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Tchad

Un mort et cinq blessés suite à une tentative d'évasion dans une prison

Des femmes à Bol, au Tchad, le 1er avril 2016. (VOA/ Bagassi Koura)

Plusieurs prisonniers tchadiens ont tenté de s'évader dimanche de la maison d'arrêt de Bol, dans l'ouest du Tchad, où l'un d'entre eux a été tué par les force de l'ordre, a-t-on appris lundi de source sécuritaire provinciale.

Une vingtaine de prisonniers ont profité du moment du repas du soir servis par les geôliers pour tenter de s'enfuir de la maison d'arrêt, a indiqué cette source.

Les membres des forces de l'ordre stationnés devant la prison ont "effectué des tirs de sommation", blessant "cinq prisonniers et tuant un autre".

Ils ont réussi à "interpeller tous les évadés, excepté un, qui a disparu dans la nature", selon cette même source.

Selon une ONG locale, une manifestation de prisonniers protestant contre les conditions de détention a précédé la tentative d'évasion.

"Il s'en est suivi des coups de feu nourris très inquiétants que tout le monde pensait être une attaque de Boko Haram", a ajouté cette source. Dans la province du lac Tchad, où se trouve la prison, les incursions du groupe jihadiste nigérian Boko Haram sont fréquentes.

"En voulant stopper (les prisonniers), les forces de l'ordre ont tiré des balles à bout portant, tuant un prisonnier sur place et blessant cinq autres", a détaillé cette source, confirmant le bilan transmis par la source sécuritaire.

Toutefois, l'ONG locale a affirmé à l'AFP, que "plusieurs prisonniers avaient réussi à plonger dans l'eau du lac Tchad qui borde la prison et avaient réussi à rejoindre les îles environnantes, échappant aux forces de défense et de sécurité".

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Plus de 20.000 jeunes diplômés intégrés à la fonction publique en 2020

Vue de la jeunesse lors du forum Tchad numérique N’Djamena. (Photo archive/VOA/André Kodmadjingar).

Le président tchadien Idriss Déby Itno a annoncé la réouverture des portes de la fonction publique après plus de trois ans de blocus. Cette suspension de recrutement était liée à la crise économique et financière que traverse le pays.

L’annonce d’Idriss Déby Itno, président de la République du Tchad, redonne l’espoir aux milieux de jeunes sans emploi tchadiens et coïncide avec l’arrivée de 133 jeunes médecins tchadiens formés à Cuba.

En 2016, le même gouvernement, face à la crise économique, et sous la pression des bailleurs de fonds, avait gelé les recrutements à la fonction publique.

Idriss Déby annonce la réouverture des portes de la fonction publique
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"J’instruis mon gouvernement, en particulier le ministère de la Fonction publique de procéder immédiatement au recrutement de tous les médecins formés à Cuba, y compris ceux qui sont en instance d’intégration à la fonction publique, un total de 500 médecin", a déclaré le président Déby lors de la présentation de 133 médecins formés à Cuba.

Par ailleurs, il ordonne l’intégration de tous les lauréats sortis des écoles nationales de formations professionnelles.

"Je vous annonce aussi le recrutement à la fonction publique de 20.000 jeunes diplômés dans tous les domaines d’activités dès l’année 2020", a-t-il ajouté.

Ces mesures sont prises avec des pincettes par des lauréats du CAP/CEG certificat d’aptitude professionnelle destinés à enseigner dans les collèges d’enseignements généraux du Tchad. Ces derniers attendent leur intégration à la fonction publique depuis plus de 10 ans.

Célébration des 59 ans d'indépendance du Tchad
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Pour Nanga Thierry, coordonnateur de ces lauréats, trouve inadmissible que l’Etat débloque de gros moyen pour former les enseignants puis les abandonner pendant 13 ans.

Alors que, de l’autre côté, ceux qui arrive à peine à la fin de leur formation sont intégrés à la fonction publique, "c’est de l’injustice", déplore-t-il.

"Le président Déby nous habitue à des promesses flacheuses depuis 30 ans donc nous prenons avec beaucoup de réserves", a indiqué le coordonnateur des lauréats du CAP/CEG Nanga Thierry.

Ali Mbodou Mbodoumi, ministre de la Fonction, du travail publique, du dialogue social à N’Djamena, le 21 août 2019. (VOA/André Kodmadjingar).
Ali Mbodou Mbodoumi, ministre de la Fonction, du travail publique, du dialogue social à N’Djamena, le 21 août 2019. (VOA/André Kodmadjingar).

Le ministre de la Fonction publique, du Travail et du Dialogue social, Ali Mbodou Mbodoumi, qui se réserve le droit de commenter les instructions du président de la république, rassure tous ceux qui sont pessimistes que ces mesures seront appliquées pour le bonheur de la jeunesse tchadienne.

"C’est le président de la République qui a donné ces instructions et moi en tant que ministre je suis un simple exécutant au bas de l’échelle du gouvernement et je pense que ces instructions seront respectées tout simplement", conclut-il.

Pendant ce temps, le ministre de la Fonction publique a confié que le processus de contractualisation de près 1000 diplômés sans emploi suit son cours dans les départements concernés, notamment l’Education nationale et la Santé.

