pas l’avoir lue. Je dis haut et fort que le complot ne passera pas. Chef de l’opposition que je suis, je le resterais de par la loi", a déclaré M. Kebzabo

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Saleh Kebzabo, président de l’UNDR. Il brandit ainsi l’ordonnance 40 sur le statut de l’opposition démocratique au Tchad signée le 30 août 2018 qui dispose que le mandat du chef de l’opposition démocratique couvre toute la durée de la législature.

Un de ses députés a démissionné et le secrétariat général du gouvernement a saisi la cour suprême par une requête d’interprétation du même texte. La Cour a estimé que la requête est fondée, et le statut du chef de l’opposition lui est retiré.

Pour le juriste indépendant et enseignant chercheur à l’école nationale d’administration Dr Sitack Yombatina Beni, c’est un règlement de compte politique. Car, la loi n’est pas rétroactive.

"Même si un député a quitté, nous sommes toujours dans la même législature, on devait attendre qu’il y ait une nouvelle législature pour pouvoir faire appliquer un texte parce que le texte ne dispose que pour l’avenir.", explique-t-il.

"Cette ordonnance qui a été signée le 30 août 2018 ne peut pas abroger toutes les dispositions de la législature de 2011 qui a désigné un chef de l’opposition. Alors soit les gens sont de mauvaise foi, ou alors ce n’est plus le droit que nous connaissons", poursuit-il.

"Deuxième chose, comment un parti politique digne de ce nom peut passer toutes sa vie, 30 ans à combattre une seul parti politique, comme si son programme politique n’était que l’UNDR. Est-ce que le MPS n’a pas quelque chose de consistant à proposer au peuple tchadien. Et ça ce n’est pas digne d’un parti politique qui prétend créer les conditions de la démocratie et surtout le pluralisme politique", conclut-il.

Autres faits marquants, c’est l’arrestation et la détention de l’opposant Equato-guinéen Andréas Essono Ondo à la direction générale de l’ANS, alors qu’il est l’invité d’honneur du congrès de l’UNDR.

Selon des informations non confirmées par N’Djamena, les autorités de son pays auraient publié un communiqué l’accusant d’être venu au Tchad pour acheter des armes et recruter des terroristes avec l’appui de Saleh Kebzabo. Sa réaction ne s’est fait pas attendre.

"Je ne comprends pas pourquoi Obiang Nguema est au pouvoir depuis 35 ans. Ce comme ça qu’il règne par la terreur, par le mensonge, par les crimes et les assassinats, par les emprisonnements, par les atteintes aux droits et il veut nous imposer ici au Tchad, ça ne passera pas".

Nos multiples tentatives pour avoir la version officielle du gouvernement tchadien sur cette arrestation sont sans succès. Toutefois les militants de l’UNDR exigent sa libération immédiate.

Alors que l’UNDR a été interdit de tenir ces assises à Mongo pour des mesures de sécurité, le parti au pouvoir organise des meetings populaires dans la province du Guéra et s’activent à inaugurer son siège provincial dans les mêmes conditions d’insécurité.

Le sommet de la Cen-Sad se penche sur le Soudan et la Libye

Les Chefs d'Etat et de gouvernement de la Cen-Sad à N'Djamena, le 13 avril 2019. (VOA/André Kodmadjingar)

Le sommet extraordinaire des chefs d’Etat et de gouvernement de la communauté des Etats Sahélo-Sahariens Cen-Sad s’est tenu le 13 avril 2019 à N’Djamena. Quatre chefs d’Etat sur 24 Etats africains ont discuté de la situation sécuritaire au Soudan et en Libye.

La conférence extraordinaire de N’Djamena vise à réactiver l’organisation en lui donnant un souffle nouveau à travers l’entrée en vigueur de son traité révisé.

La dernière rencontre des chefs d’Etat de l’espace Sahélo-Saharien date de 2013.

Sommet extraordinaire des États membres de la Cen-Sad
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La rencontre s’est tenue sans le président Soudanais contraint à la démission par son peuple et le président du conseil national de transition libyenne dont le pays abrite le siège de la Cen-Sad.

Cela n’a pas empêché les autres chefs d’Etats et de gouvernement d’adopter une déclaration commune par rapport à la situation de crise que traversent ces pays.

"La conférence lance à toutes les parties libyennes un appel à observer un cessez le feu immédiat, à relancer le dialogue national et à se conformer au plan d’action pour la Libye des Nations Unies et à l’initiative africaine sur la Lybie de l’union africaine", a confié Kamissa Camara, cheffe de la diplomatie malienne.​

"La conférence appelle à l’arrêt immédiat du bombardement sur la capitale Tripoli. La conférence a exprimé sa préoccupation face à la situation au Soudan et lance un appel à tous les acteurs politiques à privilégier le dialogue et la concertation en vue de l’instauration d’une transition pacifique consensuelle et au retour à l’ordre constitutionnel dans un délai raisonnable."

Pour Dobian Assingar, président d’honneur de la ligue tchadienne des droits de l’homme, ​"les chefs d’Etat tordent le coup à la Constitution et à leurs propres lois, ils organisent des élections qui ne perdent jamais", expliquant que "le peuple en a marre, il s’est exprimer au Soudan parce que le pouvoir appartient d’abord au peuple, il a récupéré son pouvoir, il en fera ce qu’il veut".

Dodian Assingar estime par ailleurs que la situation en Libye dépasse le cadre de la Cen-Sad.

