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Guinée

Manifestations contre le 3ème mandat d’Alpha Condé à Conakry

Une route barrée à Cosa dans la banlieue de Conakry, Guinée, le 14 octobre 2019. (VOA/Zakaria Camara)

Les manifestations contre un 3ème mandat d’Alpha Condé ont paralysé la capitale Conakry lundi. Les banques, les stations-services et plusieurs boutiques sont restées fermées toute la journée.

Selon Celou Dalein Diallo, chef de file de l’opposition guinéenne, "les citoyens guinéens ont massivement répondu au mot d’ordre de manifester, malheureusement comme d’habitude les forces de l’ordre ont fait usage d’armes à feu. Il y a deux morts et une vingtaine de blessés".

Tension à Conakry, paralysée par les manifestations anti-3e mandat
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Le Front national pour la défense de la constitution avait appelé les Guinéens à s’abstenir d'aller travailler et à protester dans leurs quartiers respectifs. Les rues sont restées désertes, les banques et les stations-services fermées dans la banlieue de Conakry.

Dans certains quartiers de la capitale, des jeunes visiblement en colère ont barricadé les routes et brûlé des pneus sur la chaussée. D’autres manifestants ont répondu avec des jets de pierres contre les tirs de gaz lacrymogène des forces de l’ordre.

Conakry partiellement paralysée
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Le gouvernement guinéen a fait le point de la manifestation en fin de journée : "on déplore des blessés et deux morts, un à Conakry, dont les circonstances restent à élucider, et le second un gendarme tué par balle à Mamou à 265 km de la capitale", précise un communiqué du gouvernement.
D'autres sources affirment qu'il y aurait quatre morts.

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L'opposition guinéenne craint qu'Alpha Condé ne prenne la fuite

Alpha Condé s'est envolé samedi pour la Turquie, après avoir été autorisé à aller se faire soigner à l'étranger par la junte qui l'a renversé. (phot d'archives)

Une coalition guinéenne ayant combattu Alpha Condé pendant des mois s'inquiète du risque de fuite de l'ancien président déchu à la faveur de son déplacement à l'étranger récemment autorisé par la junte pour raisons médicales, a dit un de ses avocats mardi.

Le Front national pour la défense de la Constitution s'émeut aussi de "l'ingérence" de la junte désormais au pouvoir dans la procédure judiciaire en cours contre M. Condé, a dit Me Vincent Brengarth, un associé du cabinet parisien qui représente le FNDC.

M. Condé s'est envolé samedi pour la Turquie après avoir été autorisé à aller se faire soigner à l'étranger par la junte qui l'a renversé en 2021 après plus de dix années d'exercice du pouvoir. M. Condé a quitté le pays malgré les poursuites engagées début mai contre lui et une trentaine d'anciens hauts responsables pour assassinats, actes de torture ou enlèvements. Le FNDC est à l'origine de ces poursuites.

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Le FNDC "craint" ce départ de M. Condé alors qu'il devrait être maintenu à la disposition de la justice pour les besoins de l'enquête, a dit Me Brengarth, joint au téléphone par l'AFP. Il a invoqué l'éventualité que M. Condé ne dispose de "relais à l'étranger" et des "moyens d'organiser sa fuite". "Nous n'avons même pas le début d'un élément de nature à nous permettre de véifier la réalité des soins médicaux et la nécessité d'aller à l'étranger plutôt que de se faire soigner par des médecins guinéens", a-t-il dit.

Il a reconnu le droit de M. Condé au secret médical. Mais il a rappelé que la justice avait demandé à ce que toutes les personnes visées aient l'interdiction de sortie du territoire. Il a parlé d'"ingérence de la part de la junte militaire dans un processus dont on pensait qu'il relevait uniquement de l'autorité judiciaire". Il s'est interrogé sur des motivations autres que médicales que pourrait avoir eues la junte.

Cette dernière a invoqué "le respect de la dignité et de l'intégrité" de l'ex-chef de l'Etat ainsi que "des raisons humanitaires" pour le laisser partir.

Le FNDC a orchestré des mois de mobilisation en 2019-2020 contre un troisième mandat de M. Condé. La contestation, plusieurs fois brutalement réprimée, a fait des dizaines de morts civils sans empêcher une nouvelle investiture de M. Condé en décembre 2020.

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Comment la guerre en Ukraine affecte-t-elle l’économie guinéenne ? La réponse de Mohamed Kamare, économiste et consultant pour Monkam Consulting.

L'ex-président Alpha Condé autorisé à quitter la Guinée une fois de plus

Alpha Condé.

La junte au pouvoir en Guinée a de nouveau autorisé l'ancien président renversé en 2021 Alpha Condé à se rendre à l'étranger pour des raisons médicales, indique un communiqué consulté samedi sur les réseaux sociaux.

Le Comité national du rassemblement pour le développement (CNRD), la junte qui a déchu Alpha Condé le 5 septembre 2021 après presque onze ans de présidence, invoque dans ce communiqué "le respect de la dignité et de l'intégrité" de l'ex-chef de l'Etat ainsi que "des raisons humanitaires".

Le communiqué parle de départ pour des "rendez-vous médicaux" à l'étranger, sans préciser sa destination, ni la durée de son séjour en dehors de Guinée. Il ne dit rien non plus sur son état de santé.

