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États-Unis

Décès d'un deuxième enfant migrant guatémaltèque détenu aux Etats-Unis

Arrestations de migrants à la frontière sud des Etats-Unis, San Diego, 9 décembre 2018.

Un garçon guatémaltèque de 8 ans détenu aux Etats-Unis est décédé mardi dans un hôpital au Nouveau-Mexique, le deuxième enfant migrant aux mains des autorités à mourir en décembre.

L'enfant, détenu par le Service des douanes et de la protection des frontières (CBP), avait été "transféré immédiatement" lundi avec son père vers une structure hospitalière après avoir montré "des signes de maladie possible", selon un communiqué du CBP.

L'équipe médicale a d'abord diagnostiqué un "simple rhume", mais le petit garçon a ensuite eu une poussée de fièvre, ont précisé les autorités. Gardé en observation pendant une heure et demie, il est sorti de l'hôpital avec des médicaments prescrits.

"Le soir du 24 décembre, l'enfant a souffert de nausées et de vomissements et a été transféré à nouveau" au centre médical, poursuit le communiqué, qui ne précise pas quelles étaient les conditions de détention de l'enfant et de son père. "L'enfant est décédé peu après 00H00 le 25 décembre", a ajouté le CBP.

Le Guatemala, pays d'origine de l'enfant, "va demander aux autorités américaines une enquête transparente et sérieuse sur cette affaire", a réagi le ministère guatémaltèque des Affaires étrangères dans un communiqué. "Des rapports médicaux ont été demandés pour clarifier les causes du décès", a ajouté le ministère.

Les autorités guatemaltèques ont précisé que l'enfant et son père avaient été arrêtés le 18 décembre alors qu'ils traversaient la frontière américaine pour gagner la ville d'El Paso au Texas. Puis, le 23, ils ont été transférés au poste de police des frontières à Alamogordo (Nouveau-Mexique).

- "Coeur brisé" -

Le sénateur démocrate du Nouveau-Mexique, Martin Heinrich, a déclaré sur Twitter avoir "le coeur brisé". "L'administration Trump doit rendre des comptes pour la mort de cet enfant et pour toutes les vies qu'elle a mises en danger avec son chaos volontaire et son mépris de la vie humaine".

"Une histoire si épouvantable à entendre le jour de Noël", a déploré sur Twitter Marc Veasy, élu démocrate du Texas à la Chambre des représentants.

"La cause officielle de la mort de l'enfant n'est pas connue", a précisé le CBP, promettant un "examen indépendant et approfondi des circonstances" du décès.

Les autorités américaines ont également précisé que le gouvernement du Guatemala avait été prévenu et qu'il prenait contact en ce moment "du père et des membres de la famille au Guatemala".

Le 8 décembre, une fillette guatémaltèque de 7 ans avait déjà perdu la vie après son arrestation par des garde-frontières américains à l'issue d'un long périple. Elle était décédée d'un choc septique après son admission dans un hôpital d'El Paso, au Texas.

Sa mort avait suscité une onde de choc aux Etats-Unis, alors que des milliers d'enfants migrants sont actuellement détenus dans des structures surpeuplées.

L'administration Trump a fait de la lutte contre l'immigration clandestine son cheval de bataille. En juin, la politique de séparation systématique des migrants mineurs de leurs parents avait provoqué une telle indignation que le président américain avait dû revoir sa copie en interdisant cette pratique.

Donald Trump a aussi déployé en octobre la Garde nationale, puis l'armée, à proximité de la frontière mexicaine, à l'approche d'une caravane de migrants centraméricains.

L'immigration vers les Etats-Unis provient actuellement principalement de pays d'Amérique centrale (Honduras, Salvador, Guatemala), que des familles entières fuient pour échapper à la violence et à la criminalité des gangs.

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Maison Blanche: Joe Biden défend sa pole position aux primaires

Le Vice-président sortant Joe Biden parle de l’expérience d’Hillary lors de la troisième journée de la Convention nationale démocrate à Philadelphie, 27 juillet, 2016. (AP Photo / J. Scott Applewhite)

A huit mois du début des primaires démocrates pour la Maison Blanche, l'ancien vice-président Joe Biden organise un grand meeting en Pennsylvanie pour consolider son avance sur ses nombreux rivaux, jouant la carte de la modération centriste face à l'aile gauche de la famille démocrate.

