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Mali

Des "lignes rouges" dans les négociations avec les jihadistes selon l'ambassadeur du Mali en France

Le président IBK lors d'un discours à Bamako, le 14 décembre 2019. (VOA/Kassim Traoré)

Il y aura "des lignes rouges" dans les négociations envisagées par le président malien Ibrahim Boubacar Keïta avec certains groupes jihadistes, a assuré mercredi l'ambassadeur du Mali en France au cours d'une audition devant le Sénat français.

"On va vers le dialogue, tout simplement pour exploiter toutes les possibilités qui existent", mais "il y aura des lignes rouges: la charia, nous ne marcherons pas, l'intégrité territoriale, nous ne marcherons pas, la situation faite aux femmes, nous ne marcherons pas", a assuré Toumani Djimé Diallo, interrogé à plusieurs reprises sur le sujet par la commission Défense du Sénat.

Et "même si on trouvait une solution d'entente, ceux qui ont du sang sur les mains devront en rendre compte", a-t-il ajouté, au cours de cette audition rassemblant les ambassadeurs des pays du G5 Sahel (Burkina Faso, Mali, Mauritanie, Niger, Tchad).

La violence dans le Sahel a un "impact dévastateur" sur les enfants selon l'Unicef
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Le 10 février, Ibrahim Boubacar Keïta a reconnu pour la première fois l'existence de contacts avec les groupes jihadistes, les justifiant par la nécessité d'explorer les voies d'une sortie de crise après huit années de guerre. Il a cependant affirmé attendre encore une réponse à la démarche d'approche entreprise par un de ses représentants.

S'il a entériné la possibilité d'un dialogue avec le Groupe de soutien à l'islam et aux musulmans (GSIM, lié à Al-Qaïda) d'Iyad Ag Ghaly, le président malien est resté flou en ce qui concerne l'Etat islamique au grand Sahara (EIGS), récemment désigné par la France comme "ennemi prioritaire". "Ne rien exclure", a-t-il répondu au sujet de discussions avec Adnane Abou Walid al-Sahraoui, chef de l'EIGS.

"La commission est heureuse d'entendre que vous avez fixé un certain nombre de lignes rouges", a déclaré mercredi son président, le sénateur Christian Cambon, en réaction aux propos de l'ambassadeur malien. "Il faut bien que vous fassiez très attention avec qui on négocie (...) par respect pour vos propres troupes et les nôtres. Si la paix intervient un jour, il faut que ce soit dans l'honneur, et pas à n'importe quel prix".

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Soldats ivoiriens détenus au Mali: la Cédéao rentre bredouille de Bamako

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Mission de haut niveau de la Cédéao à Bamako, sans Faure Gnassingbe et Macky Sall

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Sanctions contre la Guinée : Bamako "outré" par la Cédéao

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La junte au pouvoir au Mali se dit "outrée" par les sanctions infligées au voisin guinéen, également gouverné par des militaires, des mesures imposées par la Cédéao, la Communauté économique des Etats d'Afrique de l'Ouest. Au même moment, une mission de la Cédéao arrivait à Bamako.

Soldats ivoiriens: arrivée à Bamako d'une mission de médiation de la Cédéao

Le président gambien Adama Barrow s'est rendu au Mali ce jeudi 29 septembre 2022.

Une mission de haut niveau dépêchée par la Communauté économique des Etats d'Afrique de l'Ouest (Cédéao) est arrivée jeudi au Mali pour tenter de dénouer avec la junte au pouvoir la crise diplomatique avec la Côte d'Ivoire, ont rapporté les correspondants de l'AFP.

Le président gambien Adama Barrow, puis son homologue ghanéen Nana Akufo-Addo sont arrivés séparément en milieu de journée à l'aéroport de Bamako et ont pris la route de la présidence malienne.

Initialement annoncé, le chef de l'Etat togolais Faure Gnassingbé s'est fait représenter par son ministre des Affaires étrangères. Ce dernier, Robert Dussey, a confirmé sa présence à Bamako dans un message à un correspondant de l'AFP.

