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Nigeria

Des vaches contre des armes pour en finir avec les attaques au Nigeria

Un berger grimpe dans un arbre pour couper la végétation de ses animaux lors d'une pénurie d'herbe dans la ville minière de Zamfara, Nigéria, le 21 avril 2016. REUTERS / Afolabi Sotunde - S1BETDKTFYAA

Les autorités de l'Etat de Zamfara ont promis jeudi deux vaches pour chaque arme qui leur serait remise, pour lutter contre les attaques criminelles.

L'offre des autorités de l'Etat nigérian de Zamfara, dans le nord-ouest du pays, vise à mettre un terme aux attaques meurtrières menées par des bandes criminelles.

Le gouverneur Zamfara, Bello Matawalle, a déclaré que "pour chaque fusil présenté par un bandit repenti, il y aurait une compensation de deux vaches".

Depuis des années, les communautés isolées de la région sont visées par des raids meurtriers de groupes armés composés de kidnappeurs et de voleurs de bétail qui sévissent à moto.

Selon M. Matawalle, cette offre vise à convaincre les membres des gangs, communément appelés "bandits", à désarmer. Une contrepartie financière pourrait être utilisée pour acheter davantage d'armes.

Jusqu'à présent, les autorités ont multiplié opérations militaires et négociations de paix pour en finir avec les tueries, en vain.

Pour l'heure, rien n'indique que cette stratégie soit suffisante à faire abandonner aux bandits --composés majoritairement d'éleveurs peuls-- leurs activités lucratives de vol de bétail et de kidnapping contre rançon.

Depuis 2011, près de 8.000 personnes ont été tuées et quelque 200.000 ont fui le nord-ouest du Nigeria, en proie à des troubles que les experts attribuent à la surpopulation et au changement climatique.

Le président Muhammadu Buhari s'est engagé à mettre fin aux tueries après une recrudescence des attaques dans l'Etat voisin de Katsina.

Face au vol de bétail à répétition, certains habitants ont formé des groupes pour se défendre et ont été accusés d'exécutions extrajudiciaires.

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Des jihadistes attaquent des humanitaires dans le nord-est du Nigeria

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Les 15 marins enlevés dans le golfe de Guinée ont été libérés

Le Bataillon camerounais d'intervention rapide près de la péninsule de Bakassi, dans l'ouest du Cameroun, près de la frontière nigériane, le 5 mai 2009.

Les 15 membres d'équipage d'un navire-citerne enlevés par des pirates il y a plus d'un mois au large du Bénin, en Afrique de l'Ouest, ont été libérés a annoncé mercredi soir la compagnie maritime néerlandaise qui les emploie.

"De Poli Tankers est heureux d'annoncer que les 15 membres d'équipage kidnappés sur leur navire Davide B dans le golfe de Guinée le 11 mars dernier ont été libérés et sont maintenant en sécurité", a fait savoir Chiara de Poli, PDG de la compagnie, dans un communiqué.

"Les marins sont sains et saufs et peuvent retourner dans leurs familles en Europe de l'Est et aux Philippes et commencer à se remettre de cette expérience traumatisante", a-t-elle ajouté.

Le Davide B, Transportant des produits chimiques, avait été pris d'assaut par des pirates alors qu'il naviguait à quelque 210 milles nautiques (389 kilomètres) au sud de Cotonou, au Bénin.

Le golfe de Guinée, qui longe les côtes d'Afrique de l'Ouest, du Sénégal à l'Angola est devenu la route commerciale maritime la plus dangereuse au monde et les attaques de navires et les enlèvements contre rançons, perpétrés par des pirates nigérians, sont devenus très fréquents.

L'année dernière, 130 des 135 enlèvements de marins recensés dans le monde ont eu lieu dans ce golfe, soit plus de 95%, selon un récent rapport du Bureau international maritime.

Le premier transporteur maritime mondial, l'armateur danois Maersk, a appelé début mars au déploiement rapide d'une importante opération internationale pour lutter contre la piraterie dans le Golfe de Guinée.

Rentrer chez soi ou rester en sécurité: l'impossible choix des déplacés de Boko Haram

Une femme dans le camp informel de Yawuri à la périphérie de Maiduguri, capitale de l'État de Borno, le 29 mars 2021.

"Boko Haram était dans ma maison!", raconte la petite Aisha, trois ans, en fronçant les sourcils. Elle est assise sur une natte aux côtés de sa mère, dans un camp insalubre de Maiduguri, la grande ville du nord-est du Nigeria.

La petite fille s'est immobilisée de peur lorsqu'elle a vu les jihadistes arriver dans son village près de Dikwa en mars, mais sa mère l'a attrapée et a réussi à s'enfuir.

