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Guinée

Des centaines de Guinéens défilent derrière les cercueils de manifestants tués

Des militants guinéens de "Balai Citoyen Guinee" participent à une manifestation devant la cour constitutionnelle de Conakry, le 19 septembre 2018.

Affligés ou en colère, des centaines de Guinéens ont défilé lundi à Conakry pour accompagner au cimetière les cercueils de manifestants tués lors de récentes manifestations contre un éventuel troisième mandat du président Alpha Condé, ont constaté des journalistes de l'AFP.

Familles et personnalités de l'opposition ont marché derrière les cercueils ceints du drapeau national rouge jaune et vert de l'hôpital de l'Amitié sino-guinéenne vers la mosquée de Bambeto, puis le cimetière de ce quartier favorable à l'opposition où sont déjà enterrés des dizaines de personnes tuées au cours de manifestations ces dernières années.

Des cris de "Justice pour nos morts, Alpha Condé assassin" se sont élevés du cortège dans lequel les proches marchaient en silence suivant un trajet jalonné de pick-ups de la police.

La Guinée, petit pays de 13 millions d'habitants, pauvre malgré d'importantes ressources minières, est en proie depuis le 14 octobre à une intense contestation. L'opposition chiffre à 14 le nombre de manifestants tués depuis cette date alors que des dizaines d'autres ont été blessés, des dizaines encore arrêtés et jugés. Un gendarme a également trouvé la mort.

La protestation vise le projet prêté au président Condé de briguer sa propre succession en 2020.

Le Front national pour la défense de la Constitution (FNDC), qui mène le mouvement, a voulu transformer en "marche funèbre" les funérailles des 11 manifestants. Il avait prévu cette marche mercredi dernier. Mais les autorités avaient annoncé au dernier moment qu'elles ne restitueraient pas les corps dans l'immédiat car des autopsies, selon elles, étaient toujours en cours.

Les corps ont finalement été acheminés directement lundi matin à l'hôpital de l'Amitié sino-guinéenne.

"Je ne pardonnerai pas à Alpha Condé qui a ordonné de tuer mon unique garçon", a déclaré un homme d'une soixantaine d'années avant de s'effondrer alors que la foule attendait la mise à disposition des corps qui devaient ensuite être chargés dans des corbillards estampillés FNDC.

M. Condé a lancé en septembre des consultations sur la Constitution, "concentré d'intérêts corporatistes" selon lui. Pour ses adversaires, il ne fait aucun doute que M. Condé entend réviser la Constitution pour concourir à un troisième mandat présidentiel en 2020 alors que le texte actuel en limite le nombre à deux.

A 81 ans, M. Condé ne confirme ni n'infirme les intentions qu'on lui attribue. Les tensions actuelles font redouter à la communauté internationale une escalade dans un pays coutumier des manifestations et des répressions violentes.

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Début de la vaccination anti-Ebola en Guinée

Des agents de la santé, vêtus d’équipement de protection contre le virus Ebola, transportent sur une civière les restes d'un enfant nouveau-né suspecté mort après avoir contracté l’épidémie, à Dubreka, Guinée, le 19 juin 2015

Plus de 11.000 doses de vaccin contre la fièvre hémorragique Ebola sont arrivées lundi soir par avion en Guinée pour commencer mardi la vaccination après la réapparition de la maladie dans ce pays d'Afrique de l'Ouest.

Les 11.300 doses de vaccin Merck fournies par l'Organisation mondiale de la santé (OMS) devaient initialement atterrir dimanche, mais l'avion en provenance de Genève a été empêché de se poser par d'épais nuages saisonniers de poussière et a été dérouté sur le Sénégal et Dakar.

Un avion de United Mining Supply, entreprise de transport et de logistique spécialisée dans l'activité minière en Guinée, a été dépêché au Sénégal pour assurer le transbordement et convoyer les vaccins.

Les lourds cartons frappés du sigle OMS ont été débarqués en Guinée après 20H00 (locales et GMT), a rapporté un correspondant de l'AFP.

Une partie d'entre eux doit continuer son chemin vers Gouecké et Nzérékoré (sud-est), en Guinée forestière, région voisine de la Sierra Leone, du Liberia et de la Côte d'Ivoire où Ebola a récemment fait cinq morts.

C'est la première résurgence d'Ebola en Afrique de l'Ouest depuis l'épidémie de 2013-2016 qui a causé plus de 11.300 décès, principalement en Guinée, au Liberia et en Sierra Leone.

Ebola est également réapparu récemment en République démocratique du Congo.

La vaccination est prévue à partir de mardi à Conakry et en Guinée forestière.

Mercredi, 8.700 doses supplémentaires sont attendues en Guinée en provenance des Etats-Unis.

Le virus Ebola se transmet à l'homme par des animaux infectés. La transmission humaine se fait par les liquides corporels, avec pour principaux symptômes des fièvres, vomissements, saignements, diarrhées.

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