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Centrafrique

Don européen pour la reconstruction de l'Etat Centrafricain

Stefano Manservisi, directeur général de la coopération et du développement à la Commission européenne, à Bruxelles le 12 décembre 2016.

Trente-huit millions d'euros pour la reconstruction de l'Etat seront décaissés sur quatre ans par l'Union européenne en Centrafrique, un pays dominé par des groupes armés et qui s'est récemment tourné vers la Russie pour aider à reformer son armée, a appris l'AFP samedi auprès de l'UE.

L'appui du Fonds européen pour le développement (FED) vise à reconstruire les forces de sécurité intérieures, la justice et l'état civil, et fera l'objet d'un premier versement de deux millions d'euros en février prochain, selon un conseiller de l'UE à Bangui.

Dix millions d'euros seront alloués aux forces de sécurité intérieures, avec par exemple l'ouverture de casernes.

L'Union européenne prévoit aussi des formateurs pour la police et la gendarmerie.

Depuis 2015, l'UE est engagée dans le programme EUTM RCA de formation de l'armée centrafricaine.

Début 2018, la Russie a envoyé cinq officiers des forces armées et 170 instructeurs civils (des mercenaires selon certains experts), tout en livrant des armes à l'armée nationale après avoir obtenu une exemption face à l'embargo de l'ONU.

En novembre, la France, l'ex-puissance coloniale, a elle aussi annoncé une aide de 24 millions d'euros et une livraison d'armes, assurant le faire "dans le cadre strict des Nations unies".

Le nouveau don de l'UE a été annoncé vendredi sans détails d'échéances par Stefano Manservisi, le directeur général de la coopération et du développement à la Commission européenne, après une visite de trois jours en Centrafrique.

M. Manservisi a également évalué le fonds fiduciaire européen "Bêkou" ("espoir" en sangö, langue locale), qui arrive à son terme en juillet, mais qui devrait être reconduit pour 18 mois supplémentaires si le Parlement européen l'autorise.

Etabli en juillet 2014, le fonds était de 239 millions d'euros, et une trentaine de millions d'euros restent à investir.

En Centrafrique, "les besoins ne sont pas uniquement sécuritaires, il y a un déséquilibre structurel et un problème de capacité de l'Etat", a déclaré M. Manservisi, ajoutant que l'UE "passe d'une aide d'urgence à une aide structurante."

La quasi-totalité de la Centrafrique, un pays de 4,5 millions d'habitants, est sous la coupe de groupes armés qui vivent du trafic de l'or, du diamant et du bétail.

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L'accord de paix entaché par un massacre, ultimatum de l'ONU

Les habitants du quartier majoritairement musulman du PK5 manifestent devant le siège de la MINUSCA, la mission de maintien de la paix des Nations Unies en République centrafricaine, à Bangui, le 11 avril 2018.

L'accord de paix en Centrafrique signé en février entre les autorités et des groupes armés, dont l'application accumule les retards, a été entaché mardi par le massacre de 26 civils dans l'ouest du pays.

Il s'agit de la tuerie la plus importante depuis la signature, le 6 février dernier, d'un accord de paix entre le gouvernement et 14 groupes armés.

"La Minusca condamne avec la dernière énergie les tueries intervenues dans les villages de Koundjili et Djoumjoum, avec plus de 26 morts et de nombreux blessés", a écrit sur Twitter le représentant du secrétaire général de l'ONU en Centrafrique, Mankeur Ndiaye.

Le massacre s'est déroulé dans ces deux villages situés à une cinquantaine de km de Paoua, près de la frontière avec le Tchad.

"Le 21 mai, des éléments du groupe armé 3R (Retour, réclamation, réconciliation) avaient organisé une réunion avec des habitants des villages de Koundjili et de Djoumjoum", a précisé une source onusienne.

"Lorsque les villageois se sont présentés, les éléments de 3R auraient ouvert le feu sur eux de manière indiscriminée, tuant 12 civils à Koundjili et 14 à Djoumjoum", a-t-on ajouté.

- Ultimatum de 72h -

Le groupe 3R, qui prétend protéger les Peuls, a signé l'accord de paix de février. En retour, son chef, Bi Sidi Souleymane (alias Sidiki), a été nommé le 25 mars "conseiller spécial militaire" auprès du Premier ministre, en charge de la mise en place des unités mixtes associant membres des Forces armées centrafricaines (Faca) et groupes armés.