Depuis son entrée en course avec un message de défiance envers le président républicain Donald Trump, le 25 avril, l'ex-bras droit de Barack Obama a largement creusé l'écart face à la grosse vingtaine d'autres candidats démocrates.

Après un premier acte public plutôt discret, devant quelques centaines de syndicalistes à Pittsburgh, le centriste a choisi de marquer le début de sa campagne avec un événement plus grand à Philadelphie, où il a installé son QG de campagne.

Symbole du combat à venir? Il a choisi un emplacement tout près des marches du musée où le boxeur du film "Rocky" s'entraînait.

Son coeur d'électorat est les ouvriers et les démocrates modérés, alors que l'aile gauche du parti se fragmente entre de nombreux candidats comme Bernie Sanders et Elizabeth Warren.

"Certains disent que les démocrates ne veulent pas entendre parler d'unité, qu'ils sont en colère, et que plus ils seront en colère, mieux ce sera. C'est ce qu'ils disent qu'il faut faire pour gagner l'investiture démocrate", va dire Joe Biden dans son discours, selon des extraits diffusés par son équipe avant le meeting. "Je n'y crois pas. Les démocrates veulent rassembler ce pays".

"Si les Américains veulent un président qui accentue les divisions, qui dirige d'un poing serré, d'une main fermée et d'un coeur de pierre, qui diabolise ses adversaires et vomit de la haine, alors ils n'ont pas besoin de moi. Ils ont déjà un président qui le fait".

Au-delà des primaires, le choix de la Pennsylvanie est stratégique: l'Etat a basculé dans le camp républicain à la présidentielle de 2016. Toute reconquête devra passer par là.

- Champ fragmenté -

Ce qui compte pour les démocrates "en ce moment, c'est de (...) parier sur un nom connu, capable de battre Donald Trump", analyse Lara Brown, politologue à l'université George Washington.

L'entrée en lice de Joe Biden a coïncidé avec le plongeon du sénateur indépendant Bernie Sanders, bien plus à gauche.

Joe Biden a l'avantage de suivre une voie centriste "dans un champ aussi fragmenté" avec 23 candidats dont de nombreux progressistes, observe Robert Boatright, professeur à l'université Clark.

Mais à 76 ans, après huit ans passés aux côtés du démocrate Barack Obama et plus de 35 au Sénat, Joe Biden pourrait avoir du mal à incarner le changement dont ont aussi soif de nombreux démocrates.

Donald Trump s'est d'ailleurs engouffré dans cette brèche en l'affublant du sobriquet "Joe-Dodo" ("Sleepy Joe").

Le président républicain l'appelle aussi "Le Vicieux", en référence aux femmes qui ont dénoncé les gestes d'affection trop marqués, selon elles, de M. Biden.

Juste avant d'annoncer sa candidature, le candidat avait promis de faire plus attention. Et depuis son entrée en campagne, il évite soigneusement les gaffes. "Mais voyons ce qu'il se passera quand il devra répondre à des questions qui n'ont pas été pré-approuvées", met en garde Lara Brown.

- Cible de la gauche du parti -

Joe Biden devra aussi défendre plusieurs épisodes controversés jalonnant sa carrière, comme son soutien à une loi anticriminalité qui a durement frappé les Noirs.

Déjà candidat malheureux par deux fois à la primaire démocrate, pour les présidentielles de 1988 et 2008, il avait été pris en flagrant délit de plagiat dans ses discours lors de sa première tentative.

Son statut de favori en fait aussi la cible de la gauche du parti.

La candidate à la Maison Blanche Elizabeth Warren l'a accusé d'être du côté des sociétés de cartes de crédit, à cause d'une loi qu'il avait soutenue au Sénat. Et la jeune élue socialiste du Congrès Alexandria Ocasio-Cortez l'a accusé, à mots à peine voilés, d'envisager des mesures trop molles pour lutter contre le changement climatique.

Kamala Harris, sénatrice californienne et autre candidate à l'investiture, a récemment ironisé sur son aîné, lançant: "Joe Biden ferait un excellent colistier (...). Il a prouvé qu'il connaissait bien le travail de vice-président".

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