M. Condé, 84 ans, est autorisé à quitter le pays malgré les poursuites engagées début mai contre lui et une trentaine d'anciens hauts responsables de sa présidence pour assassinats, actes de torture et enlèvements.

Les poursuites ont été ouvertes à la suite de l'action en justice d'un collectif visant la répression qui a caractérisé les dernières années de la présidence Condé et qui a fait des dizaines de morts.

La junte dirigée par le colonel Mamady Doumbouya, qui s'est fait entre-temps investir président, avait retenu M. Condé au secret pendant des semaines après l'avoir chassé du pouvoir. Elle lui avait permis en janvier d'aller recevoir des soins aux Emirats arabes unis, malgré la réticence qui était prêtée aux militaires devant le risque de menées de sa part depuis l'étranger contre le pouvoir.

Il était rentré le 9 avril.

La junte avait annoncé le 22 avril qu'il était désormais "libre" de ses mouvements. Mais il n'a pas été vu en public depuis lors.

Les autorités de Conakry mécontentes des déclarations du chef de la CEDEAO

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Trois ex-ministres guinéens sortent et retournent en prison

L'ancien Premier ministre guinéen, Ibrahima Kassory Fofana, photographié le 5 octobre 2018.

Trois anciens ministres du président guinéen déchu Alpha Condé sont brièvement sortis de prison jeudi sur décision d'une cour anti-corruption avant d'y retourner le soir même à la suite d'un appel du parquet, ont indiqué ce dernier et l'un de leurs avocats.

Trois anciens ministres du président guinéen déchu Alpha Condé sont brièvement sortis de prison jeudi sur décision d'une cour anti-corruption avant d'y retourner le soir même à la suite d'un appel du parquet, ont indiqué ce dernier et l'un de leurs avocats.

La Cour de répression des infractions économiques et financières (CRIEF) instituée par la junte qui a renversé Alpha Condé en septembre 2021 avait autorisé la remise en liberté sous caution des trois hommes, placés sous mandat de dépôt en avril pour détournement présumé de fonds publics, en attendant leur procès.

Mais le procureur Aly Touré a indiqué à l'AFP qu'il avait fait appel et qu'ils étaient retournés en prison.

"Nous ne sommes pas d'accord avec la décision du juge, c’est pourquoi nous avons interjeté appel", a-t-il dit.

Manifestations interdites en Guinée: "le CNRD craint de nouveaux massacres"
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"C'est un abus qui ne se justifie pas", a dit Me Dinah Sampil, un des avocats de la défense.

"Lorsqu'un tribunal prononce une décision, un individu, fût-il procureur, ne peut pas s'opposer à l'exécution de ladite décision", a-t-il dit.

La CRIEF avait accepté la remise en liberté d'Ibrahima Kassory Fofana, Premier ministre de mai 2018 jusqu'au coup d'Etat de 2021, et de l'ancien ministre de l'Environnement Oyé Guilavogui, et les avait placés sous contrôle judiciaire, selon Me Dinah Sampil.

Mais ils devaient verser une caution de 20 milliards de francs guinéens (environ 2,1 millions d'euros), avait dit l'avocat à l'issue d'une audience devant la CRIEF.

Mohamed Diané, l'ancien tout-puissant ministre de la Défense de 2015 jusqu'en septembre 2021, également libéré et placé sous contrôle judiciaire, devait quant à lui verser une caution de 30 milliards de francs guinéens (environ 3,2 millions d'euros).

C'est une fortune colossale dans un des pays les plus pauvres du monde.

Les trois hommes ont été inculpés et écroués en avril sans qu'aucune information ne soit rendue publique sur les faits précis qui leur sont reprochés.

- Interdiction de manifester -

Un quatrième, l'ancien ministre des Hydrocarbures Zakaria Coulibaly, a été relâché depuis avril et placé sous contrôle judiciaire.

Les militaires sous la conduite du colonel Mamady Doumbouya, entre-temps intronisé président, ont proclamé la lutte contre la corruption, réputée endémique dans le pays, comme un de leurs grands combats.

Le colonel Doumbouya a assuré qu'il n'y aurait pas de "chasse aux sorcières". Mais une série d'enquêtes ont été ouvertes contre des personnalités de l'ancien régime et même de l'opposition à l'ancien président Condé.

Des ex-fonctionnaires libèrent les logements de l'État à Conakry
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La justice a annoncé début mai des poursuites contre M. Condé et une trentaine d'anciens hauts responsables sous sa présidence, pour assassinats, actes de torture ou enlèvements.

Les partis politiques crient de plus en plus fort à l'instrumentalisation de la justice et de la CRIEF.

La grogne s'est amplifiée avec la décision des autorités, entérinée la semaine passée, de fixer à trois ans la durée de la période de transition censée précéder un retour des civils à la tête de ce pays dirigé pendant des décennies par des régimes autoritaires ou dictatoriaux.

La junte a annoncé vendredi interdire les manifestations de rue.

Des dizaines de partis parmi les plus représentatifs ont annoncé mercredi leur intention de braver l'interdit.

Le porte-parole du gouvernement Ousmane Gaoual Diallo a justifié l'interdiction de manifester jeudi devant la presse.

"Les manifestations peuvent amener à un retard notable sur la mise en œuvre du calendrier sur lequel le gouvernement et le CNRD (Comité national du rassemblement pour le développement, la junte) se sont engagés", at-il dit.

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