La mission de l'ONU dans le pays et les autorités centrafricaines ont lancé mercredi un ultimatum au leader du groupe 3R.

"Le gouvernement s'associe à la Minusca pour exiger de M. Sikidi l'arrestation des auteurs de ce massacre sous 72h, sous peine d'être tenu responsable de ces actes", a déclaré le ministre de la Communication, Ange Maxime Kazagui, lors d'une conférence de presse conjointe du gouvernement et de l'ONU.

Le chef du groupe armé est également sommé de démanteler toutes ses installations et les barrières qu'il a dressées dans la région qu'il occupe, dans le même délai.

"Le gouvernement exhorte la population à ne pas céder à la tentation des représailles", a ajouté le ministre, alors que des informations font état de la mobilisation dans la région de combattants anti-balaka - des milices d'autodéfense qui affirment vouloir protéger chrétiens et animistes contre les exactions des groupes musulmans -, pour en découdre avec les éléments de 3R.

- Assassinat "barbare" -

Dans le sud-ouest du pays, une religieuse franco-espagnole de 77 ans, Inès Nieves Sancho, a été retrouvée lundi décapitée dans un village où elle enseignait la couture à des jeunes filles, selon le site Vatican News.

Le pape François a évoqué mercredi sur la place Saint-Pierre l'assassinat "barbare" d'une religieuse "au service des pauvres".

Selon le vicaire général du diocèse, rien n'a été volé dans le local où se trouvait la religieuse lorsqu'elle a été attaquée par ses agresseurs.

Des témoignages font état de la possibilité d'un "crime rituel".

La Centrafrique est déchirée par les violences depuis 2013 et le renversement du président François Bozizé.

Préparé depuis 2017 par l'Union africaine, l'accord signé en février à Khartoum est le huitième depuis le début de la crise. Aucun des précédents accords n'a abouti à un retour de la stabilité, dans un pays où les groupes armés contrôlent 80% du territoire et se battent pour la mainmise sur les ressources naturelles.

Près d'un quart des 4,5 millions d'habitants de la RCA ont été contraints de fuir leur domicile.

Au moins trente personnes tuées mardi dans une fusillade

Au moins trente personnes tuées mardi dans une fusillade
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26 civils tués par un groupe armé dans l'ouest, selon l'ONU

Des soldats de la paix de Minusca patrouillent dans le 3ème arrondissement de Bangui, Centrafrique, 3 octobre 2014.

Vingt-six civils ont été tués mardi par un groupe armé qui a attaqué deux villages du nord-ouest de la Centrafrique, a annoncé le patron de la mission locale de l'ONU (Minusca).

Il s'agit du massacre le plus important commis dans le pays depuis la signature, le 6 février dernier, d'un accord de paix entre le gouvernement et 14 groupes armés.

"La Minusca condamne avec la dernière énergie les tueries intervenues dans les villages de Koundjili et Djoumjoum, avec plus de 26 morts et de nombreux blessés", a écrit sur Twitter le représentant du secrétaire général de l'ONU en Centrafrique, Mankeur Ndiaye.

Le massacre s'est déroulé dans ces deux villages situés à une cinquantaine de km de Paoua, près de la frontière avec le Tchad.

"Le 21 mai, des éléments du groupe armé 3R (Retour, réclamation, réconciliation) avaient organisé une réunion avec des habitants des villages de Koundjili et de Djoumjoum", a précisé une source onusienne.

"Lorsque les villageois se sont présentés, les éléments de 3R auraient ouvert le feu sur eux de manière indiscriminée, tuant 12 civils à Koundjili et 14 à Djoumjoum", a-t-on ajouté.

Le groupe 3R, qui prétend protéger les Peuls, a signé l'accord de paix de février. En retour, son chef, Bi Sidi Souleymane (alias Sidiki), a été nommé le 25 mars "conseiller spécial militaire" auprès du Premier ministre, en charge de la mise en place des unités mixtes associant membres des Forces armées centrafricaines (Faca) et groupes armés.

Préparé depuis 2017 par l'Union africaine, l'accord signé en février à Khartoum est le huitième depuis le début de la crise en 2013, marquée par le renversement du président François Bozizé.

