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Tchad

Détenus tchadiens retrouvés morts: la thèse de l'empoisonnement écartée

Les soldats tchadiens gardent des prisonniers dans la cour d'une prison de gendarmerie, Ndjamena, 13 février 2008.

Les 44 prisonniers morts en détention au Tchad en avril n'ont pas été empoisonnés mais ont succombé à de mauvaises conditions de détention, selon une enquête de la Commission nationale des droits de l'Homme rendue vendredi.

"Ce sont les conditions de détention (cellule exiguë, chaleur, la soif et la faim) qui sont à l'origine du décès des 44 détenus", souligne le rapport de cette institution nationale indépendante.

Selon le rapport de la Commission, qui écarte cette thèse, les geôlier "n'ont daigné porter dans ces conditions assistance à personne en danger malgré les cris de détresse et les prières récitées par les détenus toute la nuit de 20H00 à 06H00 du matin".

Le ministre de la Justice tchadien, Djimet Arabi a déclaré prendre acte des conclusions du rapport et précisé qu'une enquête judiciaire est ouverte. "Au moment venu s'il y a de sanctions à prendre contre des personnes à qui les responsabilités sont imputées, ces personnes seront sanctionnées", a-t-il assuré

Mi-avril, les autorités avaient annoncé avoir retrouvé les corps de 44 détenus dans un centre de détention de la gendarmerie de la capitale N'Djamena, sur 58 "membres de Boko Haram" faits prisonniers au cours d'une vaste opération militaire sur le lac Tchad.

Le parquet de N'Djamena avait alors assuré qu'une autopsie avait décelé une substance "létale" dans le corps des victimes. Le ministre de la Justice tchadien, Djimet Arabi, avait évoqué un possible "suicide collectif" par empoisonnement.

"Au moment venu s'il y a de sanctions à prendre contre des personnes à qui les responsabilités sont imputées, ces personnes seront sanctionnées", a-t-il assuré.

Fin juin, l'une des principales associations tchadiennes de défense des droits de l'Homme avait affirmé que les 44 détenus n'étaient pas des membres du groupe jihadiste Boko Haram mais de simples civils.

Le rapport rendu vendredi confirme que "les détenus ont été arrêtés bien après l'opération de l'armée".

Selon des proches des victimes interrogés par la Commission, les détenus étaient "pour la plupart des chefs de famille partis à la recherche de la pitance quotidienne" ou en visite chez des membres de leur famille.

Les quatorze détenus survivants ont aussi été interrogés. La plupart disent avoir été arrêtés pour avoir violé l'état d'urgence et notamment l'interdiction de déplacement instaurés dans la région du lac Tchad avant l'opération militaire.

En cellule, ils racontent avoir été quelques-uns à recevoir des dates pour manger mais "certains tombaient". Ils disent avoir alors "commencé à réciter la prière de la mort (chahada) pendant que d'autres criaient et frappaient pour attirer l'attention des geôliers".

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La révision du fichier électoral divise les Tchadiens

Des agents électoraux comptent les votes à N'Djamena, la capitale du Tchad, le 3 mai 2006. REUTERS/Claire Soares

La Commission électorale nationale indépendance (Céni) du Tchad a mis fin à la révision du fichier électoral bien que certains d’électeurs n’aient pas été enrôlés. La société civile et les acteurs politiques demandent de prolonger la date butoir pour permettre au maximum d’électeurs de s’inscrire.

L’opération de révision du fichier électoral concerne les Tchadiens qui ont atteint la majorité électorale de 18 ans et ceux qui n’ont pas été enrôlés en 2015 ou des électeurs qui ont changé de résidence.

Beaucoup d’observateurs mettent en cause le manque de compétences au sein de l’opérateur biométrique.

Nagrassal Saham Jacques, coordonnateur national de la campagne Tournons la page, section du Tchad, dénonce l’inefficacité des agents sur le terrain qui ne semblent pas maitriser le système informatique. Il fustige aussi le manque d’informations sur le processus d’enrôlement, la mauvaise qualité des appareils utilisés, autant de facteurs qui, à son avis, remettent en cause de la crédibilité du système électoral.

Les autorités de la Céni au lancement de la révision du fichier électoral au Tchad, le 25 octobre 2020. (VOA/André Kodmadjingar)
Les autorités de la Céni au lancement de la révision du fichier électoral au Tchad, le 25 octobre 2020. (VOA/André Kodmadjingar)

Au vu de ce constat, il demande à la Céni un report de trois semaines pour permettre à la population concernée de se faire enrôler.

Une vision que ne partage pas la majorité au pouvoir.

"Nous avons le bureau permanent des élections qui est l’opérateur technique des élections avec la Céni, et ils nous disent qu’ils sont à 65% alors que leur objectif était de 60% d’après leur estimation", a déclaré Abdéramane Djanabaye, président du parti Alliance tchadienne pour le développement et la démocratie et membre de la majorité présidentielle​.

Alladoudoum Baltazar Djarmah, président du parti Action socialiste tchadienne pour le renouveau, un parti d’opposition, estime que "la classe politique dans son ensemble s’est fait piéger dans le sens où la saison pluvieuse ne s’est pas encore retirée, ce qui a entrainé l’inaccessibilité des kits dans certaines zones".

Brice Mbaimong Guedmbaye, président du Mouvement des Patriotes Tchadiens pour la République au Tchad, le 25 octobre 2020. (VOA/André Kodmadjingar)
Brice Mbaimong Guedmbaye, président du Mouvement des Patriotes Tchadiens pour la République au Tchad, le 25 octobre 2020. (VOA/André Kodmadjingar)


Le président du Mouvement des patriotes tchadiens pour la république, un autre opposant, ne partage pas cet avis. Pour lui, les meetings populaires sont interdits et donc l’opposition ne tient plus des meetings.

Pour Alladoum Baltazar Djarmah, des actes de fraude ont eu lieu durant le processus.

"La loi prévoit que pour être électeur, il faut avoir au moins de 18 ans. Mais d'après certaines images qui circulent sur les réseaux sociaux, on a des bébés qui se sont fait enrôler", a-t-il déclaré.

Selon la Céni, la population à recenser est estimée à 2 millions de personnes et aujourd’hui, plus d’un 1,3 million électeurs sont déjà recensés. S’il faut proroger la date, seul le président Déby est habilité à le faire par un décret.

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