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Des antibalaka se retirent du processus de désarmement


Des maisons brûlés à Bria, en Centrafrique, le 23 août 2018.

Après l'arrestation de l'un de leurs leaders en France, Patrice-Edouard Ngaïssona, deux des principaux mouvements des milices "d'autodéfense" antibalaka de Centrafrique ont décidé vendredi de se retirer du processus de désarmement mis en place en 2017.

"Nous constatons que seuls les antibalaka sont jugés et condamnés", indique un premier communiqué de la branche de M. Ngaïssona qui s'interroge: "Pourquoi la justice de notre pays ne vise que les ex-antibalaka?"

Dans un communiqué séparé, l'autre grande branche antibalaka dirigée par Maxime Mokom, dénonce "une chasse aux sorcières".

En conséquence, les deux factions appellent leurs représentants à se retirer du processus de Désarmement, démobilisation et réintégration (DDR), dont la première phase a été mise en place en 2017 en Centrafrique avec le soutien de l'ONU.

Patrice-Edouard Ngaïssona a été arrêté mercredi à la suite d'un mandat d'arrêt lancé contre lui par la Cour pénale internationale (CPI) pour sa responsabilité présumée dans des crimes de guerre et crimes contre l'humanité commis dans l'ouest de la Centrafrique entre septembre 2013 et décembre 2014.

Il était l'ex-coordinateur des antibalaka mais aussi un dirigeant du football centrafricain et africain.

Son arrestation est intervenue moins d'un mois après celle d'un autre ancien chef de milice antibalaka, Alfred Yekatom, également sur ordre de la CPI.

"Nous avons fait preuve de bonne volonté, nous avons entamé le dialogue, on ne comprend pas", a déclaré à l'AFP Dieudonné Ndomate, coordonnateur des opérations des antibalaka. Selon lui, "les gens dans les quartiers sont en colère" à Bangui.

Un autre leader antibalaka, Sébastien Wenezoui, porte-parole de Ngaïssona, a néanmoins appelé à la retenue.

"On va rester dans le processus de paix de l'Union africaine", a-t-il assuré, tenant toutefois à rappeler "que le mouvement antibalaka était une réponse aux exactions de la Séléka", l'ex-rébellion à majorité musulmane.

Il estime que l'arrestation de M. Ngaïssona "est une incitation au soulèvement contre le régime actuel" et "c'est pourquoi j'appelle tous les antibalaka à la retenue".

Malgré cet appel au calme, des regroupements d'antibalaka en colère, en particulier contre la France, ex-puissance coloniale accusée d'avoir abandonné la Centrafrique, avaient lieu vendredi dans au moins deux quartiers de Bangui, selon des sources concordantes.

Créées en 2013 après la prise du pouvoir à Bangui par les rebelles de la Séléka, les milices antibalaka ont pris les armes en prétendant défendre les intérêts des chrétiens et en représailles aux exactions des groupes armés musulmans.

A la chute du président Michel Djotodia issu de la Séléka en 2014, les antibalaka se sont lancés dans une chasse aux musulmans dans Bangui et ses environs, faisant des centaines de morts.

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