Ce n'était pas la première fois que Hadiza, cette mère de famille de 25 ans, devait fuir sa maison pour rejoindre la capitale de l'Etat du Borno, foyer de la rébellion jihadiste depuis plus de 10 ans.

Il y a plusieurs années déjà, elle était venue grossir les flots de déplacés, estimés à plus de 2 millions de personnes dans la région du lac Tchad, et plus d'un million dans la seule ville de Maiduguri.

Mais les autorités lui avaient garanti qu'elle pouvait rentrer à Dikwa, reprendre ses cultures de haricots secs et de légumes.

La première fois, c'était Boko Haram qui les avait forcées à partir. Cette année, le 2 mars, ce sont des combattants du groupe Etat islamique en Afrique de l'Ouest (Iswap) qui ont attaqué la ville-garnison. Mais pour la petite Aisha et sa mère, c'est la même chose. Les deux groupes tuent, kidnappent et violent.

"Je veux plus jamais retourner là-bas", souffle Amina, une femme d'une cinquantaine d'années, le regard fuyant.

Une femme cuisine au camp informel de Yawuri à la périphérie de Maiduguri, capitale de l'État de Borno, le 29 mars 2021.
Une femme cuisine au camp informel de Yawuri à la périphérie de Maiduguri, capitale de l'État de Borno, le 29 mars 2021.

Désengorger les camps

L'Etat du Borno, à genoux économiquement et socialement, accueille 80% des déplacés du conflit, dont l'immense majorité a très peu d'accès aux premières nécessités.

A Yawuri, un camp informel en bordure de Maiduguri où s'entassent près de 2.000 personnes, les conditions de vie sont épouvantables: il n'y a ni école, ni clinique, ni distribution alimentaire. Juste un abri, de l'eau et de la farine de mil et de la sauce-feuilles.

"Il n'y a rien à manger. On passe parfois 24 heures sans rien trouver à manger", raconte Balu Modu.

Et pourtant, malgré cette immense précarité, les conditions sont toujours meilleures que dans son village, où la faim se double de l'insécurité.

Le gouvernement de l'Etat promet depuis des années qu'il va désengorger les camps et aider les déplacés à regagner leur foyer, à travers le programme "retour volontaire, relogement et réintégration".

Il prévoit de reloger "au moins 50% des déplacés d'ici 2022 et qu'il n'y ait plus de camps d'ici 2026", selon un document officiel consulté par l'AFP.

La ministre locale des Affaires humanitaires assure que le gouvernement offre de la nourriture et de l'argent liquide pour aider à l'installation, ou aide les personnes à trouver un logement décent à Maiduguri à hauteur de 200 euros environ.

"Nous ne renvoyons personne tant que l'armée ne nous a pas donné le feu vert et que la zone est sécurisée", affirme-t-elle.

Une femme porte un seau d'eau au camp informel de Yawuri, à la périphérie de Maiduguri, capitale de l'État de Borno, le 29 mars 2021.
Une femme porte un seau d'eau au camp informel de Yawuri, à la périphérie de Maiduguri, capitale de l'État de Borno, le 29 mars 2021.

"Envoyés à la mort"

Ce n'est toutefois pas ce qu'observent les humanitaires qui travaillent dans la région.

"Ils forcent des gens à retourner dans des villes qu'ils ne sont pas en mesure de protéger", assure l'un d'eux. "C'est de la folie, ils les envoient à la mort".

L'année dernière, "4.000 personnes ont été réinstallées à Baga dans d'immenses convois. Mais les rebelles sont toujours là-bas, donc les gens sont revenus" à Maiduguri, ou dans les quelques villes protégées, en empruntant des routes dangereuses, indique une autre source humanitaire.

Les cultures, seul moyen de subsistance dans ces régions, sont pillées, les villages mis à sac et le risque d'enlèvements, notamment des femmes, reste très élevé.

La menace persistante de Boko Haram complique la réinsertion des déplacés
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"Des gens continuent à affluer ici, et ce ne sont pas des petites vagues de population", confie la deuxième source humanitaire. "On parle de groupes de plusieurs milliers de personnes".

Car tant qu'il y aura des violences, il y aura des déplacés, et la capitale du Borno, Maiduguri, sera sous pression. Le gouverneur, Babagana Umara Zulum, a demandé aux généraux de l'armée qui viennent de prendre leurs fonctions de mettre en place "des nouvelles stratégies offensive" pour sortir de l'enlisement.

"Tant que la rébellion ne sera pas totalement et absolument éradiquée, tous nos efforts pour améliorer le quotidien de notre population seront futiles", a-t-il déclaré.

Lundi encore, des gens continuaient à affluer vers Maiduguri après l'attaque d'un camp humanitaire à Damasak samedi soir, revendiquée par l'Iswap.

Les hôpitaux nigérians affectés par une grève des médecins résidents

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