La mission est censée repartir jeudi après-midi.

Elle a été mandatée par les dirigeants des Etats membres de la Cédéao réunis en sommet le 22 septembre pour essayer de trouver une issue à la crise entre le Mali et la Côte d'Ivoire.

Bamako et Abidjan sont en pleine querelle diplomatique sur le sort de 46 soldats ivoiriens arrêtés le 10 juillet à leur arrivée au Mali.

Ces soldats devaient, selon Abidjan et l'ONU, participer à la sécurité du contingent allemand des Casques bleus au Mali. Mais Bamako a dit les considérer comme des "mercenaires" venus attenter à la sûreté de l'Etat.

La junte malienne, au pouvoir depuis 2020, a prévenu avant de recevoir la mission qu'elle ne se laisserait pas imposer une solution.

"Nous allons les écouter. Nous avons dit depuis le début que tout ce que le Mali veut, c'est chercher les voies et moyens pour trouver un terrain d’attente entre le Mali et la Côte d'Ivoire. Mais si c'est pour imposer des décisions au Mali, cela ne passera pas", a déclaré en début de semaine le ministre malien des Affaires étrangères Abdoulaye Diop.

Les autorités maliennes se dissocient des sanctions de la Cédéao contre la Guinée

Le gouvernement malien se dit "outré" par ces mesures contre la Guinée, dans un communiqué publié sur les réseaux sociaux depuis mercredi soir.

La junte au pouvoir au Mali a indiqué se dissocier des sanctions infligées au voisin guinéen, également gouverné par des militaires, par la Communauté des Etats ouest-africains (Cédéao).

Le Mali et la Guinée, membres de la Cédéao, sont suspendus de ses organes de décision pour sanctionner la prise du pouvoir par des militaires et leur maintien prolongé à la tête de ces pays.

Les militaires ont renversé les régimes civils en août 2020 au Mali et en septembre 2021 en Guinée.

Outre la suspension des organes de décision déjà en vigueur, un sommet de la Cédéao sans participation guinéenne ni malienne a décidé le 22 septembre de suspendre toute assistance et transaction financière des institutions financières de l'organisation avec la Guinée.

Un certain nombre de personnalités sont par ailleurs frappées de sanctions individuelles.

Le gouvernement malien se dit "outré" par ces mesures contre la Guinée, dans un communiqué publié sur les réseaux sociaux depuis mercredi soir.

Exprimant une "solidarité indéfectible" avec les Guinéens, le gouvernement malien "décide de se désolidariser de toutes les sanctions illégales, inhumaines et illégitimes prises à l’encontre de la République sœur de Guinée et ne leur réservera aucune suite".

Il adoptera, "si nécessaire", des mesures pour aider la Guinée et contrecarrer les effets des sanctions.

La publication de ce communiqué précède de près la visite prévue jeudi au Mali de trois chefs d'État ouest-africains dépêchés par la Cédéao pour tenter de dénouer une crise diplomatique avec un autre voisin, la Côte d'Ivoire.

Le Mali a lui même été soumis de janvier à juillet de la part de la Cédéao à un sévère embargo commercial et financier punissant le projet des militaires de rester au pouvoir jusqu'à cinq années supplémentaires. La junte dirigée par le colonel Assimi Goïta s'est depuis engagée sous la pression à organiser des élections en février 2024, et la Cédéao a levé l'embargo.

Mais des sanctions individuelles restent en vigueur contre les membres de la junte malienne.

La Guinée a été l'une des rares à se solidariser avec le Mali face aux sanctions de janvier et a maintenu ses frontières ouvertes.

Le chef de la junte guinéenne, le colonel Mamady Doumbouya, a été reçu avec tous les honneurs par son homologue malien le 22 septembre, jour où se tenait le sommet de la Cédéao. Il a été élevé à la dignité de grand-croix de l'ordre national du Mali.

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