Aucun des précédents accords n'a abouti à un retour de la stabilité, dans un pays où les groupes armés contrôlent 80% du territoire et se battent pour la main mise sur les ressources naturelles.

Près d'un quart des 4,5 millions d'habitants de la RCA ont été contraints de fuir leur domicile.

Une religieuse assassinée en Centrafricaine

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Une religieuse franco-espagnole de 77 ans assassinée en Centrafrique

Une religieuse franco-espagnole de 77 ans a été retrouvée assassinée

Une religieuse franco-espagnole de 77 ans a été retrouvée assassinée lundi dans un village où elle enseignait la couture à des jeunes filles dans l'ouest de la Centrafrique, selon le portail officiel du Vatican.

Selon le site Vatican News, la religieuse a été retrouvée décapitée lundi matin. Mais selon un évêque venant de son diocèse espagnol d'origine et un abbé en Centrafrique, elle aurait plutôt été égorgée pour des raisons encore inconnues.

Le pape François a évoqué mercredi sur la place Saint-Pierre un assassinat "barbare".

"Je veux rappeler la mémoire d'Inès Nieves Sancho, 77 ans, éducatrice des filles pauvres depuis des dizaines d'années, tuée de manière barbare en Centrafrique précisément dans le local où elle enseignait la couture à des jeunes filles, une femme qui en plus a donné sa vie pour Jésus au service des pauvres", a déclaré le pape François durant son audience sur la place Saint-Pierre, en appelant la foule à prier en silence pour elle.

"Dans la nuit de dimanche à lundi, ses agresseurs se sont introduits dans sa chambre et l'ont conduite au centre qu'elle animait pour les jeunes filles, où ils l'ont décapitée", écrit Vatican News.

- Raisons inconnues -

"Aucune revendication n'a été exprimée, mais selon un député local, ce meurtre pourrait être lié au trafic d'organes humains, et aux crimes rituels nombreux dans la région", ajoute le site.

Le porte-parole du diocèse de Burgos (nord de l'Espagne), d'où était originaire la religieuse, a pour sa part rapporté la version d'un évêque, lui aussi originaire de Burgos et installé en Centrafrique, indiquant qu'elle aurait été "égorgée".

"Il m'a dit qu'elle avait plutôt été égorgée : ils lui ont tranché le cou jusqu'à la tuer, mais ils ne lui ont pas coupé entièrement la tête", a-t-il déclaré à l'AFP.

L'évêque a ajouté "qu'il ne connaissait pas les raisons de l'assassinat, que personne ne s'était attribué la responsabilité du crime, aucun groupe terroriste", a souligné ce porte-parole. Selon lui, la religieuse avait également la nationalité française.

"Des inconnus sont entrés par le portail de derrière et l'ont entraînée dans la brousse derrière la maison pour l'égorger. Ils n'ont rien emporté du tout, on dirait qu'ils sont juste venus pour la tuer", a indiqué pour sa part à l'AFP l'abbé Isaie Koffia, vicaire général du diocèse de Berberati, dont dépend le village de Nola où était installée la soeur.

Selon lui, l'assassinat a eu lieu dimanche en fin d'après-midi.

Les funérailles d'Inès Nieves Sancho ont été célébrées mardi par l'évêque de Berberati, selon le porte-parole du diocèse de Burgos.

La religieuse appartenait à la petite congrégation des Filles de Jésus, dont la maison mère est à Massac-Séran, dans le Tarn (sud-ouest de la France). "Une messe y sera célébrée dans l'intimité", a indiqué le diocèse d'Albi.

Le Premier ministre espagnol Pedro Sanchez a exprimé mardi soir dans un tweet ses "condoléances et (son) affection pour la famille d'Inès", mentionnant également "Fernando, missionnaire assassiné récemment au Burkina Faso".

Fernando Hernandez, missionnaire espagnol de 60 ans, membre de la congrégation des Salésiens, a été assassiné samedi à Bobo Dioulasso au Burkina Faso, "attaqué à l'arme blanche par un ancien employé (de la mission) qui avait été licencié il y a deux mois", selon le site internet de la congrégation salésienne, salesianos.info.

Il s'agit du deuxième salésien assassiné au Burkina Faso en quelques mois, après la mort le 15 février d'Antonio Cesar Fernandez, 72 ans, victime d'une "attaque djihadiste" à une quarantaine de kilomètres de la frontière de ce pays, selon le même site.

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