Liens d'accessibilité

Dernières nouvelles

Guinée

Plusieurs centaines de ressortissants d'Afrique de l'Ouest interpellés en Guinée

Une route barrée à Cosa dans la banlieue de Conakry, Guinée, le 14octobre 2019. (VOA/Zakaria Camara)

Des centaines de ressortissants de l'Afrique de l'Ouest ont été interpellés ces derniers jours par la Guinée, qui dénonce les "infiltrations de corps étrangers". Le pays traverse une crise politique, mais cette affaire serait être liées aux pratiques controversées d'une société de vente directe.

Mardi et mercredi, les policiers ont interpellé 141 personnes qui étaient "confinées dans des concessions" dans la périphérie de Conakry: 84 Bissau-guinéens, 46 Sénégalais, neuf Guinéens, un Burkinabé et un Gambien, a indiqué le gouvernement.

D'autres opérations ont eu lieu dans plusieurs régions du pays, portant à 300 environ le nombre de personnes interpellées.

"Cette opération prouve à suffisance la récurrence d'infiltration de corps étrangers tant à Conakry que dans des grandes villes de l'intérieur du pays", estime le gouvernement, alors que la Guinée connait une vague de manifestations contre un projet de troisième mandat attribué au président Alpha Condé qui ont fait une dizaine de morts.

L'action de la police et de la gendarmerie vise à "débarrasser la Guinée des mauvaises graines qui n'ont rien à faire ici en cette période de troubles", a déclaré dimanche à l'AFP un haut responsable de la police ayant requis l'anonymat.

Un responsable de la présidence, le lieutenant-colonel Fodé Bakary Cissé, a toutefois donné une version différente, mêlant aux questions de sécurité celle de la lutte contre les pratiques jugées douteuses d'une multinationale de la vente directe bien implantée en Afrique, Qnet.

Cette société, dont le siège est à Hong-Kong, aurait attiré en Guinée des jeunes de plusieurs pays et leur aurait vendu des produits divers, à charge pour eux de les revendre à leur entourage.

"Nous nous regroupons dans une concession parce que nous sommes dans un système. Quand vous achetez un produit, l'entreprise vous demande d'écouler deux autres produits. Si vous faites cela, la société va vous accorder des avantages", a expliqué Satigui Camara, l'un de ces vendeurs.

"Tout le monde a compris qu'il ne s'agit pas d'un simple commerce en ligne", a déclaré M. Cissé, chef de division au secrétariat de la Présidence chargé des services spéciaux. "Les responsables de Qnet vont devoir rembourser toutes les victimes. Nous sommes en face d'une situation sécuritaire nationale et chaque citoyen doit y veiller", a-t-il ajouté.

"En Guinée comme dans d'autres pays Africains, il se trouve que le modèle d'affaire de Qnet est méconnu, ce qui ouvre la brèche à des incompréhensions et à l'assimilation à des modèles illégaux tels que les plans pyramidaux", s'est défendu un responsable de la société, en dénonçant une "campagne de dénigrement" orchestrée selon lui par de hauts responsables guinéens.

Toutes les actualités

"Pagaille" à Conakry, avec la reprise des manifestations

"Pagaille" à Conakry, avec la reprise des manifestations
Attendez s'il vous plaît

No media source currently available

0:00 0:02:00 0:00

Les manifestations ont repris à Conakry

Les manifestations ont repris à Conakry
Attendez s'il vous plaît

No media source currently available

0:00 0:00:54 0:00

Alpha Condé laisse la porte ouverte à une candidature pour un 3e mandat en Guinée

Le président Alpha Condé à Conakry, 4 fébrier 2018. (CELLOU BINANI /AFP)

Le président guinéen Alpha Condé à laissé lundi la porte ouverte à une candidature pour un troisième mandat et défendu la tenue le 1er mars d'un référendum constitutionnel, dénoncé comme une manoeuvre, estimant qu'il n'y avait "rien de plus démocratique".

"Ca, c'est le parti qui décidera", a déclaré M. Condé, interrogé sur une nouvelle candidature lors d'une interview accordée à France 24 et Radio France Internationale (RFI). Son parti, le RPG, "peut me présenter comme il peut présenter quelqu'un d'autre. Pour le moment, ce n'est pas mon souci", a-t-il ajouté.