Trois assaillants tués dans l'attaque d'une gendarmerie dans le Nord

Arrestation de militaire au Tchad (VOA/André Kodmadjingar)

Trois personnes ont été tuées lundi en essayant d'attaquer une gendarmerie à Bardaï, dans le nord du Tchad, où l'état d'urgence venait d'être déclaré, ont affirmé mercredi à l'AFP deux sources militaires, dont un haut responsable de l'état-major des armées.

"Un soldat a tué son chef avant de fuir pour se réfugier à la brigade de gendarmerie", a expliqué ce dernier. La famille du militaire tué a tenté d'attaquer la brigade pour se venger, provoquant une riposte des gendarmes qui a fait trois morts et quatre blessés graves, a-t-il détaillé, une information confirmée par une autre source militaire.

L'état d'urgence avait été déclaré dimanche par le président Idriss Déby Itno dans deux régions de l'Est, le Sila et l'Ouaddaï, où des combats intercommunautaires ont fait plus de 50 morts mi-août, mais également dans le Tibesti, à l'extrême nord du pays, à la frontière avec la Libye, et dont Bardaï est le chef-lieu.

Idriss Déby annonce la réouverture des portes de la fonction publique

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Division sur la nomination d’un nouveau chef traditionnel du Ouaddaï

Vue de la devanture du palais royal de Dar-Ouaddaï N’Djamena, le 19 août 2019. (VOA Afrique/André Kodmadjingar).

La nomination d’un nouveau chef traditionnel de Dar-Ouaddaï, une communauté vivant dans l’Est du Tchad, divise la population. Pour la famille du sultan déchu et la société civile, cette nomination est politique et ne respecte pas les normes des chefferies traditionnelles.

Le limogeage de l’ancien sultan Ourada du Dar Ouaddaï est une conséquence de mauvaise gestion des violences meurtrières enregistrées ces derniers temps dans cette province, estiment les autorités de N’Djamena.

Mais le nouveau sultan nommé par décret du chef de l’Etat est contesté par la population.

Division autour de la nomination d’un nouveau chef traditionnel de Dar-Ouaddaï
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Pour la famille royale, l’arbre généalogique conservé au palais et remontant à l'année 1635 ne contient pas le nom de Chérif Abdelhadi Mahd, qui vient d’être nommé. C’est la preuve qu’il n’est pas de la lignée royale, précise la source proche de la famille royale déchue.

"On ne sait pas comment il a monté ses scénarios pour être nommé sultan du Dar-Ouaddaï",a déclaré un notable qui requiert l’anonymat. La famille royale demande au chef de l’Etat d’annuler son décret.

Pour les organisations de la société civile, la dynastie du Oauddaï est une propriété culturelle du Tchad, un bien national qu’il faut protéger.

Maitre Midaye Guerimbaye, président de la Ligue tchadienne des droits de l’homme, estime que "s’il y a des conflits entre les gens qui appartiennent à cette dynastie, que cela soit réglé de façon démocratique".

Pour lui, si le gouvernement ne change pas sa manière de gérer ces genres de conflits, il arrivera un jour où l’Etat fera face à un certain nombre de révoltes, et il n’aurait pas les moyens pour les régler de manière pacifique.

Maitre Midaye Guerimbaye invite les pouvoirs publics et toutes les sociétés tchadiennes à revoir ce problème autrement, en privilégiant l’intérêt national.

Le secrétaire général de la Convention tchadienne (CTDH) pour la défense des droits humains, Mahamat Nour Ibédou, estime, pour sa part, que la chefferie traditionnelle est devenue un outil de gouvernance pour le pouvoir actuel.

Or, c’est une "arme très dangereuse" parce qu’elle "incarne le plus souvent le principe de replis identitaire", explique-t-il..

Toujours selon le secrétaire général de la CTDH, l’ordonnance 4 et la loi 13 sont claires: "en cas de démission, de révocation et de décès, c’est la famille royale qui se réunit pour désigner quelqu’un sur procès-verbal et l’administration est obligée d’entériner par un acte administratif".

Pour lui, il y a donc une volonté de l’administration de vouloir diviser la communauté.

Le président Déby, en déplacement le week-end dernier dans les provinces du Sila et du Ouaddaï, deux provinces en proie à la violence intercommunautaire, a instauré verbalement l’état d’urgence pour une durée de 3 mois renouvelable.

Il a ordonné aussi la saisie systématique de toutes les motos dans la zone durant cette période. Les propriétaires vont récupérer leurs engins après 3 mois, si la situation redevient normale, a-t-il assuré.

Selon Maître Midaye Guerimbaye, le président semble avoir outrepassé ses prérogatives et verse dans une gestion empirique de la République.

Tout en rappelant la rétroactivité de la loi qui ne devrait pas frapper ceux qui ont acquis légalement leurs engins, le président de la LTDH qualifie la décision de confisquer toutes les motos dans la zone "d’escroquerie d’Etat".

Idriss Déby Itno, président du Tchad, a également instruit son ministre de la Défense et celui de l’administration du territoire de mettre de l’ordre en renforçant l’effectif des militaires dans les deux provinces et de fermer la frontière entre le Dar-Sila et le Soudan. "Les belligérants me trouveraient sur leur chemin", a averti le président Déby.

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