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Tchad

Un militant des droits de l’homme détenu pour "activités subversives" sur Facebook

Max Loalngar, président de la Ligue tchadienne des droits de l'homme (à dr.), le 27 février 2020 à N'Djamena, au Tchad. (VOA/André Kodmadjingar)

Le responsable d’une organisation tchadienne pour la défense des droits humains est détenu au secret depuis plus d’un. Sa famille et ses compagnons de lutte sont sans nouvelle de lui. Une situation qui inquiète la société civile tchadienne et les organisations internationales pour la défense des droits humains.

Un militant tchadien arrêté le mois dernier pour avoir publié des messages "subversifs" sur les réseaux sociaux est toujours détenu, sans inculpation, au-delà de la durée légale de garde à vue, a-t-on appris.

Selon des témoins, des hommes armés et masqués ont débarqué le 24 janvier chez Baradine Berdei Targuio, président de l’Organisation tchadienne des droits humains, et l'ont conduit manu militari à la direction de l’agence nationale de sécurité (ANS).

Selon ses proches, l'arrestation de M. Targuio serait liée au fait qu'il avait publié sur sa page Facebook un message selon lequel le président du Tchad, Idriss Deby Itno, "serait gravement malade et évacué en France pour des soins". Un acte que les autorités de N’Djamena qualifient de "cybercriminalité".

Depuis, ni sa famille ni ses avocats n’ont pu entrer en contact avec M. Targuio. La société civile tchadienne qualifie sa détention d’illégale et arbitraire, de même qu'Amnesty International.

Un activiste Tchadien détenu au secret depuis plus d’un an
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"Nous demandons sa libération immédiate parce qu’il n’y a pas des raisons valables qui nécessitent une arrestation," souligne Mahamat Nous Ahmat Ibédou, secrétaire général de la Convention tchadienne pour la défense des droits de l’homme. "Il avait simplement sur sa page Facebook fait allusion à la maladie qui, en fait, regarde tous les Tchadiens", précise l'activiste.

Mais le pouvoir ne l'entend pas de cette oreille.

"C’est une arrestation en bonne et due forme qui est supervisée par le procureur de la république," selon le ministre tchadien de la justice, Djimet Arabi.

"C’est une personne qui fait des activités subversives à travers les réseaux sociaux et donc il est du devoir de l’Etat de mettre fin à ces pratiques. C’est pour cette raison qu’il a été arrêté pour une enquête sur la cybercriminalité", ajoute le garde des sceaux.

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Les retraités tchadiens réclament leurs pensions

Blagué Jean, porte-parole du comité́ de crise contesté par le DG de la CNRT, en veste de couleur grise au milieu (VOA/André Kodmadjingar).

Au Tchad, une partie des retraités militaires, civils, veuves et orphelins ont constitué un comité de crise. Ils exigent le départ du directeur général de la CNRT, la Caisse nationale des retraites du Tchad.

"Nous ne voulons pas de l'actuel directeur de la Caisse nationale des retraites du Tchad": c’est le slogan scandé par une foule de personnes à N'Djamena, visiblement affaiblies par l’âge et rongées par la faim.

Ce groupe de retraités revendique plusieurs arriérés de paiements qui, selon eux, remontent à 10 ans pour certains et 5 ans pour d’autres. En colère, ils estiment que leur argent est utilisé à d’autres fins alors qu’eux, les ayants-droit, meurent à petit feu.

"Nous avons combattu pour le Tchad et les gens ne veulent pas nous payer. C’est depuis le matin que je suis là et je n’ai même pas pris un verre de thé", raconte un retraité avec beaucoup de peine.

Une revendication balayée du revers de la main par Laring Bao, le directeur général de la Caisse nationale des retraites du Tchad (CNRT), pour qui ce remue-ménage n'est que l'apanage d'un groupuscule manipulé.

Selon M. Bao, son agence s'est entendue avec un syndicat représentant 32.000 retraités et il ne comprend donc pas qu'un petit groupe d'environ 60 personnes veut jouer les chevaliers solitaires.

Le comité́ de crise des retraités en sit-in demandant le départ du DG de la CNRT (VOA/André Kodmadjingar)
Le comité́ de crise des retraités en sit-in demandant le départ du DG de la CNRT (VOA/André Kodmadjingar)

Un argumentaire qui peine à convaincre: ces retraités constitués en "comité de crise" disent n’appartenir à aucun syndicat et affirment qu'ils ont désigné leur propre porte-parole, Jean Blagué. "Nous demandons le départ du DG et de son équipe. Il y a beaucoup des Tchadiens qui peuvent nous aider à entrer dans nos droits", vocifère un des manifestants.

Pour M. Bao, Jean Blagué n'est qu'un agitateur.

"On l’a averti une fois, une deuxième fois nous avons porté plainte contre lui mais il y a eu des négociations et on l'a laissé tomber", dit-il. "Il menace de fermer la porte, on est obligés de faire recours aux forces de l’ordre", ajoute-t-il.

Entre temps, dit-il, tout est prêt pour déclencher le paiement des pensions de retraite d’ici la fin de la semaine en cours.

Lac Tchad: plus de 800 jihadistes tués en deux mois selon la Force multinationale

Près de 3.000 soldats ont été engagés dans ces actions aériennes, terrestres et navales.

Plus de 800 jihadistes ont été tués en deux mois sur des îles du Lac Tchad, aux confins du Nigeria, du Niger, du Cameroun et du Tchad, dans des opérations de la Force conjointe (FMM) de ces pays, a assuré mardi cette force.

Du 28 mars au 4 juin, la FMM a conduit une opération conjointe dénommée "Lac Sanity" (Intégrité du Lac) dans les îles du Lac Tchad et des localités voisines en vue de "neutraliser" des "terroristes de Boko Haram et de l'Etat islamique en Afrique de l'Ouest (Iswap)", explique un rapport de la FMM reçu mardi par l'AFP.

Selon la FMM, l'opération a été "un succès retentissant (avec) sur l'ensemble de l'opération (avec) 805 terroristes neutralisés (tués), la destruction ou la capture de 44 véhicules, 22 motos et une multitude d'armes lourdes et légères".

Près de 3.000 soldats ont été engagés dans ces actions aériennes, terrestres et navales, lancées dans un premier temps par le Cameroun, le Niger et le Nigeria qui ont été rejoints par le Tchad "45 jours" après son déclenchement, précise le document.

Une trentaine de jihadistes tués dans la région du Lac Tchad, selon les autorités
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Une "importante" quantité de munitions a été également saisie et "des lieux de fabrication" d'engins explosifs improvisés (EEI) ont été "détruits". La FMM déplore une vingtaine de blessés par des EEI dans les rangs de l'armée nigérienne, dont un dans un état grave.

Le bassin du lac Tchad, qui étire ses rives entre le Nigeria, le Niger, le Cameroun et le Tchad est une vaste étendue d'eau et de marécages où les groupes jihadistes Boko Haram et son rival Iswap ont installé des repaires dans les innombrables îlots dont il est parsemé. Pour les combattre, en 2015, les armées de ces quatre pays ainsi que celle du Bénin, ont réactivé une Force multinationale mixte (FMM), créée en 1994.

L'insurrection de Boko Haram est apparue en 2009 au Nigeria avant de se propager dans les pays voisins. Depuis, plus de 36.000 personnes – principalement au Nigeria – ont été tuées, et 3 millions ont dû fuir leur domicile, selon l'ONU.

Six leaders de Wakit Tamma condamnés par un tribunal tchadien

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