Ancien opposant historique, élu en 2010 et réélu en 2015, le chef de l'Etat a assuré que sa préoccupation actuelle était de "doter le pays d'une Constitution qui réponde aux besoins du monde d'aujourd'hui", citant "la parité entre hommes et femmes, la lutte contre les mutilations génitales, le mariage des filles avant 18 ans, et surtout le partage correct des ressources" de l'Etat, notamment pour "la jeunesse et les personnes vulnérables".

"Si nous voulons une Constitution moderne, qu'est-ce qui est plus démocratique qu'un référendum? Le Premier ministre anglais a fait un référendum, il a perdu. De Gaulle a fait un référendum, il a perdu. Il n'y a pas plus démocratique", a expliqué Alpha Condé, alors que l'Union européenne a estimé la semaine dernière que "l''unité et la paix en Guinée doivent prévaloir sur les intérêts partisans".

Les Etats-Unis ont aussi fait part de leur "préoccupation" à propos de la situation en Guinée, exhortant "toutes les parties à se lancer dans un dialogue civil non violent".

La Guinée est le théâtre depuis la mi-octobre de protestations, qui ont fait au moins 29 morts - 28 civils et un gendarme - contre le projet prêté de longue date au président de chercher à se succéder fin 2020. L'actuelle Constitution limite à deux le nombre de mandats présidentiels.

L'avant-projet de nouvelle Constitution divulgué en décembre et qui sera soumis à référendum le 1er mars, en même temps que des élections législatives, maintient cette limite. Mais l'opposition soupçonne que l'adoption d'une nouvelle Constitution servira à M. Condé, 81 ans, de prétexte pour remettre son compteur présidentiel à zéro.

"Je ne vois vraiment pas où il y a le problème, où il y a stratagème, puisque je donne la possibilité de mener campagne", a affirmé Alpha Condé, avant d'ajouter: "Si le peuple de Guinée dit non au référendum, je m'incline. S'il dit oui, j'applique".

Le référendum en Guinée sera couplé aux législatives le 1er mars

Membres de la cour constitutionnelle de Guinée lors de l'annonce de la réélection du président Alpha Condé, le 31 octobre 2015.

Lu sur les médias d'Etat, le décret signé mardi par le président Condé affirme qu'un "référendum constitutionnel sera organisé le dimanche 1er mars 2020". "Le corps électoral est convoqué le même jour pour les scrutins législatifs et référendaire", ajoute le texte.

Lundi soir, un autre décret du chef de l'Etat avait annoncé que les élections législatives prévues le 16 février étaient reportées au 1er mars.

L'annonce de la date du référendum, attendue depuis des semaines, risque d'accroître les tensions déjà vives. La Guinée est le théâtre depuis mi-octobre de protestations contre le projet prêté de longue date au président, élu en 2010 et réélu en 2015, de chercher à se succéder fin 2020. L'actuelle Constitution limite à deux le nombre de mandats présidentiels.

L'avant-projet de nouvelle Constitution divulgué en décembre maintient cette limite. Mais l'opposition soupçonne que l'adoption d'une nouvelle Constitution serve à M. Condé de prétexte pour remettre son compteur présidentiel à zéro.

M. Condé garde le silence sur ses intentions. Mais l'éventualité d'un troisième mandat a fait descendre à plusieurs reprises dans la rue des dizaines, voire des centaines de milliers de Guinéens à l'appel d'un collectif de partis d'opposition, de syndicats et de membres de la société civile.

Le mouvement a été plusieurs fois durement réprimé et s'est accompagné de troubles à travers le pays. Au moins 28 civils et un gendarme ont été tués depuis mi-octobre.

Opposant historique qui connut l'exil et la prison, M. Condé, 81 ans, a été le premier président démocratiquement élu en 2010. Son avènement a marqué l'instauration d'un gouvernement civil après des décennies de régimes autoritaires et militaires. L'opposition dénonce toutefois une dérive "dictatoriale" de sa part.

La Millennium Challenge Corporation veut exécuter le Pacte régional sur les énergies et les infrastructures dans la CEDEAO

La Millennium Challenge Corporation veut exécuter le Pacte régional sur les énergies et les infrastructures dans la CEDEAO
Attendez s'il vous plaît

No media source currently available

0:00 0:01:29 0:00

Voir plus

XS
SM
MD
LG