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Trois Tchadiens enlevés par Boko Haram apparaissent dans une vidéo

Des soldats camerounais patrouillent le lac Tchad le 1er mars 2013 près de Darak, à proximité de la frontière nigériane. (Patrick Fort /AFP)

Trois Tchadiens membres du personnel d'un hôpital --le médecin-chef, un infirmier et leur chauffeur-- kidnappés il y a quatre mois par le groupe jihadiste Boko Haram dans l'ouest du Tchad, sont apparus dans une vidéo non datée authentifiée jeudi par les autorités.

C'était la première fois que le groupe, originaire du Nigeria voisin, prenait des otages travaillant pour l'Etat tchadien, selon les autorités locales. C'est également la première fois qu'il enlève du personnel médical, selon les mêmes sources.

Boko Haram a multiplié ces derniers mois attaques et enlèvements de villageois dans le bassin du lac Tchad, une vaste étendue d'eau et de marécages truffée d'îles qui abritent des repaires de jihadistes, aux confins du Tchad, du Niger, du Nigeria et du Cameroun.

La vidéo de 6 minutes a été transmise à l'AFP à Lagos par le canal habituel utilisé par le groupe jihadiste.

Elle montre bien les trois Tchadiens enlevés le 30 octobre, a assuré à l'AFP le Secrétaire général de la province du Lac, Sadick Khatir. Une information confirmée par un responsable des autorités provinciales, qui a requis l'anonymat.

Assis devant le drapeau de Boko Haram, les trois hommes, qui parlent manifestement sous la contrainte, appellent le président Idriss Déby Itno à oeuvrer pour leur libération.

C'est la première fois qu'une vidéo montrant des otages tchadiens de Boko Haram est rendue publique, selon les autorités locales. Rien ne permet de dater cette vidéo, ni de savoir dans quel pays elle a été tournée.

"Nous avons eu connaissance de cette vidéo il y a un certain temps déjà. Elle a été exploitée par nos services de renseignements, qui l'ont authentifiée", a ajouté le responsable provincial.

L'insurrection de Boko Haram, qui a débuté en 2009 dans le nord-est du Nigeria, et sa répression par l'armée, ont fait quelque 35.000 morts et près de 2 millions de déplacés en dix ans dans ce pays, selon l'ONU. Le groupe jihadiste a étendu son action au Niger, au Tchad et au Cameroun voisins.

Depuis 2015, les pays de la région luttent contre ces jihadistes au sein de la Force multinationale mixte (FMM), une coalition régionale engagée autour du lac Tchad avec l'aide de comités de vigilance composés d'habitants.


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Les autorités tchadiennes tentent d'éliminer les discours haineux sur les réseaux sociaux

L'entrée principale de la mairie de N'Djamena, Tchad, le 20 mars 2020. (VOA/André Kodmadjingar)

Au Tchad, les autorités veulent réprimer le partage des discours haineux sur les réseaux sociaux, mais leur approche sévère est remise en question par les analystes qui craignent qu'elle ne produise pas les résultats escomptés.

Au Tchad, le procureur de la république a ouvert une information judiciaire contre les internautes qui diffusent des informations que les autorités jugent tendancieuses.

Selon Youssouf Tom, procureur au tribunal de grande instance de N’Djamena, un groupe de femmes fait circuler des audios sur les réseaux sociaux proférant des menaces et des paroles calomnieuses à l’endroit du pouvoir tchadien.

"Ces individus sont dans la quasi totalité des femmes qui se plaisent à ce jeu dangereux de s’exprimer sur cette tribune libre des réseaux sociaux se livrant ainsi à des joutes oratoires, des insultes ignominieuses, haineuses, déshonorantes, indignes à l’égard des groupes ethniques composant notre population", a-t-il déclaré.

D'après le juriste, ces audios sont envoyées en réponse à l’appel à la solidarité lancé par les autorités de N’Djamena suite à l’attaque de Boko Haram en mars dernier, qui a occasionné la mort de près de 100 soldats tchadiens. Il informe que l'enregistrement et le partage de ce genre d'audios sont une infraction selon les lois en vigueur au Tchad.

Même si bon nombre de Tchadiens soutiennent l'idée de poursuivre en justice les internautes jugés indélicats, certains pensent que les sanctions sont disproportionnées.

C'est l'avis de l’artiste musicien Ngueita Alasko Alfred, alias N2A, qui souhaite que les sanctions soient graduelles. Il propose, par exemple, que les autorités avertissent d'abord les internautes. Des sanctions plus sévères ne devraient être réservées qu'aux récidivistes. N2A précise que les réseaux sociaux sont un moyen crucial pour s'informer, apprendre et se divertir. Ils offrent aussi à la jeunesse un canal par lequel les jeunes peuvent toucher du doigt les problèmes du pays et interpeller les autorités.