"Ce n’est pas la petite Cen-Sad là qui va faire quelque chose pendant que l’ONU est en train de tenir des réunions pour statuer sur le cas de la Libye. Eux-mêmes ils ont dit que c’est depuis 2013 la Cen-Sad ne s’est pas réunie", explique Dodian Assingar​.

"Alors vous attendez 6 ans après quand ça brûle et qu’il y a une grosse flamme c’est maintenant que vous demandez à ce que les gens se réunissent rapidement et qu’ils puissent aller aux élections libres ? Quand il y a une flamme ou un incendie quelque part et que le vent souffle, ça risque de venir chez les voisins donc c’est normal que ces voisins soient apeurés".

Abdéramane Djasnabaille, ambassadeur de la paix auprès de la Francophonie à N'Djamena, le 13 avril 2019. (VOA/André Kodmadjingar)
Abdéramane Djasnabaille, ambassadeur de la paix auprès de la Francophonie à N'Djamena, le 13 avril 2019. (VOA/André Kodmadjingar)

Abdéramane Djasnabaille, ambassadeur de la paix auprès de la francophonie, se félicite plutôt de ces résolutions qui selon lui, vont contribuer à l’apaisement de la situation dans les deux pays.

"La Cen-Sad seule ne peut pas régler la situation mais va y contribuer d’une manière efficace. La Libye se trouve dans une situation de combat et au niveau du Soudan, la situation évolue de jour en jour. Il y a un dialogue qui est installé et la proposition de la Cen-Sad vient renforcer cette position".

Compte tenu de l’insécurité en Libye, le sommet a décidé de la délocalisation du siège de la CEN-SAD provisoirement à N’Djamena et le président Déby reste aux commandes jusqu’à la mise en place prochaine du secrétariat de la l’organisation.

La Compagnie sucrière du Tchad menacée de fermeture

Extrait d'une présentation de la La Compagnie sucrière du Tchad. (Youtube/SOMDIAA)

La Compagnie sucrière du Tchad, une usine de production du sucre installé à Sarh, menace de fermer ses portes à cause du sucre importé frauduleusement et la mévente de ses propres produits. Plus de 2000 employés sont menacés de chômage.

La Compagnie sucrière du Tchad (CST) est soumise à une concurrence déloyale. Le sucre en provenance du Soudan et autres pays étrangers inonde le marché national et se vend moins chère que le sucre produit localement.

Depuis août 2018, elle n’arrive plus à faire écouler son produit bien que les autorités aient pris un arrêté en janvier 2019, portant interdiction de la commercialisation du sucre importé.

Les commerçants que certains accusent d'être au-dessus de la loi continuent d’importer et vendre sur le territoire tchadien sans être inquiétés. Les employés de la CST -qui courent un risque d’être mis en chômage d’ici peu- dénoncent cette situation.

"Ce que la CST donne comme toutes taxes confondues sont évalués à 6 milliards et qui sont injectés dans le tissu économique du Moyen Chari. Si aujourd’hui cela n’existe pas, que deviendra la région?", s'interroge un employé.

"L’entreprise à des écoles communautaires et ces enseignants-là, où est ce qu’ils vont ? Le gouvernement parle de la création des entreprises pour absorber les jeunes chômeurs, pourtant il y a des entreprises sur place qui ne sont pas protégées", ajoute-t-il.

La CST est le seul poumon de l’économie dans la région, selon lui.

Pour Ralina Dapsia, chef de service Labo, Usine de la CST/Banda, c’est le manque de l’autorité de l’Etat qui a occasionné cette crise.

Si rien n’est fait, pour stopper l’importation frauduleuse du sucre, la fermeture de cette entreprise aura un impact sur les employés et sur toute la province du moyen Chari.

"Le sucre qui vient du Soudan est fabriqué par les Soudanais. Nous déplorons le manque de volonté de l’application de ces arrêtés. L’Etat doit faire de telle sorte que l’entreprise vit. Comment l’Etat peut-il prendre des mesures et qu'elles ne soient pas respectées?" s'interroge-t-il.

Le député de la province du Moyen Chari, Benelngar Madtoingué, estime pour sa part qu’il y a des Tchadiens mal intentionnés qui cherchent à faire disparaître cette entreprise pour leur intérêt personnel.

"Quand vous regardez tout le personnel de la CST, vous allez vous rendre compte que c’est un personnel cosmopolite. Donc sa disparition posera énormément de problèmes. Malgré la bonne volonté du gouvernement, il y a des citoyens plus puissants que le gouvernement qui continuent d’exercer en toute impunité (....) et ces soi-disant commerçants transposent le sucre soudanais dans le sac de la CST".

Contacté par VOA Afrique, les responsables du Conseil national de la concurrence du ministère de Commerce ont déclaré que ce dossier est sensible et n’ont pas souhaité commenter.

Le directeur de publication du journal "éclairage" Déli Nestor était à la barre, après avoir mis en cause le frère-aîné du président Déby dans l’importation frauduleuse du sucre en provenance du Soudan.

La justice l'a condamné à 6 mois avec sursis et une amande de 500.000 francs CFA. Ses avocats ont fait appel parce qu’ils estiment que cette condamnation ne correspond pas à la loi qui régit la presse au Tchad.

L’opposant Saleh Kebzabo tient le 6ème congrès de son parti à N’Djamena

L’opposant Saleh Kebzabo tient le 6ème congrès de son parti à N’Djamena
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7 militaires tués dans une attaque de Boko Haram

7 militaires tués dans une attaque de Boko Haram
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