"Les réseaux sociaux, c'est une plateforme qui doit permettre de mener des débats citoyens. Mais malheureusement certains compatriotes les utilisent pour pouvoir diviser ce pays", déplore Djida Alain, un activiste. Pour lui, les actions envisagées par le procureur ne sont pas une violation de la liberté d’expression puisqu’il s'agit des informations à caractère haineux, qui sont généralement interdites par les chartes d'utilisation des plateformes telles que WhatsApp, Facebook ou Twitter.

À travers le monde, les pays ont adopté des solutions diverses face aux propos haineux, à la désinformation et à la propagande qui circulent via internet.

À une extrémité du spectre, il y a le modèle chinois, qui filtre presque toutes les communications en ligne. À l'autre extrémité, il y a les pays occidentaux qui imposent aux entreprises de médias sociaux la responsabilité de réprimer les comportements indésirables. Pour le Tchad, le véritable défi sur ce plan est de trouver le juste milieu: permettre un libre accès aux réseaux sociaux basé sur un code de conduite équilibré.

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La déclaration de l'état d'urgence dans une province tchadienne suscite des craintes

Le président du Tchad, Idriss Deby, lors de la 33e session ordinaire du sommet de l'Union africaine, à Addis-Abeba, le 10 février 2020. (Photo: MICHAEL TEWELDE / AFP)

Au Tchad, le gouvernement a institué l’état d’urgence dans les départements de Fouli et de Kaya dans la province du Lac et les a déclarés "zones de guerre".

Les populations sont sommées de quitter immédiatement les villages situés sur les îles du Lac Tchad. Déclarés "zones de guerre", les départements de Fouli et Kaya, dans la province du Lac, viennent d’être placés sous l’état d’urgence pour une période allant jusqu'au 16 avril.

La décision fait suite à l’attaque récente par Boko Haram d'une position de l’armée tchadienne à Bohoma, une localité de la province. Près de 100 soldats tchadiens ont été tués.

Pendant ce régime d’exception, il sera interdit de circuler. Les autorités pourront organiser des perquisitions dans les domiciles et instaurer un couvre-feu de 22h à 6h du matin. Les autorités pourront également contrôler la presse et les publications.

Une situation qui inquiète les organisations de la société civile.

Crainte de débordements

Max Loalngar, président de la Ligue tchadienne des droits de l’homme (LTDH), craint un excès de zèle des agents de sécurité. Il dit avoir en mémoire les exactions qui ont été commises à l’est du pays dans un contexte similaire.

Max Loalnagr président de la LTDH à droite et Mahamat Ibedou de la CTDDH à droite, au Tchad, le 30 mars 2020. (VOA/André Kodmadjingar)
Max Loalnagr président de la LTDH à droite et Mahamat Ibedou de la CTDDH à droite, au Tchad, le 30 mars 2020. (VOA/André Kodmadjingar)

"Les mesures qui ont été prises restreignent les libertés publiques", dénonce le président de la LTDH.
"Nous attirons l’attention du gouvernement sur des éventuelles dérives qui seraient contre-productives", avertit-il.

Préoccupé du sort des civils, il s'interroge si les mesures prises dans ce contexte ne vont pas aggraver une situation déjà difficile.

"Quand on se rend compte que les populations ont été appelées à partir de leurs maisons sans délai, c’est un peu exagéré. Il n’y a aucune mesure de sécurité, mais ils iront où?", déplore Max Loalngar.

Pour Abdéramane Djasnavaye, le président de l’Alliance tchadienne pour la démocratie et le développement (ATD), membre de la majorité présidentielle, le gouvernement a raison de prendre ces mesures pour accorder une marge de manoeuvre à l’armée nationale.

Abdéramane Djasnabaye, président de l'ATD, au Tchad, le 30 mars 2020. (VOA/André Kodmadjingar)
Abdéramane Djasnabaye, président de l'ATD, au Tchad, le 30 mars 2020. (VOA/André Kodmadjingar)

"Les droits de l’homme doivent reculer face à la sécurité", tranche le président de l’ATD, avant de préciser que "quand il n’y a pas la sécurité, il n’y a pas aussi les droits de l’homme, donc la priorité est donnée d’abord à la sécurité pour régler le problème".

Le coronavirus, une autre inquiétude

Max Loalngar exprime d’autres inquiétudes liées au risque de contamination de covid-19.

"Cette zone fait frontière avec pratiquement trois pays: le Cameroun, le Nigeria et le Niger où des cas de covid-19​ ont été signalés", rappelle-t-il. "Il est à craindre que ces populations aient été en contact avec les populations riveraines et donc si elles doivent migrer à l’intérieur du territoire, le risque de contamination est à grande", prévient l'activiste.

Selon des sources proches de la Cellule de veille et de sécurité sanitaire, des mesures sont prises pour éviter toute contamination si un cas arrive à être confirmé.

Etat d’urgence dans les départements de Fouli et de Kaya

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